mercredi 21 octobre 2026

Argenteuil, le 17 octobre et les édiles, ce n’est pas de ce côté-là que les habitants trouveront compréhension des évènements et perspectives

 

Lieux communs réactionnaires et incompréhension

 

 

Au lendemain du 17 octobre, les défenseurs de la société bourgeoise, des milliardaires, et de la dégradation de la situation du monde du travail, de ses quartiers populaires, et de sa jeunesse, ont joué leur partition, comme à Argenteuil lundi midi aux portes de la mairie. Rien d’étonnant dans le discours du maire de la Ville. Les grands mots habituels sur la République, les droits et les devoirs, etc. Deux aspects ont retenu tout de même notre attention dans son allocution que j’ai écoutée sur le site Argenteuil.fr. À propos de l’État dont ces gens-là sont des défenseurs patents mais qui le 17 octobre, il est vrai, n’a particulièrement pas brillé pour défendre des biens, privés de petits commerçants en particuliers, et publics à travers plusieurs édifices publics visés. Comme une impressionné d'avoir été trahi.

         Quant à la jeunesse sur laquelle il s’est longuement attardé, pour le maire d’Argenteuil, la Ville fait le maximum, avec bienveillance. Peut-être que les nombreux jeunes, et pas seulement des quartiers populaires de la Ville, qui se retrouvent dans la mobilisation lycéenne et étudiante, en tout cas en sont solidaires, auraient bien aimé entendre durant toutes ces semaines l’édile leur transmettre un discours au moins de solidarité et de compréhension avec le cœur de leurs revendications et ce qu’ils expriment, Mais non. Dans ses contradictions, sa violence parfois et ses errements, la jeunesse crie pourtant le grand malaise de la société et les reculs de la condition du monde du travail subis depuis des décennies et dont elle est souvent la première victime, reculs auxquels le maire d’Argenteuil a apporté sa contribution certes silencieuse lorsqu’il fut député de 1993 à 1997, puis de 2002 à 2012, 14 ans, ce n’est pas rien.

         Aucune idée donc de matière à comprendre le 17 octobre et ce que nous vivons. Sur ce plan, je préfère rappeler le début de notre éditorial de ce lundi.

« D’après le gouvernement nous avons été plus de 550 000 à manifester le 17 octobre, deux fois plus que lors de la manifestation lycéenne du 6 octobre. C’était, dans toutes les villes, une véritable marée humaine. Des jeunes et des moins jeunes ont réclamé des conditions d’enseignement dignes et dit leur ras-le-bol d’en être réduits à la survie permanente. 

Mais ce ne sont pas leurs revendications ni l’élan enthousiaste de ces immenses cortèges qui sont commentés. Ce sont les batailles rangées avec la police, les pillages de magasins et les saccages de lieux publics dans plusieurs villes. 

Ces deux aspects ne sont pas séparés. Ils reflètent une même rage provoquée par la montée des inégalités et des injustices. Et de fait, de plus en plus de jeunes et de travailleurs se disent que pour être entendus, il faut casser et affronter la police. 

Que le pouvoir soit sourd et muet face aux souffrances des classes populaires et qu’il faille se battre avec détermination pour arracher ne serait-ce que le minimum vital est certain. Mais ce qui compte le plus, c’est que cette lutte devienne l’affaire de millions de personnes. Et la casse pour la casse ne nous y aide pas. 

Les travailleurs connaissent trop le prix des choses, et ce qu’il leur en coûte pour les fabriquer et les entretenir, pour ne pas être écœurés de voir des bâtiments et des petits commerces saccagés. Et comment ne pas voir que ces violences font le jeu du pouvoir ? »…

                                                                                   DM

mardi 20 octobre 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 19 octobre 2026

 UNE RÉVOLTE LÉGITIME À LAQUELLE LES TRAVAILLEURS PEUVENT DONNER UNE DIRECTION

19/10/2026

D’après le gouvernement nous avons été plus de 550 000 à manifester le 17 octobre, deux fois plus que lors de la manifestation lycéenne du 6 octobre. C’était, dans toutes les villes, une véritable marée humaine. Des jeunes et des moins jeunes ont réclamé des conditions d’enseignement dignes et dit leur ras-le-bol d’en être réduits à la survie permanente.

Mais ce ne sont pas leurs revendications ni l’élan enthousiaste de ces immenses cortèges qui sont commentés. Ce sont les batailles rangées avec la police, les pillages de magasins et les saccages de lieux publics dans plusieurs villes.

Ces deux aspects ne sont pas séparés. Ils reflètent une même rage provoquée par la montée des inégalités et des injustices. Et de fait, de plus en plus de jeunes et de travailleurs se disent que pour être entendus, il faut casser et affronter la police.

