mardi 20 octobre 2026

Argenteuil, vie associative, Espace Nelson Mandela, où l’esprit de fermeture va-t-il se garer…

 

Que de barrières contre les travailleurs et le réseau associatif

 

11 h.20, lundi 19 octobre

La municipalité a un mot en tête : celui de fermeture. Quand elle peut clore un espace, elle s’y met à cœur joie. Comme contrepoint des transformations de l’espace Nelson Mandela qui n’est plus guère une maison des associations et où elle a réussi à marginaliser les locaux syndicaux qui pendant des décennies en avaient été le cœur, voilà qu’elle y a installé une barrière avec digicode. Elle devait fonctionner depuis avril, mais cela a été reporté. Mais depuis hier lundi 18 octobre, il faut normalement montrer patte blanche pour se garer sur le parking de l’Espace. Enfin, il aurait fallu le faire, puisque cela n’a duré que quelques heures, il a bien fallu neutraliser le fonctionnement de la barrière suite à un dysfonctionnement.

         Hormis les véhicules de la restauration municipale, le parking ne devrait plus être, sauf exceptions, ni pour les travailleurs qui opèrent dans le bâtiment ni pour nombre de membres des associations qui n’ont guère été ni mis par ailleurs dans le coup de l’opération ni dotés de badges.

         Va-t-il falloir appeler Bunker Nelson Mandela feu l’espace éponyme ? Cela serait tout de même faire injure au héros de la lutte contre l’apartheid en Afrique du sud. DM

lundi 19 octobre 2026

Après le 17 octobre, la nécessité pour le monde du travail de se réunir et de discuter

 

Les travailleurs doivent réfléchir à la voie initiée par la jeunesse

 



Le 17, l’immense cortège que j’ai vu

 


Dette : le parasitisme de la bourgeoisie

 Dette : le parasitisme de la bourgeoisie

Pas une journée ne passe sans que les membres du gouvernement ou leurs perroquets médiatiques n’invoquent le montant de la dette publique, voire la faillite possible de l’État, pour justifier les attaques les plus brutales contre le monde du travail.

Publié le 14/10/2026

 

Ainsi, les 54 milliards d’économies supplémentaires que le gouvernement entend imposer, au nom de la réduction du déficit budgétaire en 2027, seraient intégralement volés dans les poches des travailleurs, qu’ils soient actifs, retraités, chômeurs, en maladie ou en invalidité.

Cette dette, d’un montant astronomique, n’est pas celle des travailleurs. C’est intégralement celle des capitalistes. Alors qu’en 1980, la dette publique représentait 20 % du produit intérieur brut, la richesse produite en un an, elle en représente aujourd’hui 120 %. La succession des gouvernements de droite et de gauche a multiplié les cadeaux, exonérations sociales ou fiscales, subventions à la classe capitaliste sous les prétextes les plus divers.

Chaque année, 270 milliards d’euros sont actuellement versés, essentiellement aux plus grands groupes et se retrouvent dans les dividendes exorbitants versés aux actionnaires. Cette somme représente quatre fois le budget de l’enseignement public. Elle représente même bien plus que l’ensemble du déficit public annuel de 152 milliards d’euros. Mais, pour le gouvernement, bon régisseur de cette grande bourgeoisie, il est hors de question de stopper cette hémorragie et de mettre fin au parasitisme de ses maîtres. Il présente donc l’addition aux classes populaires.

Le comble est qu’aujourd’hui ces capitalistes bénéficient doublement de l’argent public. Car ceux-là même qui creusent la dette s’enrichissent aussi en prêtant à l’État français, via leurs groupes financiers, banques et fonds de placement, à des taux d’intérêt qui ne cessent de grimper et qui ont atteint près de 5 % début octobre. Mécaniquement la charge de la dette, les intérêts payés annuellement, explose et pourrait atteindre selon la Cour des comptes 80 milliards en 2026.

