dimanche 12 juillet 2026

Airbus : Enfadados con Airbus ! En colère contre Airbus !

 

Notre langue internationale : celle de la lutte de classe

 

A Séville le 10 juillet

De nombreux travailleurs des sites de Getafe à Madrid et depuis jeudi d’Albacete à Seville se sont mis en grève. Ils réclament le rattrapage de leur pouvoir d’achat, en baisse de presque 12 % depuis 7 ans et la fin des attaques contre les accords de télétravail.

         Comme ici les travailleurs galèrent pendant que les actionnaires se gavent avec les 2,5 milliards d’euros de dividendes versés. Nos camarades de l’autre côté des Pyrénées se sont organisés en votant la grève en assemblée générale et en élisant leurs représentants. Ils ont voté pour un comité de grève qui organise la lutte. Ils utilisent les réseaux et soutenus par les syndicats, ils entendent négocier directement avec la direction pour obtenir satisfaction.

         Nos camarades espagnols parlent la seule langue internationale qui permet de se faire respecter : la lutte de classe !

Macron : au marché à Damas

 Macron : au marché à Damas

Publié le 08/07/2026

Visite annoncée la veille du départ, lunettes d’aviateur et accolades avec le dirigeant syrien Ahmed al-Charaa : pour la première visite à Damas d’un chef d’État européen depuis la chute de Bachar el- Assad, Macron a joué son rôle de représentant de commerce des capitalistes français, attirés par le marché de la reconstruction.

Macron a multiplié les discours sur la paix et la souveraineté de la Syrie qui, pour les dirigeants français, signifie surtout le retour d’un pays ouvert aux investissements étrangers. Le président était bien sûr accompagné d’une délégation de chefs d’entreprise. CMA CGM a profité du voyage pour signer un contrat de fret aérien, après avoir obtenu le renouvellement pour trente ans de sa concession du terminal à conteneurs du port de Lattaquié en 2025, puis l’exploitation de deux plateformes logistiques en mai dernier. Airbus négocie la vente de huit avions à l’État syrien. TotalEnergies, Thales et d’autres patrons ont participé au forum économique franco-syrien organisé à cette occasion.

Après quinze années de guerre, la Syrie est ravagée. Routes, réseaux d’eau et d’électricité, hôpitaux ou usines sont à reconstruire. Les besoins sont évalués à 216 milliards de dollars par la Banque mondiale, dont 7 milliards pour le seul réseau électrique. Depuis la levée de l’essentiel des sanctions occidentales, les multinationales américaines, turques, chinoises ou des monarchies du Golfe se disputent ce marché, qui reste encore largement virtuel vu l’absence de moyens financiers de l’État syrien. Macron est venu aider les capitalistes français à y prendre leur place.

Il renoue ainsi avec une vieille tradition, car les intérêts français en Syrie sont anciens. Les gouvernements français ont longtemps entretenu de bonnes relations avec la dictature d’Hafez el-Assad et, en 2008 encore, Sarkozy avait invité son fils et successeur Bachar el-Assad au défilé du 14 juillet. Pendant toute la guerre, CMA CGM a conservé sa concession du port de Lattaquié. Lafarge a financé indirectement l’organisation État islamique pour maintenir en activité sa cimenterie de Jalabiya, avant d’être condamné par la justice. TotalEnergies, qui était l’un des principaux producteurs de gaz et de pétrole dans le pays, a dû suspendre ses activités pour se conformer aux sanctions européennes contre le régime ; son PDG Pouyanné est en discussion pour un contrat d’exploration offshore, première étape d’un retour du groupe dans le secteur énergétique syrien.

Face aux dizaines de milliards que ces multinationales rêvent d’encaisser, les 50 millions d’euros saisis par la justice française à la famille Assad, dont Macron a annoncé la restitution à la Syrie, sont dérisoires.

Pour les Syriens, les ruines sont le résultat de quinze années de guerre. Pour les grandes puissances et leurs multinationales, elles sont un marché à conquérir.

                                                                  Claire Dunois (Lutte ouvrière n°3023)

Lidl : le mépris en promo

 

Lidl : le mépris en promo

Le 2 juillet, de nombreux médias ont relayé des scènes de bousculades, voire de bagarres, dans des magasins Lidl. Des clients s’y pressaient pour acheter un climatiseur ou un ventilateur bon marché, alors que la nouvelle vague de canicule s’annonçait.

