jeudi 18 juin 2020

Argenteuil, crise sanitaire, masques municipaux dorénavant à gogos ? Oui, à gogos…


Ils en distribueront encore à noël prochain ?

 
Si, au moins, c'était pour cela ?
Chacun a encore en tête la douloureuse situation du manque de masques dont les travailleurs de la santé en particulier, mais plus largement tous les travailleurs, ont largement souffert et qui a marqué l’incapacité gouvernementale. Elle a eu des conséquences tragiques.
         Ensuite les initiatives locales n’ont pas manqué, mais se sont faites très tardivement et ont été marquées souvent par le manque d’organisation et ont des résultats très divers.
         Eh bien, après avoir manqué de masques durant la « bataille », voilà qu’après largement celle-ci, des masques arrivent en veux-tu en voilà.
         La municipalité a organisé en mai une distribution à grands moyens dans les bureaux de vote, et cela a ressemblé à une opération électorale dérisoire. Cela ne semblait pas possible alors de les distribuer directement dans les boîtes à lettres. Mais ce qui était présenté comme étant impossible hier est devenu possible aujourd’hui, comme par miracle.
         Sur la Ville, ces boîtes viennent de se remplir le 16-17 juin d’une enveloppe contenant trois masques « offerts par la Ville et le Département » !
         Offerts à nous-mêmes par nous-mêmes par l’intermédiaire de nos impôts bien plus certainement !

Histoire du colonialisme français : De Gaulle bien placé dans la liste des défenseurs de l’Empire colonial. A ne pas oublier le 18 juin comme le reste de l’année !


De Gaulle, un autre « Colbert »

 
Un serviteur de la... bourgeoisie et de ses œuvres les plus sombres

Un buste du général De Gaulle a été vandalisé dans le nord sur la commune d’Hautmont dans les Hauts de France. Il a été tagué et portait l’inscription d’esclavagiste.
         Cet acte a été qualifié par les notables locaux de scandaleux d’autant qu’il a lieu à quelques jours de la commémoration de l’appel à résister lancé par le Général de Gaulle le 18 juin 1940. Cette période de l’histoire française est mythifiée. L’objectif de De Gaulle était de permettre à l’État français d’avoir son mot à dire dans les négociations de fin de conflit alors que l’armée française avait été défaite en 1940 par les troupes allemandes et que le Pétain avait assumé la collaboration avec l’État français.
         De Gaulle a été un homme dévoué au service de la bourgeoisie. Et comme tous les hommes politiques de sa classe il a du sang sur les mains. Le massacre des révoltes de Sétif en Algérie en 1945 est à porter à son actif. Ce tague a au moins le mérite d’écorner l’image de De Gaulle comme un grand homme reconnu par la classe politique française et incritiquable.

mercredi 17 juin 2020

Hôpitaux publics ou privés, Epahd ou autres structures de santé… le grand succès de la journée de mobilisation d’hier


Du fric pour l'hôpital, pas pour le capital





Comme on pouvait s'y attendre, des dizaines de milliers de personnes, travailleurs des hôpitaux publics ou privés, des Epahd ou d'autres structures de santé mais aussi des délégations de nombreuses entreprises, ont défilé dans de nombreuses villes hier mardi. Ils dénonçaient le retour à "l'anormal" : le manque d'effectifs, de moyens financiers, de personnels et les promesses de revalorisations salariales non tenues. 
         Pendant que le gouvernement lanterne les représentants syndicaux dans le cadre du "Ségur de la santé", il distribue les centaines de milliards, sans délai et sans barguigner, aux capitalistes. Le personnel soignant ne s'y trompe pas. Les affrontements bien médiatisés entre la police et quelques centaines de Blacks-blocs à Paris, ne réussiront pas à cacher le succès de cette journée de manifestation qui en appelle d'autres, plus massives encore.

Argenteuil, Eaubonne, défense de la santé publique : des rassemblements qui en appellent d’autres


Le plus grand rassemblement depuis longtemps à Argenteuil






                                                 Photos Daniel Hommeau. Merci
Photos de Marie :





C’est vrai qu’il y avait longtemps que l’on n’avait pas vu un rassemblement non seulement réussi par la présence de plus de 250 personnes mais également par l’ambiance dégagée par les participants. Les interventions des représentants des personnels de santé, de la CGT et de l’Unsa de l’hôpital d’Argenteuil, du Comité de défense de l’hôpital d’Argenteuil, du syndicat CGT de l’Éducation nationale, d’une infirmière libérale, d’un médecin, indiquaient que le « jour d’après » ne pouvaient pas être comme « le jour d’avant », et que face à l’offensive patronale qui se développe, personnels et usagers, à l’hôpital comme ailleurs, il nous faudra lutter. Une satisfaction pour les organisateurs, l’Union départementale CGT du Val d’Oise et l’Union Locale CGT d’Argenteuil.
         Un groupe d’une vingtaine de proches de Lutte ouvrière étaient présents. DM

Presqu’une première à Eaubonne



80-100 personnes, donc un peu plus qu'il y a deux ans pour l'accueil du premier ministre, avec la seule présence de la CGT… Quelques militants de Lutte ouvrière présents. Des soignants sont sortis pour ce rassemblement au moment de leur pause.

