Face aux mensonges
patronaux, affirmer les intérêts des travailleurs !
Publié le 07/09/2026
La campagne présidentielle est partout. Les
meetings se multiplient et les déclarations des uns et des autres s’enchaînent.
Mais qui donne le ton ? Le Medef, le grand patronat !
Ce sont les idées patronales qui reviennent en
boucle dans les interviews et débats. « Il y a trop d’impôts et de charges », «
Pour réduire la dette, il faut baisser les dépenses sociales », « Le régime des
retraites est intenable », « Il faut travailler plus » sont autant
d’affirmations présentées comme des vérités indiscutables.
Tout est fait pour convaincre les travailleuses et
les travailleurs qu’ils vont devoir faire des sacrifices, car il serait
impossible de toucher au grand patronat et aux plus riches. Cela, c’est bien
sûr la politique de Macron et du gouvernement, mais c’est aussi celle de la
plupart des candidats à la présidentielle. Il ne faut pas marcher dans la
propagande, les sacrifices doivent changer de camp.
Les travailleurs n’ont que
trop payé !
Qui paye, en proportion, le plus d’impôts ? Pas
les millionnaires, pas les actionnaires et riches spéculateurs, mais ceux qui
n’ont que leur salaire, leur allocation ou leur retraite pour vivre et sont
forcés, même quand ils gagnent très peu, de payer la TVA à chacune de leurs
dépenses !
Qui croule sous les charges ? Pas les grandes
entreprises, puisque les groupes du CAC 40 annoncent des profits en hausse de
40 % malgré les guerres, l’inflation et les rivalités internationales. En
revanche, les charges explosent pour les classes populaires parce qu’on paye
son loyer, son électricité, son gaz et son carburant toujours plus chers, alors
que le salaire ne suit pas.
Il faudrait travailler plus ? Mais le grand
patronat ne cesse de supprimer des emplois. Rien que dans les Yvelines, la
direction de Stellantis a annoncé, en avril dernier, la fermeture de la
dernière usine d’assemblage automobile de la région parisienne, à Poissy. Et la
semaine dernière, celle de Renault a renoncé à l’investissement censé assurer
un avenir au site de Flins, ce qui laisse craindre sa fermeture.
Comme les ouvriers de Stellantis ou de Renault,
des dizaines de milliers de salariés doivent se battre contre le grand patronat
pour tenter de sauver leur emploi qui est leur seul gagne-pain. Non, le
patronat n’est certainement pas le créateur d’emplois qu’il prétend être, mais
le plus grand fabricant de chômage.
Les profits doivent aller
aux emplois, aux salaires, à nos conditions de vie
Où doivent aller les profits des entreprises,
sinon aux travailleurs qui les ont sués ? En prenant sur les profits, bien sûr
que l’on peut augmenter les salaires et assurer un Smic à 2200 € net.
En prenant sur les profits, il serait possible
aussi, dans des groupes capitalistes comme Renault ou Stellantis, de répartir
le travail entre tous leurs salariés et intérimaires, qui sont pris et jetés
comme des kleenex. Il serait possible d’alléger les cadences et les horaires.
L’objectif ne doit pas être de travailler plus, mais de travailler tous.
Les « dépenses sociales », nous dit-on, seraient
devenues insupportables. Mais il s’agit de nos retraites, de notre accès à la santé,
des aides à l’éducation de nos enfants, des allocations avec lesquelles on
survit en cas de handicap, de longue maladie ou d’accident grave... Pour le
patronat, ce sont des dépenses, mais pour nous, il s’agit de nos droits
minimaux. Ces droits ne sont pas un cadeau mais le fruit de notre travail, et
le progrès serait de les augmenter.
Quand les profits engraissent des familles de
milliardaires et d’héritiers comme les Peugeot, les Agnelli, les Arnault, les
Mulliez, les Saadé, cela ne fait que rajouter des milliards à une montagne de
milliards. Et surtout, cela renforce le pouvoir de la bourgeoisie sur toute la
société.
Aux travailleurs de
diriger, pas aux capitalistes !
Que fait cette bourgeoisie du pouvoir que lui
confèrent ses capitaux ? Elle transforme l’économie en casino, exploite et
pille les pays pauvres de la planète. Elle fait de la terre un monde invivable,
où les catastrophes climatiques s’ajoutent aux guerres, alors que les moyens de
faire progresser toute l’humanité n’ont jamais été aussi importants.
Il n’y a pas d’illusion à se faire. Concilier les
intérêts des travailleurs et de la bourgeoisie est impossible. Sans lui rendre
les coups qu’elle nous inflige et sans l’affronter vraiment, le monde du
travail ne fera pas respecter son droit à une vie digne, et il sera impossible
d’assurer un avenir à l’humanité. C’est pour affirmer cela que je suis une
nouvelle fois candidate à la présidentielle. Le camp des travailleurs doit se
faire entendre et contester aux capitalistes leur droit à diriger la société
!
Nathalie ARTHAUD