samedi 18 juillet 2026

Argenteuil, MJC, organisations syndicales,…, une municipalité qui grignote année après année la présence du réseau associatif

 

Une inquiétude à faire partager à l’ensemble de la population

 

Un sigle que la municipalité prit le soin d’effacer

La municipalité n’a guère d’intérêt pour les associations qu’elle ne contrôle pas et qui ne sont pas de son bord, même si leur raison d’être pour l’ensemble de la population n’est plus à démontrer.

         Année après année, elle a réduit la présence des organisations syndicales dans l’espace Nelson Mandela qui fut à l’origine la Bourse du travail que l’on avait simplement déplacée. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, reléguée pour l’essentiel dans la loge de l’ancien gardien. La MJC d’Argenteuil créée il y a un demi-siècle a connu une trajectoire identique. Ses moyens communaux lui ont été ôtés au fil des dernières décennies, ses locaux largement amputés. Le bâtiment de la rue des Gobelins fut la Maison des Jeunes et de la Culture Gabriel Péri Cela fut effacé. Le bâtiment porte aujourd’hui le nom de Maison de quartier.

         Mais la municipalité vient de franchir un pas supplémentaire. Au cœur de l’été, avec l’élégance qu’on lui connaît, elle a annoncé brutalement à ce « partenaire » (puisqu’elle utilise le terme) qu’il fallait qu’il ait quitté les lieux à la fin de l’année 2026. Il est question certes de lui trouver un autre lieu d’atterrissage. Ce n’est pas une discussion qui a commencé, c’est un ultimatum qui est transmis à la MJC avec cette date de fin d’année.

         Il s’agit de voir quelles initiatives les animateurs de cette association qui a marqué l’histoire d’Argenteuil et qui continue à se battre pour exister vont prendre. Mais ce nouveau mauvais coup concerne tous les habitants de la Ville.

Voilà où en sont la culture et l’associatif à Argenteuil.

         Certes la municipalité a obtenu 13 893 voix en mars dernier. Elle a gagné le gros lot, dans une ville de 110 000 habitants, avec 55 736 électeurs. 13 893 voix !

         Elle se croit propriétaire absolue de l’os jusqu’en 2033. Qu’elle se méfie simplement de la remontée de la conscience et de l’organisation du monde du travail qui forme l’essentiel de la masse des habitants de la Ville.

         Il n’y a pas à tergiverser : défense de la MJC d’Argenteuil !

À suivre de près. Dominique MARIETTE, Lutte ouvrière-Argenteuil, le 17.7.26.


vendredi 17 juillet 2026

Iran – États-Unis : bras de fer inégal

 Iran – États-Unis : bras de fer inégal

Le 8 juillet, trois semaines après la signature du protocole d’accord censé mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l’Iran, les bombardements ont repris avec comme enjeu le contrôle du détroit d’Ormuz.

Publié le 15/07/2026


 

Sous prétexte que les Gardiens de la révolution ont attaqué des navires commerciaux qui emprunteraient le détroit sans respecter le couloir imposé par l’Iran, les États-Unis ont bombardé des dizaines de sites iraniens pendant plusieurs jours. Une nouvelle fois, la circulation dans ce détroit, par lequel transite un cinquième du pétrole consommé dans le monde et des produits essentiels comme les engrais ou l’hélium, est bloquée.

Les tirs de drones iraniens et les bombardements américains, qui menacent la vie des marins, tuent des civils en Iran et dans les pays voisins, font partie d’un bras de fer inégal. En acceptant de signer un accord, le 17juin à Versailles, Trump avait dû reconnaître que, malgré des destructions massives, la guerre israélo-américaine n’avait pas réussi à faire tomber la république islamique et qu’il devait négocier avec ce régime qui tient tête aux États-Unis depuis 47 ans. Cet accord ne signifiait pas la paix mais l’ouverture de discussions autour de la levée des sanctions économiques, de la fin de l’embargo, du dégel des avoirs iraniens bloqués dans divers pays, du programme nucléaire iranien et bien sûr des modalités de circulation dans le détroit. Le simple fait que les États-Unis soient obligés de négocier ces modalités, alors que la circulation était complètement libre avant la guerre, illustre l’échec de Trump.

Les discussions entre la première puissance impérialiste qui veut régenter le monde et les Gardiens de la révolution qui défendent leurs intérêts, c’est-à-dire ceux de la bourgeoisie iranienne, se déroulent avec des revolvers chargés sur la table. Comme l’a formulé un proche du guide suprême, le contrôle du détroit d’Ormuz « est plus important que des dizaines de bombes atomiques ». Les Gardiens de la révolution cherchent à imposer que tous les navires passent par un couloir proche de leurs côtes et paient une redevance sous prétexte qu’ils assurent leur sécurité. Trump, au nom d’une puissance qui n’a aucune proximité géographique avec ce détroit, fait exactement la même chose. Il crie à la prise d’otages, exige « la liberté de circulation » mais demande qu’en échange, chaque navire paie une taxe aux États-Unis.

