dimanche 25 octobre 2026

Manifestations et justice de classe

 

Dure avec le populaire, si indulgente avec les puissants

  


Depuis le 17 octobre, des centaines de manifestants et hypothétiques casseurs ont été jugés en comparution immédiate. Tribunaux engorgés, avocats commis d’office débordés : avec ou sans moyen, la justice fonctionne à plein régime pour condamner – et pas que des pillards - et effrayer des manifestants. Le ministre de la Justice, Darmanin lui-même, s’est rendu au tribunal de Paris pour vérifier que les consignes de fermeté seraient appliquées.

         Des jeunes accusés d’avoir lancé de la peinture ou des projectiles en direction des CRS sont envoyés en prison. D’autres sont condamnés pour des messages retrouvés sur leurs téléphones portables. Pour les étrangers, des mesures d’interdiction de territoire sont prononcées.

         La justice est toujours implacable et exemplaire quand il s’agit de condamner les enfants des classes populaires.

Argenteuil, un quartier populaire, périphérique, pauvre, largement abandonné, Joliot-Curie, pour moi un retour aux sources

Que de choses à dire. Le bonheur n'est pas encore dans la cité

 


 
Dorkam Larbi 

Je dois remplacer mes deux jeunes camarades qui assurent le samedi matin notre permanence politique dans le centre commercial de la cité, à côté du café qui a rouvert avec bonheur ses portes. C’est un retour aux sources dans cette cité où j’ai vécue pendant près de 40 ans, mais qui est marquée aujourd’hui par la dégringolade sociale du monde du travail.

         Grande difficulté pour se garer. C’est vrai tout le temps, mais cela l’est davantage le samedi, jour de marché. Heureusement, une voiture s’en va, je prends sa place. Me dirigeant vers le marché, après le petit passage souterrain vers le 5 de la rue Rouquès, je constate, au débouché, que les travaux dont j’avais parlé fin août je crois ne sont toujours pas terminés (voir photo ci-dessus). Mais mon gars, me dis-je prendrais-tu la cité Joliot-Curie pour la Canopée royale où un tel retard n’est pas envisageable ?

         Inimaginable naguère, un marché de fripes a pris demeure entre marché et centre commercial. Nous voilà revenus dans un autre siècle de misère. Il est évacué par la police municipale. Un membre de celle-ci qui me connaît très bien à moins qu’il ait besoin d’aller chez l’oculiste ne me dit pas bonjour. Il ne doit pas avoir appris la politesse. Passons.

         Heureusement, je croise Dorkam. Un travailleur et locataire de la rue Yves Farge. Il m’aime bien. Le 17 octobre 1961, lors de la manifestation organisée par le FLN contre le couvre-feu, il a été embarqué, et fait partie des milliers d’Algériens qui ont été enfermés au Palais des sports. Il a 92 ans. Respect. Il est d’accord pour que je publie sa photo.

         Autre rencontre, la sœur de Daniel me donne des nouvelles de notre ami qui habite en haut de l’escalier au 1 de la rue Yves Farge touché par l’explosion importante de septembre. Toujours pas de réfection des appartements et de réintégration pour les locataires du 1er étage. Daniel n’a toujours pas de gaz de ville comme trois autres locataire de cet escalier. À eux de se débrouiller. Cela dément le fait qui a couru qu’il n’y avait plus de gaz de ville à Joliot. Au fait, toujours pas d’information sur ce qui s’est vraiment passé ce matin-là ?

         Une matinée mi-figue mi-raisin dans cette cité populaire. Bonheur de revoir des amis, mais tristesse de voir la pauvreté et le large abandon de cette cité. J’ai hâte que la remontée du la conscience et de l’organisation du monde du travail amène par ses luttes davantage d’argent dans les poches des habitants, vous savez cet argent qui redonne moyens, goût et couleurs. DM

 

samedi 24 octobre 2026

Lutte ouvrière, sur les manifestations du 17 octobre, une démonstration magistrale

 

Une volonté de ne pas laisser manifester propice à tous les incidents


À Lyon

 

Publié le 21/10/2026

 

À Lyon le 17 octobre, aucun parcours n’avait été déposé et les syndicats ont été aux abonnés absents. Tout le monde s’attendait à ce que la police gaze et matraque, ce qu’elle a fait dès le matin. Malgré cela, plus de 20 000 manifestants, souvent en petits groupes, des jeunes mais aussi des travailleurs et des retraités en colère contre la vie chère, sont restés la journée entière, avec leur pancarte, passant d’un lieu à l’autre au milieu des gaz. Cortèges, banderoles, slogans revendicatifs étaient quasi absents. Rapidement, lorsque l’Office du tourisme a été incendié, l’immense place Bellecour, point de convergence des manifestants, s’est transformée en souricière arrosée de gaz lacrymogène. Cela n’a pas empêché des milliers de personnes de continuer à défiler toute l’après-midi dans les rues alentour, formant plusieurs cortèges improvisés à l’initiative de militants. Un groupe de l’hôpital de la Croix-Rousse a manifesté en blouse blanche. Parmi les femmes et les hommes présents, certains craignaient les affrontements, tandis que d’autres ne voyaient pas d’un mauvais œil le recours à la violence. Mais la volonté de se regrouper entre travailleurs avec leurs propres revendications a été plus forte que ces divergences. Derrière leur banderole « De l’argent pour l’hôpital, pas pour le capital » , et munies d’un mégaphone, les hospitalières ont entraîné jusqu’à 2 000 autres manifestants dans leur sillage, en scandant des slogans comme « Du fric, du fric, pour l’hôpital public, du blé, du blé, pour tous les ouvriers ! » . Quand un manifestant a voulu s’en prendre à une boutique, beaucoup d’autres sont intervenus pour l’en dissuader, sentant que leur force était dans la cohésion du cortège. Dans une autre partie de la ville, le cortège de Lutte ouvrière, accompagné de plusieurs cheminots en vêtements de travail fluo, a pu lui aussi quitter la place Bellecour, suivi d’un millier de personnes qui étaient contentes de trouver un cortège organisé pour crier leur colère avec des slogans. Ils étaient encouragés par les marques de soutien des automobilistes qui klaxonnaient ou des gens aux fenêtres, preuve que le mouvement était soutenu au-delà de ceux qui s’étaient sentis capables de braver les violences policières. 

 

Lisez, diffuser autour de vous Lutte ouvrière 1 euro 50

 

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-vendredi 23 octobre, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;

-samedi 24 octobre, de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 25 octobre, de 11h à midi au marché Héloïse.

 

 

Un entretien sur un sujet qui nous est cher

14 novembre, 15 heures : entretien à la librairie du Presse-papier avec Rémy Adam pour son ouvrage « Le parti bolchévique ».

La vente des entrées pour le prochain banquet à Argenteuil du 16 janvier 2027 a commencé. 17 euros, et 8 pour les enfants de moins de 14 ans.

 

 

Samedi 24 octobre.

Manifestations du 24 octobre

Manifestons massivement de la Bastille à la Nation

Rendez-vous 14h00