mardi 21 juillet 2026

Travailleurs du Champagne : manifestation à Épernay

 

Des grandes maisons de champagne riches à milliards

 

 

Plus de 500 travailleurs du champagne se sont rassemblés à Épernay jeudi 9 juillet. Des arrêts de travail massifs et des grèves ont été observés en production avec des taux de 80 à 90 %.

Ces travailleurs entendaient s’opposer à la dénonciation, fin juin, par l’Union des Maisons de Champagne (UMC), dont les poids lourds sont LVMH, Pernod-Ricard et Vranken-Pommery, de l’accord régissant les primes de fin d’année. Ils veulent remettre en cause leurs modalités de calcul en introduisant des dégrèvements pour les absences de courte durée. Un objectif visé est d’empêcher les grèves. Les travailleurs perdent déjà le salaire correspondant à la durée de la grève, demain ce serait la double peine. Chez Deutz, la direction n’a pas attendu l’UMC pour passer à l’offensive puisque les ouvriers se sont vu retirer 100 euros de prime pour 15 minutes de grève !

L’attaque intervient à quelques semaines des vendanges, alors que ces dernières années, elles se sont faites dans des conditions terribles concernant l’hébergement, ou même avec des morts lors de la canicule de 2023. Alors que tout le monde a en mémoire ces « vendanges de la honte », l’UMC répond par une véritable provocation.

Avec l’aide de médias complaisants, les maisons de champagne crient misère car le champagne se vend un peu moins, oubliant qu’une des causes est qu’elles ont augmenté leurs prix en moyenne de 20 % au cours des dernières années. Les profits continuent néanmoins de couler à flots et la mesure décidée ne vise qu’à en faire suer encore un peu plus aux travailleurs.

D’autres actions sont donc en préparation et pourraient intervenir au moment clé des vendanges.

Laboratoires d’analyse : des travailleuses et travailleurs victime de la concentration financière des capitalistes

 

Un « produit » financier à haute rentabilité

 

Mais les travailleuses réagissent. Ici, au Mans, le 4 mai dernier

Les travailleurs de ces laboratoires sont 50 000, et les trois quarts – agents d’entretien, d’accueil, coursiers, assistants administratifs etc – sont payés au smic ou à peine au-dessus. La dernière augmentation de salaire, de 3 %, date de janvier 2024.

Leur situation s’est particulièrement dégradée en une quinzaine d’années au rythme de la concentration du secteur. Appuyés sur des fonds d’investissement, six grands groupes privés, Biogroup, Cerballiance, etc., ont mis la main sur le marché, transformé des laboratoires en sites de prélèvements qui sont regroupés ailleurs pour analyse, et mutualisé personnel et équipements. Les patrons, mettant en avant les exigences des financiers, ont sabré dans les salaires et les emplois, alors que la charge de travail augmente et que les horaires sont à rallonge. Quant aux patients, ils sont de plus en plus nombreux dans les files d’attente devant les laboratoires.

Au fil des ans, une simple offre de soins s’est transformée en simple produit financier. Le phénomène touche en fait le secteur de la santé en général, et ajoute à l’exploitation des salariés le pillage des caisses de la Sécurité sociale.

Voiture électrique, « Leasing social » ou l'art de subventionner les profits

 

L’État et le capital, liaison directe

  


La troisième phase du leasing social, pour pouvoir louer une voiture électrique à moins de 200 € par mois, a débuté. Si ce système permettra à 50 000 ménages modestes de s’équiper d’un véhicule neuf, il est avant tout une aide directe pour les constructeurs automobiles. L’État financera jusqu’à 6 500 € par véhicule, voire 9 500 € si les batteries et le moteur sont fabriqués en Europe.

C’est ainsi que l’argent public abonde les profits de Renault et Stellantis.