jeudi 23 août 2018

Parcoursup : le ministre Vidal, partisan de la méthode Coué. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n° 2612 à paraître


Parcoursup : les ratés de la machine à sélection

Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, a étalé sa satisfaction devant les caméras, prétendant contre toute vraisemblance que le dispositif Parcoursup, permettant de trier les vœux des futurs bacheliers pour leur entrée à l’université, était un succès. À quelques semaines de la rentrée universitaire, 66 661 bacheliers n’ont toujours pas d’affectation et ne savent pas où ils vont se retrouver à la rentrée. Une situation pire que l’an dernier, puisque 67,4 % des futurs étudiants avaient le 27 juillet 2017 accepté leur affection, contre 59,2 % aujourd’hui.
Frédérique Vidal prétend pourtant, aujourd’hui encore, que personne ne restera sur la touche et que tous trouveront une place. En tout cas, il est plus qu’improbable, à ce stade, qu’ils obtiendront la filière qu’ils désirent. Et surtout, pour nombre de bacheliers, cela peut poser des problèmes insurmontables. Si une place se libère à Marseille, alors qu’on habite Paris, comment obtenir un logement universitaire à un mois de la rentrée ? Et ce n’est pas l’aide à la mobilité géographique mise en place par le gouvernement, d’un montant de 1 000 euros maximum, qui permettra aux étudiants de faire face aux frais entraînés par de tels déplacements.
La ministre sait pertinemment que les places manquent dans les universités pour accueillir tous les étudiants. 22 000 places supplémentaires ont été programmées, sans être d’ailleurs vraiment budgétées, alors qu’on attend 40 000 étudiants supplémentaires. Alors, comme ses prédécesseurs, la ministre accroît la sélection.

                                       Aline URBAIN (Lutte ouvrière n°2612)
On peut toujours aller se renseigner là, mais sans illusion

Ministre de la culture ? Ni celle de la raison ni du progrès


Prise les doigts non sur un livre, mais dans le pot de confiture

 La ministre dite de la « culture » a des ennuis avec le fisc et avec la loi. Apparemment, cela lui arrive régulièrement d’agrandir ses biens sans en informer qui de droit ou de demander les autorisations préalables. Cela s’est produit par exemple à propos de l’hôtel particulier qu’elle possède dans le quartier Saint-Germain à Paris, excusez du peu !
         Cette dame doit apparemment avoir les mêmes problèmes avec la culture, adepte qu’elle est d’un courant qui récuse le modernisme et le rationalisme, mais qui fraye bien en revanche avec le monde des affaires.
Sur ces sujets, un de nos lecteurs nous a conseillé un article du Monde diplomatique de juillet qui aborde la question de « l’anthroposophie », un mouvement qui participe à tout le mouvement antirationaliste en vogue et qui compte la locataire du faubourg Saint-germain en question parmi ses affiliés.

mercredi 22 août 2018

Dividendes en hausse : le produit de l’exploitation du monde


Toujours plus

 

 


Dans le monde, les dividendes versés par les grandes entreprises à leurs actionnaires ont battu des records : près de 500 milliards de dollars pour le second trimestre 2018. Ils sont en hausse de près de 13 % en un an ! Rien qu’en France, les grandes entreprises ont versé près de 51 milliards de dollars de dividende.
Les capitalistes pompent ces sommes colossales sur le dos des travailleurs du monde entier  par une exploitation accrue. Pour le monde du travail et les classes populaires en général, cela se traduit par des conditions de travail de plus en plus dures, le chômage et un niveau de vie qui dégringole.
Les riches peuvent se gaver, cela n’empêche pas  la crise de leur économie qui ne cesse de s’aggraver. Ils peuvent continuer à boire du champagne pendant que le navire coule, mais pour les travailleurs, il est vital de se préparer à remettre en cause leur emprise  sur la direction de l’économie !

Orange pollueur, mais pas payeur


Les amendes, ce n’est pas pour nous

 
Oui, par ici la monnaie !

Orange Cameroun aurait dû s'acquitter d'une amende de 5 millions d'euros, auprès du Cameroun, pour dégradation du sol et altération de la qualité de l'air … depuis 2014.
Depuis, Orange n'a rien payé et continue de polluer. En plus de voir ses ressources pillées par des multinationales comme Orange, la population camerounaise doit encore être atteinte dans sa santé par l’activité de ces multinationales.
Orange se vante de son engagement environnemental. Au Cameroun, son empreinte  environnementale a laissé des traces …pas très glorieuses.

