dimanche 17 novembre 2013

L’inquiétude des préfets



 Le Figaro a publié un document qui fait état de l’inquiétude des préfets face « à la crispation, à l’exaspération et à la colère » qui régnerait dans tout le pays et qui toucherait de larges catégories sociales. Selon eux, si « la fiscalité est devenue le principal moteur de contestation », c’est « la cascade de liquidations judiciaires et de plans sociaux qui entretient un climat douloureux et un sentiment d’accablement ». Ce qui les inquiète le plus, c’est que le mécontentement s’exprime dans des « accès de colère spontanée » et pas à travers des mouvement sociaux « structurés »…
     Reste donc que les travailleurs prennent la tête d’une explosion de colère de façon très méthodique et structurée avant que la droite, l’extrême droite et les grands patrons ne le fassent.

samedi 16 novembre 2013

Elections municipales d’Argenteuil : l’occasion d’indiquer la voie à suivre pour arrêter la dégradation, à l’échelle du pays comme à l’échelle locale, de la situation des classes populaires

Affiches, interviews, sondages, le PS et l’UMP ont lancé leur campagne à Argenteuil. A en croire ces premières initiatives,  l’échelle de leur politique et de leur programme : « à la dimension locale toute ! ».
     Il est vrai que la situation générale des classes populaires et la politique gouvernementale les incitent à se cantonner à la situation argenteuillo-argenteuillaise.
     Licenciements, baisse des revenus réels, reculs des services publics d’Etat, sont le lot de la population de la commune comme ailleurs. Le patronat capitaliste continue son offensive qui se traduit par la diminution du pouvoir d’achat, la flexibilité, la hausse de l’exploitation du monde du travail. Le gouvernement accompagne cette politique lorsqu’il ne la précède pas.
      On comprend que les champions locaux du PS et de l’UMP en restent au local. D’autant qu’ils ont une responsabilité directe dans cette politique. Le chef de file argenteuillais de l’UMP comme député a été un soutien infaillible de la politique anti-ouvrière de Sarkozy. Son adversaire PS, comme député, lui, soutient sans faille aujourd’hui la politique de Hollande-Ayrault qui continue celle de Sarkozy-Fillon.
     L’offensive du patronat et cette politique gouvernementale, menées à l’échelle du pays, pèsent sur le plus grand nombre des habitants de la commune, elle dégrade leur vie et celle de leurs familles. Ensuite, les services municipaux dans le cadre des décisions des municipalités peuvent toujours agir. Et, certes, la façon dont elles interviennent n’est pas indifférente. Mais ils interviennent comme les services de santé interviennent sur le champ de bataille, pour aider, pour soigner, pour secourir, mais certainement pas pour prévenir la blessure.
     Mieux vaut prévenir que soigner. Il faut que les classes populaires reprennent le chemin de l’offensive. Il faut arrêter les licenciements et la baisse de leurs revenus qui gangrènent toute la vie sociale.

      C’est à ce niveau que Lutte Ouvrière interviendra dans ces élections municipales. D’abord poser les questions essentielles, générales, de la situation, proposer le programme nécessaire pour indiquer la voie de la guérison. Cela est la priorité des priorités, bien davantage que la qualité de l’infirmier et de ses méthodes, questions qui ne nous sont pas indifférente, bien sûr. DM

Dassault et cie : côté profits

Le ministère de la Défense, après renégociation de la loi de programmation militaire, vient de bénéficier d’une rallonge de 500 millions d’euros pour son budget 2014. En outre, 578 millions supplémentaires lui seront attribués au titre de l’année 2013 pour financer le surcoût des opérations extérieures des armées, notamment au Mali.
     Bercy, c’est-à-dire le ministère des Finances, cherche à faire des économies, mais plutôt sur les hôpitaux que sur les programmes d’armement, qui enrichiront Dassault et autres Thalès et EADS.

Dassault : côté travailleurs, une musique bien différente. Extraits du bulletin Lutte Ouvrière de cette semaine de l’usine d’Argenteuil

Trop tard

Vendredi dernier, un intérimaire travaillant à l’atelier C a eu le pouce arraché alors qu’il travaillait sur une perceuse obsolète, démunie du dispositif de sécurité adéquate. La direction déclare maintenant à qui veut bien l’entendre qu’elle va veiller à la sécurité… Une fois qu’il est trop tard
      Elle a fait apposer un panneau « machine condamnée » mais c’est surtout la main de notre camarade de travail que la direction a condamnée.

