mardi 6 octobre 2026

Argenteuil, conseil municipal, un conseil à la sauce chien, si loin pour l'essentiel des problèmes actuels, y compris locaux

Les chiens aboient. Les travailleurs, eux, se mettront en colère

 

Une spécialité antillaise. Très épicée ?

Le chien sera à l’honneur lors du conseil municipal d’Argenteuil de ce soir. Deux points capitaux pour l’avenir de la cité le concernant sont à l’ordre du jour : l’un, « la Création, implantation et dénomination du "caniparc de la platanaraie", boulevard Héloïse », et l’autre intitulé mystérieusement : « Convention type relative à la brigade cynophile ». Les chiens n’ayant pas l’accès à l’hôtel de ville, nul risque d’aboiement, même de satisfaction. En revanche, les conseillers municipaux auront-il accès à la salle du conseil ? On s’inquiète, au vue de la peur qui s’est emparée de la municipalité, lorsque l’on constate la présence de travailleurs de la sécurité aux entrées de l’hôtel de ville. L’occasion de transmettre l’étonnement des habitants avec la fermeture du parc public Joly-Carnot. Qu’est que ce ridicule qui s’apparente à la « politique de la tension ? »

         C’est vrai, il n’y en aura pas que pour les chiens. Les travailleurs de la Ville sont concernés par l’ordre du jour, et nous n’avons pas encore les informations pour juger de ce qui sera discuté au sujet des autorisations d’absence et du régime indemnitaire. Mais nous allons tenter d’être présent ce soir pour en juger et rapporter la discussion.

         Mais puisque nous évoquons les travailleurs de la Ville, il ne sera apparemment pas question d’évoquer lors de ce conseil le mauvais coup que la municipalité si « bienveillante » au niveau du discours leur a concocté pour à partir du 1er janvier prochain concernant les congés. Le mieux est de donner la parole au bulletin Lutte ouvrière des territoriaux d’Argenteuil paru hier.

 

Voir rouge pour remettre les pendules à l’heure

         La municipalité et la direction générale passent à l’offensive. Ils remettent en question des jours de congé liés aux « médailles du travail » et les départs anticipés avant le départ en retraite.

         C’est à tout ce que notre force avait gagné qu’ils sont en train de s’attaquer.

         Vite, vite, une mobilisation nécessaire pour leur imposer l’annulation de ce qu’ils ont prévu.

 

lundi 5 octobre 2026

“La violence est une politique du gouvernement pour étouffer une mobilisation” Nathalie Arthaud sur BFM - 4 min 47

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du dimanche 4 octobre 2026

 Vive la mobilisation lycéenne, et faisons naître celle des travailleurs ! Mardi 6 octobre, tous mobilisés !

 Publié le 04/10/2026

Partie de la banlieue parisienne, la mobilisation lycéenne s’est étendue à tout le pays. Dans les lycées généraux ou professionnels, les grandes ou les petites villes, la jeunesse crie sa révolte et son ras-le-bol face au mépris de ceux qui nous gouvernent. Elle a mille fois raison. Elle n’accepte plus de subir, et nous aussi, travailleuses et travailleurs, n’acceptons plus l’inacceptable !  

Des discours sur l’éducation, la jeunesse et « l’égalité des chances » il y en a ! Mais de nombreux établissements sont vétustes, mal entretenus avec des toilettes souvent impraticables. Les classes sont surchargées comme les emplois du temps. On manque d’enseignants, d’infirmières, d’AESH. La sélection sociale est impitoyable. Et plus les établissements sont populaires, moins ils ont de moyens.

Les lycéens, à commencer par ceux des banlieues ouvrières, sont laissés pour compte et méprisés. Cette réalité doit nous révolter autant que les jeunes. Et ont-ils tort de dénoncer le racisme et les discriminations ? Bien sûr que non ! Les propos des policiers de Carcassonne, des paroles humiliantes et insultantes contre tous ceux qui ne seraient pas « Français de souche » l’ont cruellement rappelé.