Publié le 08/07/2026

 

L’enseigne avait promis 200 000 ventilateurs et climatiseurs, avec des ventilateurs à moins de 15euros et des climatiseurs mobiles à 179euros. En réalité, avec quelques climatiseurs par magasin, les rayons ont été vidés en quelques minutes. Lidl maîtrise ce genre d’opération publicitaire autour de produits recherchés que l’enseigne met en vente à bas prix mais en petites quantités.

Cette promotion gonflera peut-être un peu plus les milliards d’euros de chiffre d’affaires de Lidl. Elle a d’ores et déjà servi de prétexte à un déchaînement de mépris contre des pauvres accusés de ne pas savoir se tenir, devant des vidéos de cohue autour des rares appareils disponibles, comme s’il était incompréhensible d’espérer trouver un ventilateur ou un climatiseur à un prix abordable.

Le scandale est ailleurs, dans les décisions de ces grands patrons qui, à l’instar de l’héritier multimilliardaire propriétaire de Lidl, imposent des salaires trop bas, obligeant les familles ouvrières à vivre dans des logements bouilloires et à passer des heures dans des transports étouffants.

                                                   L. P. (Lutte ouvrière n°3023)

Argenteuil, feu d’artifice du 14 juillet, soirée dansante, mais pourquoi ces annulations ?

 

Éduquer à ne pas avoir le doigt à la couture du pantalon

 


 Pourtant, il s'agissait d'un autre feu

Les deux initiatives municipales pour le 14 juillet à Argenteuil ont été annulées. Elles étaient déjà pourtant le report de ce qui avait été annulé à l’occasion de la fête de la musique, enfin celles qui s’adressaient à l’ensemble des habitants.

         « C’est pas nous » disent les élus et leurs aficionados. « C’est le préfet !. »

         Certes, c’est bien lui. La preuve de ce que nous avions évoqué durant la campagne municipale à l’encontre de tous ceux qui idolâtrent le soit disant pouvoir municipal. C’est l’État qui décide quand ça lui chante, et les troisièmes couteaux appliquent !

         Que l’on protège les zones de culture et forestières grillés par la canicule, du Vexin et d’ailleurs, soit, chacun comprend. Mais Argenteuil… foi de vieil Argenteuillais, qui se souvient d’un incendie créé sur la ville par un feu d’artifice ?

         Et pourquoi de conserve, annuler la soirée dansante ?

         Tout cela ne nous convient donc pas. Et l’idée qui pointe de nous habituer une nouvelle fois à prendre l’habitude de diriger notre doigt à la couture du pantalon, encore moins.

         Le 14 juillet, c’est la révolution du peuple en arme qui commence. La création des préfets par Napoléon fut une mesure en revanche pour asseoir l’ordre des bouches cousues et de la propriété.

         Quand on vous répète qu’il y a des révolutions à refaire… DM

samedi 11 juillet 2026

Forces de répression : tout est permis

 Forces de répression : tout est permis

Une proposition de loi, portée par les députés de droite et mise à l’ordre du jour par le gouvernement, a été votée le 7 juillet. Elle prévoit d’élargir la possibilité, pour les policiers et gendarmes, de faire usage de leurs armes.

Publié le 08/07/2026

 

49 personnes ont été tuées au cours d’interventions policières en 2025, dont 19 par des tirs d’arme à feu. Au cours des cinq premiers mois de 2026, 22 personnes ont déjà perdu la vie. Bien sûr, ces chiffres recouvrent des situations très diverses, depuis celle, plutôt rare, où la police réplique à des malfrats lourdement armés, à celle, malheureusement bien plus courante, où elle tire sur des gens désarmés.

Le cadre actuel permet déjà aux excités de la gâchette sous l’uniforme de tirer sans trop tergiverser. Il autorise par exemple le tir sur des personnes ou des véhicules qui prennent la fuite s’ils sont « susceptibles » de menacer la vie d’autrui. La loi propose d’aller plus loin et d’assurer aux policiers et gendarmes une « présomption de légitime défense ». Cette mesure leur permettrait de tirer sans avoir à prouver que c’était justifié, ce serait au contraire à la Justice, et en fait le plus souvent à la famille de la victime, de prouver que le tir policier n’était pas légitime.