Logement, l’incendie d’Aubervilliers, il faut « un toit, un droit pour tous »


Logements de misère

 
                                                                                                   Untoitundroit 35

En fin d'après-midi dimanche 19 août, un incendie a ravagé un petit immeuble à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis, faisant 23 blessés, dont 5 enfants et 2 adultes gravement. Même si les causes de l'incendie sont encore mal connues, il est évident que ce drame est lié à la misère. Il s'agit d'un quartier délabré avec des logements vétustes où sévissent des marchands de sommeil et où s'entassent des familles nombreuses.
Comme dans beaucoup de quartiers populaires de la banlieue parisienne, c'est une nouvelle fois le manque de logements décents à des prix accessibles qui est posé.

Argenteuil : municipalité totalement en vacances


« lo argenteuil » même en été !

 
Sur le site e la Ville le 21.8. Ils pourraient au moins raconter leurs vacances !

A Argenteuil, il y a ceux qui ont pu partir en vacances dont nous sommes, et les autres qui sont restés, pour certains parce qu’ils prennent leurs vacances durant une autre période, pour d’autres parce qu’ils partent une année sur deux, et d’autres encore parce qu’ils n’ont pas les moyens de prendre l’air même à des prix abordables.
         Pas super de rester à Argenteuil-plage sans plage, et d’autant plus lorsqu’il fait très chaud comme cela a été le cas.
         C’est là que les colonies de vacances manquent en particulier pour les jeunes, mais pas seulement pour eux. Une piscine trop petite pour une ville de 105 000 habitants. Des services publics utiles à la population de plus en plus réduits l’été. Et ne parlons pas des animations offertes par la Ville à ceux qui ne partent pas.
         La municipalité se targue ces dernières années d’utiliser les moyens modernes de communication, via par exemple le site internet de la Ville. Mais, en ce mois d’août, il est à l’image de l’activité municipale en direction de ceux qui ne sont pas partis en vacances. Un site qui n’a rien à dire parce que la municipalité, elle, est en vacances, et n’a rien à dire, car tout la vacuité du mois d’août pour ceux qui restent à Argenteuil n’est pas une véritable préoccupation pour elle. Hier encore 21 août,  ce site nous "apprenait" que les services de la préfecture et de la sous-préfecture étaient fermés le 15… août. Si la municipalité se creusait, elle pourrait travailler cette information en août, proposer par exemple une rétrospective de l’année sur ce site, elle pourrait faire parler les habitants, les associations, et bien d'autres choses, non ? Cela est vrai pour www.argenteuil comme pour ce qu'elle propose au niveau des animations sur la Ville durant cette période. 
         C’est pour cela, à un tout autre niveau bien sûr, que nous avons poursuivi notre blog « lo argenteuil » chaque jour de ces mois de juillet et d’août. Histoire de rester en contact non seulement avec nos amis d’Argenteuil mais avec tous ceux qui nous lisent, et pour leur dire que nous continuions à penser à eux. DM

Argenteuil, Alternatiba et Colibris : des « décroissants »


La croissance, mais la seule nécessaire, décidée collectivement, et surtout débarrassée du capitalisme 

 



Le courant d’Alternatiba et des Colibris relève d’une mouvance plus vaste, celle des « décroissants ». En juin 2009, le numéro 121 de notre revue Lutte de classe abordait la question de la « décroissance » sous le titre : « La décroissance, un point de vue parfaitement réactionnaire ». les deux derniers paragraphes de cet article étaient les suivants :
 « …
Avec les décroissants, les capitalistes n'ont pas de souci à se faire. Bien au contraire : si, ce qui est fort peu probable, les idées décroissantes dépassaient le cercle fermé de la petite bourgeoisie écologiste, ce serait une bénédiction pour les capitalistes : ils auraient face à eux des travailleurs qui non seulement accepteraient leur sort, mais seraient tout joyeux de voir leur pouvoir d'achat se dégrader, au nom du retour à la simplicité. Des habitants des bidonvilles qui ne feraient plus d'émeutes de la faim, mais qui remercieraient leurs exploiteurs de n'avoir ni écoles, ni hôpitaux, ni médicaments, ni confort. Nous sommes bien convaincus que cela n'arrivera jamais - car il faut avoir le ventre plein pour prôner de telles idées. Mais quand, comme l'a fait un Gandhi par exemple (une autre idole des décroissants), on prône la résignation aux pauvres en leur disant que leur misère est une richesse, et qu'on arrive à les convaincre, les peuples n'ont à y gagner qu'un accroissement de cette misère.
Les décroissants veulent faire croire qu'il n'y a pas d'autre alternative pour l'humanité que de se noyer dans la graisse de la surproduction capitaliste d'un côté ou de rejeter tout progrès en acceptant, voire en se réjouissant, de sa misère. C'est au mieux une stupidité, au pire, un mensonge. Il existe une autre alternative - seule capable non seulement de résoudre les problèmes de pauvreté mais aussi ceux de la destruction de l'environnement par un capitalisme irresponsable et criminel : une révolution sociale, et l'instauration d'une société dirigée et contrôlée par la population elle-même : le communisme. »
         Mais le mieux est bien sûr de lire l’article in extenso sur : 

https://mensuel.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-actuelle-1993/article/la-decroissance-un-point-de-vue

mardi 21 août 2018

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce lundi 20 août 2018 : « Catastrophe de Gênes : la logique du profit à l'œuvre »


