mercredi 10 juin 2020

Violences policières, racisme, la jeunesse en colère. Retour sur un passé d’exploitation justifié par le racisme. Nantes, Bristol...


Contre un racisme qui a servi à justifier la traite des Noirs, l’esclavage, les conquêtes coloniales et la domination impérialiste



Les manifestations contre les violences policières, aux États-Unis, en France, comme partout dans le monde, continuent plus que jamais. Ainsi, à Nantes, si samedi 6 juin plus d'un millier de personnes ont manifesté dans le centre-ville de Nantes en écho à la mobilisation qui se poursuit depuis deux semaines aux États-Unis, deux jours plus tard, à nouveau, à l’appel du collectif « Black Lives Matter » de Nantes, 3000 personnes ont crié leur colère face au racisme et aux violences policières. Des pancartes, brandies en grand nombre, dénonçaient notamment le meurtre de George Floyd aux États-Unis ou celui d’Adama Traoré en France en 2016.
         En faisant étape au « Mémorial de l’esclavage », situé sur ces quais de la Loire où étaient débarquées les immenses richesses, produits du travail des esclaves noirs des plantations d’Amérique, qui firent la fortune de la bourgeoisie à Nantes et ailleurs, la manifestation a aussi rappelé que le racisme trouve sa source dans l’exploitation. Le racisme a servi de justification à la traite des Noirs et à l’esclavage, aux conquêtes coloniales et à la domination impérialiste. Le poison qu’il distille, celui de la division entre les exploités, sert encore aujourd’hui au maintien d’un ordre social fait d’exploitation, de misère et d’injustice.
         La plupart du temps, aux Etats-Unis comme en France, les policiers sont couverts et protégés par leur hiérarchie et par le gouvernement, car ils constituent le bras armé qui défend l’ordre social injuste en place. Du fait de son rôle de maintien de l’ordre, la police ne peut qu’être gangrenée par les pires préjugés, qu’ils soient racistes ou sexistes, et il n’y aura pas de bonne police dans la société capitaliste.
         Alors, il faut espérer que le combat engagé ces jours derniers contre le racisme et les violences de la police se poursuive, qu’il s’amplifie et qu’il s’attaque à la racine du mal, au capitalisme lui-même.

Argenteuil – déconfinement, pollution sonore…


Quand la municipalité claironne que tout va très bien

          Pour la municipalité, la reprise des activités se passe dans les meilleures conditions du monde dans les services municipaux.
           La réalité est bien plus nuancée.
           Le gel et les masques continuent à manquer dans plusieurs services.
       Dans la partie espace d’attente à l'hôtel de ville pour les papiers d’identité ou les prestations, le nombre de personnes concentrées pour attendre qu’on les appelle inquiète les travailleurs municipaux... 
 

Un bruit de fond destructeur et mortifère

Les services de la Région sont en train d’entreprendre la mise en place d’un nouveau revêtement sur une portion somme toute petite de l’A15, sur les communes de Sannois et d’Argenteuil. Ce dernier permettrait dans ce secteur de diminuer considérablement la pollution sonore très importante pour les habitants.
         Localement, ces pollutions sonores sont très importantes, et chacun a pu constater la différence lors du confinement.
         Elles ne perturbent gravement pas seulement la vie quotidienne de tous. Mais elles sont en outre un facteur notable de réduction de l’espérance de vie des habitants.




Jeunesse en colère : de Saint-Gratien au Versailles d’hier


Petite leçon d’histoire révolutionnaire…



Nous avons évoqué ces jours derniers la réaction de l’ancienne maire de Saint-Gratien, outrée que des jeunes viennent protester jusque devant son pavillon de la liquidation de leur terrain de football sis dans la cité populaire des Raguenêts.
         Cette dame, toujours conseillère municipale de cette commune et sénatrice de son état actuel, loin de se défausser, justifie la destruction.
           Pourquoi faudrait-il que les décisions que ces notables prennent leur évitent en sus de ne pas devoir s’affronter à ceux que lèsent leurs décisions ?
         Quand la population, seul, en groupe, ou en masse, osera (et cela viendra) leur dire à deux doigts des moustaches ce qu’elle en pense, alors bien des choses changeront dans la société.
         Cela nous a rappelé un évènement historique des évènements à l’origine de la domination bourgeoise dont cette sénatrice doit se revendiquer.
         Le 5 et 6 octobre 1789, un important groupe composé de nombreuses femmes alla protester devant la « maison » de Louis XVI et de Marie-Antoinette à Versailles qu’ils obligèrent à revenir à Paris. DM

mardi 9 juin 2020

Dassault-Argenteuil : Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 8 juin 2020 et les échos du bulletins Lutte ouvrière de chez Dassault-Argenteuil


Des États-Unis au monde entier : à bas le racisme et les violences policières !




