jeudi 9 juin 2016

Loi travail, temps de travail à la SNCF : retrait, retrait, retrait !


Intox et méthode Coué

 

Espérant arrêter les grèves en cours contre la loi Travail à la veille de l'Euro de football, gouvernement et médias alternent intox et méthode Coué. Ils prétendent que le projet d'accord sur le temps de travail proposé par la SNCF « maintient les droits des cheminots » et représenterait une concession importante. C'est un grossier mensonge car cet accord prévoit de multiples dérogations et peut être contesté à tout moment par la direction de la SNCF. C'est ce qu'ont bien compris les cheminots qui ont voté la poursuite de la grève !

Comme des dizaines de milliers d'autres travailleurs en grève, reconductible ou ponctuelle, dans les raffineries, chez les éboueurs, les déchetteries, dans les aéroports ou chez EDF, les cheminots réclament le retrait de la loi Travail. Et tous préparent la manifestation nationale à Paris le 14 juin.

Si le gouvernement ne veut pas gâcher l'Euro, la balle est dans son camp !
 
Roissy, mardi
 

En grève, dans la rue, rejoignons les grévistes et les manifestants
 
Mardi 14 juin
Place d’Italie
A 13 heures
 
De nombreux cars sont organisés. Déjà deux cars sont prévus sur Argenteuil. Il faut réserver. Une participation sera demandée. Départ à 11 heures 45. Devant le complexe Jean Vilar. Pour l'inscription, on peut joindre l'UL-CGT d'Argenteuil.
 

Argenteuil : entre Feydau et Courteline. L'avenir du complexe Jean Vilar


Fadaises

 
Nous avons régulièrement évoqué ici le fait que la municipalité soit capable de dire tout et son contraire. Elle est même capable de le faire à quelques pages d’intervalle.

         Dans le dernier numéro de l’Argenteuillais, elle termine sa tribune par l’envolée suivante : « Impliquer les argenteuillais dans la vie politique de la cité est avant tout un moyen de sensibiliser chacun à la gestion de la commune et permettre de jouer un rôle dans la collectivité.

         C’est aussi offrir, à tous, la possibilité de peser dans la décision politique et ainsi faire de nous des citoyens responsables. C’est, enfin, le meilleur moyen de vivre ensemble ».

         Cette définition de la démocratie locale, comme c’est joli !

         Le hic est que, deux pages avant, elle se contredit de façon magistrale :  « En parallèle, Jean-François Ploteau veille à ce que chaque projet intègre une réflexion liée au développement durable (…). Dernier en  date : la définition du futur pôle de loisirs qui remplacera l’espace Jean Vilar. ». C’est du conseiller municipal au développement durable dont il s’agit.

         Parce que le projet Jean Vilar est acté ? Parce qu’une concertation intégrant les associations et les habitants a eu lieu ?

         Nenni. Mais qu’importe puisque vous répéter à l’infini : « démocratie locale », « démocratie locale », etc.

         Les habitants et les associations n’ont qu’un moyen de savoir ce qu’il en est et de se faire entendre : se mobiliser.

Fan zone : bon job pour récupérer l'Euro


Pour combien d’Euro(s) par mois ?

 
Pour l’euro, des « fan zone » ont été installées dans plusieurs villes. Celle de Paris l'a été au pied de la Tour Eiffel sur le Champ de mars. On attend dans ce camp retranché près de 90 000 personnes.

         Le nom du « chef de projet » chargé de cette zone dira peut-être quelque chose à Argenteuil, au moins aux travailleurs territoriaux de la mairie. Il a été durant plusieurs années un des hauts cadres de l’administration municipale après 2008. Responsable en particulier du secteur de la jeunesse, il n’a pas laissé le souvenir de lumières particulières.

         Le monsieur a donc poursuivi sa route, occupant aujourd’hui un poste qui n’a pas dû lui prendre beaucoup de temps.

         On appelle pantouflage le mouvement de fonctionnaires se dirigeant vers les entreprises privées. L’Euro c’est un peu cela. Dans le pantouflage du genre de ce monsieur, les pantoufles ont des crampons et s’appelle des chaussures de foot.
 
