mercredi 17 août 2022

Bonnes lectures de l’été (16) : Dans la maison de l’autre et L’assassin des ruines. Chaque jour un livre parmi mes bonnes lectures de cette année 2021-2022, aujourd’hui deux livres…

 

Dans la maison de l’autre, de Rhidian Brook, 10-18 et L’assassin des ruines de Cay Rademacher, éditions du masque



Deux livres qui se rapportent au même sujet. En ces temps de montée des tensions internationales, deux livres qui nous rappellent où elles peuvent nous conduire.

         Nous sommes à Hambourg dans les années immédiates qui suivent la reddition de l’Allemagne hitlérienne. Hambourg est détruite. L’Allemagne est exsangue.

         Je rappelle à ce propos les effroyables bombardements de juillet 1943 que subit la ville qui était au cœur de la production industrielle allemande et qui fit des dizaines de milliers de victimes en quelques jours. On parle de 40 000. Bombes au phosphore qui transformèrent des habitants en torches vivantes. Un million d’habitants fuirent la ville. Cela nous rappelle que la guerre n’est pas seulement une histoire militaire. Ses victimes sont en nombre, civiles.

         À la fin de la guerre, Hambourg n’est plus que l’ombre de ce que la grande ville hanséatique fut.

         Elle est dévolue à la Grande-Bretagne qui a récupéré une des zones d’occupation.

         Dans ce cadre général se développent les intrigues de ces deux romans. Misère, trafic, mort, déshumanisation marquent des rapports sociaux qui n’ont justement plus rien d’humain. Dans cette société décomposée règnent d’abord les maîtres du jour, les occupants et finalement le maintien chez les occupés des mêmes différenciations sociales.

         Ces deux livres m’ont rappelé l’excellent Enfants de Vienne, de Robert Neumann, paru dans les années 1960, qui m’avait beaucoup marqué, et que l’on peut retrouver chez les bouquinistes.

         Même drame de la guerre, mêmes trafics, mêmes horreurs. Et cette déshumanisation qui touche les plus faibles, et en premier lieu, les faibles parmi les faibles, les enfants. Lorsque la société de la civilisation de l’enfance laisse ces enfants à l’abandon dans un cadre dramatique, ils peuvent devenir des bandits et des assassins. Dans les trois livres que je viens de citer, cette question est sous-jacente.

         Et cela m’a fait penser, qui l’aurait cru, aux problèmes de la banlieue, et à ceux d’une fraction « marginalisée » de celle- ci.

         Oh bien sûr, nous ne sommes pas dans le Hambourg exsangue de 1945. Mais quand la société se décompose et pourrit, c’est ce qui a été construit laborieusement par la « civilisation des mœurs » qui est détruit. Un peu, beaucoup, immensément, à la mesure de ce pourrissement.

mardi 16 août 2022

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 15 août 2022

Canicule, sécheresse, incendies : les fléaux de la nature, les ravages du capitalisme

 15 août 2022

Des canicules à répétition ; de gigantesques incendies ; des champs et des prairies brulés par la sécheresse ; des communes et des cours d’eau à sec, et même un fleuve, la Loire, traversable à pied : les catastrophes s’enchainent. Si ces événements naturels n’ont rien d’inédit en eux-mêmes, ils sont favorisés, multipliés et aggravés par la loi du marché capitaliste.

Les gouvernements sont incapables de contenir le réchauffement climatique. Les ministres nous rabâchent qu’il faut faire des « petits gestes au quotidien », prendre le vélo plutôt que la voiture pour acheter son pain, couper le wifi la nuit, etc. Mais ces gestes sont dérisoires, alors qu’on laisse les Total et autres ArcelorMittal émettre quantité de gaz à effet de serre pour enrichir leurs actionnaires. 63 milliardaires français émettent autant de CO2 que les 50 % de Français les plus pauvres. En un mois, le jet privé du PDG de LVMH Bernard Arnault, parfois utilisé pour aller de Londres ouest à Londres est, émet autant de CO2 qu’un Français en 15 ou 20 ans ; et son superyacht en émet, parait-il, encore plus ! La sacro-sainte liberté d’entreprendre et de polluer ne tient pas face à l’urgence climatique.

