jeudi 1 octobre 2026

Resto U : assez du sous-effectif !

Resto U : assez du sous-effectif !

Mardi 22 septembre, de très nombreux restaurants universitaires sont restés portes closes partout dans le pays. Les travailleurs étaient en grève pour dénoncer le manque de moyens face à l’explosion de leur charge de travail.

Publié le 23/09/2026

Depuis l’élargissement à tous les étudiants du repas à 1 euro, en mai dernier, la fréquentation des restaurants universitaires a grimpé en flèche sans que les moyens suivent. Du côté des salariés, en cuisine, au service ou en caisse, cela se traduit en surmenage, moins d’un mois après la rentrée. « On comprend que les étudiants ont besoin des repas à 1 euro pour faire face au coût de la vie. Avec nos salaires qui tournent autour du smic, autant dire que nous aussi, nous ne bouclons pas nos mois », témoigne un commis de cuisine du campus d’Amiens, qui ajoute : « On fait tout ce qu’on peut pour leur assurer des repas décents et des temps d’attente potables, mais c’est juste impossible. » Effectivement, là comme ailleurs, les étudiants doivent parfois faire une heure de queue pour manger, et doivent souvent choisir de sacrifier, soit le prochain cours, soit le repas.

Avec des centaines de repas supplémentaires à préparer et à servir, de nombreux resto U atteignent les limites de ce que peuvent supporter les travailleurs, mais aussi les installations sous- dimensionnées. Interrogé le 20 septembre, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a promis 143 millions d’euros pour 2027. Le gouvernement prétend ainsi financer le passage du prix du repas de 3,30 à 1 euro et permettre aux restaurants universitaires d’investir dans de nouveaux équipements. Quand bien même l’argent promis deviendrait réalité, il resterait insuffisant devant une fréquentation en hausse constante.

Les syndicats réclament la création immédiate d’au moins 500 postes, en plus des investissements en matériel, équipements, locaux et logistique. « Ils peinent à recruter vu le niveau des salaires », constatait une travailleuse du Crous, ce qui en faisait une raison supplémentaire de se joindre à la grève du 29 septembre pour réclamer l’augmentation des salaires.

                                                Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°3034)

 

Argenteuil, bilan de l’été caniculaire 2026, un bilan nécessaire prioritaire, celui de la situation des personnes sans domicile

 

La nouvelle structure d’accueil prévue, une Arlésienne ?

 

 

CHU fermé il y a trois ans 

Les milieux populaires ont été les premières victimes des épisodes caniculaires de l’été 2026. Mais parmi ces derniers, les personnes sans domicile ont été les premières victimes de conditions climatiques inhabituelles et insupportables quand les conditions pour se protéger ne sont pas au rendez-vous.

         Le Centre d’Hébergement d’Urgence de la rue du Moulin à Argenteuil a été supprimé par la municipalité fin juillet 2023. C’est un drame sur bien des plans. Il en est un qui concerne la canicule. Il permettait non seulement d’apporter aides et conseils face à des conditions climatiques difficiles, mais il permettait d’établir un tableau, certes plus ou moins précis de l’état du problème à Argenteuil à un moment donné.

         Chacun en reste donc à l’établissement de conjonctures pour établir cet état des conséquences des canicules sur ces habitants de la Ville. Nous savons qu’il y a eu deux morts en juillet, mais il serait bon de connaître le nombre d’interventions des pompiers et d’hospitalisations par exemple.

         Depuis des mois, les services de l’État promettent l’ouverture d’une structure remplaçant plus ou moins feu le Centre d’Hébergement d’Urgence. Chacun attend, en particulier les soutiens des personnes sans abri qui mènent une activité magnifique. Ils attendent et attendent toujours et encore, sans rien voir venir… DM

mercredi 30 septembre 2026

Discours de Jean-Pierre Mercier lors du meeting du 26 septembre à Paris -23 min 25

ISF : micro-impôt pour méga-fortunes

 

Une égratignure ! Pas besoin de sparadrapt

  


La Cour des comptes évoque l’idée d’un retour de l’impôt sur la fortune. Dans une période de restrictions budgétaires il s’agirait en fait d’un symbole pour pouvoir afficher que, si l’État est bien déterminé à serrer la corde au cou des travailleurs, il est aussi prêt à tirer un peu sur le nœud papillon des capitalistes.

         Mais avec une proposition de taxer à 0,5 % les plus grandes fortunes, pour un total de recettes attendu de 1,4 milliard d’euros par ans, on est bien loin d’entamer les plus de 200 milliards de subventions annuelles que le gouvernement leur verse.