Urgence sécurité

 L’ensemble des stades d’assemblage du Rafale se concentre maintenant sur une petite partie de l’atelier C. Le désordre y favorise les accidents. La direction affirme qu’ « il ne faut pas s’inquiéter » et qu’ « il n’y en a que pour quelques mois ».
      Un accident grave vient de se produire. Faudra-t-il en attendre un autre avant que la direction ne remédie au problème ?

Ca urge pour la rallonge

Toujours dans cette partie de l’atelier C, on nous met la pression pour diminuer les temps de fabrication.
     Nous, ce qui nous intéresse, c’est diminuer les délais entre deux promotions.

Non au sous-traitement

Pour faire son beurre, Dassault sous-traite les panneaux Falcon ainsi que la casquette à la Satif. La Satif, quant à elle, entend bien y trouver l’argent du beurre. Résultat : les conditions de travail, d’hygiène et de sécurité sont déplorables. Quant au responsable Satif du secteur, il se calme les nerfs sur nous.
     C’est certainement plus facile que d’avoir le courage de demander des moyens supplémentaires à ses supérieurs.


Dassault : côté Ville, c’est pas joli. Une correspondance de Corbeil (91) extraite de l’hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine


Dassault à Corbeil-Essonnes : les méthodes d'un grand bourgeois

La mairie de Corbeil-Essonnes est de nouveau sous les feux de l'actualité. Des enquêtes judiciaires ont été diligentées pour en savoir plus sur les liens probables entre deux tentatives d'homicide commises en début d'année et le système de dons d'argent que Dassault a mis en place depuis bien longtemps pour peser sur les élections municipales.
     L'affaire a récemment rebondi, car le meurtrier présumé d'une des deux tentatives d'homicide, Younes Bounouara, dont le nom était tu par la presse jusqu'ici, est connu à Corbeil pour être l'homme de main de Dassault. Par lui, des sommes importantes auraient transité (on parle de 1,7 million d'euros), utilisées pour payer des relais dans les quartiers, visant à voter et faire voter Dassault. Ancien délinquant devenu chef d'entreprise, Bounouara a, en février dernier, tiré par trois fois sur un homme de 32 ans, « parce qu'il se sentait harcelé par un gang de voyous », a-t-il déclaré. Cette version étant peu convaincante, la justice essaie d'établir les rapports qui peuvent exister entre le système de dons d'argent institué par Dassault et le geste de Bounouara.
     Au-delà de l'issue judiciaire, cette affaire illustre le climat délétère qu'entretient l'argent de la cinquième fortune de France dans la ville populaire de Corbeil-Essonnes. Assumant l'image du puissant qui peut tout acheter, Dassault a nourri des pratiques qui ont dégradé les liens de solidarité qui pouvaient exister, au profit du clientélisme et du communautarisme. Conseils municipaux filtrés par une petite milice secondée par les polices nationale et municipale, intimidations et menaces sur les élus de l'opposition, menaces de fermeture d'usines en cas de non-réélection : la mairie Dassault a montré ce que pouvait être le pouvoir imposé par un grand bourgeois milliardaire.
     Mais l'originalité de Corbeil-Essonnes réside surtout dans le fait que Dassault a tenu à occuper lui-même la place de maire. Dans la plupart des grandes villes, la bourgeoisie dévolue cette place à un personnel politique formaté. À Corbeil, le bourgeois Dassault s'est mis en personne sur le devant de la scène.
     S'opposant au système Dassault, le créneau électoral du PS et du PC, comme celui d'une partie de la droite d'ailleurs, est de souhaiter une gestion « plus propre », en réclamant que « la République n'abandonne pas Corbeil-Essonnes » ! Pour l'heure, la république bourgeoise abandonne si peu Dassault que son Sénat, à majorité de gauche, n'a pas voté la levée de l'immunité parlementaire du milliardaire, ce qui l'aurait exposé un peu plus à la justice.

                                                                                            
                                                                                           Correspondant LO

vendredi 15 novembre 2013

Lutte Ouvrière-Argenteuil : agenda

Venez discuter demain matin avec les militants Lutte Ouvrière d'Argenteuil
samedi 16, de 10 heures 15 à 12 heures 15 :

Au carrefour PV Couturier-Gabriel Péri (nous y serons aussi de 15 à 17 heures)
Devant "chez Simply", Val Sud
Centre commercial Joliot-Curie

Il y a de quoi discuter :
l'exaspération du monde du travail
Les évènements de Bretagne et d'ailleurs
Quelles perspectives de lutte
Pourquoi une liste Lutte Ouvrière en mars prochain à Argenteuil,...