En 1850, Karl Marx, dans son ouvrage Les Luttes de classes en France expliquait que sous le règne de l’aristocratie financière, pendant la monarchie de Juillet, « l’endettement de l’État était […] d’un intérêt direct pour la fraction de la bourgeoisie qui gouvernait […]. C’était principalement le déficit de l’État qui était l’objet même de ses spéculations et la source principale de son enrichissement. »

Parmi d’autres causes, la révolution de 1848 a été la conséquence du règne de cette aristocratie financière. Ses descendants d’aujourd’hui, vautrés dans le luxe et le pillage de l’argent public, finiront par provoquer la révolution à venir.

                                          Christian Bernac (Lutte ouvrière n°3037)

Israël : Netanyahou veut faire taire les témoins

Israël : Netanyahou veut faire taire les témoins

Alors que les élections législatives sont prévues en Israël pour le 27 octobre, Netanyahou se déploie pour faire taire toute voix mettant en cause sa version de la guerre menée à la population palestinienne et sa responsabilité dans la montée en puissance du Hamas, jusqu’à et y compris l’attaque du 7 octobre 2023.

Publié le 14/10/2026

Le documentaire Naza, primé à Venise, dénonce les crimes commis par l’armée à Gaza. Les deux courageux cinéastes israéliens y présentent des témoignages d’officiers et de soldats qui ont participé à l’assassinat de cibles repérées comme militants du Hamas, au milieu de leur entourage, de leur famille, lors d’un processus allant du renseignement au bombardement à l’aide d’armes pilotées par IA. « Naza » est l’acronyme utilisé par l’armée pour les « dommages collatéraux » estimés négligeables, même s’ils se comptent en centaines de victimes.

Dans le cadre de ce massacre de la population gazaouie, 74 000 morts décomptés à ce jour dont 21 000 enfants, 24 témoins racontent une partie de l’horreur, à visage dissimulé et voix volontairement déformée. Cet aveu a été diffusé deux jours durant dans quelques salles de 50 pays, et sera semble-t-il mis ultérieurement en ligne par le journal britannique The Guardian. « Mais ceux qui ont le plus besoin de le voir, affirme à juste titre Yuval Abraham, l’un des deux réalisateurs, ce sont les Israéliens, les Américains qui financent tout cela, les Allemands, tant d’Européens qui contribuent aux rapports de force permettant que cela continue, que les tueries à Gaza continuent ».

Naza a d’ores et déjà provoqué la colère de l’état-major israélien et du Premier ministre. Après avoir été présentés comme des personnages subalternes, les témoins sont maintenant accusés « d’atteinte aux intérêts diplomatiques et sécuritaires » de l’État et font l’objet d’une enquête. Les auteurs du documentaire sont quant à eux menacés par le pouvoir, notamment, d’être déchus de leur nationalité israélienne. Mais, en tentant de faire taire ceux qui dénoncent ses crimes, Netanyahou ne fait que les confirmer, s’il en était besoin.

Netanyahou utilise l’écrasement des Palestiniens à Gaza et la guerre qui leur est menée en Cisjordanie pour souder une partie des Israéliens autour de lui et tenter de gagner la bataille électorale serrée contre l’opposition. Cette dernière essaie de son côté de le déstabiliser à l’aide de « révélations » sur ses défaillances lors de l’attaque du Hamas. Ainsi, le 8 octobre, un général, ancien secrétaire militaire du Premier ministre, a affirmé sur la chaîne israélienne N12, que Netanyahou a consciemment repoussé des accords avec le Hamas qui auraient conduit à libérer des otages, privilégiant la survie de son gouvernement, dont les ministres d’extrême droite étaient hostiles à un cessez-le-feu. Selon le parti de Netanyahou, qui n’est pas à une exagération près, il ne s’agirait que d’une opération visant à « renverser le gouvernement de droite et à mettre en place un gouvernement de gauche qui créera un État palestinien ».

Cette nouvelle révélation jouera peut-être un rôle dans la campagne électorale où Netanyahou vise une victoire pour échapper encore aux poursuites judiciaires qui pèsent sur sa tête depuis des années. Mais la politique meurtrière dans laquelle il entraîne la population d’Israël, dénoncée par les auteurs de Naza et les témoins dont ils font entendre la voix, reste à son agenda, comme à celui des grandes puissances qui le soutiennent.

                                                   Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°3037)