De quel côté est la violence ?

Surtout, ne nous laissons pas intoxiquer par les images de violences que les médias diffusent en boucle. Il y a un vrai mouvement de révolte, avec de justes revendications. En focalisant sur les seuls casseurs, gouvernement, droite et extrême droite veulent salir et discréditer une révolte légitime.

Ce battage autour de la violence des jeunes est d’autant plus révoltant que la police, quand elle ne cherche pas à provoquer elle-même des incidents, intervient avec brutalité, multipliant les charges violentes, les plaquages, les arrestations arbitraires, comme lors de la mobilisation des gilets jaunes. Tout cela contre des jeunes de 14 à 18 ans qui tentent de bloquer leur lycée.

Un jeune, blessé par un tir de grenade lacrymogène presque à bout portant, est défiguré à vie. Un autre a été éborgné. Alors, si une partie de la jeunesse veut en découdre, à qui la faute ?

Aux revendications lycéennes plus que justifiées, le gouvernement répond par les gaz lacrymogènes et la matraque. Il tente de tuer la contestation dans l’œuf, parce qu’en réalité, il n’a rien à proposer à la jeunesse.

Quel avenir pour la jeunesse ?

Pour le plus grand nombre, ce sera une vie de précarité et de labeur, plus dure encore que celle de leurs parents, les missions d’intérim, les contrats d’apprentissage qui ne débouchent sur rien. Pour ceux qui veulent faire des études supérieures, décrocher une place à l’université relève du parcours du combattant. Et ces études ne sont même plus la garantie d’un bon salaire et d’un vrai emploi.

On répète aux jeunes qu’à peine nés ils héritent de 3 600 milliards d’euros de dette. Que le réchauffement climatique va devenir de plus en plus invivable, et qu’ils doivent retrouver la fibre patriotique et se préparer à la guerre, c’est-à-dire être partants pour aller, un jour, se faire trouer la peau. Vous parlez d’un avenir !

La jeunesse a cette qualité de ne pas supporter l’injustice. Elle n’y est pas encore habituée et elle rejette le fatalisme. Sa mobilisation doit nous servir d’électrochoc, parce que oui, il faut que cela change !

Les plus grands casseurs sont au pouvoir. Ils cassent les hôpitaux, l’éducation, les retraites. Et qui les arrête ? Rien ne justifie que le gouvernement et le grand patronat, compagnies pétrolières en tête, nous fassent les poches. Des milliards s’entassent dans les coffres-forts de la bourgeoisie. Il faut les réquisitionner pour les consacrer aux salaires, à nos conditions de vie, à l’éducation, la santé et l’avenir de nos enfants !

La première des choses est de se battre pour que le racket à la pompe à essence s’arrête, et pour que le Premier ministre Lecornu remballe sa copie budgétaire. Pas touche aux pensions de retraite, pas touche aux APL, aux allocations familiales, à la prime de rentrée scolaire, aux salaires des fonctionnaires, au remboursement des médicaments.

Réquisition des profits et des fortunes du grand patronat ! L’argent doit aller à l’éducation, pas aux marchands de canon !

Les lycéens ont ouvert la voie avec l’enthousiasme de la jeunesse. Ajoutons à leur révolte celle des travailleurs. Joignons-nous, nombreux, aux manifestations du 6 octobre et des jours qui suivront.

                                                                           Nathalie Arthaud

Argenteuil, une école publique vers l’effondrement, les lycéens lancent un cri d’alarme face à l’inégalité scolaire, reflet de l’inégalité sociale

 

Un recul majeur de décennie en décennie

 

 

Dans les années 1960, ma génération, je suis né en 1952, a bénéficié d’une économie en expansion suite à la Guerre. Dans le quartier du Perreux, l’école provisoire de la rue d’Ascq a laissé la place aux groupes scolaires Paul Langevin. J’y entrais en CP alors que sa construction venait de s’achever.

