lundi 12 août 2013

Vacances à l'image des milieux sociaux : colonies, Argenteuil-plage, mécènes

Les gosses de riches ont leurs colonies de vacances

Un rapport parlementaire dénonce le manque de mixité sociale des colonies de vacances pour les enfants. L’accentuation de ce manque de mixité viendrait à la fois de la volonté des parents les plus aisés de privilégier des colonies suffisamment onéreuses pour en écarter les enfants des quartiers populaires, et des difficultés de ceux qui ont de faibles revenus pour payer les frais alors que les aides de la CAF ont fortement diminué.

     La ségrégation sociale, ce n’est pas une simple vue de l’esprit.

Argenteuil-plage, c'est aussi un véritable air de vacances

Il y a eu près de 6000 entrées hier sur l'espace Vilar-Héloïse transformé en air de loisirs.
      Aujourd'hui, lors de ma promenade journalière, j'ai vu le bibliobus transformé en ère de farniente où sur une chaise longue adultes et enfants lisaient.
       J'ai vu des animateurs heureux de participer à cette aventure de plage.
      J'ai vu des médiateurs prendre un jeune perturbateur et lui expliquer tranquillement un certain nombre de choses.
        Et une nouvelle fois, je me suis dit : "voilà une belle initiative" qui année après année obtient un succès croissant.

Un mécénat bien normal

         Inéo, Dalkia, Bouygues, Vinci sont parmi la liste des mécènes qui ont financé l'opération.
      Bien évidemment, sous le communisme, il n'y aura plus ni capitalistes ni mécènes. La société choisira d'utiliser les richesses produites comme elle l'entendra.
         Mais en attendant, que les fournisseurs des collectivités locales leur rétrocèdent une petite partie de ce qu'elles ont gagné (chacun sait qu'elles ne travaillent pas pour la gloire) est bien la moindre des choses.
        D'autant que l'on imagine bien que cela leur permet de récupérer une part notable de ce soutien sous forme de dégrèvement d'impôt...



Crédit d'impôt soit disant "compétitivité" : un article dans l'hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine

Crédit impôt compétitivité aux entreprises : racketteurs cyniques, politiciens hypocrites

« Des PME rackettées par les grands groupes, des grands dirigeants qualifiés de prédateurs ». Une enquête du Parisien, parue le 17 juillet, revenait sur le Crédit impôt compétitivité aux entreprises (CICE), ces vingt milliards de cadeaux faits au patronat, que le gouvernement présentait en janvier dernier comme une de ses mesures phares de la relance.
     Cette mesure est entrée en vigueur le 1er janvier. Il s'agit d'une réduction d'impôt sur les sociétés de 4 % de la masse salariale, hors salaires supérieurs à 2,5 fois le smic.
Mécaniquement, ce sont les plus grands groupes qui bénéficient de la plus grande part de ce cadeau. Mais la position dominante de ces trusts leur permet d'obtenir encore plus.
    Vingt grands groupes ont envoyé un courrier, quasiment identique, à leurs sous-traitants : « Nous vous demandons d'appliquer à votre facturation pour 2013, une formule de correction tenant compte de la déduction du taux de CICE. » Autrement dit, puisque vous bénéficiez d'un crédit d'impôt, vous pouvez nous en faire profiter en baissant vos prix.
     De Fleur Pellerin à Benoît Hamon, le gouvernement a condamné cette démarche comme une forme de racket. Même le Medef a pris ses distances. Mais ce racket n'est en fait qu'un épisode de ce que les défenseurs du capitalisme appellent la concurrence.
     De la gauche de gouvernement à l'extrême droite, tous les politiciens se disent champions de la défense des petites entreprises. Mais aucun d'entre eux ne se soucie des principales victimes que sont les salariés. C'est sur leur dos que les fournisseurs, les sous-traitants, récupèrent ce que leur volent les grands groupes donneurs d'ordres.
       « Je ne crois pas à la lutte des classes. Tous les patrons de PME que je rencontre sont en osmose avec leurs salariés » : les travailleurs des PME qui affrontent tous les jours bas salaires, exploitation et licenciements, apprécieront ces paroles tenues par la ministre Fleur Pellerin.

                                                             C. C.

Education nationale : une carte scolaire de l’inégalité



L’Education nationale vient de rendre public un rapport sur l’évolution de l’affectation des élèves dans les établissements du primaire et du secondaire, six ans après les mesures mises en place par Sarkozy en 2007 pour donner plus de liberté aux familles en assouplissant l’obtention de dérogations. Le bilan est sans appel. La fuite d’élèves vers de « bons lycées » s’est accélérée, aggravant par voie de conséquence les difficultés des écoles, collèges et lycée ayant mauvaise réputation, bref, les établissements des quartiers populaires.
         En 2007, 6% des élèves entrant en sixième avaient demandé une dérogation. Ce pourcentage a effectivement bondi à 11% quatre ans plus tard. Mais, à ce moment-là, seulement 4% des élèves boursiers de sixième avaient demandé une dérogation. La réforme a profité aux milieux plus favorisés pour qui, c’est une évidence, il est plus facile de définir une stratégie pour obtenir  ce type de dérogations.
Le résultat est qu'encore davantage de « meilleurs » élèves sont partis vers de « meilleurs » établissements, et que les établissements ainsi abandonnés ont concentré des difficultés toujours plus grandes, les résultats les moins bons… On connaît bien cela à Argenteuil, au plus grand dommage de tous.

