Macron :
“réarmement” et “ordre”… contre les travailleurs
17 Janvier 2024
Pendant presque deux heures et
demie, en direct sur au moins six chaînes de télévision, Macron a tenu sa
conférence de presse comme une leçon d’éducation civique et militaire
obligatoire.
L’ordre du jour est de « donner
un nouveau cap à la France », de « réarmer la nation »
pour les trois années de mandat restantes. On en a déjà eu un avant-goût avec
la nomination du gouvernement de Gabriel Attal, flanqué d’une ministre de
l’Éducation et des sports qui affiche son mépris de l’Enseignement public et
d’une ministre de la Culture « prise de guerre » repêchée chez les
sarkozystes et surtout préoccupée, en fait de culture, de conquérir la mairie
de Paris en 2026.
Le 16 janvier, la mobilisation
télévisuelle autour de la logorrhée présidentielle visait donc à fournir un
emballage à ce début peu enthousiasmant. Après quoi, il l’est encore moins. À
la recherche d’idées, le locataire de l’Élysée ne trouve rien d’autre à
ressortir qu’un fatras de poncifs réactionnaires qui fleurent bon le
« travail, famille, patrie » d’un défunt maréchal.
Questionné sur les problèmes de
l’école, des enseignants non remplacés, etc., Macron a bien sûr assuré qu’il a
des solutions. Mais comme il n’est pas question d’embaucher les professeurs qui
manquent, il propose de restaurer l’uniforme et de faire chanter la
Marseillaise car dit-il, il croit aux « symboles ». L’avantage est
d’ailleurs qu’ils ne coûtent rien, contrairement aux subventions au patronat ou
aux budgets d’armement, réservés à des gens qui, eux, ne se contentent pas de
symboles…
« Réarmer » était en
tout cas le maître mot, et pas seulement au sens figuré. C’est la réponse de
Macron quand il parle de l’inquiétude de la population face à la montée des
dangers de guerre. C’est sa réponse à la baisse de la natalité à laquelle il
oppose le « réarmement démographique ». Mais c’est aussi sa
façon de dire que les travailleurs doivent accepter de se sacrifier pour le
bien de la France, en fait pour le compte du grand patronat qui encaisse les
milliards auxquels il n’est pas question de toucher.
Il faut augmenter la production,
a dit Macron. Alors il faut que les travailleurs et les chômeurs acceptent
toutes les offres d’emplois que le patronat leur propose et à ses
conditions ! C’est ainsi qu’il faut comprendre ses « règles plus
sévères » contre les travailleurs quand ils refusent des offres d’emploi.
Il s’agit de pousser le maximum de femmes et d’hommes dans les bras du patronat
pour les mettre en concurrence et faire baisser les salaires. Macron voudrait
aussi que les salaires des fonctionnaires soient davantage réévalués « au
mérite », c’est-à-dire qu’il n’y aura pas d’augmentation et qu’il leur
faudra filer doux.
Macron a également fait sa
réclame pour le Service national universel dans les lycées. C’est qu’il ne faut
pas oublier de préparer de futurs soldats et de futurs travailleurs obéissants.
Le président veut œuvrer « pour que la France reste la France »
face aux dangers qui la menacent dans lesquels il range l’immigration, la drogue
et l’islam radical. C’est ainsi qu’il entend combattre le Rassemblement
national en faisant du Le Pen avant Le Pen.
Derrière tout ce bavardage, la
ligne est claire. La bourgeoisie a besoin d’ordre, de salariés allant au
travail sans rechigner, d’une école qui les y prépare, que personne ne critique
quand le grand patronat encaisse des milliards et appauvrit la société. Le
personnel politique à disposition est ce qu’il est, pas bien reluisant, comme
ces ministres faisant tapisserie dans un coin. Mais il est là et il fera le
travail pour lequel il est prévu : au fond, Macron aurait pu se contenter
d’un tel communiqué.
Pierre ROYAN (Lutte ouvrière
n°2894)
Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :
-Vendredi 19 janvier : de 17 h.15 à 18 h.15, « Carrefour Babou » ;
-Lundi 22 janvier : de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à
Saint-Gratien ;
-Mardi 23 janvier, de 18 à 19 heures, centre cl de la cité
Joliot-Curie ;
-Mercredi 24 janvier : de 11 h.30 à midi, marché des Champioux.
Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est
aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la
Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.
N’oubliez pas maintenant
de réserver votre billet d’entrée pour notre banquet local qui aura lieu en journée le dimanche 24 mars prochain. Parlez-en autour de vous. Le prix du
repas est désormais fixé. Comme l’an dernier, 17 euros pour les adultes, 8 pour
les enfants jusqu’à 14 ans.