vendredi 16 octobre 2026

Mobilisation : Les jeunes refusent de désarmer

 

La lutte de la jeunesse, un encouragement pour les travailleurs

  


Les manifestations du mardi 13 octobre, rassemblant des centaines de milliers de lycéens et d’étudiants à travers le pays, ont été un nouveau succès. C’était la meilleure réponse à ce gouvernement qui les méprise et voudrait croire que leur mouvement ne survivra pas aux vacances scolaires.

         Mais cette jeunesse révoltée a de la suite dans les idées et se prépare à rejoindre dans la rue, samedi 17 octobre, tous ceux qui y seront contre la vie chère. Face à une classe dirigeante irresponsable et à son système en faillite, seule l’entrée en lutte des travailleurs changera la donne. Alors vive la lutte des jeunes, qui ne peut qu’encourager la classe ouvrière à relever la tête elle aussi !

Accord Trump-Poutine du carburant pour les urnes

 Accord Trump-Poutine du carburant pour les urnes

En annonçant, par un simple message sur son réseau social, un accord avec Poutine, Trump a une nouvelle fois pris le monde par surprise.

Publié le 14/10/2026

 

Par-dessus la tête du président ukrainien, dont les États-Unis prétendent être le soutien, Trump serait convenu avec la Russie d’un cessez-le-feu sur les infrastructures énergétiques russes et ukrainiennes, « avec effet immédiat ».

Il n’est pas étonnant, ni nouveau, que les dirigeants des États-Unis maltraitent leur allié. Le diplomate américain Henry Kissinger disait lui-même : « Être un ennemi des États-Unis est dangereux, être un ami des États-Unis est fatal. » Si les médias, en France et en Europe, feignent d’être choqués, c’est surtout parce que le mépris de Trump pour Zelensky laisse espérer aux dirigeants européens un regain d’influence en Ukraine. Les « droits des populations », tous les grands dirigeants du monde s’en moquent.

Quant aux motivations de Trump, il faut les chercher dans l’approche des élections de mi-mandat. En effet, aux États-Unis comme ici, les prix à la pompe et ceux de l’énergie en général explosent. Et l’accord conclu avec Poutine concerne justement les « infrastructures énergétiques », notamment les raffineries. Il stipule que la Russie pourra de nouveau exporter son diesel ainsi que quatre millions de tonnes de gaz vers les États-Unis. Cela fera-t-il réellement baisser les prix ? En tout cas, cela aura un impact symbolique et c’est ce qui compte pour les élections. Par cet accord, Trump espère redorer son blason auprès de son électorat, touché par l’inflation. Sans doute, veut-il aussi endosser le rôle du « pacifiste » œuvrant pour l’arrêt des combats, ce qu’il promettait d’être lors de sa campagne électorale et qu’il affirme représenter, contre toute réalité.

Il est surtout notable que Trump prétend faire baisser les prix du gazole en allant en chercher en Russie alors que les États-Unis sont le premier producteur mondial de pétrole et que les plus grandes compagnies pétrolières sont américaines. Mais il n’est pas question que Trump impose quoi que ce soit à ces puissances économiques-là. Les prix élevés de l’énergie sont une aubaine pour ces compagnies et elles ne baisseront pas leurs prix. Les problèmes électoraux de Trump, un des leurs pourtant, ne les ont pas fait bouger d’un cil.

                                                     Pierre Royan (Lutte ouvrière n°3037)

Secteur des solidarités : « Et si nous arrêtions vraiment ? »

Essentielles pour tous, victimes des baisses de financement

 

 

Les salariés des associations du secteur sanitaire, social et des solidarités se mobilisent cette semaine. Ce sont souvent des femmes, qui interviennent dans l’aide à domicile, l’accompagnement de personnes en situation de handicap, l’hébergement d’urgence, la protection de l’enfance, l’insertion sociale de jeunes décrocheurs scolaires, etc.

         Elles dénoncent la baisse des financements publics dont elles dépendent, en posant la question : « Et si nous arrêtions vraiment ? », car beaucoup de structures ont licencié ou réduit leurs activités ces derniers mois.