Que le pouvoir soit sourd et muet face aux souffrances des classes populaires et qu’il faille se battre avec détermination pour arracher ne serait-ce que le minimum vital est certain. Mais ce qui compte le plus, c’est que cette lutte devienne l’affaire de millions de personnes. Et la casse pour la casse ne nous y aide pas.

Les travailleurs connaissent trop le prix des choses, et ce qu’il leur en coûte pour les fabriquer et les entretenir, pour ne pas être écœurés de voir des bâtiments et des petits commerces saccagés. Et comment ne pas voir que ces violences font le jeu du pouvoir ?

 

Politique de la matraque

Le gouvernement profite de cette ambiance de guerre civile qu’il a contribué à créer. D’abord en laissant pourrir la situation, ensuite en multipliant les provocations et les violences policières parce qu’il n’a rien à proposer à la jeunesse. Macron l’a encore montré dans son allocution de dimanche soir. À part des coups de menton autoritaires et la menace d’interdire les manifestations, il n’a rien à proposer !

Le gouvernement ne veut rien céder aux classes populaires, pas un centime. Alors qu’il fait cadeau de 2,5 milliards aux grandes entreprises richissimes en diminuant la surtaxe sur les profits dans son budget, alors que les compagnies pétrolières s’engraissent sur notre dos par milliards. Il sait répondre aux revendications… quand elles viennent de la grande bourgeoisie, des actionnaires et des milliardaires !

Alors, quand les jeunes n’obtiennent rien pour améliorer les conditions d’études, quand nous en sommes, nous travailleuses et travailleurs, à ne plus rien pouvoir nous payer et à nous priver de déplacements, oui, il y a de quoi être en rage, et de quoi se lever pour donner une suite au 17 octobre.

Beaucoup de femmes et d’hommes dans le monde du travail ne croient pas à la possibilité de gagner et ne se lancent pas dans la lutte. Les affrontements avec la police contribuent aussi à faire peur. Mais il faut réaliser que nous, les travailleurs, nous représentons, collectivement, une force sans comparaison avec les cortèges que l’on a vus jusque-là dans les rues.

 

La force et les capacités d’organisation sont du côté des travailleurs

Nous avons mille fois plus les moyens de peser sur le gouvernement et le grand patronat que tous ceux qui montent des barricades et croient s’attaquer au capitalisme en brisant des vitrines, car nous sommes au cœur du système productif.

Notre travail est à l’origine des profits et des capitaux. Cela nous donne un immense pouvoir qu’il faut utiliser pour défendre nos intérêts et faire avancer toute la société.

On doit tirer les leçons des faiblesses du mouvement des gilets jaunes. Il est possible de faire plus efficace que les manifestations du samedi et l’occupation des ronds-points, et il est possible de contrôler notre lutte si nous utilisons nos armes de travailleurs : la grève et les occupations d’entreprises.

Les plus grandes victoires ont été remportées lorsque la lutte s’est déplacée au cœur des entreprises. Quand elle ne visait pas seulement le pantin qui occupe l’Élysée, mais aussi ses maîtres, les capitalistes.

Si mai-juin 1968 a marqué l’histoire et ouvert des perspectives aux travailleurs, aux femmes et aux jeunes, c’est que les journées de barricades et de voitures brûlées au quartier latin ont débouché sur une grève générale de trois semaines faisant se lever 10 millions de travailleurs.

L’entrée du monde du travail dans la contestation peut décider de l’avenir et du succès de la mobilisation qui ébranle le pays. Discutons-en dans les entreprises, organisons-nous pour aller dans ce sens.                              

                                                                    Nathalie Arthaud

Procès de Rima Hassan : Non à la mise au pas derrière Netanyahou

 

Un procès politique scandaleux

  


Le procès en correctionnel de Rima Hassan, eurodéputé LFI, pour "apologie de terrorisme" après un tweet dans lequel elle revendiquait le droit, et même le devoir de résistance pour les Palestiniens a commencé. Elle risque sept ans de prison et dix ans d'inéligibilité.

         C'est un député RN qui avait réclamé des poursuites et le ministre de l'Intérieur avait suivi. C’est un procès politique scandaleux car il vise à intimider et à bâillonner ceux qui dénoncent l'extermination des Palestiniens par l'armée israélienne avec la complicité des dirigeants occidentaux.

Champion du pipeau et en course pour le pipeline

Il ment et il louche vers…

  


Macron entame une tournée dans des pays du Golfe persique producteurs de pétrole et de gaz. Il prétend que le voyage est destiné à peser sur les prix à la pompe en France. Le mensonge est grossier : il est accompagné de représentants d'Engie et de TotalEnergies, deux des plus gros profiteurs de la flambée des prix de l'énergie, qui lorgnent sur les ressources de cette région.

         Présenter l'intérêt du capital comme l'intérêt général, c’est vraiment ça le job d'un président de la République