dimanche 4 octobre 2026

Argenteuil, mouvement lycéen, cachez ces jeunes que je ne saurais voir. Ni dehors, ni dedans, je ne veux les voir. Alors ?

 

Le droit de se réunir pour les jeunes, vous n’y pensez pas !

 

 

Aujourd'hui comme hier
 

Deux, trois dizaines de lycéens des établissements d’Argenteuil ont tenté de se réunir avant-hier vendredi après-midi. L’objectif lorsque l’on a à se réunir, c’est de trouver une salle pour le faire, et la tradition locale fait immédiatement penser à l’espace Nelson Mandela.

         Mais qu’à cela ne tienne, cet espace fut, lorsque le projet fut connu, ipso facto fermé complètement. Les réunions qui s’y tenaient abrégées d’urgence, et les travailleurs municipaux sommés de déguerpir.

         Une des revendications des lycéens en mouvement est de pouvoir se réunir dans les établissements. Car que nenni, ces droits démocratiques et d’éducation ne sont pas encore pour eux. Donc les voilà à la porte organisant ces blocus avec les conséquences que l’on connaît.

         Et lorsqu’ils veulent se réunir en intérieur, c’est le branle-bas-de combat, pas question.

         Résumons :  les jeunes à l’extérieur, vous n’y pensez pas, et les jeunes à l’intérieur, idem ! Il lui reste quoi à la jeunesse pour exprimer ses justes doléances ? De péter un câble ? En tout cas, pas à l’honneur d’édiles apeurés. DM

Affaire Orélien : une polémique loin de la littérature

 Affaire Orélien : une polémique loin de la littérature

Thélyson Orélien, auteur québécois d’origine haïtienne, est accusé d’avoir utilisé l’IA pour rédiger son roman C’était ça ou mourir. La polémique et les doutes ont abouti à son retrait de la liste des livres sélectionnés pour le prix Goncourt.

Publié le 30/09/2026

C’était ça ou mourir raconte le périple d’un enseignant qui fuit Haïti et les gangs qui contrôlent sa capitale, Port-au-Prince. Comme des dizaines de milliers de migrants sans papiers et sans argent, il traverse clandestinement la moitié de l’Amérique avant d’arriver au Québec. Que ce roman, à la fois dur, nuancé et touchant, ait été rédigé avec l’aide de l’IA ou non, il ne pourrait exister sans que nombre de femmes et d’hommes, bien réels, aient vécu les tribulations à travers les frontières racontées dans le livre et en aient témoigné. Le roman a le mérite de rendre, avec subtilité, leur humanité à ces parias.

Le recours à l’IA atteint désormais la littérature, la musique et d’autres arts, après de nombreux domaines. Qu’on déplore cette évolution ou qu’on se contente de la constater, tout indique que ceux qui ont fait campagne contre Thélyson Orélien étaient motivés, bien plus que par la défense de la littérature, par la volonté de discréditer un roman écrit par un Haïtien relatant le parcours de migrants. Ainsi le site « Balance ton Claude », du nom de l’assistant IA d’Anthropic, a été créé par le journaliste du Figaro Samuel Fitoussi. L’information a été relayée par Valeurs actuelles et Cnews, deux médias d’extrême droite. Les mêmes n’ont jamais cherché à savoir quelle plume, humaine ou numérique, avait rédigé, par exemple, les livres d’un Jordan Bardella ou de divers auteurs à succès.

Quant à évoquer des gens talentueux, bien avant l’invention de l’IA des écrivains reconnus n’ont pas rédigé eux-mêmes des parts entières de leurs œuvres. Alexandre Dumas est connu pour avoir fait rédiger plusieurs de ses romans par des « nègres ». L’Américain James Michener, auteur prolifique, disposait d’une petite armée de sous-traitants pour rédiger ses textes.