Un lecteur vient de me signaler que ce « chef de projet » avait été embauché par la Ville de Paris. Il ne s’agit donc pas à proprement parler de pantouflage, direct en tout cas. Car tout de même toute cette affaire soi-disant sportive est une affaire d’abord de gros sous où les entreprises utilisent le sport comme faire-valoir de leurs propres intérêts.



      
 

mercredi 8 juin 2016

Loi travail et médias : désinformation. un exemple dans la région lyonnaise



Raffinerie de Feyzin et cheminots
Toujours en grève !

     Chaque jour, un nouveau média nous annonce la reprise du travail à la raffinerie de Feyzin : lundi c’était France Inter, alors que les grévistes ne s’étaient encore même pas réunis pour décider de la suite, mardi soir c’était le journal régional de France 3 etc…
     Tous se sont précipités pour relayer la campagne de désinformation de la direction. Cette dernière a organisé un vote auprès de « l’ensemble du personnel », c’est-à-dire auprès des cadres et non-grévistes qui, évidemment, ont voté pour la reprise du travail. Et la direction a annoncé qu’elle organisait la remise en route de la raffinerie. Mais les ouvriers postés grévistes, qui sont les seuls à pouvoir faire fonctionner la raffinerie, eux, n’ont pas participé à ce vote. Et lundi, en assemblée générale, ils ont voté la poursuite de la grève jusqu’à vendredi !
     Quant aux cheminots, on nous répète à longueur d’antenne qu’ils ne perdront rien avec le nouvel accord et que la poursuite de la grève est incompréhensible et on nous ressasse les déclarations de Valls et Hollande. Mais les cheminots, qui savent lire, voient bien qu’ils ont beaucoup à perdre avec ce nouvel accord, qui de plus pourrait être remis en cause à tout moment si la loi El Khomry passait. Ils ne veulent pas accepter de voir leurs conditions de travail définitivement dégradées en reprenant le travail sous prétexte qu’il va y avoir des matchs de foot. Alors mardi, dans les assemblées générales, ils ont reconduit la grève.

Migrants à Bezons : nos frères de classe


Le gymnase Pierre de Coubertin accueille cent réfugiés.

 

Au gymnase Pierre de Coubertin à Bezons, une centaine de migrants viennent d’arriver. Cette solution devrait être provisoire et soi-disant ne durer qu’un mois. C’est vrai qu’il doit y avoir d’autres solutions bien meilleures pour ces gens qui ont fui le Soudan, l’Éthiopie ou l’Afghanistan. Ils ont fui la guerre, les régimes d’oppression ou simplement la misère, dont les pays occidentaux et en particulier la France sont largement responsables. Évidemment l'occupation de ce gymnase pose bien des problèmes, en particulier aux jeunes qui ne peuvent plus l'utiliser comme ils en avaient l'habitude. Mais tout le monde a bien conscience que la situation des réfugiés est plus que difficile. Et les réactions de mauvaise humeur ont laissé la place à des réactions de solidarité élémentaires de la part de voisins. Un tel proposant de faire à manger, un autre d'apporter des vêtements ou des jeux. Bref les réactions de solidarité s'organisent. C'est la croix rouge qui va gérer cet hébergement. C’est la moindre des choses que la ville et ses habitants ne laissent pas périr ces hommes dans l’indifférence. Ce sont les réflexes de solidarité qui l'emportent dans cette ville ouvrière. C'est toute l'histoire de notre ville qui est marquée par cette solidarité avec les réfugiés qui fuyaient l'Espagne de Franco ou le Portugal de Salazar ou ceux qui fuyaient la répression de l’État colonial pendant la guerre d'Algérie. Les migrants sont nos frères en humanité, nos frères de classe.

                                                                  Blog « lo Bezons »
 
Est-ce ainsi qu'au XXIème siècle les hommes vivent ?
 

 

Lutte ontre la loi Travail : à Argenteuil, chez les Territoriaux, amplifier notre mobilisation


 

Nous devons nous mobiliser. L’heure est favorable !

 

Une information syndicale destinée aux travailleurs municipaux s’est tenue hier matin. Elle a rassemblé 150 agents. C’était la première depuis le début il y a trois mois de la mobilisation contre la loi Travail.

