samedi 3 mai 2025

Contrôles policiers : la guerre de Retailleau aux pauvres

Contrôles policiers : la guerre de Retailleau aux pauvres

Le 24 avril, une impressionnante mobilisation policière était visible au péage de Coutevroult, sur l’autoroute A4 en Seine-et- Marne.

Publié le 29/04/2025 Écouter la version audio

Signalisation de travaux, rétrécissement du nombre de voies, et au bout, filtrage : les contrôles visaient particulièrement les voyageurs au faciès étranger ainsi que les fourgons et autocars à bas coût.

Il s’agissait d’une nouvelle « opération de lutte contre l’immigration irrégulière », comme il y en a partout depuis plusieurs mois à la demande du ministère de l’Intérieur. Les préfets y sont présents en personne, accompagnés des directeurs de différents services de police ou de douane, d’un procureur de la République, etc. En deux heures de filtrage, onze personnes ont été retenues ou mises en garde à vue. La préfecture de la Seine-et-Marne se vante d’avoir reconduit 82 étrangers à la frontière depuis le début de l’année.

Aucune préfecture de département ou de région ne voulant apparaître en retrait dans cette chasse à l’homme, chacune multiplie les opérations pour afficher le meilleur palmarès d’arrestations. En région Aquitaine a eu lieu fin mars une vaste opération en deux temps, le 26mars à la frontière franco-espagnole et le lendemain, dans douze départements de la région. Ainsi, 350 policiers, militaires, douaniers, sont regroupés dans une structure baptisée « Force Frontière », pour cerner des gares ferroviaires ou routières, des péages et des aires de repos avec des chiens et du matériel sophistiqué : ils ont procédé à l’arrestation de 224 étrangers en situation irrégulière dont 49 ont reçu une OQTF (Obligation de quitter le territoire français).

Cette opération faisait suite à quatre autres dites de « haute visibilité » en région bordelaise, visant selon la préfecture à « sécuriser la voie publique et lutter contre l’immigration irrégulière ». Elles se traduisent à chaque fois par des arrestations de migrants venant d’Afrique et du Moyen- Orient et de travailleurs sans-papiers. En plus, les termes employés visent à développer le racisme en assimilant étranger et délinquant.

Ces opérations se multiplient dans tout le pays, d’Ouest en Est et du Nord au Sud. Les communiqués d’autosatisfaction des responsables de police ou des préfets sont rapportés complaisamment par la presse et les médias locaux qui leur donnent la parole. Dans les zones urbaines, ces nasses sont mises en place autour des transports en commun, aux heures du travail et aux abords des foyers de travailleurs étrangers. Les autorités françaises n’ont rien à redire à Trump, elles font pareil. Les Retailleau et compagnie ne font pas que parler, ils agissent et il n’est pas bon d’être noir ou basané au « pays des droits de l’homme ».

En région Auvergne-Rhône-Alpes, 1 271 étrangers en situation irrégulière ont été interpellés sur les deux premiers mois de l’année 2025, soit une augmentation de 106 %. Dans le cadre du « plan zonal de surveillances aux frontières » demandé par le ministère de l’Intérieur, 872 policiers sont mobilisés, y compris avec un soutien aérien, notamment de drones. En Savoie, la zone frontière avec la Suisse est particulièrement surveillée : depuis le début de l’année, 650 jeunes hommes y ont été arrêtés, principalement originaires du Maghreb et du Moyen-Orient.

Les moyens de l’État sont ainsi mobilisés à l’appui de la propagande sécuritaire de Retailleau pour faire la chasse à des êtres humains contraints de fuir la misère et les guerres provoquées dans leur pays par le pillage des grandes puissances capitalistes.

                                 Thierry Hennebont (Lutte ouvrière n°2961)

 

Déserts médicaux : pansement sur une jambe de bois

 

Un domaine où le profit et l’argent règnent en maîtres

 


Des milliers d’internes et étudiants en médecine ont manifesté contre une proposition de loi prétendant réduire les déserts médicaux en régulant l’installation des nouveaux médecins libéraux. Or, pour des millions de gens, trouver un généraliste est un casse-tête, en particulier dans les zones rurales et les banlieues populaires.

         Bayrou a également évoqué de demander deux jours de garde dans un désert médical aux futurs généralistes. Les manifestants, qui ne veulent pas « payer pour les erreurs du passé », refusent ces contraintes.

         Aucune loi ne résoudra le problème de fond : le manque massif de médecins, et plus généralement de soignants. Cette pénurie résulte des restrictions longtemps imposées à la formation d’étudiants en médecine pour préserver de la concurrence les médecins libéraux déjà installés et surtout pour réduire les dépenses de santé en rendant plus difficile l’accès à la médecine.

         Dans cette société, le système de santé n’est pas organisé en priorité pour soigner la population mais les profits des industriels de la santé et les financiers.

Argenteuil, espace public, le profane et le religieux. Trait d’humour du 1er Mai 2025

 

"Rien n’est à eux, tout est à nous", y compris l’espace

 

 

Il a fallu la remballer et l’installer ailleurs. La banderole du Comité Jean Vilar avait été installée directement sur les grilles du parc des Berges jeudi 1er mai, à l’entrée, une mauvaise publicité pour la municipalité qui s’est engagée longtemps dans le projet Fiminco de destruction de l’espace Jean Vilar et qui a finalement été contrainte de l’abandonner.

         Ce qui est « amusant » si l'on peut dire dans cette affaire de banderole d’hier matin, c’est que les quelques policiers municipaux à la manœuvre ont justifié leur activité de remballage, par le fait que les militants du Comité Jean Vilar occupaient de cette façon « l’espace public ». Ils auraient même aimé que la table du Comité Jean Vilar soit repliée…

         L’occupation de l’espace public ? Tiens tiens, cela laisse rêveur. À 500 mètres de là, un cérémonial textile occupe sans façon l’espace public de la commune. Et cette fois, protégé par 200 policiers et militaires. Mais il est vrai, dans ce cas, avec la bénédiction de la municipalité ! Il faisait beau, les participants à la Fête des berges étaient de notre côté. Cela nous a beaucoup fait sourire. DM