mardi 2 mai 2017

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise de ce lundi 1er mai 2017


Contre l'ennemie mortelle des travailleurs, et contre le valet du grand capital !




À l’approche du second tour, les candidats recherchent des ralliements. Du côté de Macron, c’est l’union sacrée, de Valls et Hollande à Fillon et Sarkozy, en passant par le revenant Borloo ! Le Pen, elle, a prétexté l’accord avec la girouette Dupont-Aignan pour enterrer la sortie de l’euro. Si elle était élue, ses engagements sur le maintien des 35 heures ou pour une retraite à 60 ans seraient aussi oubliés : les promesses électorales d’une démagogue n’engagent que ceux qui y croient.
La semaine dernière, pour faire croire qu’elle est une candidate du peuple, elle est allée faire des selfies avec les ouvriers de l’usine Whirlpool d’Amiens, qui doit fermer dans un an.
Au fil des années, les effectifs de cette usine, qui comptait 1200 salariés dans les années 1980, ont fondu. La production et les cadences ont augmenté, avec ce que cela implique de maladies professionnelles et d’accidents du travail. Les ouvriers ont dû accepter les samedis travaillés obligatoires et la suppression de RTT. Les profits de Whirlpool ont atteint 850 millions l’an dernier. Contre tout cela, Le Pen n’a jamais protesté, parce qu’elle elle respecte le sacro-saint pouvoir capitaliste !
Les mesures qu’elle propose aujourd'hui sont dérisoires. Taxer les importations ? Mais cela se traduirait par une augmentation des prix ici, et par des droits de douane à l’étranger, et donc le chômage pour les salariés français qui travaillent à l’exportation.
Quel que soit l’élu, l’usine d’Amiens fermera, tout comme Florange a fermé malgré les promesses de Hollande. Ses 290 salariés seront licenciés et ses sèche-linges seront fabriqués en Pologne par des ouvriers gagnant 400 euros par mois. Whirpool augmentera ses profits et les actionnaires seront choyés.
Macron, l’ancien banquier, ne veut pas gêner les propriétaires de Whirlpool. Il parle de formation, de reclassements et de nouveaux emplois, mais c’est du vent : il veut même supprimer 120 000 emplois publics !
Les électeurs sont sommés de choisir entre ces deux bonimenteurs. Mais ce choix n’en est pas un !
Malgré sa quête de respectabilité, Le Pen est issue de l’extrême droite xénophobe, homophobe et antisémite, à l’image de l’ex-président du FN capable de nier l’existence des chambres à gaz. Elle oppose les Français, dont elle brigue les suffrages, aux étrangers. Autrement dit, elle dresse des travailleurs contre d’autres travailleurs. Elle rendrait la vie plus dure aux étrangers, puis aux immigrés même français, puis à tous les travailleurs ! Laisser attaquer les plus vulnérables, c’est se préparer à accepter les coups contre tous.
Le Pen imposerait un régime plus dur contre les syndicats et les associations qui ne sont pas assez dociles. C’est ce que font déjà des municipalités FN, qui privent de locaux ou de subventions des associations aussi utiles que le Secours populaire ou les Restos du Cœur.
Alors, le vote Le Pen doit être laissé aux nostalgiques de l’Algérie française, aux policiers racistes, aux bourgeois qui détestent les pauvres ! Pour un travailleur, voter pour elle, c’est voter contre ses propres intérêts.
Quant à Macron, son dévouement à la classe capitaliste est sans faille. Comme ministre, il a fait adopter une loi qui a étendu le travail du dimanche, facilité les licenciements économiques et réduit les recours aux prud’hommes pour les salariés. Il a ensuite inspiré la loi El Khomri, dans ses aspects les plus anti-ouvriers, comme le plafonnement des indemnités prud’homales, que le gouvernement a dû retirer face à la colère du monde du travail. Et Macron veut maintenant poursuivre cette offensive, y compris par ordonnances pour s’éviter même un débat parlementaire. Il veut démanteler le code du travail, augmenter la CSG et réduire l’ISF à quasiment rien. Il est logique que la Bourse ait flambé après le premier tour !