         Drapeaux de la CGT95 et de Lutte ouvrière qui flottaient au vent. Une délégation du syndicat des pompiers-CGT du Val d’Oise était présente et a été applaudie.

         Une prise de parole de la CGT a eu lieu. Philippe Renou, d’Eaubonne.

Sanofi-Pasteur – Macron vacciné contre… la présence des travailleurs


Cachez ces travailleurs que je ne saurais voir



Hier mardi 16 juin, Macron et le PDG de Sanofi Paul Hudson viennent sur le site de Marcy l’Étoile dans le département du Rhône. A l'occasion de cette venue, la direction a demandé à un maximum de travailleurs de rester chez eux en télétravail. Il sera de même interdit de circuler dans le périmètre de visite. Ceux travaillant dans ce secteur seront parqués sur le site avant 8h et ne devront plus sortir des bâtiments avant 13h, même pour fumer et manger.
         Macron et Hudson auraient-ils peur de se faire huer par des travailleurs ? Craignent-ils que leur politique soit contestée ?
         En tous cas, les travailleurs n’ont rien à attendre de cette visite car si Macron fait des annonces, ce sera sûrement pour faire une énième annonce d'aides publiques à Sanofi, déjà bien gavé d’argent public, et réalisant des milliards de profits sur le dos des salariés !

Police, clé d’étranglement, un abandon remis aux calendes grecques ?


« Un pas en avant, un pas en arrière, c’est la politique du gouvernement »



Le 8 juin, suite aux démonstrations de protestation contre les violences policières, Castagner annonçait l’abandon de la clé d’étranglement : « La méthode de la prise par le cou, dite de l’étranglement, sera abandonnée et ne sera plus enseignée dans les écoles de police et de gendarmerie. C’était une méthode qui comportait des dangers ». Mais quelques jours plus tard, le chef de la police nationale vient d’opérer un pas en arrière, et déclare qu’elle sera en usage jusqu’à la mise au point d’une méthode d’interpellation tout aussi efficace !
         D’ici là, combien d’interpellations dramatiques ?
         Les manifestations contre les violences policières ont vraiment toutes les raisons de se poursuivre !

Violences policières : la mort de Lamine Dieng, une reconnaissance pour le combat ô combien justifié de la famille


Un accord qui veut reconnaissance de la responsabilité de l’État



Un accord à l’amiable vient d’être passé entre la famille de Lamine Dieng, mort dans les mains de la police et l’État français, avant que la Cour européenne des droits de l’homme ne reconnaisse la responsabilité de ce dernier. Cet accord a une dimension financière et marque la reconnaissance de sa responsabilité par l’État.
« Lamine Dieng est mort le 17 juin 2007 dans un car de police après avoir été immobilisé et pressé au sol alors qu’il résistait à son arrestation dans le quartier de Ménilmontant (20e arrondissement).
« Treize années de combat contre le déni de justice »
Dans un communiqué, la famille de Lamine Dieng s’est réjouie de ce règlement, qui constitue pour elle « une victoire » :
« Nous avons vécu treize années de combat contre le déni de justice, face à une institution qui nous a systématiquement refusé un procès pour les responsables de la mort de notre fils, frère, oncle. »
Sa sœur Ramata Dieng, déçue par la position du président français, Emmanuel Macron, sur les violences policières, a appelé à manifester samedi après-midi à Paris, « place de la République, à 13 h 12, pour une marche autour du quartier de Ménilmontant où habite notre famille ».
Depuis plusieurs années, le comité Vérité et justice pour Lamine Dieng et le collectif Vies volées réclament également l’interdiction de la clé d’étranglement… »

Merci au « Comité Justice et Vérité pour Ali Ziri » pour ces informations que nous transmettons bien volontiers.

mardi 16 juin 2020

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 15juin 2020


Crise sociale et Économique : aux capitalistes de payer, pas aux travailleurs !

