Lieux communs réactionnaires et incompréhension
Au lendemain du 17 octobre, les défenseurs de la société bourgeoise, des milliardaires, et de la dégradation de la situation du monde du travail, de ses quartiers populaires, et de sa jeunesse, ont joué leur partition, comme à Argenteuil lundi midi aux portes de la mairie. Rien d’étonnant dans le discours du maire de la Ville. Les grands mots habituels sur la République, les droits et les devoirs, etc. Deux aspects ont retenu tout de même notre attention dans son allocution que j’ai écoutée sur le site Argenteuil.fr. À propos de l’État dont ces gens-là sont des défenseurs patents mais qui le 17 octobre, il est vrai, n’a particulièrement pas brillé pour défendre des biens, privés de petits commerçants en particuliers, et publics à travers plusieurs édifices publics visés. Comme une impressionné d'avoir été trahi.
Quant à la jeunesse sur laquelle il s’est longuement attardé, pour le maire d’Argenteuil, la Ville fait le maximum, avec bienveillance. Peut-être que les nombreux jeunes, et pas seulement des quartiers populaires de la Ville, qui se retrouvent dans la mobilisation lycéenne et étudiante, en tout cas en sont solidaires, auraient bien aimé entendre durant toutes ces semaines l’édile leur transmettre un discours au moins de solidarité et de compréhension avec le cœur de leurs revendications et ce qu’ils expriment, Mais non. Dans ses contradictions, sa violence parfois et ses errements, la jeunesse crie pourtant le grand malaise de la société et les reculs de la condition du monde du travail subis depuis des décennies et dont elle est souvent la première victime, reculs auxquels le maire d’Argenteuil a apporté sa contribution certes silencieuse lorsqu’il fut député de 1993 à 1997, puis de 2002 à 2012, 14 ans, ce n’est pas rien.
Aucune idée donc de matière à comprendre le 17 octobre et ce que nous vivons. Sur ce plan, je préfère rappeler le début de notre éditorial de ce lundi.
« D’après le gouvernement nous avons été plus de 550 000 à manifester le 17 octobre, deux fois plus que lors de la manifestation lycéenne du 6 octobre. C’était, dans toutes les villes, une véritable marée humaine. Des jeunes et des moins jeunes ont réclamé des conditions d’enseignement dignes et dit leur ras-le-bol d’en être réduits à la survie permanente.
Mais ce ne sont pas leurs revendications ni l’élan enthousiaste de ces immenses cortèges qui sont commentés. Ce sont les batailles rangées avec la police, les pillages de magasins et les saccages de lieux publics dans plusieurs villes.
Ces deux aspects ne sont pas séparés. Ils reflètent une même rage provoquée par la montée des inégalités et des injustices. Et de fait, de plus en plus de jeunes et de travailleurs se disent que pour être entendus, il faut casser et affronter la police.
Que le pouvoir soit sourd et muet face aux souffrances des classes populaires et qu’il faille se battre avec détermination pour arracher ne serait-ce que le minimum vital est certain. Mais ce qui compte le plus, c’est que cette lutte devienne l’affaire de millions de personnes. Et la casse pour la casse ne nous y aide pas.
Les travailleurs connaissent trop le prix des choses, et ce qu’il leur en coûte pour les fabriquer et les entretenir, pour ne pas être écœurés de voir des bâtiments et des petits commerces saccagés. Et comment ne pas voir que ces violences font le jeu du pouvoir ? »…
DM
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