L’onde de choc créée par le meurtre de George Floyd, il y a deux semaines à Minneapolis, continue de se propager au monde entier. Aux États-Unis, ces derniers jours, des centaines de milliers de personnes ont encore manifesté pour crier leur colère. Leur colère contre le meurtre raciste, de sang-froid, d’un homme à terre et menotté, qui dit qu’il ne peut plus respirer et va mourir. Leur colère contre ce sinistre écho de l’époque des lynchages et de la ségrégation, cette barbarie avec laquelle le capitalisme américain s’est construit. Comme cela a été dit lors d’un hommage, ce genou sur le cou de George Floyd, c’est celui qui écrase depuis longtemps les Noirs américains, aujourd'hui discriminés au travail, pour le logement, dans l’éducation et la santé, ainsi que l’a montré le lourd tribut qu’ils ont payé au coronavirus.
Quand Obama fut élu, certains ont dit que c’était la preuve que le pays avait soldé l’héritage de l’esclavage et de la ségrégation. On voit aujourd'hui que ce racisme gangrène toujours l’appareil d’État américain, de la base au sommet. À la base, avec ces flics racistes, chargés de défendre la loi et la propriété bourgeoise, et pour laquelle la vie des pauvres, des Noirs en particulier, ne vaut pas cher. Avec ces juges, qui les emprisonnent massivement. Au sommet, avec des hommes comme Trump, qui a fait sa carrière politique en stigmatisant les Noirs.
L’explosion de colère de ces derniers jours est sans doute aussi alimentée par la crise terrible que traverse la classe ouvrière américaine, avec ses 41 millions de travailleurs licenciés, avec ces dizaines de millions de personnes qui font la queue à l’aide alimentaire, tandis que Wall Street a retrouvé sa santé d’avant l’épidémie.
L’extension des manifestations au monde entier, de Buenos Aires à Sydney, de Jérusalem à Montréal, de Nairobi à Tokyo, résulte du fait que, partout, le racisme est présent. Partout, les violences s’abattent sur ceux qui, aux yeux des policiers, n’ont pas la bonne couleur de peau, la bonne nationalité et qui ont en outre, comme George Floyd, le tort d’être pauvre.
En France, des dizaines de milliers de personnes, des jeunes notamment, ont manifesté, malgré les interdictions. Le ministre Castaner s’en est offusqué, expliquant que la France est différente des États-Unis, et qu’ici la police n’est pas raciste. « Des violences policières en France, cela n'existe pas, c'est un mensonge », a renchéri le président du parti Les Républicains, tandis que le Rassem-blement national appelait à la répression des manifestations par la police. Quel touchant consensus contre ces jeunes qui crient leur rejet du racisme !
La réalité, c’est que la police tue ici aussi, comme le sait la famille d’Adama Traoré, qui se bat depuis des années pour faire la vérité sur son décès aux mains des gendarmes. La réalité, c’est que la police est gangrénée par le racisme ici aussi, comme l’illustrent de nombreux épisodes récents. Il y a un mois, deux policiers marseillais ont été condamnés à des peines de prison pour avoir passé à tabac un jeune Afghan sur un parking ; après s’être défoulé, un des deux policiers avait dit à l’autre : « Ça fait du bien ! ». À L’Ile-Saint-Denis, fin avril, des policiers ont tabassé un Égyptien qu’ils avaient sorti de la Seine. « Un bicot comme ça, ça nage pas », avait glissé l’un. Il y a quelques jours, un groupe Facebook de milliers de policiers débordait de propos orduriers.
Oui, la police est tout à la fois traversée par le racisme et violente, en particulier contre les immigrés et les plus pauvres. La classe capitaliste et son État s’appuient sur elle. Partout, police et État défendent des systèmes fondés sur l’exploitation et sur les inégalités sociales. Partout, cela repose sur l’usage de la force et de la violence. Partout, la police et l’armée veillent à ce que les opprimés subissent l’oppression sans se révolter. Partout, elles défendent la propriété privée de l’économie et le sacro-saint profit.
Et, partout, le capitalisme charrie avec lui tous ces préjugés qui opposent les prolétaires à d’autres prolétaires : le racisme, le nationalisme, la xénophobie et le sexisme. Partout, le capitalisme divise pour mieux régner, il dresse les pauvres contre d’autres pauvres. Et partout, à Minneapolis comme ailleurs, les États capitalistes reposent sur des hommes de main qui entretiennent ces divisions.
Alors, il faut espérer que le combat engagé ces jours derniers contre le racisme et les violences de la police se poursuive, qu’il s’amplifie et qu’il s’attaque à la racine du mal, au capitalisme lui-même.