         Elle a bien sûr été l’occasion d’exprimer la souffrance que ressentent de nombreux travailleurs dans les services. C’était la première fois que des agents de l’ex-agglomération qui ont rejoint la Ville d’Argenteuil depuis le 1er janvier dernier pouvaient exprimer la façon dont ils l’ont été. Sur bien des plans, ils sont toujours dans le flou.

         Comme l’a rappelé un représentant de l’Union Locale des syndicats CGT d’Argenteuil, la période actuelle donne l’occasion aussi de poser les revendications locales. Et il n’y a pas à tergiverser. Déjà, pour tous, il faut prendre le « meilleur » de la situation des agents « Ville » et le « meilleur » des agents de l’ex-agglomération. Cela veut dire pour tous le maintien ou le retour aux 36 heures de travail hebdomadaire.

         Quant à la loi Travail, il a été rappelé que si elle vise aujourd’hui les travailleurs du privé, elle prépare également une offensive du même ordre, demain, contre les travailleurs de la fonction publique.

         Rendez-vous a été pris pour mardi 14 juin prochain. Ce jour-là, tous en grève et massivement en manifestation à Paris.

Macron dit l'hommelette


Macron contraint de marcher sur des oeufs

 

En déplacement dans un bureau de poste de Montreuil (93) pour inaugurer le lancement d'un timbre en hommage aux 80 ans du Front populaire, Macron a été accueilli comme il se doit par plusieurs centaines de manifestants.

Entre son mépris à l'égard de ceux qui n'ont pas les moyens de se payer un costard à 2 ou 3000 €, son culot de venir dans une ville populaire commémorer le Front populaire au moment où son gouvernement démolit le code du travail, et ses petites phrases pour réclamer toujours plus de liberté à l'exploitation patronale, il n'aura pas volé son shampoing aux œufs.

 
L'hommelette

Mardi 14 juin
13 heures
Manifestation à Paris
Place d’Italie

 

 

Perturbateurs endocriniens : la santé publique peut attendre. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière


Perturbateurs endocriniens : la santé publique peut attendre

 
Une enquête du journal Le Monde a récemment remis en lumière les retards accumulés par l’Union européenne dans la réglementation des perturbateurs endocriniens.

Ces substances perturbent le système hormonal et peuvent notamment avoir des effets sur la reproduction humaine ou provoquer des cancers. Certaines ont déjà été partiellement ou totalement interdites, comme le Bisphénol A en France. Mais de très nombreuses substances présentes à des niveaux variables dans des peintures et solvants, des pesticides, des plastiques, des cosmétiques, en font aussi partie.

Les effets de ces perturbateurs, auxquels on s’intéresse seulement depuis le début des années 1990, sont loin d’être encore tous bien connus. Mais les scientifiques, qui réclament la multiplication des études sur le sujet, s’accordent pour reconnaître la nocivité de certains produits. Quelques dizaines de perturbateurs ont ainsi été identifiés par des études publiques dans plusieurs pays et à l’échelle européenne comme « hautement préoccupants ». Sur cette base, la Commission européenne devait adopter en 2013 des recommandations pour une réglementation de l’usage des perturbateurs, au cas par cas, dans le cadre d’un classement en fonction de leur dangerosité selon des critères élaborés par l’Organisation mondiale de la santé.

Mais les lobbys industriels ont mené une véritable guerre contre ces critères, et sur cette base, contre toute réglementation. Et ils ont trouvé sans difficulté l’oreille de la Commission : celle-ci a retardé sa décision le temps de réaliser une « étude d’impact économique » en fonction des critères de définition retenus. Depuis trois ans, au lieu de se préoccuper de la santé des populations, la Commission évalue donc les pertes économiques éventuelles pour les trusts.

Face à une victoire si ouverte de l’industrie, certains États européens eux-mêmes ont porté plainte contre la Commission. Elle a été condamnée en décembre 2015 par la Cour européenne de justice et annonce à présent qu’elle rendra son rapport en juin 2016. On ne sait pas quels critères elle recommandera ; mais elle a en tout cas clairement montré qu’elle choisissait avant tout de ne pas perturber… les profits de l’industrie européenne.

                                   Claire DUNOIS (Lutte ouvrière n°2496)