mercredi 16 octobre 2019

Argenteuil, L’Atrium, projet sauvage et utilisation muséale possible


Et pourquoi pas un Vivarium de pièces de musée ?

 


L’Atrium, la salle provisoire qui devait remplacer le complexe Jean Vilar est un désastre. Pas pour les entreprises qui y ont trouvé un marché dont le total s’élève sans doute à plus de deux millions d’euros. En revanche, pour les finances de la Ville en plus du coût de base, avec l’entretien, avec le chauffage même si celui-ci est problématique, c’est un échec. Sans parler du problème de l’acoustique…
         Bref, l’Atrium ne sert pratiquement à rien.
         La municipalité a prévu néanmoins d’y organiser une manifestation culturelle en collaboration avec le musée des arts extra-européens du quai Branly (à visiter, c’est remarquable, lui). La présence de quelques objets de ce musée samedi prochain à l’Atrium est une très bonne idée, et l’on regrette seulement que cela dure seulement une journée.
         Comme chacun sait nous ne sommes pas chiens pour faire partager nos idées, alors, pour que cette salle soit un peu utilisée, pourquoi ne pas y faire une exposition permanente des objets de l’ex-musée de la rue Pierre Guienne qui dorment dans un sous-sol.
         Cela donnera enfin une justification à l’existence de cette salle coûteuse. Une sorte de musée à l’Atrium ! Et le complexe Jean Vilar pour toutes les autres activités d’importance, fêtes, banquets, salons divers, réunions, et autres évènements divers ! DM

mardi 15 octobre 2019

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 14 octobre 2019


Michelin : non au diktat capitaliste

Avec 1,2 milliard d’euros de profits en 2018, Michelin a décidé de fermer son usine de La Roche-sur-Yon qui emploie 619 salariés. À Belfort, General Electric poursuit son plan de fermeture avec 800 licenciements. Moins spectaculaire mais tout aussi révoltant, des banques aussi prospères que la Société générale et BNP Paribas suppriment des milliers d’emplois.
Et c’est toujours la même histoire. En ce qui concerne la fermeture de l’usine de La Roche-sur-Yon, Michelin nous explique être victime de la concurrence et du ralentissement mondial. Mais qui est menacé dans son emploi et son salaire ? Qui est mis devant l’obligation de quitter maison, famille, amis dans l’espoir de conserver un emploi ? Et qui risque de se retrouver à Pôle emploi ?
Les seules victimes sont les ouvriers et les employés de Michelin, les intérimaires et les salariés des sous-traitants. Pour les actionnaires de Michelin, ce sera tout bénéfice. Ils touchaient déjà des dividendes confortables, la fermeture de l’usine les consolidera !
Bruno Retailleau, sénateur de Vendée, ex-filloniste, homme de droite habitué à pourfendre le monde ouvrier, s’est fendu d’un communiqué pour critiquer la fermeture de l’usine de La Roche-sur-Yon. Il y regrette le manque de respect de Michelin vis-à-vis des salariés et des élus et déplore un manque de concertation. Où et quand a-t-il vu que les capitalistes demandaient la permission des salariés avant de fermer et respectaient les engagements pris auprès d’eux ?
Crise ou pas crise, les actionnaires veulent amasser leurs dividendes et grossir leurs fortunes avec des actions dont le cours doit toujours monter. Aux ouvriers de suer toujours plus de profits et d’être traités comme des pions !
La décision de Michelin est l’expression même de la dictature capitaliste sur la classe ouvrière et sur toute la société. À une poignée et pour sauver leurs profits malgré la crise, les grands actionnaires menacent la vie de plusieurs centaines de familles, d’une ville et d’une région tout entière. C’est de cette dictature capitaliste que toute la société crève aujourd'hui. 
La société n’a pourtant jamais été aussi riche. Les usines elles-mêmes n’ont jamais été aussi performantes. Ce dont nous crevons, c’est de la course aux profits et de cette concurrence acharnée qui est menée avec la peau des travailleurs.
La rapacité patronale ne peut que s’exacerber face au marasme mondial et aux incertitudes qui pèsent sur leurs affaires. Tout ce que la bourgeoisie peut prendre aujourd'hui aux salariés pour se protéger de la prochaine catastrophe économique annoncée, elle le prendra.
Malgré le 1,2 % de croissance dont se vante le gouvernement, aucune entreprise du privé ou du public n’échappe aux restructurations ou aux suppressions d’emplois. Partout, les charges et les rythmes de travail sont épuisants et les salaires bloqués à des niveaux scandaleusement bas.
Quant au secteur de l’automobile, il anticipe un coup de frein, du fait du ralentissement économique mondial, et fait replonger les ouvriers dans l’ambiance du krach de 2008. 
Malgré les milliards de profit accumulés ces dernières années, partout, il est question de budgets épuisés, d’intérimaires renvoyés, d’équipes supprimées, de chômage partiel. Et cela va de pair avec les cadences folles et les heures supplémentaires, compétitivité et rendement obligent. Là, on invite les salariés à réfléchir à leur avenir professionnel dans une autre entreprise, ici, on les pousse à démissionner. Partout, pend l’épée de Damoclès du licenciement.
Le grand patronat s’organise déjà pour faire payer l’aggravation de la crise aux exploités. Si l’on ne veut pas que ce soit une catastrophe pour les travailleurs, il faut s’organiser et se préparer à se défendre collectivement.
Il n’y aura pas d’échappatoire. Lorsque la crise se généralisera, elle touchera tous les secteurs et tous les pays.
À l’échelle du monde, Volkswagen a annoncé 7 000 suppressions d’emplois, Nissan, 12 500. Les banques en ont programmé 44 000… D’un bout à l’autre de la planète, les travailleurs sont victimes de la même dictature capitaliste, de la même rapacité, de la même irresponsabilité.
La seule issue réside dans la capacité de la classe ouvrière à engager le bras de fer avec la bourgeoisie. D’abord, pour la faire reculer et lui imposer de payer pour sa crise. Mais, aussi et surtout, pour contester son pouvoir sur l’économie. Car on ne s’en sortira pas sans renverser la dictature de la classe capitaliste sur l’économie et sur toute la société.
 


