Ne
pas accepter de se sacrifier pour un système de plus en plus fou
22/08/2022
Rebondissements et menaces
d’emballement de la guerre en Ukraine ; jeu de poker menteur autour de la
centrale nucléaire de Zaporijja ; canicule, incendies, sécheresse et
orages dévastateurs ; flambée des prix… loin d’être la parenthèse
enchantée, la période estivale n’a cessé de nous rappeler les périls qui nous guettent.
Chacune de ces catastrophes
atteste de la faillite de la classe dirigeante : les capitalistes qui
dominent l’économie et les politiciens à leur service sont incapables d’assurer
un avenir viable à l’économie et à la société. Il ne s’agit pas d’incompétence
ni même d’une question morale.
Bien sûr, la cupidité et
l’individualisme de la grande bourgeoisie sont révoltants. Les milliardaires
Arnault et Bolloré ont mérité le scandale autour de l’utilisation des jets
privés. Alors que la population est appelée à la sobriété énergétique, le jet
de Monsieur Bolloré a émis autant de CO2 en un jour qu’un
automobiliste en dix ans ! Mais la capacité de nuisance des capitalistes se
situe à un tout autre niveau.
On peut reprocher au PDG de
TotalEnergies, Patrick Pouyanné, de multiplier les vols en jet privé et d’avoir
doublé son salaire, alors même qu’il a appelé la population à réduire sa
consommation d’énergie dans une tribune publiée dans la presse en juin dernier.
Mais c’est en dirigeant Total selon les règles capitalistes, c’est-à-dire en
faisant passer les profits avant les hommes et la préservation de
l’environnement, qu’il fait le plus de dégâts.
Ce ne sont donc pas seulement les
jets privés qu’il faudrait interdire mais aussi le droit d’une minorité de
capitalistes d’exploiter la majorité de la population et de mettre la planète
en coupe réglée.
La grande bourgeoisie et ses politiciens
ne peuvent pas organiser harmonieusement la vie sociale parce que le système
qui les enrichit et qu’ils défendent bec et ongles consiste à exploiter les
hommes et la nature, jusqu’à leur extrême limite, et parfois jusqu’à leur
destruction.
Les crises économiques que nous
subissons, la spéculation et l’envolée de certains prix sont les fruits de la
recherche effrénée du profit par une minorité de capitalistes. Les guerres sont
le prolongement de la concurrence folle à laquelle se livrent les grands
groupes et les États à leur service. Les inégalités, les déséquilibres et les
conflits entre pays et au sein de chacun d’eux sont en permanence alimentés par
l’exploitation, la domination du grand capital et l’impérialisme.
Tant que ce système perdurera et
que la grande bourgeoisie dominera, nous serons condamnés aux crises et aux
guerres, et c’est avec notre peau que nous les paierons.
Vendredi dernier, dans un
discours martial à Bormes-les-Mimosas, Macron a insisté sur les menaces que
fait planer la guerre en Ukraine, « une guerre qui tonne à nos
portes ». Il a solennellement appelé la population à « accepter
de payer le prix de notre liberté et de nos valeurs ». En clair, il nous
promet du sang et des larmes.
Ce ne sont pas des mots en l’air.
Le monde change… en pire. Plus les crises s’aggravent et se cumulent, plus les
attaques contre le monde du travail sont brutales. Car si les dirigeants sont
impuissants à juguler les crises, il est en leur pouvoir de les faire payer aux
travailleurs.
Alors, en cette rentrée, il faut
s’attendre à une offensive tous azimuts contre le monde du travail. La hausse
des prix, alors que ni les salaires ni les retraites n’augmentent dans la même
proportion, est déjà une attaque d’ampleur contre les classes populaires.
Parler de « sobriété
énergétique » est d’ailleurs déplacé quand des millions de familles
populaires en sont à se priver pour se nourrir ou n’ont pas assez d’argent pour
avoir une voiture ou un logement correct.
Macron a aussi annoncé un recul de
l’âge de départ à la retraite et une nouvelle réduction des droits au chômage.
Il ne faut pas accepter ces nouveaux
sacrifices. Les travailleurs devraient se priver et laisser la grande
bourgeoisie profiter de la crise et même l’alimenter en provoquant les pénuries
et des guerres ?
C’est en nous battant pour que la
société réponde aux besoins des travailleurs que l’on trouvera le chemin pour
maîtriser l’économie et en finir avec les fléaux qui compromettent l’avenir de
l’humanité.
La série de grèves très suivies
dans une Grande- Bretagne qui n’avait plus connu de mouvements d’ampleur depuis
des décennies montre la puissance des travailleurs s’ils renouent avec la force
des luttes collectives. En cette rentrée, inspirons-nous de cette combativité
retrouvée !
Nathalie Arthaud
Les prochaines permanences prévues.
-vendredi 26 août, de 17 h.15 à 18 h.15 carrefour
Babou ;
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Départ : 15 heures