mercredi 14 octobre 2026

Accidents du travail et justice bourgeoise, un exemple à Montmorillon (Vienne)

 

Des économies qui font risquer leur peau aux travailleurs

 

 

Début octobre, s’est tenu à Poitiers un procès contre le patron de l’abattoir de Montmorillon, propriété du groupe T’Rhéa, suite à un grave accident du travail.

         Il y a deux ans, en effet, un intérimaire de 56 ans, récemment embauché, était perché sur une nacelle et devait, avec un couteau, racler les carcasses passant devant son poste de travail. Ayant glissé et perdu l’équilibre, ce travailleur s’est retrouvé avec le couteau profondément planté dans son abdomen, provoquant une lésion à l’artère avec, pour conséquence, une ITT de six mois.

         Au procès, l’inspection du travail a souligné que l’utilisation d’un couteau requiert un tablier en cotte de mailles… que le patron avait jugé trop onéreux ! La justice, qui a pris plus de deux années pour examiner l’affaire, avait demandé, par la voix de la procureure, une sanction « solennelle » de... 15 000 € avec sursis ! C’est finalement 10 000 € que le groupe devra payer (et 5 000 € avec sursis). Quant à l’ouvrier, handicapé et marqué à vie, il ne peut plus travailler.

         La santé d’un travailleur ne vaut pas cher pour ce patron et la justice bourgeoise.

Argenteuil, mobilisation des jeunes et du monde du travail, vendredi 16, manifestons à Argenteuil

 

Nous avons tant de choses à nous dire et à exprimer

 

 

La mobilisation de la jeunesse entamée il y a quinze jours est en train de changer la donne. Elle est porteuse de l’espoir qu’à nouveau les jeunes et les plus anciens reprennent le chemin de la lutte et de la mobilisation, non seulement pour arrêter les méfaits des dominants et de leurs serviteurs à l’offensive depuis des décennies, mais pour que le renversement du capitalisme soit à nouveau une perspective diffusée et discutée partout.

         De nombreuses manifestations ont eu lieu ces dernières semaines, à Paris en particulier. Celle d’hier a connu encore un large succès qui démontre que la colère continue à se développer.

         Vendredi soir, une manifestation s’élancera à 18 heures de la gare d’Argenteuil pour rejoindre la sous-préfecture.

         Bien sûr, elle sera l’occasion de développer la force du mouvement. Mais elle sera aussi propice à échanger sur comment aller de l’avant pour la mobilisation du monde du travail qui doit poser ses revendications et qui peut seul faire céder nos adversaires en risquant de réduire leurs profits. Cette manifestation en soirée permet à tous de s’y rendre.

         D’autant plus que le lendemain, samedi 17, nous serons à nouveau dans la rue, à Paris comme partout, pour exprimer notre colère face au recul que nous avons subi : montée de la misère, recul du pouvoir d’achat, dégradation de la condition ouvrière, effondrement d’un certain nombre de services publics qui nous sont essentiels, d’éducation, de santé, et de transport.

         Vendredi 16 octobre, 18 heures à la gare d’Argenteuil. Comme de bien entendu, Lutte ouvrière appelle à cette manifestation. DM

mardi 13 octobre 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 12 octobre 2026

 Le 17 octobre et après, montrons que l’esprit de révolte n’a pas d’âge !

12/10/2026

Avec la mobilisation lycéenne et étudiante qui se poursuit et le prix de l’essence qui étrangle des millions de travailleurs, le gouvernement n’en mène pas large. Pour tenter de déminer la situation, le Premier ministre Lecornu, et le ministre de l’Éducation ont fait plusieurs annonces.

Pour répondre aux revendications de la jeunesse, ils ont trouvé 3 024 professeurs remplaçants sans poste immédiatement disponibles. Mieux que le magicien faisant sortir un lapin de son chapeau ! En fait, les rectorats sont sommés de répartir la pénurie de façon qu’elle se voie moins.

Autre gesticulation dont Macron est coutumier : la plateforme numérique où poster ses doléances, comme lors du mouvement des gilets jaunes. Et pourquoi pas un numéro vert ?

Le gouvernement craint notre colère

L’annonce qui a surpris a été celle sur le prix des carburants. Lecornu a promis que les prix vont baisser de 12 à 18 centimes le litre dans les semaines à venir. Jusqu’à présent, il refusait de faire le moindre geste. Qu’il ait fait cette annonce en pleine contestation de la jeunesse n’est pas un hasard.