General Electric : comme chez Michelin, profits à milliards… et licenciements


Bénéfices et licenciements en hausse

Le trust General Electric (GE) avait racheté une partie d’Alstom en promettant d’embaucher 1 000 personnes. Non seulement il n’a jamais tenu parole, mais il vient d’annoncer la suppression d’un millier d’emplois à Belfort. Les travailleurs bloquent l’usine ainsi qu’une énorme turbine.
         Le ministre de l’Économie a protesté, en demandant à GE de revoir son projet. Du coup, GE envisage de réduire un petit peu les licenciements en échange d’une dégradation des conditions de travail, de RTT et de salaire pour les travailleurs.
         GE a pourtant augmenté ses bénéfices au début de l’année. Mais patrons et actionnaires n’ont pas le moindre souci des travailleurs. Ce qui compte pour eux, c’est le fric. La seule alternative : les obliger à maintenir emplois et salaires.
 
 

Turquie, Syrie, Massacres, hypocrisie et intérêts impérialistes


Un peuple kurde otage des grandes puissances

 


Pendant qu’en Syrie l’armée turque massacre les Kurdes avec l’aval des États-Unis, Macron et Angela Merkel jouent les indignés.
Paris et Berlin disent suspendre leurs ventes d’armes à la Turquie. Mais pas les commandes déjà passées : elles continueront d’être livrées et les Kurdes d’être tués.
Depuis un siècle, le peuple kurde est l’otage de la politique des grandes puissances, qui ne lui font des promesses que quand cela peut servir les intérêts de leurs groupes industriels, pétroliers et financiers, pour les oublier aussitôt après.

Val d’Oise Éducation : une rentrée catastrophique. Chronique de la rentrée 2019 (1)


Violence dans les lycées du Val d'Oise : surtout pas un hasard

 
Des éducateurs, il y aura moins de policiers devant les lycées

Plusieurs incidents violents ont eu lieu dans le Val d'Oise ces derniers jours. Outre la violence de la société qui ne reste jamais à la porte des établissements, il y a aussi un problème dénoncé depuis la rentrée par enseignants et parents : les trous dans les emplois du temps, bien plus nombreux qu'avant. Résultat : les élèves entrent, sortent, sans arrêt, traînent dehors, s’ennuient, cela ne peut que finir mal pour certains.
Il faudrait des locaux suffisants pour accueillir les élèves pendant ces moments, par exemple des salles de permanence et centres de documentation bien conçus, avec des adultes, des activités intéressantes, des salles de détentes, etc. Rien d'impossible donc, si la société voulait y mettre les moyens.