dimanche 11 août 2013

Hollande et compagnie : la famille "Coué"



Il y a quelques jours, Moscovici déclarait revoir à la baisse la prévision de croissance pour 2013, de 0,1% à -0,1%  alors qu’il réaffirmait dans le même temps que le pays était sorti de la récession. Comprenait qui peut. Aujourd'hui, il vient de se dédire sur le premier point, revenant à la "ligne"- Hollande-Ayrault.
     Selon celle-ci, un seul mot-d'ordre : il faut « positiver ».
    Selon Le Parisien, un des proches d'Hollande a déclaré : « On y est presque, encore un effort ». Bref, si tout s’améliore pas question pour autant que cela s’améliore pour les classes populaires, pas question même d'arrêter les sacrifices qu'on leur demande.
     En 1934, un des tubes de l’époque chanté par un dénommé Albert Préjean s’intitulait « La crise est finie ».
     1934, l’année justement où la crise allait commencer à s’aggraver dans le pays.

De Hollande à tous ses ministres : un même disque.

Air France et les projets de suppressions d'emplois : un article de l'hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine



Air France : non aux suppressions d'emplois !

La direction d'Air France n'aura même pas attendu les derniers départs de son plan Transform 2015, qui a déjà supprimé 5 122 emplois depuis 2012, soit un dixième des effectifs de la compagnie, qu'elle revient à la charge. Le 31 juillet, lors d'un comité central d'entreprise (CCE), elle a annoncé un nouveau plan de suppressions d'emplois.
     C'est en octobre qu'elle devrait préciser les modalités de ce plan, dont la mise en oeuvre est prévue pour début 2014. Mais, d'après ce qu'a déjà annoncé la direction, il se solderait par la disparition de plus de 2 500 emplois supplémentaires dans le secteur du Fret (transport de marchandises par avions cargos) ainsi que sur les lignes du court et moyen-courrier, celles qu'empruntent les passagers circulant en France et en Europe.
     La direction de la compagnie fermerait aussi des lignes qu'elle estime déficitaires ou reverrait à la baisse la fréquence de leur desserte. Elle envisage aussi de transférer certaines de ces lignes aux filiales low cost du groupe Air France-KLM, Transavia et HOP. Cela entraînerait le retrait d'une cinquantaine d'avions de la flotte de la compagnie, avec les conséquences que l'on peut deviner pour l'emploi des pilotes, hôtesses et stewards, ainsi que des mécaniciens qui assurent la maintenance de ces appareils.
      Pourtant Air France ne va pas si mal que cela. Il y a peu, elle a passé commande de 50 avions et pris en plus une option sur 50 autres, ce qui représente un joli paquet de millions d'euros. Le groupe Air France-KLM sait aussi trouver l'argent pour créer des joint-ventures (sociétés communes à deux ou plusieurs compagnies) aux quatre coins de la planète et prendre des participations dans d'autres compagnies aériennes.
     Avec ces nouvelles suppressions d'emplois annoncées, si elle parvient à ses fins, Air France en aura supprimé près de 15 000 en l'espace de quatre ans.
      Ce nouveau mauvais coup déclenchera-t-il la colère des travailleurs de la compagnie ? En tout cas, ce serait la meilleure chose qui puisse arriver. Sinon, la direction, soutenue par le gouvernement, n'aura aucune raison d'arrêter son offensive contre ses salariés.

                                                                                Correspondant LO

samedi 10 août 2013

Moscovici à Roissy : certainement pas pour aider les travailleurs

Ce dimanche, une visite du ministre de l’économie et des finances est annoncée dans l’un des principaux centres d’activités de la Région parisienne, la zone aéroportuaire de Roissy.
     Le Parisien indique qu’au milieu d’autres activités, durant sa ballade, « il ira soutenir le personnel douanier ainsi que les services de sécurité incendie… ».
     Va-t-il leur annoncer une hausse des effectifs aux uns et aux autres ?
      Certainement pas.

   Dans ces services comme dans ceux relevant d’Aéroport de Paris et concernant de multiples entreprises sous-traitantes, il y a pourtant un manque chronique de personnels.