         Ma génération bénéficia de la massification de l’enseignement, et j’entrais au collège Paul-Vaillant Couturier qui me laisse un excellent souvenir. Bien sûr, l’inégalité sociale se reflétait dans l’inégalité scolaire.

         Jusqu’à la classe de Seconde, jamais je n’allais au musée. À la maison, il y avait bien quelques livres à l’entrée dans le meuble du téléphone, pour la décoration, mais jamais de discussion à leur propos. De visite à Paris, vous n’y pensez pas.

         Lorsque le principal de PVC entra dans ma classe de 3ème pour demander qui était intéressé pour passer le concours de l’École normale d’instituteur, je pris le formulaire. Mes parents le remplirent, sans aucune discussion à leur sujet. Personne ne m’indiqua ce qui m’attendait. La même chose se reproduisit trois ans plus tard, quand en vue de l’après-bac, on me proposa trois options, celle d’aller dans un centre de préparation au professorat d’éducation physique, une école pour devenir professeur de collège, ou encore d’entrer en classe préparatoire. Nul conseil familial. Je fis sans doute là alors le mauvais choix. Ces exemples pour orienter la réflexion sur le fossé qui sépare les couches sociales de la société, lesquelles ont leurs répercussions sur l’éducation à la culture, et les routes possibles à prendre. Pour ma part, l’École normale fut un chemin de promotion sociale, comme il le fut longtemps pour tant d’enfants de la paysannerie et de la classe ouvrière. De mes deux sœurs et de mon frère de ma génération, je fus le seul à obtenir le bac en 1970.

         Lors je revins à Argenteuil en 1975, j’occupai un poste d’instituteur de CP à Paul Éluard au Val-Nord. Cet année-là j’avais 19 enfants dans ce CP. Les parents travaillaient. Un autre temps, un autre monde.

         Je vis du pays… à Argenteuil, en passant du premier degré de l’École au lycée professionnel, puis de celui-ci au lycée Georges Braque pour rejoindre les classes générales du lycée en histoire-géographie.

         Non les élèves n’ont pas les mêmes chances de départ, comme s’il fallait argumenter sur cette évidence. Chacun sait que le milieu social est surdéterminant et que les élèves originaires des quartiers populaires sont aujourd’hui de moins en moins nombreux dans les classes préparatoires des grands lycées parisiens.

         La question est surtout : comment cela est-il vécu par les adolescents ? Aujourd’hui, certains le vivent dès tout petit avec un sentiment de relégation. À Jaurès, j’ai eu à m’occuper, pour des BEP, à ce genre de classe, les Orsu par exemple, cela dira quelque chose à certains lecteurs. Des classes où l’on allait en dépit, par défaut, pour aller bien quelque part. Bonjour l’ambiance. Il m’arrive de retrouver de ces anciens élèves de ces classes. Qu’on se rassure. Dans leur immense majorité, ils ont trouvé leur chemin, mais loin de l’ajustage-fraisage de leur formation industrielle initiale.

         Le fait majeur de ces dernières décennies a été la fuite d’élèves de milieux plus aisés vers l’école privée qui ont vu ces dernières décennies leurs moyens et leur recrutement connaître un grand essor. C’est la réalité à Argenteuil.

         Petit tableau de l’inégalité scolaire pour terminer cette esquisse du jour. Pour la « crème » des enfants de la haute-bourgeoisie, des écoles en Suisse ou aux États-Unis. Pour les riches et les gamins des élites, des écoles privées de première classe, le collège Stanislas, l’École alsacienne… Pour les milieux de la petite-bourgeoise, les écoles privées locales de l’enseignement catholique. Pour les autres, l’immense majorité de la population, le service public de l’éducation nationale, de moins en moins service.

         Cela a une allure Ancien régime. Quatre strates d’inégalité scolaire reflet de l’inégalité sociale profonde.