Sodexo : les travailleurs ne veulent pas passer à la trappe

 Sodexo : les travailleurs ne veulent pas passer à la trappe

Le 26 août, Sodexo a annoncé son intention de supprimer près de 1 100 emplois en France. Face à cette attaque, la CGT a organisé, le 22 septembre, un rassemblement devant le siège du groupe, à Issy-les- Moulineaux.

Publié le 23/09/2026

 

Avec Carrefour, Auchan, Monoprix… on a été habitué à ce genre d’annonce dans le secteur des services et du commerce. Mais à chaque fois, les directions se donnaient la peine de surjouer et d’inventer des difficultés économiques. Là, la direction de Sodexo le dit tout net : le but est que le groupe rapporte plus à ses actionnaires ! Il a réalisé près de 700 millions d’euros de bénéfice net en 2025 et distribué 400 millions d’euros de dividendes au titre de cet exercice. Au titre de 2024, les actionnaires avaient reçu 1,37 milliard d’euros ; Sodexo leur en promet plus, en mettant 1 100 travailleurs au chômage et en forçant ceux qui restent à faire leur travail !

Lors du rassemblement, un représentant syndical a dénoncé l’hypocrisie d’un groupe qui se vante de soutenir les Restos du Cœur, tout en bloquant les salaires et en projetant des licenciements qui risquent précisément d’envoyer des travailleurs à ces Restos.

Des représentants du PCF, de LFI et du NPA-Révolutionnaires étaient présents. Nathalie Arthaud est également venue apporter son soutien aux salariés mobilisés. « Je suis venue partager votre révolte. Vous m’avez invitée comme candidate à la présidentielle et je suis censée vous proposer des solutions. Eh bien, je n’en ai pas d’autre que ce que vous faites aujourd’hui : s’affronter à ce grand patronat exploiteur et licencieur ! », a-t-elle déclaré.

Sans les travailleurs, pas un repas ne serait préparé ni servi, pas un contrat ne serait honoré et pas un euro de profit ne serait réalisé. La direction compte sur eux pour faire ses profits ; ensemble, ils sont une force sur laquelle compter pour défendre leurs emplois !

                                                       Claire Dunois (Lutte ouvrière n °3034)

Violences sexuelles, Loi « intégrale » : et les moyens ?

 Loi “intégrale” : et les moyens ?

Le 21 septembre, a commencé à l’Assemblée nationale l’examen du projet de loi dite « intégrale » contre les violences sexuelles. Mais, en dépit des intentions de ses auteurs, le manque de moyens alloués risque de vider cette loi de tout contenu.

Publié le 23/09/2026

La loi part du constat que « les violences sexuelles et sexistes constituent l’une des atteintes aux droits humains les plus massives et les plus tolérées en France ».

En effet, une femme sur deux a déjà été victime de ces violences, dont la moitié sont commises dans le cadre familial. Un autre marqueur social est le fait que, chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles, soit un enfant toutes les trois minutes. Trois enfants par classe sont victimes d’une telle violence et, dans 80 % des cas, au sein de la famille.

Ces chiffres montrent combien la société, basée sur les rapports d’exploitation et de domination, garde des éléments de barbarie. Seul un enfant victime sur dix révèle les faits au moment où ils se produisent. Et seulement 2 % des victimes sont orientées vers des soins. L’immense majorité doit donc gérer seule les terreurs et les traumatismes qui en découlent jusqu’à l’âge adulte.

Face à ce fléau, les moyens humains, en particulier de professionnels, pour la détection, l’écoute, l’accompagnement, le soin des victimes sont totalement insuffisants. Ils sont souvent aussi hors de prix pour elles ou leur famille.

Quant aux suites judiciaires, le meurtre de la jeune Lyhanna a mis sur la place publique le désintérêt, cumulé à l’absence de moyens, de la police et de la justice quant à la protection des jeunes victimes de prédateurs. De fait, seuls 3 % des agresseurs en matière de violences sexuelles sont condamnés ; le chiffre tombe à 1 % dans le cas d’inceste.

Le 15 septembre, quand le Premier ministre, Lecornu, a annoncé allouer 1,5 milliard d’euros à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes et 2,6 milliards pour la protection de l’enfance, cela a été salué comme un premier pas par les associations. Mais le soir même, son cabinet annonçait que cela correspondait en fait aux moyens déjà engagés et pas du tout à leur augmentation.

Les associations ont aussitôt indiqué que, si le budget alloué aux violences sexuelles est ainsi inchangé, l’ensemble de la loi « intégrale », sera vidé de sa substance.

Mais pour le gouvernement la lutte contre les violences sexuelles et sexistes se limite à faire des discours et des communiqués pour la galerie.

                                                     Christian Bernac (Lutte ouvrière n°3034)