Il est maintenant évident qu’il ne suffit pas d’avoir la plus grande puissance militaire au monde pour devenir « le gardien d’Ormuz ». Pour imposer une réelle liberté de navigation dans le fameux détroit, les États-Unis devraient neutraliser les forces militaires et la marine de l’Iran. Cela supposerait, à une échelle ou à une autre, la reprise d’une guerre coûteuse et peut-être le débarquement de troupes américaines au sol, avec toute l’impopularité que cela aurait aux États-Unis. Malgré ses rodomontades, Trump n’a pas, à quelques mois des élections de mi-mandat en novembre, les moyens politiques d’une telle offensive. Cela n’empêchera pas la poursuite d’un état de guerre qui plonge des dizaines de millions d’habitants du golfe Persique et du monde dans l’angoisse et prolonge les privations de la population iranienne.

                                                     Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3024)

États-Unis : la police de l’immigration tue encore

 États-Unis : la police de l’immigration tue encore

Le 13 juillet dans le Maine, un jeune Colombien de 26 ans, Jose Sebastian Guerrero, a été tué par un agent de la police anti- immigration, ICE, alors qu’il travaillait légalement comme livreur.

Publié le 15/07/2026

Le 7 juillet, au Texas, les agents de l’ICE avaient encore abattu un homme, Lorenzo Salgado Araujo, citoyen mexicain, père de trois enfants, résidant aux États-Unis depuis plus de trente ans. Sans papiers, il était à la tête d’une petite entreprise du bâtiment.

Les deux hommes auraient été confondus par les agents de l’ICE avec une autre « cible » faisant l’objet d’une procédure d’expulsion.

Et dans les deux cas, la police prétend que les victimes avaient tenté de prendre la fuite, versions remises en cause par des témoins.

Sous le second mandat de Trump, 52 personnes sont décédées dans des centres de rétention de l’ICE et onze ont été tuées lors de ses interventions. Les arrestations ont atteint dernièrement le chiffre record de 2 000 par jour. À Minneapolis, cet hiver, la mobilisation de la population avait fini par obtenir le départ de l’ICE. C’est bien elle qui peut mettre en échec cette police qui, en s’attaquant aux travailleurs immigrés, vise à terroriser toute la classe ouvrière.

                                                              Mathieu Servan

Le Slip français : opération publicitaire

 

Des cocardes sur la culotte

 


 

L’entreprise de confection « Le slip français » a organisé sa première levée de fonds à la Bourse de Paris le 14 juillet sous une pluie de confettis tricolores et de discours tous plus cocardiers les uns que les autres, vantant la réussite d’une « PME à la française », une « petite entreprise » valorisée tout de même à 20 millions d’euros.

         C’est faire beaucoup de bruit pour un vêtement dont le coton et le tissu viennent d’Inde, d’Égypte ou des États-Unis, la laine pouvant venir d’Australie, sans parler de l’élastique, produit dérivé du pétrole, et des travailleurs de tous les pays impliqués dans ces différentes fabrications.

         Opération cousue de fil bleu-blanc-rouge…

Fonctionnaires : dégelons les salaires !

Fonctionnaires : dégelons les salaires !

Continuant la politique de blocage des salaires qui dure depuis déjà trois ans, le gouvernement a annoncé la poursuite du gel du point d’indice pour les fonctionnaires pour 2027.

Publié le 15/07/2026

 

Le point d’indice sert de base au calcul des salaires dans la fonction publique. Son gel signifie de fait une baisse réelle du pouvoir d’achat, car les prix, eux, sont loin d’être gelés. L’inflation officielle a beau être de 0,9 %, tout le monde peut constater que les prix de l’essence, de l’énergie, de l’alimentation, ont connu des augmentations bien supérieures. Le ministre des Comptes publics déclare très ouvertement qu’il fera 2,4 milliards d’économies en privant les travailleurs de la fonction publique d’une augmentation de 1 % pour l’année à venir. Les ministres peuvent bien saluer le courage des soignants, des pompiers ou des agents territoriaux, c’est pour mieux leur faire les poches. Car c’est bien là le fond de l’affaire. Le gouvernement prétend faire toujours plus d’économies et cherche 9 milliards de coupes budgétaires à faire, soi-disant pour résorber le déficit public.

Le ministre assume vouloir privilégier les augmentations individuelles, qui ne remplacent pas, pour la majorité des travailleurs, les augmentations générales de salaires nécessaires. Il met aussi en avant une « indemnité différentielle » entrée en vigueur le 1er juin. Celle-ci doit compenser le fait que 862 000 travailleurs de la Fonction publique – soit près de 15 % des fonctionnaires – sont actuellement payés en-dessous du Smic. L’État se comporte comme n’importe quel patron, rognant sur les salaires et les conditions de travail.

Pour les travailleurs de la fonction publique, comme pour tous les autres, ce n’est pas le gel, mais l’augmentation immédiate des salaires qui serait nécessaire, ainsi que leur indexation sur les prix.

                                                  Camille Paglieri (Lutte ouvrière n°3024)