samedi 3 octobre 2026

Argenteuil, lycées, la jeunesse mobilisée qui aspire à d’autres conditions, une municipalité si loin d’elle

 

La jeunesse veut une éducation digne de moyens qui existent

 

 

La municipalité d’Argenteuil a le droit de penser ce qu’elle veut, de considérer que les forces de police comme étant des parfaits éducateurs et gentlemen toujours soucieux de calmer les choses et réduire les tensions, et d’être convaincue que c’est des affreux manipulateurs qui sont à l’origine du développement comme une traînée de poudre à l’échelle du pays du mouvement des lycéens. Mais l’a-t-on déjà entendu marquer sa solidarité avec ce que la jeunesse subit depuis des décennies ? La jeunesse d’Argenteuil comme d'ailleurs.

         Dès la maternelle, elle subit la disparition dans toutes les classes des travailleuses Atsem, et du manque cruel d’AESH. Le manque de ces dernières va année après année perturber les classes, réduisant leur fonctionnement normal. Elle va subir un remplacement totalement aléatoire de ses enseignants absents. Dès ce moment, une partie des petits élèves vont quitter l’École publique.

         Chacun connaît la situation du collège, la municipalité elle-même bien incapable de réaliser l’ouverture du dixième collège sur la Ville. Ce collège qui va connaître la hausse des effectifs par classe, le manque de travailleurs administratifs, d’infirmières, d’assistantes sociales, où le périscolaire est réduit à sa plus simple expression. Comme on aimerait rencontrer des éducateurs de rue aux abords… D’autres élèves ont profité du passage du CM2 à la 6ème pour rejoindre plus nombreux les établissements privés de la Ville qui se sont agrandis ces dernières décennies.

         Dans les lycées de la Ville, rebelote pour les conditions d’encadrement, pour le non-remplacement, le périscolaire… Durant ces dernières décennies, le nombre d’élèves par classe a enflé, passant de 30 à plus de 35 élèves par classe. Primaire, collège, lycée, le manque d’AESH sévit. J’oubliais, de la 3ème à la Seconde, une partie supplémentaire d’élèves a encore quitté l’enseignement public. Et comme on l’imagine, pour la plupart, cela ne concerne pas les milieux les plus modestes. À l’inégalité sociale se superpose l’inégalité scolaire.

         Quant aux locaux, les canicules ont ajouté leur « petit » problème à des locaux souvent inadaptés.

         Et nous pourrions ajouter bien des lignes à cet énoncé des difficultés. Alors oui, il y a de quoi être en colère. Et ils sont des dizaines de milliers et des dizaines de milliers de jeunes à vouloir l’exprimer. Ils ne peuvent pas le faire dans leurs établissements où l’expression des élèves n’est que d’opérette. Et ne croyez pas que ce qui se passe actuellement concerne uniquement la jeunesse des quartiers populaires. Celle de milieux plus aisés réfléchit aussi, partage avec les premiers bien des aspirations, dont celle de ne pas vouloir vivre dans une société de la matraque et de la guerre, où on veut qu’elle se taise.

         Alors mesdames et messieurs de la municipalité, rien d’autre à dire que de parler d’une toute petite minorité de casseurs et d’applaudir à l’action, douce et tendre, des forces de police ? DM

 

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