Le gouvernement sait que des centaines de milliers de jeunes seront encore dans la rue cette semaine. Mais ce qu’il craint par-dessus tout, c’est que s’y ajoute la mobilisation des travailleurs.

À l’approche du samedi 17 octobre, date qui circule sur les réseaux sociaux pour protester contre la flambée des prix des carburants, le gouvernement veut désamorcer la contestation. Eh bien, c’est le moment d’exprimer notre colère et de renforcer la pression sur lui !

Plus on trime et on fait de sacrifices, plus la vie devient difficile. Après avoir pris sur le budget vacances, nous en sommes à compter le moindre déplacement en voiture. Et combien se résignent à ne pas remplir entièrement leur cuve de fioul ?

La baisse de 12 à 18 centimes par litre de carburant, si tant est qu’elle se concrétise, est une promesse dérisoire par rapport aux hausses de prix de ces dernières années. Elle ne ramènerait pas les prix à ce qu’ils étaient avant la crise et le racket à la pompe à essence continuerait.

Et surtout, il n’y a pas que le prix des carburants qui pose problème. C’est aussi ceux du gaz, de l’électricité, de l’alimentaire. C’est aussi l’explosion des loyers, des crédits, des assurances… Tout augmente sauf les salaires, sauf les allocations, sauf les pensions de retraite. À un moment, il faut dire stop.

Contre l’inflation, augmentation des salaires !

Les salaires prennent du retard sur l’inflation depuis trop d’années. Il faut un plan d’augmentation massif et les indexer de nouveau sur l’inflation. 2 200 € est un minimum aujourd'hui pour vivre sans avoir peur du lendemain, alors revendiquons le Smic à 2 200 €.

Il y a de l’argent pour augmenter les dividendes. Il y a de l’argent pour payer les PDG des millions d’euros. Il y a de l’argent pour les sinécures d’une poignée de très grands privilégiés. Cela suffit, cet argent doit servir à augmenter les salaires !

Non contents de nous exploiter et de nous faire les poches, gouvernement et grand patronat, main dans la main, préparent un budget de guerre sociale : un départ à la retraite sur trois non remplacé dans la fonction publique ; des baisses d’allocations familiales ; le gel des APL ; des médicaments déremboursés ; des coupes dans l’aide sociale, le logement et les collectivités locales.

Le gouvernement veut prendre 5 milliards dans la poche des retraités, quand il baisse la surtaxe sur les profits de 2 milliards et renonce à prendre ne serait-ce qu’un petit peu sur les grandes fortunes.

Arrêtons les casseurs qui nous dirigent !

Année après année, gouvernement et grand patronat cassent ce qui nous est le plus essentiel. C’est ce qui a déclenché la révolte légitime de la jeunesse. Mais la seule force susceptible de vraiment les arrêter est celle du monde du travail.

Le 17 octobre est une date née sur les réseaux sociaux et relayée par d’anciens gilets jaunes. Mais des organisations syndicales s’y joindront. Localement, des syndicats et des militants y appellent déjà. Dans tous les cas, c’est aux travailleurs qui veulent se mobiliser de décider et de s’organiser.

Les lycéens nous le montrent : on ne se fait respecter qu’en se battant, alors engouffrons-nous dans la brèche ouverte par la jeunesse ! L’argent doit aller aux salaires, aux emplois, à l’éducation, pas aux actionnaires et pas aux marchands de canon !      

                                                                            Nathalie Arthaud

Lycéens : gouvernement et police incendiaires

 

Une énorme peur de la colère lycéenne

  

@Roger Joly

Après qu'un lycéen de 15 ans a eu une main arrachée, le ministre de l'Intérieur a annoncé le retrait d'un type de grenade utilisé contre la jeunesse. Mais ni le gouvernement, ni la police, ne désarment devant la mobilisation légitime de la jeunesse. En plus de plusieurs jeunes mutilés, 6 877 jeunes ont été placés en garde à vue en trois semaines, bien plus que de gilets jaunes en un an.

         Le gouvernement a peur de la colère lycéenne et se sert de la matraque pour effrayer et bâillonner. Visiblement, il a ainsi plus contribué à étendre l'incendie social qu’à l’éteindre, et c’est tant mieux.