mardi 29 avril 2025

Emplois : Leur guerre commerciale n’est pas la nôtre

Nos ennemis sont bien ici, et ce sont eux qui nous jettent à la rue.

 

 

119 sites industriels auraient fermé en France en 2024, et près de 300 000 emplois seraient menacés par les plans sociaux. Les capitalistes et leurs défenseurs en rendent responsables la concurrence étrangère en général et celle de la Chine en particulier. Tous appellent les travailleurs à faire bloc derrière eux et à accepter des sacrifices pour défendre « l’industrie française » et « notre souveraineté. »

         Comme si les profits des capitalistes d’ici avaient subitement disparu, alors qu’ils nous mènent justement une guerre pour les maintenir.

         Ne marchons pas dans la combine ! Nos ennemis sont bien ici, et ce sont eux qui nous jettent à la rue.

 

Restructurations : La Redoute Quai 30 : Ils ont « externalisé » leur colère à Paris

 

Une contre-publicité réussie

 

Devant les Galeries Lafayette

Une quarantaine de salariés de La Redoute Quai 30 se sont déplacés à Paris vendredi 25 avril pour contester leur externalisation et le vol par leur nouveau patron Houzé, propriétaire des Galeries Lafayette, des 44,5 millions d'euros du reste de la Fiducie, somme gagnée sur Pinault lors des licenciements de 2014.

         Ça a été une belle réussite. Ils ont diffusé plus d'un millier de tracts aux salariés des Galeries Lafayette, ont eu de nombreuses discussions et du soutien. Certains ont même pris des paquets de tracts pour les donner à leurs collègues.

         Ils sont ensuite allés devant les entrées des grands magasins Galeries Lafayette sur le boulevard Haussmann. La direction des Galeries avait décidé de tirer les rideaux pour les empêcher d'entrer. Ils se sont donc déplacés devant toutes les entrées pendant deux heures en manifestant bruyamment. Avec à chaque fois les rideaux de fer qui se fermaient, les vigiles qui avaient l’ordre de suivre sur les nerfs et les clients empêchés d'entrer ou de sortir. Sans compter les manifestations sur les trottoirs. Un bonne contre publicité pour le patron Houzé. 

         Tous les présents étaient très contents de l'avoir fait. Déterminés à continuer la lutte.

Argenteuil, commerce, marché Héloïse, ostention d’un mépris à l’encontre des plus modestes

 

Une question pourtant évidente de sécurité

 

 

Nous avons évoqué à de multiples reprises la honte de la situation de ce que l’on ne peut pas appeler « sanitaires » au marché Héloïse : deux cabinets et une pissotière pour 10 000 clients, et dans un état de saleté déplorable. Mais ce n’est pas seulement cette situation lamentable que j’évoquerai aujourd’hui.

         Hier, un enfant avait perdu sa maman. Il a été recueilli par les amis du stand d’Argenteuil Solidarité Palestine qui l’ont assis, entouré et rassuré. Comme cela durait, ma contribution a été de partir à la recherche de représentants du concessionnaire du marché, Mandon pour qu’une annonce sonore soit faite. J’ai eu la chance d’en rencontrer rapidement un. Après exposé du problème, il m’a dit qu’il ne pouvait pas faire d’appel sono, celle-ci étant en panne ! En panne, alors que c’est un élément essentiel pour la sécurité d’un marché où la densité des clients est très importante pour un espace très restreint… En cas de souci, d’évacuation nécessaire, on imagine les conséquences…

         Bref, un problème supplémentaire pour un marché qui est aux antipodes des priorités municipales, délaissé habituellement par la quasi-totalité des membres de la municipalité, à part deux exceptions.

         Je suis donc revenu gros jean comme devant selon l’expression. Heureusement, la maman avait retrouvé sa fille. Mais ce manque de sonorisation illustre bien le peu d’intérêt pour ce marché important si cher aux plus modestes. Sans eux pourtant, il n’y aurait pas de société, puisqu’ils sont, fraction importante des travailleurs du privé et du public, au cœur du fonctionnement de la société. DM

lundi 28 avril 2025

Protectionnisme : des dirigeants syndicaux complaisants

 Protectionnisme : des dirigeants syndicaux complaisants

« Nous avons gagné la mise en place d’une cellule de crise ! » : c’est par ces mots que Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a salué la décision du ministre de l’Économie de réunir chaque semaine à Bercy les confédérations syndicales avec une brochette de ministres.

Publié le 23/04/2025

Cette « cellule de crise » entre ministres et syndicats de salariés est censée faire pendant au « conseil des entreprises » entre les mêmes ministres et les représentants patronaux. Pour Marylise Léon, de la CFDT, cette cellule devrait suivre « chaque semaine comme le lait sur le feu la situation des entreprises » confrontées aux conséquences de la guerre commerciale accélérée par Trump. Pour justifier leur participation enthousiaste à cette cellule, les dirigeantes des deux principales confédérations invoquent « les grosses inquiétudes de la part des salariés : dans les entreprises, il y a des suppressions de CDD, des missions d’intérim qui s’arrêtent, des contrats qui ne sont pas renouvelés et des plans sociaux qui continuent avec, pour certaines entreprises, un effet d’aubaine » (Marylise Léon).

Ces inquiétudes et ces menaces sont bien réelles. Il est évident que le patronat, grand ou moins grand, va faire payer les incertitudes qui pèsent sur l’économie aux travailleurs, en renvoyant des intérimaires, en supprimant des emplois stables, en recourant au chômage partiel, en augmentant la productivité. Mais présenter comme une victoire la mise en place de cette « cellule de crise » est une arnaque. Cela revient à espérer que des ministres comme Lombard, Vautrin, Montchalin et, derrière eux, Bayrou ou Macron, prendront en compte les intérêts des travailleurs, au moment même où ces ministres se déploient sur les plateaux de télévision pour expliquer qu’ils doivent économiser 40milliards deuros et que les classes populaires devront pour cela se serrer la ceinture.

Non seulement les dirigeants syndicaux ne préparent pas les travailleurs à combattre les exigences patronales que ces ministres mettent en musique, mais cette « cellule de crise » va en fait aider les patrons à faire passer leurs demandes. Ainsi, Cyril Chabanier, de la CFTC, réclame-t-il « des droits de douane ciblés, afin de favoriser le développement et la relocalisation de certaines activités stratégiques, comme l’industrie pharmaceutique ou celle de la défense », au moment précis où les grands patrons de la pharmacie menacent de produire aux États-Unis si les dirigeants européens n’acceptent pas que leurs médicaments augmentent de prix.

Quant à Sophie Binet, elle ne fait pas mieux. Elle reproche par exemple à Bernard Arnault de ne pas « utiliser les leviers qui sont à sa disposition pour amplifier le rapport de force de la France et de l’Europe », comme si convaincre de quoi que ce soit ce milliardaire dont la seule patrie est son coffre-fort devait être un objectif pour les travailleurs. Elle ajoute qu’il faut « conditionner le montant des droits de douane au niveau des normes environnementales fiscales » afin de « défendre le modèle social français et européen », comme si les travailleurs avaient quelque chose à gagner à l’instauration de droits de douane d’une sorte ou d’une autre.

                                                        Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2960)