vendredi 13 avril 2018

Tarnac, relaxe des prévenus, police menteuse, justice piteuse, et un épilogue évident que l’on attendait


Un coup lamentable



Les prévenus dans cette piteuse affaire viennent d’être relaxés. Une satisfaction pour tous ceux qui connaissaient la réalité dès le début d’une ténébreuse affaire montée de toute part. Ci-dessous, un article de Lutte ouvrière du 14 mars dernier.

Procès de Tarnac : police menteuse, justice piteuse 

Le procès dit de Tarnac vient de s’ouvrir, près de dix ans après les faits.

En novembre 2008, le gouvernement, en l’occurrence la ministre de l’Intérieur du président Sarkozy, Michèle Alliot-Marie, annonçait à son de trompe une grande victoire contre un complot terroriste. Une armada de gendarmes, une flotte de cars de police, une nuée de semelles à clous avaient fondu sur une petite ferme de la localité de Tarnac et embastillé pour des mois huit jeunes gens qui vivaient là. La presse faisait aussitôt ses gros titres de l’opération et la ministre se pavanait sur les plateaux de télévision, prétendant avoir terrassé le grand Satan. Les spécialistes policiers, les politiques et les commentateurs en tout genre défilaient alors dans les médias, vantant l’excellence des services policiers français et la nocivité de la prétendue ultragauche.
Les juges chargés d’instruire le procès ont eu, eux, beaucoup plus de mal à se dépatouiller de l’affaire, au point qu’ils ont été tentés de la classer sans suite à plusieurs reprises. Les charges ne tiennent pas, les accusations sont contradictoires et parfois mensongères, la police et les services antiterroristes semblent avoir monté l’affaire de toutes pièces. De tout ce vacarme, il ne resterait aujourd’hui que des fers à béton mettant hors service des caténaires de la SNCF. Si le fait est avéré, la culpabilité des huit de Tarnac est loin d’être prouvée.
Mais voilà, l’État ne peut pas admettre avoir emprisonné pour rien huit personnes et leur avoir pourri la vie pendant dix ans. Des ministres ne peuvent pas venir avouer qu’ils se sont monté le bourrichon et ont menti au public en toute connaissance de cause. Alors, la procédure judiciaire a suivi son cours.
Le comportement des ministres de Sarkozy, montant un coup lamentable pour se faire valoir ou pour déstabiliser la concurrence, est pitoyable. Mais le fait qu’ils puissent, pour leurs combats de pieds nickelés, mettre l’État à leur service est révélateur, comme l’est l’aveuglement volontaire de la machine étatique qui, une fois lancée, va jusqu’au bout de l’absurdité.

                                             Paul GALOIS, 14 mars 2018

Arabie Saoudite, visite princière et gros contrats


Joli Total


La visite du prince héritier saoudien à Paris ces derniers jours s'est conclue par d'importants contrats commerciaux à hauteur de 18 milliards de dollars. Parmi les grands gagnants de ce marché, on trouve sans surprise Total, qui voit grimper ses parts dans la plus grosse raffinerie, du pays ou encore Veolia, qui s'occupera du traitement des eaux usées industrielles.
A aucun moment Macron n'a évoqué avec le prince héritier de cette monarchie dictatoriale le sort de l'opposition réprimée, celui des femmes dont les droits sont toujours inexistants et celui de la population du Yémen où l'Arabie Saoudite mène une guerre sanglante et criminelle depuis plusieurs années...Toutes choses qui auraient nui au bon climat commercial.

Argenteuil, Echos des cloches et des nids-de-poule


Pas très catholique

 
Prennent-ils les habitants pour des cloches ?

Nombre d’habitants du centre, et particulièrement du quartier de la basilique n’en peuvent plus d’entendre les cloches de cette dernière sonner à la volée à qui mieux mieux.
         Mais qu’est-ce qui a pris au curé de cette paroisse pour s’approprier largement un espace sonore dont il n’est pourtant pas le seul bénéficiaire ?
         Faudra-t-il bientôt aller lui sonner les cloches pour qu’il cesse ce divin boucan ?