Réouverture des cafés et restaurants partout ; libre circulation en Europe ; retour dans les écoles… Dimanche soir, Macron, en pleine autosatisfaction, a annoncé un semblant de normalisation. Mais la période qui vient ne sera pas un retour à la normale.
La crise économique est là, et elle est sans précédent. L’activité de nombreux secteurs s’est effondrée. Renflouer les grandes entreprises de l’automobile, de l’aérien et de l’aéronautique, du tourisme, verser les pensions de retraites, les indemnités chômage, assurer les transports publics… tout cela se fait au prix d’un endettement colossal auprès des financiers.
La crise sanitaire a fait basculer dans le dénuement et le chômage total les salariés vivant de contrats précaires. Elle a donné le coup de grâce aux commerces qui arrivaient tout juste à surnager dans cette économie de requins.
Même ce qui semblait, jusqu’ici, stable et assuré est devenu incertain et source d’angoisse pour le monde du travail. Renault, Airbus, Bombardier, Vivarte, Hutchinson et bien d’autres suppriment des emplois par milliers. Le fait d’avoir un CDI et de travailler dans une grande entreprise n’est plus une protection. Le salaire que l’on croyait acquis est remis en cause par le chômage partiel, la suppression de primes ou par des chantages à l’emploi baptisés « accords de performance ». 
Autre droit en voie de disparition : les cinq semaines de congés payés. Elles n’existaient vraiment que pour ceux en emploi stable, eh bien, cette année, elles ont disparu pour presque tout le monde ! Pendant le confinement, le grand patronat a en effet volé des jours, voire une semaine de congés à des millions de salariés.
La grande bourgeoisie est prête à tout pour préserver ses cours boursiers et ses profits, et ce ne sont pas les idées qui lui manquent !
Tavares, le PDG du groupe PSA, envisage, par exemple, de faire venir des ouvriers de Pologne et d’Espagne pour travailler en équipe de nuit dans l’usine PSA d’Hordain dans le Nord. L’idée étant de pouvoir faire l’inverse en cas de besoin, c’est-à-dire de prêter des ouvriers français aux usines polonaises ou espagnoles. Il veut transformer les ouvriers de son groupe en nomades de l’industrie, censés travailler un mois dans une usine, un mois dans une autre même si elle est à l’autre bout du pays, voire à l’autre bout de l’Europe.
Une vie de pions, déplacés, vendus, jetés au gré des besoins d’une minorité richissime ; une vie vouée au labeur et à l’exploitation : voilà l’avenir que le grand patronat nous réserve !
Non, nous ne retrouverons pas le train-train d’avant le Covid-19, si tant est que l’on puisse parler ainsi pour ceux qui se démènent, au jour le jour, pour joindre les deux bouts. Nous entrons dans une période de crises sociales et politiques d’ampleur parce que la bourgeoisie s’est lancée dans une offensive féroce contre le monde du travail.
La situation a déjà atteint, pour beaucoup, les limites du supportable, on le voit avec les manifestations de la jeunesse contre le racisme et les violences policières, comme on l’avait vu avec les Gilets jaunes et la mobilisation contre la réforme des retraites. Ces mouvements de colère n’ont rien du coup de tonnerre dans un ciel serein. La société se fissure et se décompose depuis des décennies sous les effets du chômage de masse, des inégalités et des injustices. Tout se délite.
Même le pilier de cet ordre social injuste et inégalitaire qu’est la police rue dans les brancards ! Parce que les mercenaires de la bourgeoisie sont non seulement envoyés faire le sale boulot, mais ils sont eux-mêmes victimes de salaires et de conditions de travail indignes.
Alors oui, la situation est grave, mais le monde du travail a les moyens de la changer s’il conteste la dictature des actionnaires et des financiers.
Mardi 16 juin, les hospitaliers seront dans la rue pour dire leur colère : en 25 ans, l’État a supprimé 100 000 lits, et après l’épreuve qu’ils ont traversée, il ne leur offre que des médailles et une promesse de défilé, mais ni postes, ni lits, ni augmentations de salaire. Eh bien, il faut se mobiliser avec eux, le plus nombreux possible, car il ne s’agit pas d’intérêts catégoriels, mais de protester contre cette société où l’argent qui devrait aller à la santé, va aux financiers !
Les travailleurs ont un rôle essentiel à jouer dans la période. Il s’agit non seulement de sauver leurs conditions d’existence, mais aussi d’offrir une issue aux protestations actuelles.
C’est la domination de la bourgeoisie qui perpétue les injustices et oppressions raciales ou sociales. Seule la lutte des travailleurs, s’ils vont jusqu’au bout dans la défense de leurs intérêts d’exploités, peut la remettre en cause.