vendredi 9 octobre 2026
Restos du cœur : la misère déborde
Restos du cœur : la misère déborde
Le nombre de personnes faisant la queue aux portes des restaurants du cœur ne cesse d’augmenter, symbole de la grande pauvreté qui frappe de plus en plus la population. Les questionnaires remplis par celles et ceux qui y ont recours, dépouillés par cinq économistes, le prouvent chiffres à l’appui.
Publié le 07/10/2026
Entre 2018 et 2025 cinq millions et demi de personnes différentes ont eu besoin de l’aide alimentaire distribuée par les bénévoles de l’association, parfois sur une brève période mais pour certains beaucoup plus durablement. Entre ces deux dates, leur nombre a progressé de 37 % et, fait notable, le nombre de ceux qui se déclarent à la rue, mal logés ou menacés de perdre leur logement, a crû de 62 %. Les enfants de moins de dix ans, amenés par leurs parents, constituent à eux seuls un quart des personnes concernées. L’étude jette aussi une lumière crue sur les causes de cette misère. L’augmentation du chômage ou la hausse du prix des loyers dans une région suffisent à allonger les files d’attente des restaurants du cœur locaux.
Aujourd’hui, plus aucun travailleur n’a d’avenir assuré. La politique du grand patronat et du gouvernement se traduit pour beaucoup par une descente plus ou moins rapide dans la pauvreté, chacun s’adaptant comme il peut tant que cela est possible. Au bout du compte, la fraction la plus pauvre doit se tourner vers les Restaurants du cœur. Les mesures annoncées dans le prochain budget vont encore aggraver la situation.
À la création des Restaurants du cœur en 1985, Coluche faisait chanter « aujourd’hui, on n’a plus le droit d’avoir faim ou d’avoir froid ». Plus de quarante ans après, l’injustice s’est aggravée.
Daniel Mescla (Lutte ouvrière n°3036)
Budget : un gouvernement rapace pour les plus modestes
Dans la liste de la future colère ouvrière
Dans sa présentation du budget 2027, le gouvernement prévoit de geler la prime d’activité et de modifier son mode de calcul. Il vise ainsi une économie d’un milliard d’euros en 2028 sur le dos des salariés les plus modestes.
Le gel de cette prime est une mesquinerie de plus de la part d’un gouvernement qui ne refuse jamais les aides pour le grand patronat.
Argenteuil, « instrumentaliser » la jeunesse, une accusation qui ne rime à rien du tout
Vous croyez vraiment que la jeunesse se laisse faire ? À d’autres
Le cœur de l’introduction du conseil municipal d’Argenteuil a été l’accusation du maire à l’encontre du député d’Argenteuil d’ « instrumentaliser » la jeunesse au profit de LFI. Ce dernier répondra comme il l’entend, mais quelques mots tout de même.
Il faut être aux abois et loin de la réalité pour avancer ce genre d’accusation. Car c’est méconnaître totalement la jeunesse. Si c’était si simple, le résultat de mes 27 ans d’enseignement à des adolescents d’Argenteuil serait aujourd’hui que la Ville serait peuplée de communistes révolutionnaires, et qu’il y aurait bien toujours une commune mais avec une majuscule en référence à 1871. Vous savez qu’il n’en est pas ainsi, et c’est une évidence.
Ce genre d’accusation est surtout une preuve de mépris à l’encontre de la jeunesse qui serait encline par nature à être entraînée par de vieux agitateurs politiques. Eh bien non, discuter avec ces jeunes n’est pas si simple, ou plutôt, de jour en jour cela le devient davantage au fur et à mesure que le mouvement actuel fait naître des expériences, des interrogations, et une envie de comprendre. Je l’ai encore vérifié avant-hier en discutant avec des lycéens de Jaurès qui attendaient dans les locaux de la MJC chérie par la municipalité.
Alors, des élus tentant de mettre en avant leur écharpe pour faire barrage entre des lycéens et la police, où est le mal ? En revanche, ce que j’ai pu remarquer à différentes reprises, c’est que face à cette dernière, écharpe de diverses sortes ou pas, ils n’étaient rien. Une leçon aussi pour l’avenir pour tous ceux qui auraient tort de penser que l’élection les protège face à l’État. Elle les protège de rien, et même des accusations mensongères de leurs adversaires. DM