De toute urgence

La municipalité a bien voté lors du dernier conseil municipal une enveloppe substantielle supplémentaire pour réparer une voirie en piteuse état que les conditions climatiques de ces derniers mois n’ont pas arrangé.
         Nous supposons que les membres de l’assemblée locale utilisent les mêmes voies que nous. Il en est de grande circulation où des travaux sont à exécuter de toute urgence : place Pierre Sémard, par exemple près de la gare, rue Victor Puiseux, devant le collège Carnot, rue du Paradis, avenue jean-Jaurès, ou encore à l’entrée de la RD 311 près du parc des Berges, où des nids-de-poule importants guettent les véhicules. En tout cas, nous sommes allés aujourd'hui à Enghien, là, rien de cela.
         Les combler et d’autres du même genre est une priorité, si tant est que la municipalité s’intéresse vraiment au sujet. Bien évidemment avec les effectifs nécessaires pour le faire.

Brésil, Lula en Prison. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière


Sur un mur de Brasilia


Brésil : contre Lula, la rancune de la bourgeoisie

La Cour suprême brésilienne a tranché jeudi 5 avril, par six voix contre cinq : Lula doit aller en prison. Après quelques politiciens, grands patrons et hauts cadres, l’ex-président tombe victime du scandale Petrobras.
La raison de sa condamnation n’est pas uniquement judiciaire. Lula est visé par une dizaine d’enquêtes, mais les juges n’ont pas trouvé grand-chose de concret contre lui. Pourtant ils l’ont condamné à douze ans de prison parce que l’un d’entre eux a estimé qu’un appartement triplex que la société du BTP OAS possède sur la plage de Guaruja, près de Sao Paulo, et qu’elle a rénové pour un million d’euros, lui était en réalité destiné, pour récompenser ses interventions dans des marchés passés par Petrobras, la société pétrolière nationale. Pourtant Lula n’est pas propriétaire de cet appartement et ne l’a jamais habité.
La condamnation de Lula, dirigeant du Parti des travailleurs, est avant tout politique. On comprend l’indignation de ses partisans qui manifestent contre son incarcération, car des dizaines de politiciens pris en flagrant délit, la main dans le sac, restent gouverneurs d’État ou continuent de siéger au Sénat ou à l’Assemblée. Ainsi Michel Temer, homme de droite qui ne doit son poste qu’au fait que Dilma Rousseff, du même bord que Lula, a été destituée de la présidence, est aussi visé par de graves accusations de corruption mais les députés ont refusé de le mettre en accusation.
Dans une autre existence, il y a quarante ans, Lula a été un ouvrier, un militant, un dirigeant de grèves qui ont ébranlé la dictature. Même s’il n’a jamais été un révolutionnaire, il a représenté pendant des années aux yeux des travailleurs brésiliens l’espoir d’un monde meilleur, où militaires et patrons ne seraient plus tout-puissants.
Plus tard à la présidence, entre 2003 et 2010, Lula a bénéficié de la bonne santé de l’économie brésilienne pour accorder aux pauvres des aides sociales un peu plus larges. Mais il a aussi déçu des électeurs de son parti, le Parti des travailleurs, qui est arrivé au pouvoir en promettant un gouvernement propre et transparent, et qui s’est conduit comme ses prédécesseurs. Lula, puis Dilma Roussef ont gouverné en alliance avec la droite.
Jamais les capitalistes du soja, du sucre, de la viande, du pétrole, des mines de fer, de la déforestation, des OGM, les grands propriétaires terriens, les banquiers n’ont autant fait de profits que pendant la présidence de Lula, de 2003 à 2010. Lui-même a été jusqu’à qualifier de héros les grands planteurs de canne à sucre, dont certains continuent à pratiquer l’esclavage.
Le Parti des travailleurs s’est usé au pouvoir. Et quand de grandes manifestations l’ont contesté à partir de 2013, la droite brésilienne y a vu l’occasion de prendre sa revanche. Dilma Roussef a été destituée en 2016 et à présent Lula est en prison. Dans la perspective de l’élection présidentielle d’octobre où il était favori, les concurrents de Lula se réjouissent de le voir écarté.
Les milieux bourgeois et réactionnaires n’ont jamais digéré qu’un homme issu du petit peuple ait pu accéder à la présidence et veulent maintenant se venger. Mais s’ils peuvent mettre Lula en prison, ils ne pourront pas mettre aussi facilement en cage les aspirations des travailleurs et des couches populaires.

