Cisjordanie :
le terrorisme d’État israélien
Depuis plusieurs semaines, Qusra,
village palestinien situé non loin de Naplouse, en Cisjordanie, est le théâtre
d’une escalade meurtrière.
Publié le 19/08/2026
Des colons juifs ont pris
d’assaut les abords du village, installant des tentes et des pâturages près des
habitations, cherchant à faire fuir les habitants palestiniens. À partir du 9 août, des familles palestiniennes ont été littéralement assiégées dans leurs maisons. Les colons leur ont
coupé l’eau et l’électricité et empêchent l’acheminement de nourriture.
Qusra n’est que le dernier
village d’une longue liste. Depuis le 7 octobre
2023, les raids, les actes de harcèlement et
d’intimidation sont devenus le quotidien des
3,5 millions
de Palestiniens de Cisjordanie. Des dizaines de milliers d’entre eux ont été forcés de fuir et plus d’un millier ont été
tués. L’armée israélienne y mène régulièrement des opérations militaires de
grande ampleur sous prétexte de lutte « antiterroriste ».
À Qusra, l’armée israélienne est
intervenue officiellement pour disperser les colons. Cette intervention,
effectuée sous la pression des États-Unis, qui ont dénoncé « un acte de
terreur horrible », ne remet pas en cause la politique du gouvernement de
Benyamin Nétanyahou en Cisjordanie. Elle ne remet pas non plus en cause le
soutien des États-Unis à Israël. Selon le quotidien Haaretz, les
États-Unis ont pris cette position parce que le propriétaire de l’une des
maisons assiégées possède la nationalité américaine. Il s’agissait en fait de
défendre Trump, critiqué par certains pour son silence vis-à-vis du sort de ce
citoyen américain.
Si, à Qusra, les colons ont été
dispersés, les Palestiniens ont maintenant à subir l’armée israélienne, qui a
imposé dans le secteur un véritable siège militaire.
Le gouvernement de Netanyahou qui
s’appuie sur l’extrême droite cherche d’abord à montrer qu’il poursuit plus que
jamais sa politique de colonisation de la Cisjordanie. À deux mois des élections
législatives, les partis religieux et ultranationalistes se livrent à une
surenchère. Ainsi le ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale, Ben
Gvir, a déclaré qu’il faudrait tuer 40 à 50 Palestiniens de Gaza chaque
jour.
Le poids croissant de cette
extrême droite colonialiste et raciste enfonce Palestiniens et Israéliens dans
une guerre sans fin. Offrir aux peuples Palestiniens et aux Juifs israéliens
une alternative à cette guerre permanente implique de rompre avec la politique
d’oppression des Palestiniens et de combattre les fauteurs de guerre que sont
Netanyahou, Trump et tous les dirigeants des puissances impérialistes.
Serge Benham (Lutte ouvrière
n°3029)