dimanche 6 septembre 2026

Argenteuil, le pont et les « décideurs » : une vérité difficile à connaître

La vérité : pas dans les habitudes de ces responsables

 

 

Le début d’un article du journal Les échos de jeudi dernier a attiré notre attention : « L'emblématique pont de fer d'Argenteuil (Val-d'Oise) bénéficie d'une cure de jouvence. Les travaux de rénovation de l'ouvrage reliant la ville à la Métropole du Grand Paris, construit en 1947, s'achèvent. Commencés au début de l'été, les travaux sont finalement prolongés à la mi-octobre pour sécuriser la piste cyclable et encourager la pratique du vélo sur un axe très emprunté par les voitures et les poids lourds… »

         Nous supposons que la source d’information de cette explication « soft » de ce journal provient du conseil départemental du Val d’Oise qui a la responsabilité de ce pont et de ses travaux.

         Comparons maintenant avec ce qu’écrivait la municipalité d’Argenteuil à la mi-août cherchant à dédouaner sa responsabilité dans le retard de la réouverture de l’ouvrage : « Le département du Val-d’Oise, qui pilote les travaux de réfection du pont d’Argenteuil, a découvert, après le retrait de la chaussée, d’importantes dégradations du tablier du pont.

Ces dégradations, non détectables avant la mise à nu complète de l’ouvrage, ne permettent pas de poursuivre les travaux selon le calendrier initial. Il n’existe pas, à ce stade, d’inquiétude structurelle immédiate pour le pont. En revanche, dans ce contexte inattendu, la réouverture du pont ne peut être envisagée avant mi-octobre. »

         Deux versions en tout cas sensiblement différentes : simple retard dans les travaux, ou découverte d’une inquiétude sur l’état de la structure du pont ?

         En attendant le pont est toujours fermé, et Argenteuil demeure toujours une sorte de « citadelle assiégée » pour tous ceux qui ont besoin de se déplacer. DM

 

samedi 5 septembre 2026

Le Pen et le voile : l’ignominie en marche

 Le Pen et le voile : l’ignominie en marche

Publié le 02/09/2026

Depuis 14 ans, d’élection en élection, Marine LePen entonne la même rengaine odieuse, promettant, si elle gagne, dorganiser un référendum interdisant le port du voile islamique dans lespace public, par exemple dans la rue ou les transports.

Campagne présidentielle oblige, le RN reprend les mots du FN et, le 30septembre sur BFMTV, le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy lançait la balle en proposant de sanctionner le port du voile dans lespace public par une amende. Le lendemain, sa patronne la saisissait au bond sur X. « Je soumettrai aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes, y compris la pénalisation du voile islamiste dans l’espace public. » L’usage de l’adjectif « islamiste » pour voile « islamique » suggérant au passage le militantisme, voire un potentiel terrorisme…

Le problème de Le Pen n’est évidemment pas ce que représente le voile en tant que symbole de l’oppression de la femme, comme c’est le cas, par exemple, en Iran. Il est simplement d’apporter un crachat supplémentaire à une campagne anti-musulmans. Il s’agit de désigner tout une partie de la population, et particulièrement de la classe ouvrière, comme des boucs émissaires, responsables du chômage, du manque de logements, des bas salaires et, pourquoi pas, de la crise que lui font payer les gros capitalistes !

Discriminer une partie de la population, faire payer pour le seul crime de se montrer telle qu’elle est, voilà donc la grande idée que brandissent les lepénistes. Sur cette voie, il y a de sinistres précédents.

                                              Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°3031)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui, de 10 h.30 à midi au centre commercial de la cité Joliot-Curie

-Demain dimanche 6 septembre, de 11h à midi au marché Héloïse.

Macron en Suède : le marché de la mort se porte bien

 

L’exploitation pour produire des engins de mort

 

Macron s’est déplacé en Suède pour jouer les attachés commerciaux des industriels français de la guerre. Il a conclu un contrat prévoyant la vente de quatre frégates pour plus de 4 milliards d'euros. En échange, l’État français a promis d'acheter deux avions Saab pour 1 milliard d'euros.

