samedi 20 août 2022

Lutte pour les salaires : Les travailleurs britanniques nous montrent la voie

 

Pour les salaires, le métro londonien presque entièrement paralysé hier

 



Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine

 

Grande-Bretagne : une série de grèves au cœur de l’été

17 Août 2022

La Grande-Bretagne est traversée par une vague de grèves cet été, la plupart du temps pour des augmentations de salaire, comme elle n’en a pas connu depuis des années. Il faut dire que l’inflation lamine le niveau de vie des classes populaires. Officiellement de plus de 9 %, en réalité plutôt de 11 %, et, d’après la Banque d’Angleterre, elle devrait atteindre 13 % en octobre.

Les prix des produits de première nécessité explosent, comme ceux du lait (+26 %), du beurre (+ 21 %), de la farine (+ 19 %) ou encore des pâtes (+ 16 %). Quant à ceux de l’énergie, pour lesquels le plafonnement est très limité, ils ont augmenté de 54 % et vont encore augmenter du même taux en octobre. Les travailleurs britanniques voient donc leur niveau de vie réduit. La grève la plus large et la plus suivie est celle des cheminots. Quand le syndicat majoritaire RMT les a consultés, comme la loi l’y oblige, 71 % des 40 000 syndiqués ont pris part au vote, et 89 % des votants se sont prononcés pour la grève. Les jours de grève, le trafic a été paralysé et la plupart des gares sont restées fermées.

Dans plusieurs autres secteurs, les travailleurs ont voté pour la grève ou sont en train de le faire : les postiers, les employés du métro de Londres, les techniciens des télécommunications, les enseignants, les travailleurs du système de santé, et d’autres. Les dockers du port de Felixstowe, dans le sud-est de l’Angleterre, ont voté pour une grève de huit jours en août, la première depuis 1989. Dans un entrepôt d’Amazon, à Tilbury dans l’Essex, les travailleurs se sont mis en grève le 4 août, après que la direction eut accordé une hausse de seulement 35 pence de l’heure, l’équivalent de 70 euros par mois) : ils réclament 2 livres de plus par heure, soit 400 euros par mois.

Les directions syndicales mènent ces grèves à leur façon bureaucratique, se limitant à des journées espacées et en ordre dispersé. Par exemple, le RMT, qui a une image de syndicat combatif, a appelé les cheminots à faire grève les 21, 23, 25 juin, puis le 27 juillet, et les 18 et 20 août prochains. Le syndicat ASLEF, qui organise quant à lui des conducteurs de train, dont certains appartiennent au RMT, a appelé ses membres à faire grève les 30 juillet et 13 août. Enfin, le RMT appelle les travailleurs du métro à faire grève… le 19 août. D’autres journées de grève ont été organisées sur certaines lignes régionales. Autrement dit, alors que les revendications salariales sont partagées par l’ensemble des grévistes, voire des travailleurs, chaque action reste sectorielle, voire corporatiste. La dynamique des grèves est ainsi contenue et la force collective du monde du travail est émiettée par cette dispersion et par l’absence de plan d’ensemble.

Le pouvoir est néanmoins embarrassé. Le 7 juillet, le Premier ministre Boris Johnson a annoncé sa démission, qui sera effective le 5 septembre, et d’ici là les adhérents du Parti conservateur doivent maintenant choisir son successeur. Les deux prétendants, l’ex-ministre des Finances Rishi Sunak et la ministre des Affaires étrangères Liz Truss, font assaut de promesses réactionnaires, y compris contre les syndicats et les grèves. Le pouvoir peut s’opposer à la vague de grèves grâce à la législation restrictive, héritée de l’ère Thatcher et préservée par les travaillistes : les syndicats doivent consulter leurs adhérents par un vote à bulletins secrets, et les grèves de solidarité sont illégales. Depuis 2016, une grève est illégale si la participation au scrutin est inférieure à 50 %, même si les votants sont majoritairement pour la grève. Les syndicats doivent donner un préavis de deux semaines au moins. La loi permet maintenant aux employeurs d’embaucher des intérimaires pour briser une grève, et le gouvernement voudrait imposer un service minimum dans les chemins de fer et les services publics. Mais rien de cela ne semble impressionner les grévistes.

Le Parti travailliste est porté par de bons sondages et par le discrédit du gouver- nement de Boris Johnson, mais ne veut pas apparaître comme favorable aux grèves. Son dirigeant Keir Starmer, qui a succédé à Jeremy Corbyn, a interdit aux députés de se solidariser avec les grévistes ; un député a ainsi payé de sa place dans le gouvernement fantôme travailliste le fait d’être allé sur un piquet de grève. Le Labour veut se montrer entièrement responsable vis-à-vis de la bourgeoisie. Les travailleurs auraient tort de compter sur son retour au pouvoir pour une amélioration de leur feuille de paye. Beaucoup, avec raison, comptent d’abord sur leurs luttes.

                                           Michel BONDELET (Lutte ouvrière n°2820)

 

Les prochaines permanences prévues.

