lundi 22 avril 2019

CIO d’Argenteuil démantelé, la galère pour les jeunes des milieux populaires


Devoir s’orienter pour pouvoir s’orienter

 

Comme nous l’avons écrit lundi dernier, le Centre d’Information et d’Orientation est dans la tourmente. En espérant des jours meilleurs, des bureaux ont été installés provisoirement dans le bâtiment de la MJC, laquelle depuis plusieurs années, forcée et contrainte, a dû accueillir la Maison de Quartier du centre-ville.

         Ces bureaux provisoires du CIO n’occupent même pas une partie bien identifiée du bâtiment, mais sont éparpillés à différents endroits du premier étage, au milieu des locaux de l’Information jeunesse.

         A l’entrée du bâtiment de la rue des Gobelins, si des jeunes en quête d’information arrivent, il va d’abord falloir qu’ils arrivent à… s’orienter pour trouver les bureaux idoines ! 

         Lors du conseil municipal, lorsque cette question du CIO a été évoquée, Georges Mothron a affirmé que les personnels de ce centre avaient refusé de déménager sur la « dalle » du Val-Nord.
         Qu’entend-il ? Que ce n’était pas assez bien personnellement pour eux ?
         Si le maire d’Argenteuil ne comprend pas que lorsque l’on déplace des services publics utiles à la population, en particulier aux milieux les plus modestes, d’une position centrale à une localisation périphérique, cela pose un problème… on pourra difficilement lui expliquer.
         Pourtant, des conséquences fâcheuses de ce genre de localisation sont aussi vraies lorsque l’on veut mettre le CIO dans cette situation que dans le cas de la Maison de la justice et du droit déménagée à la lisière du Val-Nord.

dimanche 21 avril 2019

Interview de Nathalie Arthaud sur France 3 il y a deux jours

Nathalie ARTHAUD et Jean-Pierre MERCIER en meeting à Paris le 10 mai prochain


Éducation et société : l’École rattrapée par le pourrissement social. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


Saint-Denis : l’école rattrapée par le pourrissement social

Depuis le début de l’année, des incidents plus ou moins graves se multiplient dans les établissements scolaires de Saint-Denis. Le lycée Paul-Éluard est devenu le théâtre de bagarres de bandes rivales des cités de la ville.  


La veille des vacances d’hiver, un enseignant a été tabassé aux portes du collège La Courtille. Le 12 mars, jour de la rentrée, une quinzaine d’individus se sont introduits dans le lycée Paul-Éluard, armés de marteaux et de battes pour frapper un élève. Et le 11 avril une enseignante du collège Elsa-Triolet a été menacée avec un pistolet à billes par un élève de 15 ans, extérieur à l’établissement.
Dans les médias, les journalistes évoquent la violence à l’école, mais ces faits sont surtout les révélateurs d’une violence sociale endémique dans les quartiers populaires de Saint-Denis. La dégradation du niveau de vie des classes populaires s’est accompagnée d’une dégradation des services publics. Ainsi, l’antenne de la Banque de France pour les surendettés a fermé, la poste, le service de la CAF ou celui des impôts sont complètement saturés. La CAF ferme souvent ses portes pour traiter les dossiers en retard.
Avec la fin des contrats aidés et faute de subventions, de nombreuses associations de quartier ont diminué leurs activités ou ont fermé leurs portes. Touchées également par une baisse des subventions, les associations sportives ont dû également réduire leurs activités. Et elles sont indispensables pour recréer le lien entre les jeunes des différents quartiers.
Pire, les services qui s’adressent spécifiquement à la jeunesse connaissent une pénurie de personnel et de moyens. Il faut aujourd’hui un an d’attente pour une prise en charge dans un centre médico-psychologique. Pour qu’un enfant de trois ans soit pris en charge, après avoir été signalé à l’Aide sociale à l’enfance, il faut attendre parfois deux ans ! Dans ces conditions, les assistants sociaux, déjà en sous-effectif, ne savent souvent plus vers qui se tourner. Quant à la santé, c’est aussi le désert. Cette ville jeune de 110 000 habitants n’a qu’un médecin scolaire. Il faut attendre parfois plus d’un an pour avoir un rendez-vous avec un orthophoniste. Tout cela aggrave bien sûr l’échec scolaire et le sentiment d’exclusion d’une partie de la jeunesse.
À cela s’ajoute le chômage, qui touche de plein fouet les jeunes les moins diplômés. Et il n’est pas étonnant que, dans ces conditions, le commerce de la drogue y soit florissant : en quelques années, le nombre de points de deal s’est multiplié dans la ville, avec pour corollaire la présence d’armes en tout genre et l’aggravation de la violence.
Alors, l’école que d’aucuns voudraient « sanctuariser », devient la caisse de résonance de cette dégradation sociale. Il est évident que le problème dépasse largement celui des moyens alloués à l’éducation. Mais ce service public, comme les autres, subit aussi depuis plusieurs années des suppressions de postes. Depuis 2012, au collège Elsa-Triolet par exemple, les effectifs ont augmenté de 100 élèves alors que les heures d’enseignement ont diminué de 10 %. Et la loi Blanquer prévoit encore de supprimer des postes.
Parents d’élèves et enseignants mesurent bien qu’il faut se battre à un tout autre niveau que celui de l’école : c’est pourquoi l’idée d’un plan d’urgence pour la Seine-Saint-Denis est de plus en plus reprise dans les manifestations.

