lundi 6 juillet 2026

Argenteuil, conseil municipal du 2 juillet, dans les faits, si loin des habitants. À suivre.

Torpeur municipale

 

 

Est-ce la conséquence de ces semaines de grande chaleur, mais ce conseil municipal a donné une franche impression d’endormissement, voire de torpeur.

         Le chef dirige, le dauphin très sûr de lui a réponse à tout. Pas de violence verbale en ce début de mandat, c’est tranquille. Certes, l’opposition de gauche joue sa partition, et intervient en posant un certain nombre de problèmes réels. Mais quelquefois, ses interventions auraient pu être plus incisives. Mais je ne suis pas élu, eux le sont.

         Exemple : les locaux de l’ancienne agence de la CPAM de l’avenue Jean-Jaurès vont être rachetés par la Ville. Une affaire paraît-il, mais il y a apparemment de l’amiante… Il aurait été surtout bon d’entendre à cette occasion un rappel sur la situation des guichets de la Sécurité sociale à Argenteuil. Il y avait trois agences naguère (dont celle en vente). Deux ont disparu. Il y a souvent la queue, quelle que soit la météo, à l’extérieur de la dernière de la rue de la Poste prolongée… Un exemple dis-je.

         Lors de ce type de conseil, on est vraiment loin des vrais sujets. Avec la canicule il y avait pourtant de quoi échanger longuement. La municipalité doit avoir des chiffres, sur les décès, sur l’accueil supplémentaire à l’hôpital dont le maire est le président du comité de surveillance, sur l’accueil prévu pour les personnes en difficulté pour les jours qui viennent de véritable nouvelle canicule. Comment cela s’est-il passé dans les écoles primaires. Etc.

         Le maire mène le conseil. Le dauphin s’y voit déjà. L’opposition s’oppose. De nombreux élus du bas de la liste municipale sont déjà absents. Nombre des autres regardent à longueur de conseil leur téléphone, n’écoutant rien de ce qui s’y dit.

         Résultat, quelques spectateurs dans les gradins. Quelques centaines de connexions pour le podcast You tube. Prochain conseil fin septembre ou début octobre. Fermez le ban. DM

 

dimanche 5 juillet 2026

Guerre en Ukraine : bilan (non définitif) d’horreur

« Paix entre nous, guerre aux tyrans ! »

 

 

Un organisme américain évalue à deux millions le nombre total des morts, blessés et disparus russes et ukrainiens confondus. L'armée russe compterait plus de 400 000 morts, et l'armée ukrainienne 125 000.

         Ce que ne dit pas cette étude, c'est que toutes ces victimes ont été sacrifiées pour les intérêts des possédants : les oligarques des deux pays, les banquiers et les capitalistes occidentaux, à commencer par les marchands de canons. Comme le clament les paroles de l'Internationale : « Paix entre nous, guerre aux tyrans ! »

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui dimanche 5 juillet, de 10 h.20 à 11 h.40 au marché Héloïse.

 

Algérie : mascarade électorale

Algérie : mascarade électorale

En Algérie, la campagne pour les élections législatives qui ont eu lieu le 2juillet a été marquée par un climat dindifférence et d’écœurement face aux manœuvres du régime.

Publié le 01/07/2026

En effet, avant même que les électeurs se prononcent, le pouvoir avait décidé quel candidat méritait de se présenter et comment il devait faire campagne. Dans l’arbitraire le plus total, des listes ont été invalidées et plus de 3 000 candidats sur 10 000 ont été écartés, accusés sans aucune preuve d’« atteinte aux bonnes mœurs », d’« activités suspectes » ou d’être « en lien avec les milieux d’argent » !

Si les partis qui ont fait allégeance au président Abdelmadjid Tebboune, comme le FLN, le RND ou El Bina, ont été concernés, ce sont surtout les partis dits d’opposition tels que le RCD, le MSP, le FFS, ou le Parti des Travailleurs, qui ont été particulièrement affectés. Mais ces derniers, après avoir dénoncé des accusations infamantes et tenté des recours contre l’invalidation de leurs listes, se sont pour la plupart rapidement inclinés devant le régime. En effet, ils ont sans honte accepté de signer une charte électorale qui leur interdit toute critique du bilan politique du pouvoir, ainsi que toute critique des programmes de leurs rivaux ! C’était jouer le rôle de caution démocratique d’un régime qui refusait que surgissent des polémiques et des débats qui auraient permis au mécontentement populaire de s’exprimer.

D’un bout à l’autre du pays, reprenant le refrain autorisé par le pouvoir, les dirigeants des partis ont mené campagne comme si de rien n’était et ont répété que la participation au scrutin et en particulier celle de la jeunesse était un enjeu majeur. Si Cherif Hassani du parti islamiste MSP, la définit comme « essentielle », Louisa Hanoune, du Parti des Travailleurs, en a fait un gage de prospérité et Youcef Aouchiche, du FFS, « une responsabilité nationale et un exercice démocratique important ». Ils ont parlé de démocratie alors que la vie politique est verrouillée, que des cheminots sont en prison pour avoir lutté pour un salaire décent et que la justice s’acharne sur des femmes pour leurs mœurs et leur liberté de ton !

Ces partis dits d’opposition prétendent se distinguer du régime mais, sur le fond, ils reprennent ses discours sur les sacrifices nécessaires pour le bien de la nation. Mais quelle nation défendent-ils ? Est-ce celle des travailleurs à qui on impose des sacrifices ou celle des bourgeois qui s’engraissent en les exploitant et en détournant les richesses du pays ?

Les travailleurs et les classes populaires sont excédés de voir leur salaire et leur retraite bloqués, excédés de ne pouvoir vivre dignement et de voir une fraction de la jeunesse fuir le pays. Ils sont excédés du mépris des patrons et des dignitaires du régime à leur égard.

Alors que la population subit une dégradation insupportable de ses conditions d’existence, cette mascarade électorale a de quoi écœurer. Derrière elle s’abritent les dirigeants de l’armée pour régler leurs affaires et leurs différends, au bénéfice des classes possédantes. Cela ravive le sentiment de mépris ressenti lorsque, en 2019, Bouteflika, malade, muet et impotent, avait été présenté à un cinquième mandat, ce qui avait déclenché le mouvement du Hirak.

Le « dégagisme » exprimé contre tous ces clans politiciens n’avait pas permis de dégager le système. Mais un profond sentiment de rejet anime toujours les travailleurs, qui doit les amener à s’organiser et à se mobiliser pour la défense de leurs propres intérêts.

                                                              Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°3022)