mercredi 11 août 2021

Éducation, EPS, la députée Rilhac : quand Blanquer ferait mieux de se taire

 

Médaille d’or de la vantardise

 

Épreuve du marteau

L’éducation physique et sportive est totalement marginale à l’école en France. Ses moyens et ses horaires n’ont cessé de régresser depuis des décennies. Cela n’a pas empêché Blanquer de tirer la couverture à soi en liant les bons résultats de la France à Tokyo dans les sports collectifs à l’enseignement de l’EPS.

         Tous ceux qui connaissent le temps utilisé à l’école pour approcher et pratiquer à l’école le handball, le basket et le volley, en sont restés cois.

         Blanquer a suscité un certain nombre de réactions amusées, y compris de la part de récents médaillés à Tokyo.

Pour ne prendre qu’un exemple, Vincent Gerard, gardien de l'équipe de France de handball championne olympique, a évoqué le manque de moyens donnés à l'éducation physique à l'école : «Heureux de voir que l'EPS est considérée sur les réseaux sociaux. Parce que dans la réalité… Comme le reste de l'enseignement d'ailleurs, les moyens ne sont pas là…». Et paf, un but dans la lucarne de Blanquer.

S’il voulait (mais il s’en moque) savoir ce qu’il en est exactement dans la pratique, Blanquer a tout de même auprès de lui, à ses pieds, toute dévouée, madame Cécile Rilhac, ex enseignant d’éducation physique au lycée Georges Braque de la Ville qui n’était tout de même pas la dernière, naguère, à dénoncer avec son syndicat le manque de considération et de moyens qui touche cette matière. DM

Bonnes lectures de l’été 2021 (43), Les chemins de février d’Anna Seghers, éditeur Aden

Chaque jour jusque fin août, je vous propose une référence de mes bonnes lectures d’un an, depuis les grands vacances 2020, et celles que je découvrirai lors de mes lectures du présent été. Bonnes lectures donc, et à demain. DM

Quand le prolétariat autrichien connut une défaite majeure

 


Ce livre a été écrit dans la foulée des évènements de février 1934 en Autriche qui marquèrent une étape de la montée de la réaction en Europe, et de la marche vers la Seconde guerre mondiale.

         Le prolétariat européen connut alors une nouvelle défaite, en l’occurrence le prolétariat autrichien. Un an après l’arrivée au pouvoir d’Hitler, ce fut un coup dur qui marqua l’incapacité du grand parti ouvrier autrichien, le parti social-démocrate, de répondre au coup d’État de l’extrême-droite. Certes, il y eut des réactions, en particulier de travailleurs organisés dans l’organisation de défense du parti. Ces travailleurs étaient armés. Ce fut la direction politique qui ne fut pas à la hauteur et ne sut pas anticiper et coordonner le sursaut important de ces travailleurs. Ce sont ces évènements que racontent le bon roman d’Anna Seghers, des Chemins de février qui menèrent à une impasse, à une dictature et à la répression du mouvement ouvrier autrichien.

mardi 10 août 2021

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 9 août 2021

 Contre la pandémie, imposer des moyens pour la santé

09/08/2021

Après la validation de la loi par le Conseil constitutionnel, les manifestations contre l’obligation vaccinale et le passe sanitaire étaient encore plus importantes le 7 août que les samedis précédents.

Avec le mépris habituel du gouvernement, Olivier Véran, le ministre de la Santé, a répondu que ceux qui se battent ne sont pas les manifestants, mais « ceux qui respectent les gestes barrière, ont fait attention à leurs proches et se sont vaccinés ». Présents dans de nombreux cortèges, les soignants, les pompiers, dont c’est le métier d’observer les gestes barrière et de veiller sur toute la population, apprécieront cette nouvelle insulte.

Après 18 mois de mensonges, le gouvernement défend sa loi sanitaire au nom de la santé et de la science. Quelle blague ! Les vérités scientifiques à la sauce gouvernementale varient plus souvent que la météo. Du fait des files d’attente impossibles à gérer devant les pharmacies, Véran vient par exemple d’annoncer que la durée de validité des tests passe de 48 à 72 h.

Si la politique du gouvernement était guidée par ses préoccupations pour la santé publique, cela se saurait ! Comme les gouvernements précédents, il a mené l’hôpital public au bord de l’asphyxie, au point que, dans l’un des pays les plus riches du monde, on a manqué de masques, de surblouses, ou de tests face à l’épidémie. La logique financière est entrée à l’hôpital, conduisant à la suppression de 100 000 lits d’hospitalisation en trente ans. En pleine pandémie, ces quinze derniers mois, 1 800 lits supplémentaires ont été fermés. Vaccinés ou non, les soignants qui contestent ces conditions de travail et leurs salaires indignes se montrent mille fois plus responsables !

Si la campagne vaccinale du gouvernement s’est heurtée à des obstacles, c’est du fait du manque d’infirmiers et de médecins et de la méfiance générale due à sa politique. Et aujourd’hui, Macron voudrait accuser la population de ses propres carences, en la rendant responsable de la quatrième vague. Mais c’est son gouvernement et les capitalistes qu’il sert qui devraient être sur les bancs des accusés.

Les grands groupes pharmaceutiques, qui osent augmenter le prix des vaccins, se moquent bien de la santé publique, et le gouvernement n’y trouve rien à redire. C’est toujours la même histoire : les contraintes et les sanctions sont pour la population, tandis que les capitalistes ont les mains libres pour engranger les profits.

Cette nouvelle loi est une manœuvre politique, qui vise à dédouaner le gouvernement de son irresponsabilité tout en attaquant les travailleurs.