         Outre les pétitions, elles ont participé aux manifestations avec la jeunesse scolarisée ; l’occasion de crier qu’il faut « de l’argent pour les lycées et les solidarités, pas pour les milliardaires ni pour la guerre ».

 

Argenteuil, pour les travailleurs territoriaux de la Ville, en butte à leur « patron » municipal, une seule voie à suivre…

 

La mobilisation nécessaire

 

C’était hier, ce sera demain

L’heure d’information syndicale réunie hier à l’initiative des syndicats CGT et FSU des travailleurs de la Ville d’Argenteuil a permis d’éclairer la vie difficile que réserve la municipalité aux travailleuses et aux travailleurs territoriaux et sur les pressions qui s’exercent sur eux.

         La municipalité vient de supprimer les jours de congé accordés jusqu’à maintenant à l’occasion des « médailles du travail », et les deux mois de départ anticipé jusqu’à présent acquis au moment du départ à la retraite, cette dernière mesure ne prenant effet seulement à la fin de 2027. Un certain nombre d’Autorisations Spéciales d’Absences viennent d’être supprimées, d’autres sont assortie de la mention « sauf nécessité de service ». Une « nécessité de service » qui a été imposée hier matin à de nombreuses travailleuses qui les a empêchées à se rendre à cette heure d’information syndicale prévue, alors que cette HIS est de droit.

         À Argenteuil, les notables municipaux pratiquent à leur niveau ce que les actionnaires imposent aux travailleurs dans les entreprises privées. Si ces derniers agissent pour le profit qu’ils tirent de la sueur des travailleurs, les élus quant à eux non seulement acceptent sans broncher les réductions des crédits d’État, mais veulent apparaître comme les « bons » gestionnaires jouant « l’Avare » à Argenteuil, et permettre de remplir leur cassette pour des objectifs bien discutables. On l’a vu avec l’affaire de la Canopée. Pour cela, il faut faire suer le burnous toujours davantage aux travailleurs municipaux.

         Pour cela, à la Ville d’Argenteuil, la précarité est un ingrédient. Alors que la moyenne nationale est de 25%, les travailleurs sous contrat en représentent 47% à Argenteuil pour les 2800 de la Ville. Ils sont même 80% parmi les nouveaux embauchés.

         Il faut entendre ce que disent ces travailleurs lorsque leur bouche s’ouvre. Sur l’augmentation importante de la charge de travail qui n’est pas compensée par une hausse des effectifs. Comment cela est enrobé derrière le terme de mutualisation qui a remplacé celui sans doute démodé de polyvalence. Sur le reclassement pour raison médicale qui est un chemin de croix toujours plus rude, la municipalité et son encadrement laissant les travailleurs concernés s’en dépatouiller. Et s’ils n’y arrivent pas, il y a bien un conseil, celui de se mettre en maladie. Sur la peur qui règne : « Tu parles, tu crèves ». Sur les jours du compte d’Épargne Temps et le conseil insistant de pouvoir demain les vendre, ce qui est possible au-delà de 14 jours, et pas cher payé. En bref, le repos ou un peu de blé pour faire rentrer de l’argent qui manque ! Sur une pression morale de culpabilisation pour ne pas prendre ses congés…

         Bref toujours plus de travail, toujours plus d’usure. Le résultat est qu’à la Ville d’Argenteuil, il y aurait 23% de membres de la collectivité démissionnant.

         La seule voie à suivre est donc celle de la résistance à l’offensive de la municipalité contre les travailleurs. La résistance contre cette dégradation des conditions de travail. Contre une rémunération qui ne permet pas de vivre correctement

         L’obtention de primes n’est pas une solution. Elle aide à faire face à la hausse des prix, mais n’entre pas dans le calcul de la retraite. C’est la hausse substantielle et égale des salaires qui est à l’ordre du jour.

         Certes, pour y parvenir, c’est la mobilisation à l’échelle de tout le pays qui sera nécessaire. Il nous faut la préparer, partout, à la Ville d’Argenteuil donc également. DM