Le prochain Cercle Léon Trotsky :
     Les mouvements populaires du printemps arabe et ses répercussions      
     vendredi 22 novembre 2013 à 20h30      
     Théâtre de la Mutualité - 24, rue Saint-Victor - Paris 5e      
     Métro : Maubert-Mutualité (ligne 10)      
     Participation aux frais : 3 euros
Départ 18 heures 30 : devant le café le 2 gares, gare d'Argenteuil, 
sortie Orgemont


BANQUET – FETE des amis de Lutte Ouvrière
A ARGENTEUIL
DIMANCHE 26 JANVIER
A partir de 12 heures
Complexe Jean Vilar
Son célèbre apéro
L’intervention d’un porte-parole national du parti
Son banquet
Après-midi dansante
Espace enfants maquillage
Librairie
Stand de fabrication de badges
Stand gâteaux-champagne (payant)

A 15 heures30
Conférence scientifique
Animée par Marc Peschanski,
biologiste et neurophysiologiste, spécialiste des maladies neurodégénératives et des cellules-souches


Billets d’entrée en vente : 13 euros, demi-tarif pour les enfants de 5 à 14 ans ; auprès des militants ou en contactant par courrier ou internet D MARIETTE



Petit commerce, salariés des entreprises, tous d'une seule classe : le monde du travail

Le Mag, magazine municipal mensuel de la Ville, présente un numéro bien sympathique portant sur les "commerces de proximité", des marchés et de la ville.
          On peut, de notre point de vue, seulement regretter, qu'il mette sur le meme plan des commerces de particuliers et des commerces relevant de grandes chaines telles que Franprix, Intermarché ou Chez Paul. Nous rappelions il y a quelques jours ici le manque important de personnel dans le magasin de ce dernier groupe. La photo du Mag montrant le personnel de cette enseigne a fait sourire. On y voit de très nombreux employés, neuf pour etre précis, sans commune mesure avec la réalité quotidienne... Pour le reste, enseignes privées ou de groupe, des personnels qui travaillent dur comme les autres travailleurs des autres secteurs d'activité de la société.
        Ce "petit" commerce a un role essentiel dans la société. Là où il disparait, c'est une catastrophe sociale meme si ce n'est qu'au niveau d'un quartier. La fermeture de la Librairie des Ecoles cet été a été ressentie comme telle par les habitants du quartier Carnot, et nous aurions aimé qu'elle puisse aussi bénéficier de la sollicitude commerciale municipale.
            La situation de ce commerce de proximité fluctue avec celle des milieux populaires. Quand leur compte en banque est positif, la caisse se remplit. Quand il fait grise mine, le second d'arrete son gling-gling.
          Petits clients et petit commerce, notre sort est lié. Dans les combats qu'il va nous falloir mener, il faut que, travailleurs des bureaux, des grands magasins, des usines et d'ailleurs, petits artisans, petits commerçants, tous, nous nous retrouvions ensemble.  

          

Elections : oui voter, lorsque l'on a l'occasion de voter pour son camp, de voter pour sa classe

La tribune de la "majorité municipale" dans le dernier magazine s'intitule "etre citoyen, c'est avant tout voter, donc etre inscrit sur les listes électorales". Elle participe à la campagne menée par la municipalité ces derniers mois pour l'inscription sur les listes électorales en vue des élections à venir.
      Il y aurait beaucoup à dire sur cette notion de citoyen qui depuis deux siècles dans nos régions veut donner l'illusion que nous serions tous égaux, non seulement dans la situation de chacun mais pour décider de l'avenir de la société. "Egaux en droit" proclame la Déclaration des droits de l'Homme, mais certainement pas "Egaux" dans l'accès aux possibilités offertes par la société.
        Mais etre un acteur de la société est-ce "avant tout voter" ? Certainement pas, puisque la société capitaliste est divisée fondamentalement en deux camps antagoniques.
       Etre acteur, c'est d'abord avoir la volonté de peser sur le devenir de la société, en se donnant les moyens de la comprendre, en s'organisant, en prenant partie au fil des évènements, puis d'agir par la protestation, la manifestation, la grève,...
         Dans la "démocratie" actuelle, l'essentiel serait donc de voter ? De voter de temps en temps, puis on remet les responsabilités à des représentants patentés jusqu'aux prochaines élections, quatre, cinq, six ans plus tard.
         Et il y a des circonstances où l'on peut choisir de ne pas aller voter, ou de voter blanc lorsque l'on pense qu'il y a des peuples qui réclament de pouvoir voter. Mais voter, tant que dura la société actuelle, ne sera toujours qu'une infime action de l'engagement politique nécessaire, qui exige bien d'autres engagements que l'acte de passer dans un isoloir.