Les prix
augmentent : salaires et pensions doivent suivre
Face à la hausse des prix,
ministres, commentateurs et candidats à l’élection présidentielle rivalisent
d’imagination, et surtout de promesses fumeuses.
Publié le 26/08/2026
Pour ce qui dépend directement
des pouvoirs publics, on annonce au 1er septembre une hausse sur
certaines cigarettes et la fin du tiers payant lorsqu’on refuse de prendre un
générique plutôt que le médicament prescrit. Et, surtout, une augmentation de
5,6 % du prix du gaz, après celle de 7,4 % du 1er juillet. Les prix
des carburants continuent de jouer au yo-yo, mais en montant plus vite et plus
souvent qu’ils ne redescendent. Le litre de diesel reste autour de 2,20 euros.
Aucun des prétendants au fauteuil
présidentiel ne prétend ignorer l’effondrement du pouvoir d’achat des classes
populaires. Chacun y va de sa proposition d’aide ciblée, de taxe ou de
suppression de charge pour la muscler un peu.
En plus d’être totalement
inefficace, ce type de mesure est un piège politique tendu aux travailleurs.
D’abord parce que, comme le disait si justement un certain Macron, il n’y a pas
d’argent magique, toute aide doit être financée. Or aucun dirigeant politique
ne demande au grand patronat de passer à la caisse. Pas question non plus de
réduire les budgets militaires. Donc, le peu qu’on alloue aux travailleurs sous
forme d’une aide au logement, au chauffage, au déplacement ou autre, ils le
payent, et plutôt deux fois qu’une, en fermetures de classes, de maternité, de
services sociaux, etc.
Enfin et surtout, ces mesures et
ces discours masquent volontairement le fait que le pouvoir d’achat des gens
modestes, c’est-à-dire des travailleurs actifs, sans emploi ou retraités,
dépend du niveau des salaires, lequel dépend, en définitive, du rapport de
force entre la classe travailleuse et la classe exploiteuse.
La revendication d’une
augmentation générale, conséquente et immédiate des salaires et des pensions et
de leur indexation sur les prix est donc une double nécessité pour les
travailleurs. C’est à la fois la seule voie pour défendre réellement leur
niveau de vie et c’est en même temps une revendication politique, l’affirmation
d’être une classe qui se bat pour l’intérêt général contre les intérêts
particuliers d’une poignée d’industriels et de financiers.
Paul Galois (Lutte ouvrière n°3030)