dimanche 9 juillet 2023

Sénégal : répression made in France

 

« Coopération » made in dominants

 

 

Au Sénégal, le président Macky Sall a renoncé à un troisième mandat, après que ses manœuvres pour écarter un de ses derniers opposants eut déclenché d'importantes émeutes. 23 personnes y avaient perdu la vie, face à des forces de répression équipées... avec du matériel français.

         Ainsi l'entreprise Alsetex fournit des grenades assourdissantes GM2L et Veney-Carron des lanceurs de grenades sous la marque Lebel. Des véhicules blindés Arquus, filiale de Renault-Trucks, équipent la police sénégalaise.

         Toutes ces armes ne peuvent être exportées sans l'autorisation du gouvernement français. Aider à réprimer les opposants d'un régime ami tout en arrosant les industriels de l'armement, cela s'appelle la coopération.

samedi 8 juillet 2023

Nanterre, mort de Nahel mardi 27 juin : retour sur l’explosion de colère. Une correspondance de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine

Nanterre : explosion de colère

05 Juillet 2023

Dès la publication de la vidéo qui montrait clairement l’exécution délibérée par le policier du jeune Nahel, mardi 27 juin, la colère a explosé à Nanterre.

 

Particulièrement dans la cité Pablo Picasso et au Vieux-pont, les deux quartiers où ont vécu le jeune adolescent et sa mère. Des barricades de poubelles ont été édifiées, des véhicules incendiés et les affrontements des jeunes, certains n’ayant que 13-14 ans, avec les forces de police se sont déroulés une bonne partie de la nuit.

Ce qu’ont ressenti les jeunes après la mort de ­Nahel, tous le ressentent : la colère face à l’injustice de vivre, eux et leurs parents, dans un quartier où se délitent transport, logement et éducation. La colère face à ce racisme endémique des forces de répression qui les vise systématiquement, mais aussi les discriminations à l’emploi, à la formation et le dégoût de ces journalistes qui ne viennent dans leur quartier que pour faire des reportages d’« émeutes », gloser sur les parents prétendument démissionnaires dans un quartier qui compte 60 % de familles monoparentales.

Cette colère s’est exprimée aussi le lendemain jeudi 29, lors de la marche blanche qui s’est rapidement transformée en marche de la colère. Plus de 6 000 personnes, dont de nombreux jeunes venus de différents quartiers, mais également d’autres villes, ont défilé du quartier Picasso jusqu’à la préfecture. Des pancartes, des slogans pour crier leur révolte : « Justice pour Nahel ! », « Pas de justice, pas de paix », « Police partout, justice nulle part », « Combien de Nahel n’ont pas été filmés ? », « Peine de mort abolie mais on craint toujours pour nos vies ! »

Arrivé à la préfecture, des affrontements violents ont éclaté. La police a tiré de nombreuses grenades lacrymogènes. Des habitants, effrayés, ont souvent passé une partie de la nuit à entendre le bruit des mortiers d’artifice et des grenades. Certains ont essayé de parlementer avec les jeunes. Face à des jeunes qui s’étaient emparés de bouteilles de gaz et voulaient les faire exploser, un chibani (vieux, en arabe) les a interpellés pour les arrêter. Une maman s’est adressée à d’autres en expliquant que, s’ils mettaient le feu dans la cage d’escalier, c’était la mort assurée pour son mari malvoyant. Dans un autre quartier, des voisins se sont interposés pour empêcher un jeune de 12 ans de se faire lyncher après avoir allumé le feu dans les poubelles en bas de chez lui. Les pompiers, qui refusaient d’intervenir sans escorte policière, ont été accompagnés par les habitants pour éteindre un feu. Dans une autre cité du quartier Picasso, les habitants se sont relayés toute la nuit en bas des tours pour éviter que certains jeunes rentrent et mettent le feu.

Certains habitants disent comprendre la colère des jeunes mais d’autres, voire les mêmes, expriment leur incompréhension face à ce déchaînement de violence.

Face à tout cela, le maire de Nanterre ainsi que les représentants des autorités demandent le retour au calme, l’apaisement, expliquent qu’il faut faire confiance à la justice. Là aussi, les habitants sont partagés. Certains sentent que le retour au calme signifie arrêter de se révolter, d’autres ne voient pas d’issue à cette violence qui se retourne contre les habitants eux-mêmes.

                                                       Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2866)

 

Les prochaines permanences prévues :

-aujourd’hui samedi 8 juillet, de 10h.15 à 10h.55 devant Monoprix ;

-de 11 h. à midi, marché de la Colonie ;

-dimanche 9 juillet, de 10 heures 15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du centre ;

-et de 11 h à midi au marché Héloïse ;

-lundi 10 juillet, de 18 à 19 h. centre commercial des Raguenets à Saint-Gratien ;

 

Achetez notre hebdomadaire Lutte ouvrière (1,5 euro), et Lutte de classe (2,5 euros) n° n°233 en vente :

           -au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac du Val-Nord (le journal seulement) et à la librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri (On y trouve aussi la LDC) 

 

Adama Traoré, manifestons à 15 heures à République ! L’interdiction de la manifestation n’empêchera pas la volonté de vérité

Que cherche Darmanin ?

 

 

Le préfet du Val d’Oise a décidé d’interdire la manifestation qui chaque année réclame la vérité sur la mort en juillet 2016 dans la gendarmerie de Persan d’un jeune de Beaumont-sur-Oise, Adama Traoré. Les organisateurs contestent cette décision, et l’on ne sait pas encore ce qu’il en sera cet après-midi.

         Depuis qu’elle a lieu, cet évènement annuel rassemblant des milliers de manifestants s’est passée sans incident. Ce que j’ai constaté en y participant moi-même. Pourquoi en serait-il autrement cette année ?

         La ville de Persan a connu certes des destructions importantes lors des nuits qui ont suivi la mort de Nahel à Nanterre. La manifestation prévue pour Adama Traoré est d’une toute autre nature. Si le préfet du Val d’Oise maintenait cette interdiction, ce serai amener justement une pierre de plus dans les rancœurs et les haines souvent inconscientes des acteurs des évènements d’il y a dix jours.

         Oui, par cette interdiction, Darmanin cherche-t-il à mettre de l’huile sur le feu ?

           En tout cas, Lutte ouvrière appelle à participer à la manifestation de 15 heures aujourd'hui samedi, place de la République à Paris, à l'appel du Comité Vérité Pour Adama. Dominique Mariette