 
Voir Éditorial ci-dessus

On est lucides
Pour protéger notre santé, en mars, il avait fallu contraindre la direction à arrêter la production. On se souvient que la direction avait alors plutôt minoré le danger. Depuis hier, elle a décidé de convoquer tout le monde. Elle n’a pas changé, nous non plus. Nous n’avons pas intérêt à relâcher notre méfiance et devons rester vigilants.

Nouvelle organisation du travail
Pour reprendre, nous sommes nombreux à avoir été prévenus par téléphone seulement quelques jours avant. Nous n’étions pas en vacances, à attendre un appel, on y a même perdu de l’argent.
Revenir au travail, c’est jongler avec les contraintes multipliées d’une nouvelle organisation ; ne pas revenir c’est jongler avec les justificatifs pour garde d’enfant ou santé à risque, les pertes de salaire et peut-être même des dépenses en plus pour certains.
Nos problèmes n’intéressent pas la direction pour qui il n’y a que les dividendes. Alors nos affaires, il faut s’en occuper collectivement.

Radins
Avec la reprise des horaires habituels, la journée de travail s’allonge par rapport aux semaines précédentes. La direction en est restée aux deux masques par jour qu’elle distribuait précédemment. Et non ! Maintenant c’est trois qu’il nous faut. Là ça fait vraiment rapia.

Ils ont fait leur preuve
Face à la crise sanitaire, la société n’a pas manqué de Rafale ou de Falcon mais de masques. Pour coudre trois bouts de tissu et 2 élastiques ce n’est pas la technique qui a manqué mais la volonté des industriels et cela dans un des pays les plus développé.
Cette économie ne fonctionne que pour une poignée d’actionnaires qui décident de tout dès lors que cela leur rapporte mais sont aux abonnés absents quand il s’agit de produire pour le bien être de tous.

C’est quoi leur boulot ?
Piétinant d’impatience pour faire redémarrer la production pendant la crise sanitaire, la direction avait réussi à organiser les équipes avec des journées de 6h. On ne peut s’en porter que mieux. La productivité du travail a fait de tels progrès qu’il n’y a aucune raison de travailler trop longtemps alors que d’autres sont au chômage.
Et d’ailleurs moins on travaillera et plus on aura de temps pour organiser l’économie et la société. Les capitalistes le font actuellement pour leur pomme et à plein temps : on voit le résultat. On ne pourra pas faire pire.

Cellules d’isolement ?
Au restaurant d’entreprise, les séparations réglementaires ont été effectuées à l’aide de panneaux de bois. Dans n’importe quel supermarché, les caissières sont isolées avec du plexiglass, et on peut communiquer sans se postillonner dessus. D’accord on est revenu à l’usine mais on n’est pas rentré dans les ordres chez les moines.

Et ce n’est que le début…
Le gouvernement va annoncer aujourd’hui un plan d’aide massif de quelques dix milliards d’euros au secteur aéronautique. Eric Trappier président du GIFAS et PDG de Dassault, spécialiste du siphonnage des fonds publics est à la manœuvre pour récupérer l’argent du contribuable. Pendant ce temps là la trésorerie de Dassault Aviation forte de près de 5 milliards d’euros, fruit de notre travail reste à la disposition exclusive des actionnaires. Pour la famille Dassault, c’est jamais la crise. Elle veut continuer de nous la faire payer.

16 juin, les travailleurs de la santé dans la rue

Comme il fallait s’y attendre, la négociation sur l’hôpital, le « Ségur de la santé », tourne en rond. Tout comme avant la crise sanitaire, aucun des problèmes n’est réglé, ni celui du manque de personnel et de moyens, ni celui des salaires.
Que les travailleurs de la santé aient payé un lourd tribut à l’épidémie – près de 12 000 personnes contaminées –, ce gouvernement s’en moque et maintient, de fait, ses objectifs d’économie et de réduction de l’offre de soins. Et ce ne sont pas une médaille et une petite prime qui vont calmer la colère. Tout au contraire.
Les travailleurs de la santé vont faire grève et manifester le 16 juin pour défendre leurs droits. Pendant des semaines, ils ont été applaudis chaque soir. C’est le moment de leur montrer une solidarité active : descendre dans la rue avec eux pour leurs revendications et la santé de tous.

