jeudi 23 avril 2026

Argenteuil, Gabriel Péri, s’opposer à une décision municipale calamiteuse n’est pas approuver et se réclamer d’un passé désastreux

 

Un acteur important d’une politique désastreuse pour l’avenir du mouvement ouvrier

 

Gabriel Péri et Maurice Thorez dans les années 1930

 

Chaque année, une cérémonie a lieu en décembre pour commémorer la mort sous les balles de l’armée allemande du député d’Argenteuil et de la région, Gabriel Péri. Il avait 39 ans. Pour ma part, je ne participe à cette cérémonie.

         Né en 1902, engagé jeune dans le mouvement socialiste durant la Première guerre mondiale, de la naissance du Parti communiste en France jusqu’à sa mort dramatique, Gabriel Péri fut un cadre de ce parti, d’abord comme responsable des Jeunesses communistes, puis tout au long de sa courte vie, comme un des responsables du Parti Communiste devenu Français, un responsable de second plan il est vrai.

         Le drame de ce parti fut qu’il approuva et suivit la dégénérescence stalinienne de l’Union soviétique et de l’Internationale communiste, menant une politique erratique selon les virages de Staline, et abandonnant la perspective de la révolution ouvrière. À parti du « tournant antifasciste » de 1935, il rompit avec l’internationalisme pour le nationalisme, une voie que le PCF poursuivit ensuite, mais c’est une autre histoire.

         Gabriel Péri ne s’opposa jamais, en tout cas publiquement à cette politique. En son for intérieur, il n’approuva pas sans doute le pacte germano-soviétique de fin août 1939, comme d’autres cadres du PCF à ce moment-là, mais il se tut une nouvelle fois.

         La mort tragique de Gabriel Péri mérite le respect, mais n’exige pas de gommer sa responsabilité parmi tant d’autres dans le drame du prolétariat d’ici comme du monde : le stalinisme. Un drame dont les travailleurs ne se sont jamais relevé jusqu’à nos jours, et qui permet que les affres du capitalisme se poursuivent encore. DM

  

Notons que c’est sur la base politique que j’évoque ci-dessus que les ancêtres politiques de la municipalité actuelle, et De Gaulle en premier lieu, purent aider la bourgeoisie française à franchir la Libération qui était pourtant grosse de la possibilité d’une révolution ouvrière, en France comme dans d’autres pays d’une Europe exsangue. De cela, Gabriel Péri, disparu en décembre 1941, ne fut pas responsable. Mais il est bon de le rappeler à nos démolisseurs d’aujourd’hui. Il est vrai que la bourgeoisie et ses défenseurs n’ont guère ni  mémoire ni reconnaissance. DM

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