Dans cette société où tout se vend et s’achète, ce qui préside à la publication et la promotion d’un ouvrage et explique que certains écrivains soient mis dans la lumière quand d’autres restent des inconnus, n’est pas leur talent personnel, ou pas toujours. Ce qui compte est d’abord la puissance des maisons d’édition. Ce n’est pas un hasard si le prix Goncourt, l’un des plus prestigieux et celui qui permet de multiplier les ventes d’un livre par dix ou quinze, est monopolisé par une poignée de grands éditeurs. Leur motivation est évidemment le profit qu’ils escomptent en commercialisant des livres pouvant se vendre en masse parce qu’ils collent à l’air du temps. Une telle création littéraire, dans le monde capitaliste, n’a souvent pas besoin du secours de l’IA pour être tout à fait artificielle.

                                                   Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3035)

samedi 3 octobre 2026

Mouvement lycéen : La révolte de la jeunesse doit nous servir d’électrochoc

 

L’ensemble des travailleurs doit les rejoindre !

 

 

Alors que la mobilisation des lycéens continue de s’étendre dans tout le pays, y compris dans des petites villes, le gouvernement maintient sa stratégie : faire disparaître leurs revendications aussi réelles que légitimes derrière les images de casseurs et de locaux incendiés tout en intensifiant la répression.

         Darmanin, ministre de la Justice, exige des magistrats « une grande fermeté », Nunez à l’Intérieur fait donner sa police et encourage « l’usage disproportionné de la force » contre des jeunes mineurs tandis que Geffray, ministre de l’Éducation, ferme les lycées. Quant au premier ministre, il accuse LFI et d’autres organisations de manipuler la jeunesse, comme si elle n’était pas capable de réfléchir et de se révolter toute seule !

         Pourtant les revendications formulées par les lycéens, sur leurs pancartes ou les vidéos postées, sont claires : assez des locaux vétustes et inadaptés, des classes surchargées, des professeurs non remplacés, du manque d’infirmières et d’autres personnels. Les lycéens, notamment en banlieue d’où est parti le mouvement, expriment aussi leur ras-le-bol du mépris social ou du racisme qu’ils subissent. Si le mouvement s’étend, c’est que la nouvelle génération s’inquiète à juste titre de son avenir dans une société dirigée par des irresponsables qui provoquent le réchauffement climatique, préparent la guerre et n’ont que la précarité et les bas salaires à offrir à la jeunesse.

         Les questions soulevées par les jeunes nous concernent tous. Les lycéens, c’est-à-dire nos enfants ou ceux de nos proches, ne pourront pas gagner seuls. Ne les laissons pas se faire matraquer ou traiter par le mépris. Les travailleurs seraient les mieux placés pour offrir une politique, des perspectives et des formes d’organisations au combat engagé par la jeunesse. A la condition qu’ils se mobilisent eux-mêmes pour défendre leurs propres intérêts, c’est-à-dire les intérêts du plus grand nombre contre la poignée de capitalistes richissimes qui transforment la planète en un terrain de spéculation, de pillage et de guerre.

         Les lycéens ont ouvert la voie avec l’enthousiasme de la jeunesse, l’ensemble des travailleurs doit les rejoindre !

Mouvement des lycéens : une répression révoltante

 

Tenter de faire taire les lycéens

 

 

Le ministre de l’Intérieur s’acharne sur les lycéens en grève, les traitant comme des émeutiers et dénonçant des violences « inqualifiables ». En réalité quelques poubelles qui brûlent devant les lycées : des images dont se délectent des médias racoleurs.

         Ce qui est vraiment inqualifiable, ce sont les conditions d’éducation que ces lycéens dénoncent, les arrestations de lycéens et les violences policières. À Saint-Ouen l’Aumône, un policier a tiré une grenade à bout portant sur la tête d’un jeune.

         Réprimer pour tenter de faire taire les lycéens plutôt que de satisfaire leurs revendications : il y a de quoi amplifier la colère !