L’État et ses lois étaient déjà du côté des forces de répression. Le gouvernement veut aller plus loin en garantissant par avance l’impunité à tous ceux qui ont envie de jouer les cow-boys. C’est loin d’être une bonne nouvelle pour la sécurité, en particulier dans les quartiers populaires.

                                                Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°3023)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui samedi 11 juillet, de 10 h.30 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 12 juillet, de 11 h. à midi au marché Héloïse.

Argenteuil, rénovation d’école et canicule, une intervention à Villefontaine (38) d’un militant de Lutte ouvrière, qui aurait pu avoir lieu à Argenteuil comme partout

Cuba : sous la pression de l’impérialisme

 Cuba : sous la pression de l’impérialisme

Le 18 juin, l’Assemblée nationale cubaine a adopté à l’unanimité un arsenal de 176 mesures économiques visant à ouvrir le marché de l’île aux capitalistes locaux et étrangers.

Publié le 08/07/2026

Ces mesures permettront à des capitalistes d’acheter les entreprises étatiques une fois qu’elles seront devenues des sociétés commerciales et de développer des entreprises sans limitation du nombre des salariés. Les banques privées, nationales ou étrangères, pourront ouvrir et opérer sur l’île, mettant fin ainsi au monopole bancaire d’État. Par ces mesures, le régime cubain invite les capitaux étrangers, ceux de la diaspora, de la bourgeoisie cubaine émigrée aux États-Unis en particulier, à venir s’investir sur l’île, livrant l’économie cubaine à leur rapacité. Si les États-Unis décident sur la base de ces mesures de renouer des relations avec le régime cubain, elles entraîneront un vrai recul pour la population.

Parmi les autres mauvais coups annoncés, les subventions pour l’eau, l’électricité, les loyers, seront supprimées pour l’ensemble des Cubains et réservées uniquement aux plus pauvres. L’Assemblée nationale a aussi prévu que les entreprises publiques et les administrations puissent licencier. Si un salaire minimum est établi et indexé sur l’inflation, les entreprises seront ensuite libres de décider des rémunérations.

Le régime cubain espère avec cette ouverture sauver sa propre position alors que la pression impérialiste est de plus en plus forte. Depuis janvier, les États-Unis ont d’abord bloqué les importations de pétrole avec pour effet que seul un pétrolier russe a pu faire des livraisons. Toutes les entreprises rattachées directement ou indirectement à l’armée cubaine, ce qui représente la moitié de l’économie de l’île, sont menacées de perdre leurs avoirs ainsi que l’accès aux banques américaines, ce qui les couperait du marché mondial et dégraderait encore l’économie cubaine. Résultat de cette campagne menée pour provoquer l’effondrement économique de Cuba, trois chaînes hôtelières internationales et une banque traitant les transactions Visa et Mastercard pour le compte de la banque d’État se sont retirées du pays. Deux grandes compagnies maritimes, la française CMA CGM et l’allemande Hapag-Lloyd, ont annoncé leur intention de cesser leurs activités à Cuba. Pour les travailleurs cubains, le quotidien se résume bien souvent à la survie, sous la pression du chômage et de l’inflation galopante, sans électricité autrement que deux ou trois heures par jour, ni transports. Alors que Cuba était un modèle en matière de santé publique, les opérations dans les hôpitaux, les dialyses deviennent problématiques faute d’électricité ou de pétrole pour les groupes électrogènes.

En invitant la diaspora cubaine, anticastriste, à revenir faire des affaires dans l’île et à exploiter ses travailleurs, le gouvernement cubain espère amadouer l’impérialisme américain pour qu’il relâche sa pression tout en lui permettant de rester au pouvoir. Il n’est pas dit que cela suffise à l’impérialisme, qui a d’ores et déjà répondu en qualifiant ces réformes d’« écran de fumée superficiel ». Il est donc probable qu’il maintienne sa pression car, au fond, ce qu’il reproche au régime cubain est simplement d’exister depuis 1959 comme un régime indépendant, qu’il ne contrôle pas, un caillou dans la chaussure des États-Unis.

                                             Serge Benham (Lutte ouvrière n°3023)