Au second, on voudrait que les travailleurs choisissent entre deux maux. Il faut refuser ce chantage. C’est pourquoi Nathalie Arthaud et les militants de Lutte ouvrière voteront blanc.
Celui ou celle qui va succéder à Hollande sera un ennemi résolu du monde du travail. Il faut que les travailleurs se préparent à défendre leurs intérêts, avec les armes de la lutte de classe. Il ne faut pas nous diviser, entre Français et étrangers, entre chômeurs et travailleurs en activité. Il faut reconstruire un parti qui représente nos intérêts de classe. Nous organiser pour lutter : quel que soit le futur locataire de l’Elysée, nous en aurons bien besoin.

Nathalie ARTHAUD : où en est-on ? Prise de parole à l'issue de la manifestation du 1er mai de Paris. 6 minutes. A écouter.

Elections législatives Argenteuil Bezons : les candidats de Lutte ouvrière "Pour faire entendre le camp des travailleurs"


Dominique MARIETTE et Michel CAMPAGNAC, candidats de Lutte ouvrière dans la 5ème circonscription du Val d’Oise



Nathalie ARTHAUD avec Michel CAMPAGNAC et Dominique MARIETTE

Les candidats de Lutte ouvrière pour les élections législatives des 11 et 18 juin prochain dans la 5ème circonscription du Val d’Oise, celle d’Argenteuil-Bezons sont Dominique MARIETTE, enseignant retraité. Le candidat-remplaçant est Michel CAMPAGNAC, enseignant à Bezons.

         Cette campagne des législatives sera pour Lutte ouvrière la continuation de celle de Nathalie ARTHAUD « pour faire entendre le camp des travailleurs ». Elle sera non seulement l’occasion de répéter ce qu’a développer Nathalie ARTHAUD lors des élections présidentielles, mais de le faire partager à d’autres membres de notre classe, le monde du travail, qu’ils soient travailleurs en activité, chômeurs ou retraités.

         Lors de ces élections législatives, les candidats de Lutte ouvrière feront entendre les exigences urgentes de vie de notre classe :

         En particulier :

         -affirmer que l’on ne peut pas vivre avec un salaire mensuel inférieur à 1800 euros nets ;

         -affirmer la nécessité de répartir le travail entre tous, d’interdire les licenciements et la suppression de postes ;

         -affirmer la nécessité de contrôler les comptes des entreprises, par la suppression du secret bancaire et commercial.

         Mais cette campagne sera aussi l’occasion de discuter de la situation nouvelle inaugurée par les résultats du premier tour des présidentielles, et la nécessité urgente de récréer un parti du monde du travail, communiste et révolutionnaire.

Le Pen, FN, le maquillage n'y pourra rien


Le FN voudrait cacher ce qu’il est vraiment

 
Pour paraître moins liée au Front national, Marine Le Pen en a cédé provisoirement la présidence avant le second tour de l'élection présidentielle.
         Celui qu'elle avait choisi, son vice-président, ayant tenu des propos niant la réalité de l'extermination des Juifs par les nazis, elle a dû le remplacer en urgence.
         Elle s'est alors rabattue sur Steeve Briois, le maire d'Hénin-Beaumont. Pas de chance cette fois encore. Déjà mis en examen pour des tripatouillages financiers, il est visé par une enquête, avec dix autres responsables du FN, pour avoir tenu des propos haineux contre les musulmans et menacé de mort un élu !
         Pas facile pour le FN de trouver quelqu'un de présentable. Et pour cause. Il reste ce qu'il est : raciste et xénophobe.

Argenteuil, centres de santé : internet c'est bien avec le développement des effectifs de praticiens et autres


L’internet c’est bien, avec les embauches c’est mieux !

 
Selon le Parisien-95, un outil internet performant est dorénavant mis en place pour prendre rendez-vous dans les centres médicaux municipaux :
« Prendre rendez-vous 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et en un clic dans les deux centres de santé Fernand Goulène et Irène Lézine d’Argenteuil. La ville s’est associée au site Internet Doctolib (www.doctolib.fr) qui permet de prendre rendez-vous en ligne chez tous les praticiens partenaires. « Après la mise en place, il y a un an, d’un centre d’appel unique pour faciliter la prise de rendez-vous, la direction municipale de la Santé intensifie son effort, souligne la ville sur son site. »
Des mesures pour éviter de longues minutes d’attente pour la prise de rendez-vous, sachant qu’en 2015, le taux de fréquentation des deux centres avait augmenté de 15 % avec plus de 200 000 consultations par an.
Désormais, il suffit de créer un compte sur le site Doctolib, puis de choisir le centre, le praticien et l’horaire disponible qui vous convient. Un SMS de rappel vous sera envoyé 48 heures avant le rendez-vous. Vous également annuler via votre compte. »   Leparisien.fr
         Comme nous sommes pour le progrès, nous applaudissons. Mais…

         Il est bien de faciliter la communication, mais si les agents sont en nombre insuffisant au bout de cette dernière, les patients sont bien avancés. On peut rappeler à ce propos la situation de « Tell my city ». Les services municipaux sont informés, mais ne peuvent pas traiter les problèmes faute de travailleurs en nombre suffisant, à moins de mettre de côté d’autres tâches tout aussi urgentes.

