jeudi 1 mai 2025

SNCF, comme partout, la force des travailleurs, c’est la grève

Les cheminots font un travail utile, la grève en est une démonstration implacable

 

 

Des syndicats de la SNCF appellent à la grève la semaine du 5 mai, et une partie de la presse et de la classe politique reprend sa rengaine habituelle contre les grévistes qui prendraient « la population en otage ».

         Si les grèves de cheminots se voient, c’est parce qu’ils font un travail utile, contrairement à tous ces démagogues.

         La SNCF a fait 1,6 milliard d’euros de bénéfices en 2024. Elle a les moyens d’embaucher, d’augmenter les salaires et d’assurer des conditions de travail correctes. Les travailleurs qui se mobilisent pour le lui imposer ont mille fois raison.

 

Argenteuil, meurtre d’Aboubakar Cissé, face à l’islamophobie et le racisme, lutter pour la conscience de notre classe

 

Une seule classe ouvrière,une réalité qui marque notre ville

 

 

Hier, devant la mairie d’Argenteuil, un rassemblement était organisé à l’initiative de partis de gauche pour dénoncer le meurtre islamophobe commis dans une mosquée du Gard, et pour marquer sa solidarité avec la famille du jeune assassiné.

         La municipalité était absente (il y avait paraît-il une adjointe, je ne l'ai pas vue, mais ce n'est pas le problème). Avec ses moyens importants, elle aurait pu appeler à ce rassemblement initié rapidement, et qui aurait pu ainsi avoir l’ampleur qui s’impose. Il est vrai qu’il y a une difficulté pour elle d’allier des sentiments personnels qui peuvent être sincères, au moins pour certains, à des liens avec des personnalités de son camp de droite qui attisent la montée de l’’islamophobie, un aspect de la course à l’échalote actuelle entre la droite et l’extrême-droite.

         Et la municipalité est occupée ailleurs du côté du « Aimez-vous les uns les autres » paraît-il. Certes, en citant le site de l’hebdomadaire La Gazette « Dans un courrier adressé au recteur de la Grande mosquée de Paris, relayé sur les réseaux sociaux, le maire (Dvd) d’Argenteuil, Georges Mothron, « condamne fermement l’acte odieux qui a coûté la vie à un jeune fidèle musulman, lâchement assassiné dans un lieu de prière, victime de la haine et du fanatisme ».

         Argenteuil est une ville d’une émigration populaire qui a renforcé le monde du travail local qui représente l’énorme majorité de la population. L’immigration du monde arabo-musulman a marqué l’histoire de la ville, celle de l’immigration algérienne puis marocaine plus précisément. Lutter contre tous les racismes et l’islamophobie en particulier qui s’est développé cette dernière décennie est une tâche des militants de la classe ouvrière.

         Les divisions selon nos origines, nos croyances ou pas, la couleur de notre peau sont des ennemies mortelles pour elle. Dans les grèves, dans l’activité militante quotidienne, dans la lutte, nous devons nous retrouver unis, face au patronat qui, avec les démagogues à son service, lui, tente souvent d’utiliser ces différences pour nous diviser et nous affaiblir. Notre rôle est de militer pour l’essor de cette conscience. DM

mercredi 30 avril 2025

L'éditorial de Nathalie ARTHAUD en vidéo : Le 1er mai, vive la lutte internationale des travailleurs pour changer la société ! 3 mn 27

Meurtre dans une mosquée : une haine entretenue...

… par ceux qui portent une grande responsabilité dans ce drame

 

Rassemblement de colère et de solidarité devant la mairie hier au soir

Le meurtre d’Aboubacar Cissé poignardé dans une mosquée du Gard parce qu’il était musulman, suscite colère et inquiétude parmi les musulmans. Il révèle l’augmentation des actes islamophobes.

         Le ministre de l’Intérieur, Retailleau, d’habitude si prompt à dénoncer « le terrorisme » et « l’islamisme », a mis plus de 24 heures pour se déplacer à Alès, prétendant qu’« on ne connaît pas les mobiles » de l’assassin. C’est deux poids, deux mesures.

         Si les mobiles, comme l’état psychiatrique, de l’assassin sont sans doute complexes, les Retailleau, Wauquiez, Ciotti ou Bardella, qui crachent leur haine des musulmans dès qu’on leur tend un micro, portent une grande responsabilité dans ce drame.

         Le racisme et la xénophobie ne font pas que diviser les travailleurs, ils tuent.

 

Le 1er Mai férié : menacé pour mieux exploiter

 Le 1er Mai férié menacé pour mieux exploiter

Dans la foulée d’une pétition de politiciens LR, Catherine Vautrin, la ministre du Travail, veut en finir avec le jour férié et chômé du 1er mai pour les boulangeries.

Publié le 23/04/2025

 

« Pourquoi priver les salariés volontaires de gagner deux fois leur salaire ? », a déclaré Le Pen après la droite et les macronistes, tandis que Ciotti a gesticulé contre « cette mesure absurde et anti-économique » que serait le 1er mai férié. En apparence de divers bords, ces politiciens tombent toujours d’accord pour défendre la liberté des patrons à exploiter les travailleurs. En l’occurrence, il s’agit de celle des patrons boulangers d’ouvrir leur commerce un jour férié, c’est-à-dire de faire venir leurs ouvriers dès 2 ou 3 heures du matin pour vendre du pain frais dès l’ouverture.

Quant au « volontariat », aussi bien évoqué par le gouvernement que par Le Pen, les travailleurs savent ce qu’il veut dire. Quelle liberté a-t-on quand, en intérim ou en CDD, on doit se plier aux heures supplémentaires et à tous les desiderata du patron dans l’espoir d’un renouvellement de mission ou d’un futur CDI ? Quelle liberté a-t-on quand, même en CDI, il y a la pression patronale et, surtout, l’insuffisance des salaires qui incite à essayer d’augmenter un peu sa paye ?

Sous le capitalisme, la liberté et le volontariat sont de vains mots, sauf pour les propriétaires d’usines, de banques et de commerces. Le choix de s’attaquer au 1er mai, aujourd’hui férié et chômé mais qui est à l’origine un jour de grève et de manifestations ouvrières, ne doit rien au hasard. Dans un contexte où il n’est question que de sacrifices pour les travailleurs, les retraités et les services utiles à la population, c’est une nouvelle campagne politique lancée, cette fois contre tous les jours fériés. Viser le métier de boulanger, permet de parler d’une profession considérée essentielle, avant d’élargir la remise en question de ce jour chômé à tous les secteurs. Les patrons fleuristes ne s’y sont pas trompés : ils exigent que la future loi sur le 1er mai concerne aussi leur activité, et parions qu’ils seront suivis par bien d’autres.

La liberté pour les travailleurs est à l’exact opposé de celle de leurs exploiteurs : dans la contestation de la propriété privée et de la soif de profit capitalistes. Pendant la Commune de Paris de 1871, les ouvriers-boulangers avaient obtenu ainsi l’abolition du travail de nuit contre la « liberté » de leurs patrons.

                                                      Marlène Stanis (Lutte ouvrière n°2960)