         Ce ne sont pas seulement les élèves des quartiers populaires qui vivent mal une longue situation difficile pour eux. Ce sont y compris de nombreux jeunes des quartiers plus aisés qui comprennent que cette situation ne convient pas, et qu’elle devrait disparaître. A suivre bien sûr. DM

Médef : la seule politique dont il ne voudrait vraiment pas

 Medef : la politique dont il ne veut pas

Le président du Medef, Patrick Martin, est très inquiet. De la hausse des prix ? Des difficultés des travailleurs pour joindre les deux bouts ? Mais bien sûr que non. Il est inquiet du fait que les syndicats se politisent.

Publié le 30/09/2026

Jeudi 24 septembre, ce digne représentant des patrons a reproché à deux syndicats, la CFDT et la CGT, de se « politiser à outrance », à cause de ce que leurs dirigeants disent du RN. Au passage, c’était une façon pour lui de rendre la monnaie de sa pièce à Sophie Binet, secrétaire de la CGT, qui a reproché aux patrons de faire la courte échelle au RN. Derrière cette guéguerre des petites phrases, se cache une préoccupation importante et classique des patrons. Non seulement le fait que les travailleurs défendent leurs intérêts les gêne, mais qu’ils le fassent sur le terrain politique les gêne encore plus.

Ces capitalistes qui parlent sans cesse de « démocratie sociale », de « dialogue social » interdisent strictement aux travailleurs de faire de la politique au sein des entreprises. Un travailleur surpris avec un tract politique ou voulant organiser une réunion politique dans son entreprise peut être licencié pour cela.

Ce n’est pas la question du vote qui inquiète le Medef, tant les patrons savent que quel que soit le résultat des élections, ils continueront à dominer et à diriger toute la société. Ce ne sont pas non plus les discours des responsables syndicaux qui inquiètent le patronat. Mais ils ne veulent pas que les travailleurs parlent de politique, de ce qui serait bon pour eux, de ce qu’il faudrait changer et de qui devrait diriger dans la société.

Les patrons passent leur temps à faire du chantage pour obtenir des lois allant dans leur sens – sans beaucoup de difficultés d’ailleurs – mais ne veulent pas que les travailleurs se demandent comment peser dans la société. Car le risque est qu’ils se rendent compte qu’ils en ont largement les moyens et pas avec un bout de papier.

Les luttes des travailleurs pourraient imposer des mesures allant dans le sens de l’intérêt général, des mesures qui rognent sur les profits astronomiques des riches capitalistes pour satisfaire les besoins en salaires, en logement, en services publics. Ce serait la seule politique valable pour les travailleurs, qu’ils devraient imposer en menant leur lutte de classe. En même temps les luttes pourraient faire reculer véritablement les idées d’extrême droite, les idées de division. C’est d’une telle politique que le Medef ne veut pas. C’est une raison suffisante pour la défendre !

                                                 Marion Ajar (Lutte ouvrière n°3035)

"Renault Trucks gros radin !" à Lyon - Vénissieux

 

Un chemin tracé

 

 

Mardi 29 septembre, jour de la mobilisation dans la fonction publique, une centaine de travailleurs en grève pour leurs salaires se sont retrouvés devant l’usine Renault-Trucks. Certains intérimaires, nombreux à l’usine, étaient même présents.

         Dans le public ou dans le privé, les problèmes de salaires sont les mêmes et chez RT, malgré des bénéfices accumulés qui se comptent en milliards, les augmentations sont ridicules et les salaires décrochent de l'inflation.

         Conscients qu’il faudra être plus nombreux pour engager le rapport de force, les grévistes voyaient ce rassemblement comme une première étape dans une bataille pour les salaires. Beaucoup de ceux qui ne s’étaient pas senti de faire une heure de grève ont quand même tenu à marquer leur soutien par des klaxons. Un bon présage pour revenir plus nombreux la prochaine fois.