Argenteuil, défense de la salle des fêtes communale et erreur de budget


Ils ont fait une grosse bêtise, pas la peine d’en faire une seconde

 


Un argument fallacieux avancé par les défenseurs ouverts ou masqué du projet Cap Héloïse est que les 7,5 millions d’euros de la vente de tout l’espace Jean Vilar de « L’Île Héloïse » vont manquer au budget de la Ville, si la vente ne se fait pas, alors qu’a priori, ce montant est toujours dans les « reste à réaliser » de ce budget, c’est-à-dire, dans la partie recettes de celui-ci… lorsque les recettes qui le composent… se réaliseront !
         La première remarque est que ce budget comme tous ces types de budget ne sont pas transparents pour la population, et que si cette dernière y mettait son nez, il y aurait de belles découvertes à faire, celles de dépenses de conseil et même d’investissements bien inutiles (Cf. l’Atrium par exemple, nous y reviendrons). Ce n’est pas propre à Argenteuil. En attendant le contrôle de la population, c’est la loi du genre, dans les grandes villes en particulier, comme à tous les degrés de l’État, et des grandes entreprises comme de bien entendu.
         La seconde remarque est que ce n’est pas parce que l’on s’est engagé dans une impasse, qu’il faut avancer dans celle-ci, même si la marche arrière a des risques et peut avoir un prix. Ils ont fait une grosse bêtise, pas la peine d’en faire une seconde.
         Enfin, si l’on devait fait le total de toutes les dépenses très discutables dont la décision a été prise durant le mandat de la municipalité actuelle sur ces six dernières années, chacun aurait donc bien des surprises. Rappelons, entre autres, ces 11 millions versés diligemment à SPIE dans l’affaire de la délégation des services publics des parkings, dès après 2014, alors que l’affaire était loin d’être perdue, et dans tous les cas, pouvait encombrer le tribunal de commerce durant des années !
         Bref, un argument fallacieux qui ne tient absolument pas, eu égard  à l’importance des enjeux. Il doit être abandonné… comme le projet Cap Héloïse lui-même bien évidemment. DM

lundi 14 octobre 2019

Michelin : menteurs comme des capitalistes


« Pacte d’avenir » … vers les licenciements



À l'annonce de la fermeture de l'usine Michelin, les travailleurs de la Roche-sur-Yon ont dénoncé les mensonges de leur direction qui leur avait imposé en 2016 un "pacte d'avenir". En échange d'une hausse de la productivité et du travail le week-end, le patron avait alors promis de maintenir les emplois, voire d'en créer. Michelin n'est pas le premier capitaliste à promettre cela en échange de sacrifices, on l'a vu chez Smart en Moselle, chez Continental à Amiens...
Les capitalistes utilisent la peur du chômage pour faire accepter des dégradations de conditions de travail, d'horaires ou des baisses de salaires. La loi Macron a légalisé de tels chantages. L'exemple de Michelin montre une nouvelle fois que céder au chantage est un piège : les promesses de patrons n'ont pas plus de valeur que leur première chemise.

Mali : 40 à 80 morts dans le plus grand silence


Troupes françaises, hors d’Afrique !



Opération Barkhane

40 à 80 soldats maliens ont été tués dans la nuit du 1er octobre à la frontière du Burkina Faso, par un groupe djihadiste mis en déroute par l'intervention de forces aériennes françaises. Cet engagement particulièrement sanglant pour l'armée malienne a été remarqué. Mais les affrontements, les attentats et les exactions contre les populations sont quotidiens au Sahel et ils ne sont pas le fait des seuls groupes djihadistes : l'armée malienne protégée par les troupes françaises y prend sa part.
A l'heure où le gouvernement français dénonce l'offensive turque contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, il est nécessaire de rappeler que l'armée française intervient au Sahel depuis cinq ans. Comme des dizaines d'autres interventions militaires que l'impérialisme français a menées en Afrique depuis des décennies, cette opération Barkhane ajoute du chaos à la barbarie que subit la population.