Macron en
Israël : pour les intérêts de l’impérialisme français
25 Octobre 2023
Le 24 octobre, à la suite
d’autres chefs d’États occidentaux, Emmanuel Macron est allé assurer Benyamin
Netanyahou de son soutien dans sa guerre meurtrière à Gaza. En même temps, il a
voulu faire semblant de s’en démarquer un peu pour « défendre la paix », voire
« les intérêts des Palestiniens ». Mais c’était d’abord pour affirmer ceux de
l’impérialisme français.
Deux jours à peine après les
exactions du Hamas le 7 octobre, les dirigeants des principaux pays
impérialistes européens (Allemagne, Royaume-Uni, Italie et France) signaient
avec le président des États-Unis un communiqué commun exprimant leur « soutien
ferme et uni à l’État d’Israël », à « ses efforts pour se
défendre », précisant « qu’aucun autre acteur hostile à Israël
ne devait chercher à tirer avantage des attaques [du Hamas] ». La
position fondamentale de l’impérialisme français était donc clairement alignée
sur celle des États-Unis et sur leur soutien à l’État Israël.
Lors de sa visite en Israël, en
Cisjordanie et en Jordanie, Macron a voulu ajouter sa propre note en proposant
la création d’une « coalition anti Hamas »... qui serait une caution
de plus à la politique d’Israël. Mais il a aussi essayé de jouer une petite
musique « pro-arabe », propre aux intérêts de l’impérialisme français
dans cette région. Cette politique, ancienne, avait été médiatisée par les
protestations de Chirac contre le service de sécurité israélien lors de sa
visite à Jérusalem en 1996, et surtout symbolisée par la non-participation de
la France à la guerre menée en Irak par les États-Unis en 2003.
Ainsi, Macron a rencontré Mahmoud
Abbas, le chef de l’Autorité palestinienne qui avait refusé de voir le
président américain Joe Biden la semaine précédente, juste après l’annonce du
bombardement d’un hôpital de Gaza. Pour Abbas, qui est très discrédité auprès
de l’opinion publique palestinienne de Cisjordanie, rencontrer Macron était
sans doute moins compromettant que rencontrer Biden. Quant à Macron, en faisant
ce que Biden n’avait pas pu faire, il a au fond complété son action. Car les
États-Unis, tout en soutenant le gouvernement israélien, officiellement sans
réserve, veulent aujourd’hui ménager autant que faire se peut le dirigeant
palestinien.
Enfin, cette musique
« pro-arabe » est aussi une tentative pour l’État français de sauver
son image auprès des populations du Moyen-Orient et du Maghreb. Car, en
Tunisie par exemple, les manifestants sont allés dénoncer les bombardements sur
Gaza… devant l’ambassade de France.
Les dirigeants français, Macron
comme ses prédécesseurs, ne se soucient pas du sort des populations pauvres des
pays arabes. Mais se démarquer un peu des États-Unis leur a permis, à bien des
occasions dans le passé, d’entretenir des liens diplomatiques privilégiés avec
les États arabes et surtout d’obtenir pour les groupes industriels français de
substantiels marchés. Le fait que l’Arabie saoudite vienne de demander au
groupe Dassault un devis pour 54 avions Rafale tombe à point nommé pour
l’illustrer.
Le destin de tous les peuples de
la région, palestinien, israélien, libanais ou autres, est soumis aux
manœuvres des puissances impérialistes. Macron ajoute sa partition à ce
concert, tout en couvrant fondamentalement les bombardements à Gaza.
Pierre
ROYAN (Lutte ouvrière n°2882)
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nombreux articles sur la situation au Proche-Orient. Ce sont des articles dont
la lecture est particulièrement nécessaire actuellement.
Les prochaines
permanences prévues :
-Aujourd’hui vendredi
27 octobre, de 15 h.40 à 16 h.40 au marché du Val-Nord ;
-et de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour
« Babou » ;
-Samedi matin
28 octobre, de 10 h. à 10 h.30 marché des Coteaux ;
- et de 11 h. à
midi au marché de la Colonie ;
-Dimanche 29
octobre : -de 10 h.15 à 10 h.55 devant Intermarché ;
-et de 11 h. à
midi, marché Héloïse ;
-Mercredi 1er
novembre, de 11 h.30 à midi marché des Champioux.
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