Resto
U : assez du sous-effectif !
Mardi 22 septembre, de très
nombreux restaurants universitaires sont restés portes closes partout dans le
pays. Les travailleurs étaient en grève pour dénoncer le manque de moyens face
à l’explosion de leur charge de travail.
Publié le 23/09/2026
Depuis l’élargissement à tous les
étudiants du repas à 1 euro, en mai dernier, la fréquentation des restaurants
universitaires a grimpé en flèche sans que les moyens suivent. Du côté des
salariés, en cuisine, au service ou en caisse, cela se traduit en surmenage,
moins d’un mois après la rentrée. « On comprend que les étudiants ont besoin
des repas à 1 euro pour faire face au coût de la vie. Avec nos salaires qui
tournent autour du smic, autant dire que nous aussi, nous ne bouclons pas nos
mois », témoigne un commis de cuisine du campus d’Amiens, qui ajoute : «
On fait tout ce qu’on peut pour leur assurer des repas décents et des temps
d’attente potables, mais c’est juste impossible. » Effectivement, là comme
ailleurs, les étudiants doivent parfois faire une heure de queue pour manger,
et doivent souvent choisir de sacrifier, soit le prochain cours, soit le repas.
Avec des centaines de repas
supplémentaires à préparer et à servir, de nombreux resto U atteignent les
limites de ce que peuvent supporter les travailleurs, mais aussi les
installations sous- dimensionnées. Interrogé le 20 septembre, le ministre de
l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a promis 143 millions d’euros pour
2027. Le gouvernement prétend ainsi financer le passage du prix du repas de
3,30 à 1 euro et permettre aux restaurants universitaires d’investir dans de
nouveaux équipements. Quand bien même l’argent promis deviendrait réalité, il
resterait insuffisant devant une fréquentation en hausse constante.
Les syndicats réclament la
création immédiate d’au moins 500 postes, en plus des investissements en matériel,
équipements, locaux et logistique. « Ils peinent à recruter vu le niveau des
salaires », constatait une travailleuse du Crous, ce qui en faisait une
raison supplémentaire de se joindre à la grève du 29 septembre pour réclamer
l’augmentation des salaires.
Nadia Cantale (Lutte ouvrière
n°3034)