                                     Vincent GELAS (Lutte ouvrière n°2593)


Ce soir vendredi 13 avril 
20 heures 30
Cercle Léon Trotsky
L’explosion sociale de mai-juin 1968
Salle de la Mutualité
Paris 5ème
                                                                                                  Entrée : 3 euros


jeudi 12 avril 2018

19 avril, en grève ! en manifestation !


19 avril : toutes les raisons de manifester ensemble

La CGT appelle à une journée de mobilisation interprofessionnelle le 19 avril 2018, une action à laquelle certains autres syndicats pourraient se rallier dans les jours à venir.  

Ce jour sera aussi un jour de grève des cheminots et le gouvernement n’a pas manqué de prétendre que les salariés n’avaient aucune raison de lier leurs mécontentements. Ainsi Édouard Philippe a déclaré qu’il a « du mal à voir la convergence entre ceux qui sont opposés à la réforme ferroviaire et les salariés d’Air France qui demandent des salaires plus élevés. Ce ne sont pas les mêmes objectifs. » De son côté, la secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique, Brune Poirson, s’est exprimée pour dire que les universités « n’ont rien à voir avec la SNCF. Qu’est-ce qui pourrait faire office de dénominateur commun ? Rien, sauf le refus du changement, l’immobilisme.»
N’en déplaise au gouvernement et aux nombreux commentateurs qui relaient cette opinion, un lien existe entre toutes ces mobilisations. Les mesures déjà prises à l’encontre des travailleurs et celles qui sont projetées répondent à la même préoccupation, réduire la masse salariale. Dans le privé, le gouvernement aide les patrons à remettre en cause le CDI, en facilitant les licenciements, en ouvrant de nouvelles possibilités de contrats précaires. Toute une propagande est menée pour opposer ceux qui détiennent une certaine sécurité de l’emploi à ceux qui sont au chômage. La possibilité de déroger à une convention collective vise à permettre aux patrons de réduire les quelques protections des salariés d’une même branche. Et puis, alors que le gouvernement bloque les salaires des fonctionnaires, les patrons refusent d’augmenter leurs salariés, quels que soient les résultats de leur entreprise.
Dans la fonction publique, sous prétexte de la transformation des tâches du fait du développement du numérique, le gouvernement annonce la disparition de 120 000 postes, la remise en cause de l’évolution du salaire et discute du périmètre de la fonction publique. Sous des termes à peine voilés, il compte avoir recours à davantage de précaires, de sous-traitance et de privatisations. Ce que Macron appelle garder le statut en introduisant de la souplesse est concrètement la volonté d’en finir avec une certaine garantie de l’emploi et avec la hausse progressive des salaires par l’ancienneté. Avec le salaire au mérite, le gouvernement cherche tout simplement à réduire la part des salaires dans le budget.
Le plan de départs prétendument volontaires concernera en particulier ceux dont la fonction aura disparu ou été réorganisée. Tout comme ceux du privé aujourd’hui, ces salariés auront une épée de Damoclès au-dessus de la tête ; ils devront partir, subir un éloignement géographique ou des conditions de travail dégradées. Il y a déjà plus d’un million de précaires dans les trois secteurs de la fonction publique. Le gouvernement affirme son intention d’augmenter encore leur nombre et enlève tout espoir de plan de titularisation pour ceux qui travaillent déjà depuis des années pour des salaires moindres avec la crainte de voir leur contrat non renouvelé.
Le lien entre privé et public a été fait à plusieurs reprises par Macron lui-même dans son argumentation. Par exemple, le 1er février, il justifiait la nécessité de transformer l’État afin qu’il puisse « se réorganiser au plus vite, comme le font les entreprises », ajoutant : « Sinon, vous gérez tout par le statut, y compris l’impossibilité de bouger. »
Quant aux réformes de l’université, quel est leur but réel sinon d’éviter d’augmenter le nombre de salles, de professeurs, d’administratifs tout en prétendant être au service des étudiants ?
Le 19 avril, les grévistes et manifestants n’auront pas une même revendication, mais ils s’opposeront ensemble aux objectifs du patronat, augmenter l’exploitation d’où il tire ses profits, et de l’État, faire payer aux salariés le pillage du budget en faveur des entreprises et des plus riches.