                                               Aline URBAIN (Lutte ouvrière n°2646)

Temps de travail : la réduction de la journée de travail, plus que jamais à l’ordre du jour


La réduction de la journée de travail : un combat

Manifestation pour les "huit heures"
Le 17 avril 1919, l'Assemblée nationale en France votait la loi sur la journée de travail de huit heures. Cette revendication était portée par les grèves et les manifestations de la classe ouvrière dans le monde entier depuis la fin du 19è siècle. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, au moment où les travailleurs avaient pris le pouvoir en Russie, la peur de la contagion révolutionnaire avait contraint les représentants des intérêts de la bourgeoisie française à faire un geste pour endiguer la vague révolutionnaire qui se développait.
       Aujourd'hui Macron évoquerait la nécessité de travailler plus, alors que, selon l'Insee, la semaine de travail reste en réalité, en moyenne, de 39 heures, soit plus que les 35 heures légales. Le centenaire de la journée de huit heures rappelle que ce que la classe ouvrière parvient à conquérir, elle l'arrache par ses combats.

Argenteuil d’hier et d’aujourd’hui : la marque pérenne de paysages conservés


Des paysages à défendre coûte que coûte

 


Répondant à un contributeur de l’enquête publique sur « L’île Héloïse » pour qui « Depuis longtemps, les paysages chers à Monet ont été anéantis par un urbanisme sauvage… », le  conseiller municipal d’opposition Frédéric Lefebvre-Naré évoque « Une étudiante en fin d’études d’architecture(qui) a consacré son mémoire de fin d’études à ces mêmes paysages (les paysages d’Argenteuil illustrés par les peintres impressionnistes. DM), il y a quelques mois, elle découvrait Argenteuil à cette occasion, attirée par les tableaux de Monet ; et elle conclut exactement l’inverse : « le travail de collecte de peintures impressionnistes et la confrontation avec le paysage actuel m’a permis d’y voir un potentiel incroyable oublié par les habitants. Ces peintures m’ont donné envie de rendre à Argenteuil la grandeur des paysages peints par les impressionnistes, des berges de Seine. De retourner la ville vers le fleuve, mettre en valeur ce paysage, introduire en ville des éléments de nature, l’eau, les berges de fleuve jardinées ; de retrouver les fonctions anciennes des centres bourgs, d’échanges et d’animation, en donnant de la place à chacune des envies des usagers. Dans de nombreuses villes, la tendance est de renouer le lien avec les fleuves. Ces aménagements sont souvent à l’origine du développement de la ville et participent de son identité. »
         Nous sommes totalement d’accord avec les conclusions de cette étudiante. Elles sont à la base de nos raisonnements pour la sauvegarde de l’Île Héloïse. Elles confirment que conserver ces paysages est une priorité pour la diffusion d’une image positive d’Argenteuil. DM

samedi 20 avril 2019

Nathalie ARTHAUD interrogée par Médiapart

Temps de travail : Macron et la rengaine patronale


L’usure du travail en hausse

 
Affiche de Mai 68

Selon les fuites orchestrées sur le contenu des annonces de Macron, opportunément reportées après l'incendie de Notre-Dame, celui-ci évoquerait "la nécessité de travailler davantage". C'est une rengaine répétée en boucle par tous les porte-parole patronaux. Mais c'est une incohérence, car les plans de licenciements se multiplient et plus de six millions de personnes sont inscrites à pôle emploi. Ceux qui sont au chômage n'arrivent pas à retrouver un emploi et ceux qui en ont un se détruisent la santé en travaillant plus et plus longtemps. Absurde donc !
Il faut imposer la répartition du travail entre tous, sans perte de salaires.