-demain dimanche 21 août, de 10h.15 à 10h.55 devant Intermarché du centre

Et au marché Héloïse, de 11 h. à midi ;

-lundi 22 août, de 17 heures à 17 h.30 au carrefour Babou ;

Et de 18 à 19 heures, centre commercial des Raguenets.

-vendredi 26 août et 2 septembre, de 17 h.15 à 18 h.15 carrefour Babou ;

 

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Samedi 17 septembre, pour la défense de l’espace Jean Vilar,

Déambulation en direction de la Maison de Claude Monet

Départ : 15 heures

RATP bus : la direction mène l’offensive contre les conducteurs. Qu’elle se méfie du retour de manivelle

RATP bus : temps de conduite augmenté

17 Août 2022

Depuis le 1er août, la RATP impose de nouveaux horaires aux 16 000 conducteurs de bus. Après un an de pressions pour faire accepter des mesures de productivité, elle n’a pu obtenir l’accord d’aucun syndicat. Elle a donc pris une décision unilatérale, qui consiste en une série d’attaques contre les conducteurs.

Sans accord avec les syndicats, elle n’a pas pu faire passer certaines des mesures prévues : retirer six jours de repos ou mettre en place des services à coupure en deux parties le samedi. Mais elle a trouvé d’autres moyens de s’en prendre aux conditions de travail des conducteurs.

Elle augmente la moyenne du temps journalier de conduite de plus de 50 minutes. Elle supprime la barrière-repas de 14 heures, qui l’obligeait à stopper les horaires du matin. Désormais, des services commencent à 9 heures et finissent vers 16 heures ou 17 heures. Et surtout, il y a beaucoup de services en deux parties pendant la semaine, comme 5 h 30-9 h puis 12 h-16 h, ou commençant vers 11 heures et finissant vers 21 h 30. Elle supprime la prime de 12 euros net qui était versée sur ces services, ainsi que d’autres compensations, par exemple sur les retards en fin de journée. Pour les services Noctilien de nuit, elle veut même faire ressortir les conducteurs à leur fin de service pour un tour sur une autre ligne, afin de leur faire faire le nouveau temps journalier. Enfin, la direction prend prétexte de l’absence d’accord avec les syndicats pour ne pas verser la « compensation financière » qu’elle estimait équivalente à un 14e mois.

Tout cela, alors que les conducteurs reçoivent chez eux un courrier leur indiquant que leur dépôt de bus fait partie du lot mis en appel d’offres en vue de la filialisation, qui se traduira par des attaques supplémentaires sur la retraite, les salaires et à nouveau les repos et horaires de travail.

Deux syndicats ont attaqué cette décision unilatérale en justice. Le jugement doit être rendu le 31 août. En tout cas, toutes ces attaques choquent les conducteurs et les démissions se multiplient. Le sentiment d’être méprisé est général. L’idée de se mettre en grève en septembre se discute facilement.

Pour s’opposer aux attaques du patronat du transport, c’est bien la colère et la mobilisation des conducteurs de bus qui est nécessaire, qui pourrait entraîner les autres secteurs de la RATP et les travailleurs de Transdev ou Keolis, tout aussi attaqués.

                                            Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2820)

Argenteuil, les berges de la Seine, et l’humour noir du site internet de la municipalité

Quand on se moque allègrement des habitants…

 

Un rassemblement en juin 2021

La municipalité d’Argenteuil pratique incontestablement une forme d’humour, l’humour noir. À preuve, la présence sur le site internet de la Ville d’une information sur les berges de Seine. Une circulaire sans doute, mais qu’elle n’a pas relue, mais qui donne l’impression de narguer de fait les habitants d’Argenteuil.

         Sous le titre de « Partageons sereinement les berges de Seine ! », on trouve l’introduction suivante : « Les berges offrent des lieux de promenade bucoliques et agréables, sans circulation pour y déambuler en toute sécurité. Pourtant les berges restent avant tout des chemins de service utilisés quotidiennement par les agents de Voies navigables de France (VNF) pour entretenir les canaux et rivières. Assurons-nous d'une cohabitation sereine et respectueuse de tous aux abords de l'eau. »

Elle ajoute : « Vélo, randonnées, running, pêche, flânerie en famille… Les raisons de se rendre sur les chemins longeant les fleuves, rivières et canaux sont nombreuses, que ce soit pour y trouver un peu de fraîcheur l'été, pour y effectuer son entraînement sportif ou tout simplement pour se détendre… »         Et pour finir : «

« C'est en lien avec VNF que les berges de notre commune ont été aménagées pour faire de ces chemins, en sus d’espaces de travail, des espaces de loisirs pour les habitants. Assurons collectivement un partage respectueux de ces chemins si convoités. »

Bref, un texte qui parle de qui vous voulez mais qui ne s’adresse pas aux habitants d’Argenteuil pour qui on a supprimé le chemin de halage, et qui ne connaissent des berges que la RD311 et le « port à sable » en guise d’accès aux berges ! DM