Elisabeth Borne, la ministre du Travail, prétend que la loi sanitaire est faite pour ne pas gâcher la reprise économique et créer des emplois. Parler de reprise de l’emploi tout en instaurant ce qui revient à un nouveau motif de licenciement pour raison sanitaire, c’est tout un programme. La « reprise » économique se traduira en profits pour le patronat et en coups de triques supplémentaires pour les travailleurs !

La baisse des allocations chômage et les menaces de report de l’âge de départ à la retraite visent tous les travailleurs. Les salaires et les conditions de travail seront d’autant plus tirés vers le bas, tandis que les chômeurs et les retraités en seront réduits à la misère.

Les irresponsables sont au sommet de la société et imposent la dictature du profit à toute l’humanité. Ce sont les grands groupes capitalistes, ce sont ces quarante nouveaux milliardaires, parmi lesquels les patrons de Moderna et de BioNtech, qui ont construit leurs fortunes grâce à la pandémie. C’est à eux qu’il faut retirer leur pouvoir de nuisance sur la santé publique et sur toute la société. Cela, on ne peut l’attendre d’aucun gouvernement. On ne peut pas non plus l’attendre des différents politiciens qui se disent contre la loi sanitaire au nom de la liberté, mais qui défendent l’ordre capitaliste.

Dans cet ordre social, la liberté est bien réduite pour les travailleurs. Ils sont libres de se faire exploiter pour des salaires qui, avec ou sans passe sanitaire, ne permettent pas de s’offrir le restaurant ou le cinéma en famille. Alors, le problème des travailleurs est d’imposer leur droit à la vie.

Vaccinés ou non, ils auront à lutter ensemble pour imposer que l’argent public cesse d’arroser à fonds perdus les grandes entreprises, et serve à embaucher massivement et à augmenter les salaires dans les hôpitaux, les ehpad, les services à la personne.

Ils auront à lutter pour l’expropriation, sans indemnités ni rachat, des actionnaires des trusts pharmaceutiques et pour placer ces entreprises sous le contrôle de la population. C’est le seul moyen de mettre la vaccination, comme l’ensemble des progrès scientifiques, au service de toute l’humanité.

 

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Nos prochains rendez-vous :

Le 11, lors du Forum des associations, nous nous retrouverons sur les stands. (Toujours pas d’information officielle)

Le samedi 18 septembre, rassemblement pour la défense de l’espace Jean Vilar et contre le projet Cap Héloïse

Le jeudi 23 septembre, à 20 heures, grande salle de l’espace Nelson Mandela, une réunion publique-débat de Lutte ouvrière : crise de la société et perspectives pour le « camp des travailleurs »

 

Attention : mes 5 articles du jour apparaissent parfois sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de la première page sur « articles plus anciens). DM

Vaccination : il y a ceux qui ne veulent pas se faire vacciner et ceux qui ne le peuvent pas

 

Quels moyens pour aller les chercher ? Obligation… de se débrouiller. Illustration

 


Dans cette question de la vaccination, quels moyens s’est donné l’État non seulement pour convaincre depuis huit mois de la nécessité de se faire vacciner, mais également d’établir la proximité nécessaire avec les candidats ? Sa réponse a été totalement pour le moins très limitée.

Selon BFM-Lyon, le centre de vaccination de Brignais dans le Rhône va fermer le 10 août, car il n'a plus de doses à proposer. Ce centre de proximité a pourtant déjà permis de vacciner plus de 1000 personnes depuis début mai. Mais, il ne fait pas partie des centres livrés par l'ARS, les doses viennent de la médecine de ville. Les gros centres sont privilégiés, même s'ils sont plus loin, et tant pis pour ceux qui n'ont pas de voiture ou qui se déplacent difficilement.

Le gouvernement n'a de cesse, pour justifier l'obligation vaccinale, d'accuser les gens d'être égoïstes, mais rien n'est vraiment fait pour permettre au plus grand nombre de se vacciner. Là encore, la logique gouvernementale, c'est « on impose, vous vous débrouillez ».

Argenteuil, Châtellerault, magasins Action et autres enseignes : le profit des actionnaires au prix de la surexploitation des travailleurs

 

Un salarié nécessaire non embauché, c’est un paquet de fric gagné


 Certes, une très bonne Action… pour les actionnaires

Un des magasins Action de l’hexagone, à Châtellerault, était à l’arrêt samedi. Les salariés étaient en grève à l’appel de la CGT pour protester contre des conditions de travail très dégradées, ce qu’exprimait un panneau installé devant le magasin : « Manque d'effectifs, surcharge de travail, changement d'horaires, augmentation des salaires, prime Macron, non à l'insécurité... No réaction? »

         Un gréviste décrivait ainsi les conditions de travail des salariés : « Depuis l'ouverture en 2016, le magasin accueille toujours plus de monde, fait toujours de plus de chiffre... Il a énormément de succès, et malgré ça, l'effectif ne bouge pas, témoignent les grévistes. On est douze, on est sollicités de partout, en rayon, en caisse... Pour pouvoir tout gérer, on nous a augmenté nos amplitudes horaires, avec une embauche à 6h et une débauche à 20h30. On fait chacun le travail de deux personnes pour un salaire ridicule. »

         La lecture de notre brève n’étonnera pas nos lecteurs qui fréquentent, eux, le magasin installé depuis quelques années au premier étage du centre commercial Côté Seine d’Argenteuil. Les clients de ce magasin populaire le constatent chaque jour. Il manque des effectifs, et pas qu’un. C’est dommageable à eux-mêmes, et bien sûr aux salariés de l’enseigne. DM