mardi 13 octobre 2026

Se nourrir : Aujourd’hui dans le pays, une société de famine

 

Le combat de Varlin, notre combat

 

 

Sept millions d'adultes en France déclarent manquer de nourriture, dont un quart des 18-24 ans. Pour la plupart, c’est à cause de raisons financières, et une partie de celles et de ceux qui déclarent manger à leur faim, estiment renoncer à certains aliments, en raison du coût. C’est ce que dit un rapport de l’ONG Action contre la Faim.

         « Tant qu'un homme pourra mourir de faim à la porte d'un palais où tout regorge, il n'y aura rien de stable dans les institutions humaines. » disait, il y a plus de cent cinquante ans, le communard Eugène Varlin. Il parle pour aujourd’hui.

 

Les « rafles oubliées » de Marseille en janvier 1943 : des crimes sans responsables

 Les « rafles oubliées » de Marseille en janvier 1943 : des crimes sans responsables

Mercredi 30 septembre, après sept ans d’instruction, le Parquet national antiterroriste a qualifié de crime contre l’humanité les rafles du Vieux-Port de Marseille, qualifiées par les medias de « rafles oubliées », et la destruction du quartier Saint-Jean, menées en janvier 1943 par les autorités allemandes et celles du régime de Vichy.

Publié le 07/10/2026

Une enquête avait été ouverte en 2019 par le pôle du parquet de Paris spécialisé dans ce type de crimes imprescriptibles, suite à une plainte déposée par plusieurs survivants et descendants de victimes.

Entre les 22 et 24 janvier 1943, une série de rafles, parmi les plus vastes avec celle du Vel’ d’Hiv, six mois plus tôt à Paris, a été conduite dans les vieux quartiers de Marseille. Décidée par Hitler lui-même et par le dirigeant de la SS, Heinrich Himmler, cette opération, baptisée du nom de code Sultan, visait à détruire totalement ces quartiers où vivaient un nombre important d’immigrés italiens, grecs, arméniens, espagnols, nord-africains et sénégalais, ouvriers, marins, dockers ou artisans. À l’antisémitisme des dirigeants nazis s’ajoutaient la xénophobie et la haine antiouvrière, partagées avec les dignitaires de Vichy. Ces derniers, de leur côté, voyaient sans doute dans la rafle l’opportunité de réaliser un vieux rêve de la bourgeoisie marseillaise : rayer brutalement un quartier populaire de la carte du centre-ville.

Supervisée par les autorités d’occupation, cette opération fut organisée avec la participation active de René Bousquet, alors secrétaire général de la police en France, et des principaux dirigeants de l’administration préfectorale de la région de Marseille. Plus de 12 000 policiers, venus de Paris, Lyon et Toulouse furent mobilisés pour quadriller le quartier Saint-Jean, faire irruption dans les domiciles et dresser des barrages dans les rues.

Premières victimes de ces rafles, plus de 800 Juifs furent envoyés vers le camp d’extermination de Sobibor, dont aucun ne revint. À partir du 24 janvier, la totalité des 20 000 habitants du quartier Saint-Jean, enfants, femmes et hommes de tous âges, furent transférés dans des camps désaffectés de l’armée coloniale, à Fréjus, internés dans des conditions indignes, beaucoup dormant sur de la paille souillée. Au bout d’une semaine, la majorité fut renvoyée vers Marseille. À partir du 1er février 1943 et pendant plusieurs semaines, 1 500 immeubles furent dynamités et rasés.

Si la justice a reconnu le crime contre l’humanité, l’enquête n’a pas permis d’identifier des responsables encore vivants. L’un des principaux, René Bousquet, impliqué aussi dans l’organisation de la rafle du Vel’ d’Hiv’ en juillet 1942, fut acquitté après la guerre et, grâce à ses liens avec de nombreux dirigeants, dont Mitterrand, il put faire carrière dans la banque. Son assassinat en 1993 mit fin à une nouvelle instruction judiciaire ouverte près d’un demi-siècle après les faits.

Certains descendants des victimes entendent continuer à se battre pour obtenir de l’État français qu’il reconnaisse sa responsabilité. Ce serait en effet la moindre des choses. Mais, pour défendre son ordre social, la bourgeoisie a un tel besoin d’un appareil de répression capable de commettre les pires massacres que, 83 ans après les faits, il est toujours aussi difficile de le mettre en cause.

                                                     Marc Rémy (Lutte ouvrière n°3036)

Argenteuil, La brocante de Livres Sous les couvertures, un beau succès à la force du poignet

 

Une association et des initiatives chaleureuses ouvertes à tous

  


Certes, pour cette journée de grande brocante de livres, l’association bénéficie de l’utilisation de la halle du marché de la Colonie, ce qui est un soutien municipal. Pour le reste, elle est uniquement le résultat de l’effort bénévole de plusieurs dizaines de ces bénévoles. Un effort en particulier pour porter et reporter des dizaines et des dizaines de caisses, et chacun sait que le livre est lourd. La mise à disposition de garages par des membres de l’association pour les stocker. Une présence pendant dix heures dans le marché durant cette journée de brocante.