Catastrophe de Gênes : la logique du profit à l'oeuvre

 


                                                                                          Photo de Salvatore1991

L’effondrement d’un pont à Gênes, en Italie, a tué des dizaines de personnes et a privé de leur logement les centaines de riverains qui ont dû être évacués du jour au lendemain. Et pourtant, cette catastrophe avait été plus qu’annoncée. Plusieurs rapports avaient fait état de la fragilité de ce pont, l’un d’entre eux avait même évoqué la nécessité de le remplacer complètement. Mais la société privée exploitante de l’autoroute passant sur ce pont et qui, à ce titre, avait la charge de son entretien, avait d’autres priorités.
Privatisée il y a vingt ans, elle est contrôlée par un groupe financier appartenant à la famille Benetton qui a consacré ces dernières années des centaines de millions d’euros au rachat de sociétés autoroutières dans toute l’Europe et dans le monde, d’aéroports comme celui de Nice… Pour les dirigeants de cette multinationale, assurer la sécurité des millions de personnes empruntant quotidiennement le pont de Gênes était moins important que de garantir à une poignée actionnaires les profits qu’ils attendaient !
De leur côté, les pouvoirs publics n’ont rien fait pour obliger cette société privée à faire face à ses obligations. Pire, depuis des années, tous les gouvernements italiens n’ont cessé eux-mêmes de réduire les budgets consacrés à l’entretien des routes et des ponts du pays.
La catastrophe survenue à Gênes illustre à quelles conséquences dramatiques conduit le parasitisme des groupes capitalistes. L’État réduit la part du budget consacré à ce qui est utile à la population, des services publics aux infrastructures, pour consacrer l’argent public à payer des intérêts faramineux à la finance. Loin d’être spécifique à l’Italie, cette situation est la même dans tous les pays les plus développés, en Europe comme aux Etats-Unis.
Ici même, en France, d’après un rapport rendu public le mois dernier, un tiers des 12 000 ponts du réseau géré par l’État nécessite des réparations et plus de 800 d’entre eux sont menacés à terme d’effondrement. Comme en Italie, après avoir financé la construction des autoroutes, l’État les a privatisées pour le plus grand profit de groupes comme Vinci ou Bouygues qui peuvent se contenter d’empocher des péages en continuelle augmentation.
Au-delà des routes, ce sont l’ensemble des services publics, qui, en France comme dans tous les autres pays riches, ont subi le même sort. L’État a diminué ses dépenses dans la santé, l’éducation, les transports ou le logement, privatisé les activités les plus rentables. Il permet aux requins de la finance de prélever, par le biais de l’endettement, une part de plus en plus importante des financements qui devraient être consacrés à soigner ou à loger des gens.
Si, aujourd’hui, des patients doivent attendre sur des brancards dans les couloirs des Urgences faute de lits, si, dans les hôpitaux et les écoles, on manque de personnel, de locaux et de matériel, si des millions de personnes ne peuvent se loger correctement, c’est la conséquence de cette politique menée par tous les gouvernements, hier avec Sarkozy et Hollande, aujourd’hui avec Macron, pour satisfaire les exigences de profit de la bourgeoisie.
L’économie est dominée par une minorité de capitalistes préoccupés exclusivement d’augmenter leurs gains le plus rapidement possible, et, avec la crise de leur système, cela se fait en spéculant sur les actions, les monnaies ou le blé, à coups de rachats d’entreprises suivis le plus souvent par des licenciements et toujours par l’aggravation de l’exploitation. Cela permet à une minorité de riches privilégiés, les Benetton en Italie, les Arnault, Mulliez ou Bouygues en France, de prospérer comme jamais, mais leur enrichissement se fait aux dépens de toute la société.
Le capitalisme en crise engendre un chaos de plus en plus destructeur : explosion du chômage et de la pauvreté, délabrement des services publics rongés par la logique du profit individuel ; dans bien des pays pauvres, au sous-développement s’ajoutent les ravages des guerres alimentées par la concurrence que se mènent les groupes industriels et financiers.
Un autre avenir est possible. À la condition que les millions de femmes et d’hommes qui constituent la classe des travailleurs se donnent les moyens par leurs luttes et leur organisation de renverser la domination des capitalistes afin de pouvoir mettre l’économie au service de l’intérêt général. Il en va de l’avenir des travailleurs et de l’ensemble de la société.