Ouverture des livres de comptes, transparence, contrôle de la population sur les affaires sociales qui les concernent et qu’elle paie

A propos du mécénat et de l’excellente opération « Argenteuil-plage », M. Métézeau qui m’a envoyé un message suite à mon « commentaire d’un commentaire » indique que ce n’est pas faire preuve de « curiosité malsaine... » de connaître la liste des mécènes qui ont contribué au financement de l’opération.
       Sur ce plan, oui ce n’est pas faire preuve de « curiosité malsaine ».
      Le contrôle des comptes, et même de l’ensemble des aspects de toute la vie sociale est au cœur du programme ancien des communistes que le stalinisme, comme tant d’autres idées, a fait oublier. Cette idée, à notre échelle, était même lors de la dernière campagne présidentielle au cœur du programme défendu par ma camarade Nathalie Arthaud.
      Cela signifie la volonté de contrôler tous les aspects de la vie sociale, au niveau bien sûr de la production et des entreprises, mais aussi au niveau des collectivités locales, du pays à l’activité des municipalités. Léon Trotsky parlait de la nécessité d’ouvrir les livres de comptes.
      Mais l’opacité à tous les niveaux est au cœur du fonctionnement de la société capitaliste marquée par le fondement de la propriété des moyens de production. Il est au cœur de toutes ces affaires mêlant industriels, affairistes, et hommes politiques. Les histoires qui ont marqué ces dernières décennies, de l’affaire Balladur à l’affaire Cahuzac pour n’en citer que deux parmi des dizaines et des dizaines, expriment davantage le fonctionnement normal du système qu’une carence de celui-ci.
      C’est pourquoi nous appelons toute la population, au niveau des entreprises, mais aussi du pays, des communes, à opérer cette exigence de transparence. En demandant des comptes, mais surtout en se donnant les moyens de réunir les informations pour connaître la vérité.
     Et tout cela, effectivement n’est pas faire preuve de curiosité malsaine. C’est une nécessité sociale.

     Alors oui, la liste des mécènes ayant financé « Argenteuil-plage » ne doit pas être un secret de polichinelle. Comme devrait être connu de l’ensemble de la population du 95, le montant du soutien financier du Conseil général à l’opération « Zépellin » pour reprendre un sujet d’un de mes derniers articles locaux. DM

Samedi 18 heures : apparemment, la liste des mécènes a été affichée à "Argenteuil-plage'. A vérifier, mais cela serait une bonne chose.
     Quant à ma visite journalière sur le site : super !

Retraites, pénibilité, un article dans l'hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine

Pénibilité du travail : une diversion dans l'attaque contre les retraites

Les attaques contre les retraites sont le chantier gouvernemental de l'été. Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, promet qu'il n'y aura pas de réforme brutale, qu'elle ne s'appliquera que petit à petit et qu'il n'y aura pas d'ici à 2020 d'accélération de l'augmentation de la durée de cotisation. Elle se veut rassurante, mais confirme en tout cas que cette durée va bien augmenter. Le patronat de son côté réclame qu'en 2020, on doive cotiser 44 années pour une retraite à taux plein.
      En attendant le détail du projet gouvernemental, la ministre et ses interlocuteurs patronaux et syndicaux dissertent sur la pénibilité. Depuis la réforme Fillon de 2003, les mesures prises sous le prétexte de compenser la pénibilité du travail ont en effet toujours servi à déguiser les attaques contre l'ensemble des retraites.
La ministre a parlé, jeudi 1er août, de points de pénibilité qui seraient cumulés par le salarié en fonction du nombre de mois passés à des travaux pénibles. Ces points donneraient droit à des trimestres de retraite, à des congés formation ou peut-être encore à un complément de salaire en fin de carrière. Les deux milliards que pourrait coûter ce dispositif seraient fournis par une cotisation de toutes les entreprises, par une sur-cotisation des entreprises faisant effectuer ces travaux pénibles et enfin par la solidarité nationale, c'est-à-dire en priorité par les cotisations et impôts des salariés.
     Quelles sont les chances de voir ce système fonctionner ? Sarkozy avait instauré en 2010 une retraite pénibilité à 60 ans. Sur 30 000 salariés qui y auraient eu droit, 5 700 seulement en ont bénéficié : moins d'un sur cinq. 1 400 ont vu leur dossier refusé. Les autres n'ont pas déposé de dossier, par manque d'information ou à cause de la difficulté à prouver la pénibilité.
     Dans le cas présent, comme ce sont les entreprises elles-mêmes qui devraient attribuer les points pénibilité, on peut déjà prévoir qu'elles ne déclareront que le minimum, aussi bien pour alléger leur propre sur-cotisation pénibilité que pour alléger l'ensemble de la cotisation des entreprises. Mais le Medef s'indigne déjà : « Gérer la pénibilité avec la réforme des retraites est absurde et injuste. C'est une question de conditions de travail, et pas de retraites. » Et voilà ces bons apôtres qui prônent la prévention et regrettent qu'il n'y ait eu sur ce sujet « aucune étude d'impact, ni pour son financement ni pour ses modalités pratiques ».
     Ils ont raison sur un point : la pénibilité n'a rien à voir avec la retraite. La pénibilité ne devrait tout simplement pas exister. Les méthodes, les moyens pour l'éviter sont connus : il faut imposer au patronat de les mettre en oeuvre, et d'embaucher en suffisance. Tout comme il faut imposer le retour à la retraite pour tous à 60 ans. Ce n'est pas une question de négociations, c'est une question de rapport de force entre patronat et monde du travail.

                                                                              Vincent GELAS