         Je permets d’écrire sur le sujet de cette magnifique opération qui a permis à un nombre notable d’habitants de se rencontrer, de papoter bien sûr, et d’échanger sur les livres proposés. Ces derniers sont « vendus » à des prix dérisoires, et nombreux sont ceux qui repartent avec des dizaines d’ouvrages pour un petit billet. Dimanche, c’est plus de 1500 livres qui ont ainsi toujours preneur. Un beau résultat.

         Pour ma part, je regrette de n’avoir rencontré nul membre de la municipalité, à l’exception d’une conseillère qui semblait être là à titre privé. Nul photographe. Il n’y aura donc pas de photo dans le prochain Ma ville. Je le regrette d’autant plus que dans la dernière livraison de ce magazine, à propos des tout petits, une brève s’intitule : « Pourquoi il faut lire aux bébés ? » et que des membres de Sous les couvertures mènent cette activité, et qu’il y a lors de ces brocantes un bon stock de livres pour les jeunes de tous âges à diffuser.

         Prochain grand rendez-vous de l’association Sous les couvertures : les 30 et 31 janvier 2027, lors du 14 ème Salon du Livre et des Lecteurs au lycée Julie-Victoire Daubié qui nous accueille. Quant à la prochaine grande brocante de livres, en juin prochain, elle aura lieu à l’occasion de la brocante du quartier des Coteaux, dans la halle du marché de ce quartier cette fois. DM

lundi 12 octobre 2026

Armement : explosion des profits, pour l’instant

 Armement : explosion des profits, pour l’instant

Alors que le gouvernement Lecornu parle de « projet » de budget et que le ministre de l’Éducation a modifié le sien sous la pression, la Défense a déjà publié ses chiffres.

Publié le 07/10/2026

 

Manifestement, ce minutieux et volumineux Projet annuel de performance 2027 ne souffre ni discussion, ni contestation et sera réalisé, quels que soient les aléas de la politique gouvernementale et même le résultat de la prochaine élection présidentielle. Les crédits de paiement sont de 63,4 milliards d’euros, en augmentation de 6,5 milliards sur un an. Ce chiffre astronomique, le premier poste de dépenses de l’État après la charge de la dette, ne tient même pas compte des pensions de retraite des militaires. Celles-ci, d’un montant annuel de 10 milliards d’euros, ne semblent d’ailleurs pas trop onéreuses aux ministres, députés et commentateurs qui affirment à tout bout de champ que celles des travailleurs ruinent les finances publiques.

Les autorisations d’engagements, c’est-à-dire les commandes pour les années suivantes, sont de 78,7 milliards d’euros. Il s’agit « d’augmenter les stocks de munitions, de renforcer les capacités opérationnelles et de développer la résilience nationale ». Ce dernier point consiste à mettre en condition la population qui, selon les mots du chef d’état-major, doit être prête à sacrifier ses enfants.

Les intérêts des marchands de canons, eux, sont loin d’être sacrifiés et 27 milliards d’euros de ce budget leur sont réservés. Ils iront arrondir les dividendes des actionnaires de Dassault, Thales, Naval Group, Airbus et autres MBDA. La préparation de l’apocalypse nucléaire ne coûte quant à elle que 6,6 milliards d’euros, sans doute compensés par le titre Engagement pour la transition écologique dont le montant n’est toutefois pas donné et qui est peut-être simplement une forme d’humour militaire.

Pour fêter cette publication, le sous-marin nucléaire Le Vigilant a tiré un missile balistique M51 de dernière génération au large de la Bretagne, mardi 6 octobre au matin. La marine nationale s’est félicitée de la réussite du tir et a toutefois précisé que le missile ne portait pas de tête nucléaire. Pour cette fois, sans doute.

                                                             Paul Galois (Lutte ouvrière n°3036)

Samsung : profits historiques

 

Les pharaons des temps modernes

  


L’entreprise Samsung Electronics vient d’annoncer qu’elle a généré les plus gros profits jamais réalisés dans toute son histoire : plus de 71 milliards d’euros sur trois mois, entre juillet et septembre.

         Cette entreprise produit les composants indispensables aux systèmes informatiques développant l’IA. La spéculation boursière actuelle booste ses commandes et ses profits de manière pharaonique. Cela donne une entreprise hypertrophiée au pouvoir hors de contrôle sur l’ensemble de la société, mais aux mains de capitalistes privés. Il faudra la socialiser.