         Cela  nous fait rappeler que pour protester contre les effectifs insuffisants, les travailleurs des « Affaires générales » de la Ville sont appelés à faire grève aujourd’hui.

lundi 1 mai 2017

Manifestation du 1er Mai : une journée de solidarité des travailleurs du monde


Manifestons nombreux cet après-midi !

 

Lundi 1er mai, c’est la journée internationale de lutte des travailleurs.

Comme chaque année, Lutte ouvrière participera aux manifestations et appelle les travailleurs à s’y joindre nombreux pour faire entendre leurs exigences.
 

À Paris, le cortège partira à 14 heures 30 de la place de la République.

Les camarades de Lutte ouvrière se rassembleront au niveau du métro Saint-Sébastien-Froissart

 

Un départ collectif a lieu d’Argenteuil
Rendez-vous à 13 heures 30
Gare centrale

Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! Karl Marx. Le clip de campagne de Nathalie ARTHAUD sur les migrants, nos frères de classe

Premier Mai 1886, l'origine du Premier mai. Page d'histoire du mouvement ouvrier


États-Unis 1886 : le premier 1er Mai

Le 1er mai 1886, le mouvement ouvrier américain lançait une grève générale nationale pour la journée de huit heures. L’ampleur de celle-ci et la peur qu’elle inspira aux classes possédantes entraînèrent une répression féroce. Ce combat fut une des origines du choix du 1er mai comme journée internationale des travailleurs.

Après la guerre de Sécession, qui prit fin en 1865, s’enclencha aux États-Unis « la plus importante période de développement économique de toute l’histoire de l’humanité », selon une formule de l’historien américain Howard Zinn. En moins de quarante ans, la grande bourgeoisie américaine constitua des empires industriels et financiers presque sans égal dans le monde, grâce à une main-d’œuvre presque sans limite alimentée par l’arrivée de millions d’Européens et d’Asiatiques et grâce à la complicité de l’État qui protégeait ses marchés de la concurrence des capitalistes européens en faisant payer tous les surcoûts à la population. C’est de cette période qu’émergèrent les premiers grands monopoles comme ceux du pétrole, de l’acier, du tabac ou encore des chemins de fer.

Premières luttes ouvrières

La classe ouvrière, qui était à la base de ce développement économique vertigineux, mena ses premiers combats très tôt. Dès les années 1880, ceux-ci prirent un caractère massif. L’organisation la plus importante et la plus représentative de cette période fut les Chevaliers du travail (Knights of Labor). Société secrète créée en 1869 par des tailleurs de Philadelphie, se plaçant plus du point de vue de l’artisan que de l’ouvrier industriel mais vantant la solidarité universelle, elle se transforma en une organisation de masse qui résulta de la montée ouvrière. De 71 000 membres en 1884, elle passa à 110 000 en 1885 et presque 730 000 en 1886. À côté de cette organisation de masse, et parfois en son sein, militaient aussi des socialistes et des anarchistes, bien souvent d’immigration récente, qui avaient apporté avec eux les idées du mouvement ouvrier européen.

En 1881 était également apparue la Fédération américaine du travail (American Federation of Labor-AFL) qui allait devenir une dizaine d’années plus tard le principal syndicat américain. Au moment où l’enrichissement de la bourgeoisie américaine lui permettait de corrompre une partie du mouvement ouvrier naissant, l’AFL devint un syndicat très corporatiste et même réactionnaire, ne syndiquant que les ouvriers qualifiés, jamais les femmes ni les travailleurs noirs.

