Canicule,
sécheresse, incendies : les fléaux de la nature, les ravages du
capitalisme
15 août
2022
Des
canicules à répétition ; de gigantesques incendies ; des champs et
des prairies brulés par la sécheresse ; des communes et des cours d’eau à
sec, et même un fleuve, la Loire, traversable à pied : les catastrophes s’enchainent.
Si ces événements naturels n’ont rien d’inédit en eux-mêmes, ils sont favorisés,
multipliés et aggravés par la loi du marché capitaliste.
Les gouvernements
sont incapables de contenir le réchauffement climatique. Les ministres nous rabâchent
qu’il faut faire des « petits gestes au quotidien », prendre
le vélo plutôt que la voiture pour acheter son pain, couper le wifi la nuit, etc.
Mais ces gestes sont dérisoires, alors qu’on laisse les Total et autres ArcelorMittal
émettre quantité de gaz à effet de serre pour enrichir leurs actionnaires. 63
milliardaires français émettent autant de CO2 que les 50 % de Français les
plus pauvres. En un mois, le jet privé du PDG de LVMH Bernard Arnault, parfois
utilisé pour aller de Londres ouest à Londres est, émet autant de CO2 qu’un Français
en 15 ou 20 ans ; et son superyacht en émet, parait-il, encore plus !
La sacro-sainte liberté d’entreprendre et de polluer ne tient pas face à l’urgence
climatique.
Si les incendies
sont imputables à la sécheresse et aux fortes chaleurs, le manque de prévention
et de moyens les aggrave. La forêt des Landes est possédée à 90 % par des propriétaires
privés, importants pour certains, qui s’opposent souvent au tracé de pares-feux,
pourtant recommandés mais qui empièteraient sur leurs parcelles. Le
débroussaillage est souvent mal fait, et les pompiers se plaignent des difficultés
d’accès. Quant aux forêts publiques, le gouvernement programme encore 500
suppressions de postes à l’Office national qui les gère.
Les pompiers
professionnels, aujourd'hui justement salués, luttent depuis des années contre
la réduction de leurs moyens. Quand ils ont fait grève en 2019, le gouvernement
leur a envoyé les CRS plutôt que des compliments, et il n’a pas satisfait leurs
revendications d’effectifs et de salaires. Et les indemnités accordées aux pompiers
volontaires ne sont que de 8 euros de l’heure pour un sapeur. La France dispose
de plus d’un millier d’avions militaires, mais seulement de 21 avions pour lutter
contre les incendies, pas tous en état de marche, et pas plus de huit heures
par jour, faute de pilotes. Elle a besoin de six avions de Grèce, d’Italie et de
Suède, et de pompiers allemands, roumains et polonais… Comme les travailleurs
des hôpitaux et de l’éducation, les pompiers subissent la dégradation des services
utiles à la population.
Quant
aux sécheresses, elles ont certes toujours existé, mais un pays riche dispose
des moyens techniques et scientifiques d’en limiter les conséquences. Pourtant,
des animaux paissent dans des prés brulés, des cultures dépérissent, et les
habitants d’une centaine de communes n’ont plus d’eau. Le lavage des véhicules,
l’arrosage des espaces verts et des terrains de sport sont interdits. Mais une
dérogation est accordée aux greens de golf – un golf moyen consommant autant d’eau
qu’une ville de 7000 habitants. Mais le principal gaspillage, représentant 20 %
de toute l’eau distribuée, est dû aux multiples fuites des réseaux d’eau.
Ceux-ci sont aux mains de Veolia, Suez et la SAUR, des multinationales qui ont
empoché des rentes colossales sans faire les indispensables travaux sur les
canalisations.
En
réalité, les conséquences des dérèglements du climat sont toujours payées par
les classes populaires, par les plus pauvres d’entre eux en particulier, alors
que les plus riches et les grandes entreprises y échappent. Des hausses de prix
sont déjà annoncées, comme pour le lait. Elles s’ajouteront à celles de l’énergie,
des carburants, des huiles, des pâtes, etc. En 1976, Giscard avait imposé un
impôt sécheresse. Cette fois-ci, le coup de bambou passera peut-être par des factures
plus élevées.
Alors,
si les travailleurs ne veulent pas payer le prix de ces dérèglements
climatiques, si nous voulons retrouver la maitrise de notre économie, il faut la
contrôler et l’organiser en faisant passer les Canadair avant les jets privés
et les avions Rafale, la sécurité des populations avant les profits privés, la
préservation de l’environnement avant les dividendes des actionnaires, l’avenir
de la planète avant celui des cours de Bourse.
Nathalie Arthaud
Les
prochaines permanences prévues.
-tous les
vendredis de l’été, de 17 h.15 à 18 h.15 carrefour Babou ;
-dimanche
21 août, de 10h.15 à 10h.55 devant Intermarché du centre
Et au
marché Héloïse, de 11 h. à midi ;
-lundi 22
août, de 18 à 19 heures, centre commercial des Raguenets.
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Samedi 17
septembre, pour la défense de l’espace Jean Vilar,
Déambulation en
direction de la Maison de Claude Monet
Départ :
15 heures