                                                 Inès Rabah (Lutte ouvrière n°2593)

Services publics utiles à la population : les défendre c’est aussi défendre la condition des travailleurs de la fonction publique


Fonction publique : faire reculer l’État-patron 

Le 22 mars a été une journée de mobilisation réussie au sein de la fonction publique. Des hospitaliers, des enseignants, des territoriaux se sont retrouvés côte à côte avec des cheminots mais aussi des salariés du privé. Les syndicats de fonctionnaires appellent à une nouvelle journée d’action le 22 mai.
Au fur et à mesure des réformes imposées par les gouvernements successifs, non seulement les conditions de travail des salariés du public se sont dégradées, mais il est de plus en plus difficile pour les usagers, et en particulier les plus pauvres, de se faire soigner, de trouver des interlocuteurs pour un problème concernant les impôts, la retraite, d’être sûrs que les enfants puissent suivre une scolarité dans de bonnes conditions. Le plan actuel du gouvernement, Action publique 2022, dont l’ambition est d’économiser 4,5 milliards chaque année à partir de 2022, ne risque pas d’arranger les conditions de travail des salariés, ni l’accès de la population aux services publics.
À la suite de la journée d’action à laquelle appelaient quasiment tous les syndicats de la fonction publique et qui a été bien suivie dans tout le pays, le gouvernement a tout juste fourni un calendrier de discussions.
Alors, dès le 19 avril, les salariés de la fonction publique auront tout intérêt à profiter de cette nouvelle journée d’action pour faire entendre leurs exigences.

                                                        I. R. (Lutte ouvrière n°2593)

Le 22 mars à Mars...eille

Notre-Dame-des-Landes : une brutale démonstration de force par l’envoi de 2500 CRS


Le gouvernement gonfle les muscles


Le gouvernement a envoyé 2 500 CRS et gendarmes pour faire évacuer 300 à 400 occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Les pelleteuses, précédées de blindés, ont détruit de nombreux bâtiments afin, d'après la préfète de Loire-Atlantique, de « rétablir le droit de propriété » et de rendre la zone à des projets agricoles. Quel ordre !
Pour le gouvernement, c'est avant tout une brutale démonstration de force, un cinéma pour faire une démonstration d’autorité en pleine grève des cheminots. Cela n’empêchera pas la colère populaire de croître et de prendre corps dans les luttes en cours et à venir.

Argenteuil, l'affaire Héloïse Jean Vilar


Entrée dans le dur du problème


La municipalité prévoit de « suspendre » l’utilisation de la salle des fête communale Jean Vilar fin juin prochain. Une tente-salle provisoire est en train de finir d’être installée, dans le parc Maurice-Audin du Val-Nord, au bord de la route de Cormeilles.
         Le maire d’Argenteuil grand spécialiste des rodomontades et de la méthode Coué s'il en est vient de déclarer au Parisien-95 : « Elle sera à bien des égards plus fonctionnelle que Jean Vilar et permettra à l’ensemble des spectacles, manifestations culturelles et associatives de se tenir à l’identique », en s’en auto-félicitant.
         Les utilisateurs habituels du complexe Jean Vilar sont invités en soirée le mercredi 2 mai prochain à venir de visu voir ce qu’il en sera et de ces « à bien des égards plus fonctionnelle » qu’on leur susurre. Ils doivent venir en grand nombre.
         Quant à la salle Jean Vilar dont l’avenir dépend du « projet Héloïse » qui lui, est très, très, très loin d’être réalisé, elle doit rester intacte dans tous les cas. Pas question qu’elle disparaisse après fin juin dans les gravats comme un point de non-retour…  même si le "projet Héloïse" finissait par ne pas se faire !