         Pendant que les patrons et associés de Naval group et de Saab se frottent les mains, les travailleurs, en Suède et en France, paient et suent pour construire ces bijoux technologiques destinés à semer la mort.

Éducation nationale : ministre du bourrage de crâne

 

« Cohésion nationale », pour la défense du capital !

 

Si je ne me trompe, les « bataillons scolaires » préparant la "Revanche"

Dans sa lettre de rentrée envoyée aux enseignants, le ministre de l’Éducation nationale réaffirme sa volonté que se tienne dans chaque école, autour du 11 novembre, une cérémonie d’hommage aux « morts pour la France » pour « renforcer la cohésion nationale », forcément derrière la bourgeoisie française.

         Plutôt que de marcher au pas, les élèves pourraient étudier quelques classiques : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels » (Anatole France) ; ou encore « La guerre est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui, eux, se connaissent mais ne se massacrent pas » (Paul Valéry).

Algérie : les incendies et leur instrumentalisation

 Algérie : les incendies et leur instrumentalisation

Fin août, des feux gigantesques ont ravagé des forêts et des villages de l’Est algérien. Si les images des incendies ont entraîné un élan de solidarité à travers le pays, le silence des autorités sur leur nombre nourrit la défiance et la colère.

Publié le 02/09/2026

De la Kabylie à la frontière tunisienne, les feux ont brûlé le couvert forestier, détruit des habitations, des vergers, des oliveraies et anéanti le bétail. Quant aux victimes humaines, le chiffre officiel est de douze morts, alors même qu’à Jijel, la région la plus touchée, les habitants annoncent un bilan provisoire de 73 morts. Dans cette localité, des feux d’une hauteur inédite, propagés par des vents de plus de 100km/heure, ont empêché larrivée des secours ainsi que lintervention des bombardiers d’eau.

Sur les réseaux sociaux, des citoyens, écœurés que le gouvernement et les médias cachent la vérité, se font l’écho du nombre de morts qu’ils estiment à plus de deux cents, sans compter les blessés graves acheminés dans tous les hôpitaux du pays.

Les fortes chaleurs qui ont régulièrement atteint 50 o et l’existence de pyromanes ne sont pas les seuls facteurs de la gravité de ces incendies. En effet, depuis des années, les gouvernements successifs se sont désengagés de la gestion du secteur forestier. Celui-ci se dégrade de plus en plus par manque de moyens humains. Les gardes forestiers partis à la retraite ne sont pas remplacés. Dans chaque forêt, ils se comptent sur les doigts d’une main et souffrent de manque de matériel pour intervenir dans des secteurs où le relief est très accidenté.

Le gouvernement a tout de suite évoqué des départs de feux criminels, commis selon lui par la « main de l’étranger » pour affaiblir le pays. Les ministres veulent se dédouaner de toute responsabilité et éviter d’avoir à rendre des comptes. En juillet, le jeune Jalil avait été arrêté pour avoir diffusé – à la demande des habitants de son village – une vidéo dénonçant l’inaction des autorités locales après un incendie. En annonçant que le Code pénal serait modifié, afin de rétablir la peine de mort pour les incendiaires, le président Tebboune ne fait pas seulement diversion, il se saisit de cette crise pour accentuer sa politique répressive.

Cette fuite en avant autoritaire ne règle rien, car l’Algérie fait partie des pays les plus affectés par le dérèglement climatique, et les feux de forêts sont amenés à prendre de l’ampleur, mais le pouvoir ignore volontairement cette question et n’anticipe pas ses conséquences. Pour défendre les intérêts de la bourgeoisie algérienne en Afrique, il préfère consacrer 25milliards au budget militaire, le plus important du continent. Ainsi, pendant que des pompiers et des bénévoles luttaient contre les flammes, quatre avions de combat algériens étaient déployés au Niger.

                                                Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°3031)