Droits des personnels de la santé : avec eux le 16 juin dans la rue


On les a applaudis, soyons maintenant à leur côté

 


Comme il fallait s’y attendre, la négociation sur l’hôpital, le « Ségur de la santé », tourne en rond. Tout comme avant la crise sanitaire, aucun des problèmes n’est réglé, ni celui du manque de personnel et de moyens, ni celui des salaires.
               Que les travailleurs de la santé aient payé un lourd tribut à l’épidémie – près de 12 000 personnes contaminées –, ce gouvernement s’en moque et maintient, de fait, ses objectifs d’économie et de réduction de l’offre de soins. Et ce ne sont pas une médaille et une petite prime qui vont calmer la colère. Tout au contraire.
               Les travailleurs de la santé vont faire grève et manifester le 16 juin pour défendre leurs droits. Pendant des semaines, ils ont été applaudis chaque soir. C’est le moment de leur montrer une solidarité active : descendre dans la rue avec eux pour leurs revendications et la santé de tous.

Renault : tous unis contre les projets des actionnaires. La prise de parole de Jean-Pierre MERCIER lors du rassemblement devant l’usine de Choisy le Roi samedi

Argenteuil, municipalité, lorsque les agents de la Ville découvrent sa surprenante, soudaine et désordonnée passion pour le vélo


Extraits du bulletin Lutte ouvrière des Territoriaux d’Argenteuil et de l’ex-Agglomération du lundi 8 juin 2020
 

Pour descendre des Coteaux, OK, mais gare à la montée !

« Tous à vélo pour aller au boulot », telle est l’orientation in extremis de la municipalité avant le second tour des élections.
         On s’inquiète seulement pour les aménagements du 3ème étage de l’hôtel de ville. Comment vont-ils faire pour y aménager le garage à vélos ?
         Car chacun imagine-mal que membres de la direction générale et élus de la municipalité ne donnent pas l’exemple !
 

D’accord, mais payé par l’employeur

         C’est vrai, le vélo, c’est chouette, quand on est en bonne santé. Alors, un vélo pour tous ceux qui le souhaitent, et électrique pour les plus anciens !
         Bien sûr payés par la municipalité puisqu’elle nous dit que pour aller au « boulot », il faut y aller en vélo.

 


Déraillement total !

         Les agents des travaux de voirie, sous le soleil, y avaient pourtant mis du cœur, dans l’aménagement fissa des voies cyclables de l’avenue Gabriel Péri. Et puis patatrac, quelques jours plus tard, il a fallu défaire ce qui avait été fait à grands frais.
         Il ne fallait pas être sorti de polytechnique pour reconnaître que l’affaire était mal ficelée et surtout très dangereuse.
         En attendant, la conscience professionnelle qu’ils nous rabâchent à longueur d’années en a gros sur la patate.

Les lobbys, un élément réel, mais finalement marginal de la domination bourgeoise


Propriété bourgeoise : un État et de multiples rouages de sa domination

 


Une lectrice régulière de notre blog nous a envoyé une information affirmant en gros que les « lobbys » avaient profité de la crise sanitaire pour prendre le contrôle de l’État.
               Ce genre d’affirmation est toujours étonnant et donne l’illusion que des machinations obscures règlent le cours de la planète capitaliste.
               Nous ne cessons de répéter que l’État et accessoirement le gouvernement qui n’est qu’un masque provisoire et changeant de l’État sont les véritables appareils de domination d’une classe sociale bien identifiée, la bourgeoisie.
               Entre cette classe, son État et son gouvernement, il y a effectivement de multiples liens bien au-delà des groupes de pression -les lobbys- qui peuvent agir dans tel ou tel domaine, pour obtenir telle ou telle décision favorable à tel ou tel secteur du Capital ou à telle ou telle entreprise. Les lobbyistes sont des agents –parmi beaucoup d’autres- du fonctionnement du capitalisme, et bien rétribués pour cela.
               Concentrer ses dénonciations sur ce métier de la domination bourgeoise c’est oublier, sciemment ou non, la véritable réalité de cette domination avec ses multiples réseaux aux commandes, et surtout son État –armée, police, justice, hauts fonctionnaires- qui est là pour en assurer la stabilité. Et la pérennité.DM