Le
camp des travailleurs ou celui du Medef !
31/08/2026
Le premier débat de la
présidentielle s’est déroulé, jeudi dernier, à Roland-Garros, à l’invitation du
Medef. Plus qu’un symbole, c’est l’aveu que la mission du prochain président de
la République sera de servir ce grand patronat.
Les sept candidats sélectionnés
par le Medef se sont prêtés à l’exercice avec entrain. Chacun s’est efforcé de
convaincre les membres du Medef qu’il a des solutions à leur apporter et s’est
s’engagé à leur assurer croissance et prospérité.
Comme d’habitude, les grands
patrons se sont présentés comme les forces vives de la nation, des courageux
qui investissent, prennent des risques, créent de l’emploi… Comme si le monde
du travail ne pouvait exister sans eux !
Sans complexe, ils ont dénoncé
l’État qui les étranglerait avec les impôts et les charges, alors qu’avec plus
de 200 milliards euros d’aides publiques, ils méritent la couronne de
l’assistanat. Eh bien, il n’y a pas eu un seul candidat pour les renvoyer dans
les cordes !
Omerta
sur les profits et l’exploitation
À aucun moment, il n’a été
question des profits réalisés par la grande bourgeoisie, en augmentation de 40
% sur ces six premiers mois, malgré la crise, les guerres et la fermeture du
détroit d’Ormuz. À aucun moment, il n’a été dit que la fortune des
milliardaires a doublé ces dix dernières années.
Et qui pour dire que les
capitalistes ont une responsabilité écrasante dans le chômage de masse et la
précarité ? Qui pour souligner qu’au lieu de créations, ce sont des
suppressions d’emplois qui s’enchaînent et que le bilan de la bourgeoisie est
d’avoir fermé des centaines d’usines ces dernières années ? Qui pour dire
que le patronat ne « donne pas de l’emploi » mais exploite les
travailleurs ? Personne !
Il n’y a pas eu une voix pour
expliquer que la prospérité du grand patronat est basée sur les bas salaires et
le recul des droits et des conditions de travail. Pas une voix pour affirmer
que la dette est celle de la bourgeoisie et que c’est à elle de payer. Pas une
voix pour dire que ces Messieurs qui s’autoproclament investisseurs sont des
rapaces aveuglés par le profit et ont une responsabilité écrasante dans le
réchauffement climatique, la destruction de la planète et les guerres pour
accéder aux richesses.
Un Medef
caressé dans le sens du poil
Sans surprise, les candidats de
droite ont flatté le Medef et ont repris toutes ses exigences consistant à faire
payer les travailleurs, les retraités, les chômeurs… Le Pen a, elle aussi, fait
plaisir aux oreilles patronales en promettant un choc de compétitivité et une
réduction drastique du train de vie de l’État, en cachant que cela signifiera
moins de moyens pour l’éducation et la santé.
Quant à la gauche, représentée
par Glucksmann, Tondelier et Mélenchon, elle a bien montré qu’elle ne voulait
surtout pas se fâcher avec cette bande de profiteurs irresponsables.
Mélenchon, qui se donne l’allure
la plus radicale, défend un pacte qui pourrait concilier les intérêts des
travailleurs et ceux du patronat. Mais alors qu’il expliquait qu’il était dans
l’intérêt du Medef d’augmenter les salaires pour éviter une récession,
l’assemblée lui a ri au nez.
Cette vague de ricanements dévoile
l’arrogance et le mépris du grand patronat pour les travailleurs et prouve
qu’il n’y a pas de terrain d’entente possible entre exploiteurs et exploités.
Candidate
pour le camp des travailleurs
Quel que soit celui ou celle qui
remplacera Macron à l’Élysée, la lutte de classe se poursuivra. Le seul
programme qui vaille pour les travailleurs est de se battre pied à pied pour
défendre leur droit de vivre dignement.
Je suis candidate à la
Présidentielle pour affirmer les intérêts des travailleurs contre ceux du grand
patronat. Le Medef l’a bien compris, il ne m’a pas invitée à son débat, mais il
faut que ces idées soient bien présentes dans les discussions entre travailleurs,
car elles représentent le seul moyen de ne pas se faire écraser.
C’est en prenant sur les profits
qu’on pourra répartir le travail entre tous et permettre à chaque travailleur
de s’en sortir avec un salaire, un revenu ou une pension d’au moins 2 200
euros net.
C’est en refusant la dictature du
capital et la guerre économique qu’on ne subira plus les catastrophes que cette
société provoque, qu’on financera les hôpitaux, les écoles ou la lutte contre
les incendies plutôt que les marchands d’armes.
Les forces vives de la société,
ce sont les travailleurs. Ce sont eux qui la font réellement tourner et ce sont
eux qui pourront la changer !
Nathalie Arthaud