Si les incendies sont imputables à la sécheresse et aux fortes chaleurs, le manque de prévention et de moyens les aggrave. La forêt des Landes est possédée à 90 % par des propriétaires privés, importants pour certains, qui s’opposent souvent au tracé de pares-feux, pourtant recommandés mais qui empièteraient sur leurs parcelles. Le débroussaillage est souvent mal fait, et les pompiers se plaignent des difficultés d’accès. Quant aux forêts publiques, le gouvernement programme encore 500 suppressions de postes à l’Office national qui les gère.

Les pompiers professionnels, aujourd'hui justement salués, luttent depuis des années contre la réduction de leurs moyens. Quand ils ont fait grève en 2019, le gouvernement leur a envoyé les CRS plutôt que des compliments, et il n’a pas satisfait leurs revendications d’effectifs et de salaires. Et les indemnités accordées aux pompiers volontaires ne sont que de 8 euros de l’heure pour un sapeur. La France dispose de plus d’un millier d’avions militaires, mais seulement de 21 avions pour lutter contre les incendies, pas tous en état de marche, et pas plus de huit heures par jour, faute de pilotes. Elle a besoin de six avions de Grèce, d’Italie et de Suède, et de pompiers allemands, roumains et polonais… Comme les travailleurs des hôpitaux et de l’éducation, les pompiers subissent la dégradation des services utiles à la population.

Quant aux sécheresses, elles ont certes toujours existé, mais un pays riche dispose des moyens techniques et scientifiques d’en limiter les conséquences. Pourtant, des animaux paissent dans des prés brulés, des cultures dépérissent, et les habitants d’une centaine de communes n’ont plus d’eau. Le lavage des véhicules, l’arrosage des espaces verts et des terrains de sport sont interdits. Mais une dérogation est accordée aux greens de golf – un golf moyen consommant autant d’eau qu’une ville de 7000 habitants. Mais le principal gaspillage, représentant 20 % de toute l’eau distribuée, est dû aux multiples fuites des réseaux d’eau. Ceux-ci sont aux mains de Veolia, Suez et la SAUR, des multinationales qui ont empoché des rentes colossales sans faire les indispensables travaux sur les canalisations.

En réalité, les conséquences des dérèglements du climat sont toujours payées par les classes populaires, par les plus pauvres d’entre eux en particulier, alors que les plus riches et les grandes entreprises y échappent. Des hausses de prix sont déjà annoncées, comme pour le lait. Elles s’ajouteront à celles de l’énergie, des carburants, des huiles, des pâtes, etc. En 1976, Giscard avait imposé un impôt sécheresse. Cette fois-ci, le coup de bambou passera peut-être par des factures plus élevées.

Alors, si les travailleurs ne veulent pas payer le prix de ces dérèglements climatiques, si nous voulons retrouver la maitrise de notre économie, il faut la contrôler et l’organiser en faisant passer les Canadair avant les jets privés et les avions Rafale, la sécurité des populations avant les profits privés, la préservation de l’environnement avant les dividendes des actionnaires, l’avenir de la planète avant celui des cours de Bourse.

                                                                                        Nathalie Arthaud

 

Les prochaines permanences prévues.

-tous les vendredis de l’été, de 17 h.15 à 18 h.15 carrefour Babou ;

-dimanche 21 août, de 10h.15 à 10h.55 devant Intermarché du centre

Et au marché Héloïse, de 11 h. à midi ;

-lundi 22 août, de 18 à 19 heures, centre commercial des Raguenets.

 

Achetez notre hebdomadaire Lutte ouvrière (1,5 euro), et Lutte de classe (2,5 euros) n° 225 :

                   Notre hebdomadaire en vente :

           -au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac du Val-Nord ;            

         -librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri (On y trouve aussi la LDC)

 

Samedi 17 septembre, pour la défense de l’espace Jean Vilar,

Déambulation en direction de la Maison de Claude Monet

Départ : 15 heures

Rentrée scolaire : certains prix explosent

 

Chère rentrée

 

 

Les fabricants de fournitures scolaires ont déjà annoncé que, vu la hausse du prix du papier, du plastique, etc., le prix des cahiers augmentera de 20 à 25 %, et que les copies vont subir des « hausses colossales ». La fédération des parents d’élèves FCPE a noté jusqu’à 38 % de hausse du prix des surligneurs et même 43 % pour certaines calculatrices.

L’allocation de rentrée scolaire, elle, n’a été revalorisée que de 5 %. Comme une grossière erreur de calcul.