C’est cependant l’AFL qui, lors d’un de ses premiers congrès en octobre 1884, lança l’idée d’une grève générale qui imposerait la journée de huit heures. Aux États-Unis, beaucoup de contrats et de baux commençaient le 1er mai et, symboliquement et pour se laisser le temps de la propagande et de l’organisation de la lutte, le début de la grève fut donc fixé au 1er mai 1886. L’initiative déborda très largement les rangs de l’AFL, touchant les centaines de milliers de membres des Chevaliers du travail qui s’en emparèrent, malgré l’hostilité de leurs chefs. Ceux-ci étaient encore très imprégnés des préjugés des artisans, qui ne voyaient pas d’un bon œil les grèves, et surtout celle-ci dont l’ampleur s’annonçait considérable.

Dans une circulaire secrète du mouvement, le dirigeant des Chevaliers du travail s’était même clairement exprimé contre la grève : « Les membres de l’exécutif des Knights of Labor n’ont jamais fixé le 1er mai comme jour d’une grève quelconque et ils ne le feront pas... Aucune section des Knights of Labor ne doit se mettre en grève le 1er mai pour le principe des huit heures par jour. » Mais la base du mouvement et la classe ouvrière en général allaient en décider autrement.

Le 1er mai 1886

En tout cas, le samedi 1er mai 1886, qui aurait dû être un jour travaillé, 350 000 travailleurs de plus de 11 000 entreprises à travers tout le pays se mirent en grève. 11 000 personnes défilèrent à Detroit, 25 000 à New York. À Chicago, qui était le centre ouvrier le plus actif, entre 40 000 et 80 000 travailleurs manifestèrent accompagnés de leurs familles. À la fin, dans un meeting imposant, les leaders anarchistes, le tapissier Albert Parsons et l’imprimeur August Spies, prirent la parole pour appeler à la poursuite du mouvement.

Le lundi 3 mai, la grève continua et s’amplifia. Des grévistes allèrent devant l’usine de machines et outils agricoles McCormick, qui employait des briseurs de grève. Là, la police chargea et tira dans la foule qui se dispersait, abattant quatre personnes et faisant de nombreux blessés.

Immédiatement, August Spies rédigea un tract diffusé en allemand et en anglais pour dénoncer les meurtres de la police et appeler à un rassemblement le lendemain soir, 4 mai, au Haymarket Square, une grande place de Chicago. Alors que le meeting se terminait et que la police se mettait en position pour disperser le rassemblement, une bombe explosa, faisant des dizaines de blessés parmi les policiers, dont sept allaient en mourir. En réponse, la police tira à nouveau sur la foule, tuant plusieurs personnes et en blessant près de deux cents. Huit responsables anarchistes, dont aucun n’était présent à Haymarket le 4 mai, furent arrêtés et condamnés à mort.

Malgré les campagnes et les manifestations de protestation, aux États-Unis mais aussi en Europe, Spies, Parsons, Fischer et Engel furent pendus. Le jeune charpentier de 21 ans Louis Lingg fut retrouvé mort dans sa cellule. Et trois autres, Schwab, Fielden et Neebe, qui réclamèrent la clémence du pouvoir, furent condamnés à la prison à vie, faisant au bout du compte sept ans de prison. La répression mit un coup d’arrêt brutal au mouvement pour les huit heures. Mais une nouvelle mobilisation fut programmée pour le 1er mai 1890.

La journée internationale des travailleurs

En juillet 1889, à Paris, lors du congrès de fondation de l’Internationale ouvrière qui regroupait des représentants socialistes et révolutionnaires du monde entier, un délégué français proposa d’organiser une journée de mobilisation internationale pour la journée de huit heures. Le délégué américain rappela la mobilisation déjà prévue aux États-Unis pour le 1er mai 1890. La date fut alors reprise par l’Internationale naissante. Et il suffit du succès de cette première mobilisation commune des exploités du monde entier pour que le 1er Mai s’impose comme une mobilisation annuelle et devienne un des symboles les plus importants du mouvement ouvrier.

Outre ce symbole du 1er Mai, la mobilisation ouvrière américaine inspira aussi les militants de la CGT française. Vingt ans après la décision de l’AFL, la CGT, s’appuyant sur l’exemple américain, décida à son congrès de 1904 d’organiser une campagne en direction d’une grève générale pour les huit heures devant commencer le 1er mai 1906.La grève eut lieu, entraînant des centaines de milliers de travailleurs pendant plusieurs jours. Elle ne permit pas d’imposer la journée de huit heures, mais elle fut une véritable démonstration de force et une étape importante de la montée des luttes ouvrières qui précéda la Première Guerre mondiale.

                            Pierre ROYAN (Lutte ouvrière n°2492 du 3 mai 2016)