vendredi 9 octobre 2026

Lycéens : toutes les raisons de se révolter !

Lycéens : toutes les raisons de se révolter !

Si la contestation, partie de quelques lycées de la banlieue parisienne, s’est propagée aussi rapidement à tout le pays, touchant des villes petites ou grandes, les lycées des quartiers populaires comme ceux des centres-villes, c’est parce qu’elle a des causes profondes.

Publié le 07/10/2026

 

Les lycéens ont d’abord formulé des revendications matérielles : classes surchargées, professeurs non remplacés, manque d’infirmières, fuites depuis les toits, toilettes insuffisantes ou dégradées, salles inadaptées, dans lesquelles les températures peuvent dépasser 35 oC dès le mois de mai. Les ministres, qui gèrent le personnel, et les présidents de région, qui gèrent les bâtiments, invoquent la hausse régulière des budgets. Pourtant, bien des lycées n’ont pas été rénovés depuis des décennies et, quand ils l’ont été, les bâtiments ou les équipements se sont rapidement usés. En outre, l’envolée du coût de l’énergie absorbe une grande part des budgets et, si celui de l’Éducation nationale a augmenté de 20 % en dix ans, celui de l’armée a augmenté de 100 %, ce qui fait dire aux manifestants : « De l’argent pour les lycées, pas pour l’armée ! » Par ailleurs, alors que trop de cours ne sont pas assurés, le nombre d’enseignants dans les collèges et les lyées a diminué depuis 2008 bien que 250 000 élèves supplémentaires soient scolarisés.

Les lycéens dénoncent aussi la pression et le stress générés par Parcoursup, cette plateforme numérique qui organise la sélection pour accéder à l’enseignement supérieur, reléguant la grande majorité des jeunes des classes populaires dans des filières qu’ils n’ont pas choisies. Des dizaines de milliers d’entre eux les quittent sans diplôme. Dans une société où même un bon diplôme ne garantit ni un emploi ni un bon salaire, il y a de quoi être inquiet. Il y a surtout de quoi être révolté quand on comprend, à 15 ans ou à 16 ans, que l’avenir que la société offre à toute votre génération est celui de la précarité permanente. Parmi des milliers d’autres, des pancartes résumaient ces sentiments dans les manifestations : « On veut un avenir » ou « Quelle époque de merde » !

Ces lycéens, dont les parents sont confrontés à la flambée des prix, aux menaces de perdre leur emploi, aux journées de travail à rallonge, sentent bien que, sans changement profond, leur propre vie sera encore plus dure. Ils n’acceptent pas de vivre dans un monde où le climat a été détraqué parce qu’une poignée de capitalistes est prête à détruire la planète pour augmenter ses profits. « Si nous brûlons, vous brûlerez avec nous », affirmait une pancarte. Ils n’acceptent pas non plus le mépris, le racisme et les injustices : « Qui sème le mépris, récolte la colère », disaient certaines fort justement.

Cette colère a commencé à s’exprimer. Les manifestations des lycéens ont été un succès le 6 octobre malgré les campagnes de dénigrement et de désinformation du gouvernement et de nombreux médias. Elles ont déjà eu l’immense mérite d’avoir porté ces questions sur le devant de la scène et d’avoir commencé à politiser, à vitesse accélérée, une nouvelle génération. Le succès du 6 octobre, avec des centaines de milliers de manifestants dans tout le pays, doit encourager les jeunes à s’organiser, à poursuivre les discussions sur les voies et les moyens de mettre un terme à la folie de ce système. Mais la solution ne pourra pas venir de la seule jeunesse : les travailleurs devront aussi s’inspirer d’elle pour refuser de subir et relever la tête.

                                                    Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3036) 

 

pour discuter, les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-aujourd'hui vendredi 9 octobre, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;

-samedi 10 octobre, de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 11 octobre, de 11h à midi au marché Héloïse.


 

Nathalie Arthaud sur Outre-mer La 1ère : "Il faudrait que l'ensemble du monde du travail joigne cette révolte" 28 min 1

Restos du cœur : la misère déborde

Restos du cœur : la misère déborde

Le nombre de personnes faisant la queue aux portes des restaurants du cœur ne cesse d’augmenter, symbole de la grande pauvreté qui frappe de plus en plus la population. Les questionnaires remplis par celles et ceux qui y ont recours, dépouillés par cinq économistes, le prouvent chiffres à l’appui.

Publié le 07/10/2026

Entre 2018 et 2025 cinq millions et demi de personnes différentes ont eu besoin de l’aide alimentaire distribuée par les bénévoles de l’association, parfois sur une brève période mais pour certains beaucoup plus durablement. Entre ces deux dates, leur nombre a progressé de 37 % et, fait notable, le nombre de ceux qui se déclarent à la rue, mal logés ou menacés de perdre leur logement, a crû de 62 %. Les enfants de moins de dix ans, amenés par leurs parents, constituent à eux seuls un quart des personnes concernées. L’étude jette aussi une lumière crue sur les causes de cette misère. L’augmentation du chômage ou la hausse du prix des loyers dans une région suffisent à allonger les files d’attente des restaurants du cœur locaux.

Aujourd’hui, plus aucun travailleur n’a d’avenir assuré. La politique du grand patronat et du gouvernement se traduit pour beaucoup par une descente plus ou moins rapide dans la pauvreté, chacun s’adaptant comme il peut tant que cela est possible. Au bout du compte, la fraction la plus pauvre doit se tourner vers les Restaurants du cœur. Les mesures annoncées dans le prochain budget vont encore aggraver la situation.

À la création des Restaurants du cœur en 1985, Coluche faisait chanter « aujourd’hui, on n’a plus le droit d’avoir faim ou d’avoir froid ». Plus de quarante ans après, l’injustice s’est aggravée.

                                                        Daniel Mescla (Lutte ouvrière n°3036)

 

Budget : un gouvernement rapace pour les plus modestes

 

Dans la liste de la future colère ouvrière

  


Dans sa présentation du budget 2027, le gouvernement prévoit de geler la prime d’activité et de modifier son mode de calcul. Il vise ainsi une économie d’un milliard d’euros en 2028 sur le dos des salariés les plus modestes.

         Le gel de cette prime est une mesquinerie de plus de la part d’un gouvernement qui ne refuse jamais les aides pour le grand patronat.