vendredi 11 octobre 2019

Enseignement : les raisons de la colère


Enseignement : les raisons de la colère

09 Octobre 2019

Le suicide de Christine Renon, directrice d’école à Pantin, a déclenché une vague de colère parmi les enseignants et aussi parmi les parents.



Dès le 26 septembre, les parents d’élèves de l’école ont écrit au ministre Blanquer pour l’interpeller sur le « cri d’alerte » de la directrice, affirmer leur détermination « à poursuivre les combats de Christine Renon » et lui demander des comptes sur le sous-effectif et le manque de formation du personnel d’animation et d’éducation, dénoncés dans la lettre.
Le 1er octobre, une pétition syndicale d’hommage à Christine Renon, dénonçant les conditions de travail des enseignants, a recueilli près de 120 000 signatures en cinq jours. Jeudi 3 octobre, jour des obsèques de Christine Renon, partout en France des milliers de professeurs d’école, de collège et de lycée ont fait grève et se sont rassemblés devant les rectorats ou inspections d’académie, avec prises de parole combatives relayées par la presse. Le même jour, des directeurs d’école de Pantin ont bravé leur devoir de réserve et publié une tribune dénonçant leurs conditions de travail.
Tous dénoncent l’épuisement professionnel des enseignants qui, seuls face à des classes toujours plus surchargées, sont censés pallier le manque d’infirmiers, de médecins scolaires et d’assistants sociaux. Ils dénoncent aussi leur sentiment d’impuissance face aux situations parfois tragiques des élèves, liées au pourrissement de cette société en crise. Certaines prises de parole, comme à Cahors, ont élargi le problème du sous-effectif à celui des hôpitaux, des Ehpad, des crèches, des pompiers, rappelant la destruction de centaines de milliers de postes de fonctionnaires par les gouvernements successifs.
Face à l’expression de cette colère, le ministre de l’Éducation nationale et le recteur de Créteil ont fini par sortir de leur silence. Le premier, en essayant de cantonner le problème à celui du statut des directeurs d’école, dont il s’est dit « prêt à discuter ». Le second, en adressant aux enseignants de l’académie de Créteil un mail écrit dans la langue de bois habituelle : « La mission qui est la nôtre, transmettre des savoirs et des valeurs, est la plus grande des missions républicaines. À ce titre, la nation vous doit protection et soutien. » Ces mots, perçus comme une hypocrisie supplémentaire, n’ont fait que raviver l’exaspération !

                                               Julie LEMÉE (Lutte ouvrière n°2671)

Équateur : révolte contre les attaques du gouvernement. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître


Équateur : révolte contre les attaques du gouvernement

09 Octobre 2019

En Équateur, l’état d’urgence décrété jeudi 3 octobre par le président Lenin Moreno, après des affrontements violents dans les principales villes du pays sur fond de grève générale des transports, n’a pas arrêté la mobilisation de la population. Actions massives et blocages se multiplient dans tout le pays.
L’annonce par le président de mesures aux conséquences dramatiques pour les classes populaires a mis le feu aux poudres. Il y a d’abord l’arrêt des subventions publiques au prix de l’essence qui duraient depuis quarante ans, qui double les prix à la pompe. En l’absence de réseau ferré, bus et taxis sont utilisés par la population. Confrontés à la hausse de l’essence, les transporteurs devraient augmenter leurs tarifs. Par ailleurs, les travailleurs du secteur public perdent un jour de salaire par mois et voient leurs congés réduits de 30 à 15 jours, tandis que les salaires des contractuels baissent de 20 %.
Lenin Moreno avait été élu en 2017 comme successeur de Rafael Correa. Ce dernier, allié de Hugo Chavez et Evo Morales, avait financé des programmes sociaux et des infrastructures dans toutes les régions, en particulier les Andes et l’Amazonie, sans toutefois s’en prendre aux intérêts de la bourgeoisie.
Comme au Venezuela, la chute des cours du pétrole a eu des conséquences catastrophiques. La dette a explosé. Sous la pression des banquiers internationaux, Lenin Moreno mène désormais une politique de plus en plus antiouvrière qui le rend très impopulaire : mesures accentuant la précarité et la flexibilité des contrats de travail ; licenciements massifs de contractuels du secteur public ; privatisation des entreprises d’État les plus rentables ; et innombrables concessions territoriales accordées aux géants mondiaux de l’industrie minière. Ces attaques, aujourd’hui contestées, ont été négociées avec le FMI en contrepartie d’un nouveau prêt de 4 milliards de dollars.
Le 3 octobre, les syndicats de transporteurs appelaient à la grève contre ce plan, rejoints par les syndicats ouvriers, les organisations étudiantes et la Confédération des nations indigènes. Tout le pays se retrouvait bloqué et les rues de Quito, Guayaquil ou Cuenca se remplissaient de manifestants. Dans les trois plus grosses villes du pays, il y a eu des heurts violents avec la police. Le soir, Lenin Moreno décrétait soixante jours d’état d’urgence. Le lendemain, le président de la Fédération nationale des coopératives de transport appelait à la fin de la grève, tandis que le gouvernement faisait circuler des chars dans les rues de la capitale Quito.
Loin de s’arrêter, le mouvement a pris alors dans tout le pays une nouvelle dimension. Dans toutes les provinces, les routes sont bloquées par des paysans ou des communautés indigènes. En Amazonie, des puits de pétrole sont occupés. Dans la province de Bolivar, le siège du gouvernement a été pris d’assaut par les manifestants.
En réponse à l’état d’urgence, la Confédération des nations indigènes a décrété son propre état d’exception, en annonçant que les policiers et les militaires se rendant sur les « territoires ancestraux » seraient arrêtés et jugés par la population. Cela s’est effectivement produit les jours suivant dans plusieurs provinces. La même confédération a lancé une marche sur Quito, pour se joindre à la grève nationale appelée par les syndicats ouvriers, le 9 octobre. Dès le 7, face à l’afflux de manifestants dans le centre historique de la capitale, le palais présidentiel a été évacué et le gouvernement transféré à Guayaquil.
Lenin Moreno a beau accuser les grévistes et manifestants d’être des putschistes manipulés par l’ancien président Correa ou le président vénézuélien Maduro, la protestation populaire contre lui et ses attaques ne cesse de grandir.

                                              Antoine FERRER (Lutte ouvrière n°2671)



La défense de la salle des fêtes Jean Vilar s’invite à l’Éducation nationale


Petit rappel des conséquences calamiteuses pour les écoles

 
A rénover, à reconstruire, mais toujours comme salle municipale, publique, collective !

Au niveau départemental, il existe un organisme consultatif appelé conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN). Il est composé de représentants des collectivités locales, de personnels des établissements d'enseignement et de formation, et d’« usagers » (parents d'élèves, associations, etc.). Il peut être consulté sur toute question relative à l'organisation et au fonctionnement du service public d'enseignement dans le département.
         Dans le Val d’Oise, il s’est tenu hier au soir, en l’absence du préfet qui est censé le co-présider. Cela juge de son intérêt, quand on sait que cette réunion permettait de faire un vrai bilan de la rentrée.
         Et lors de ce conseil, il a été question de l’avenir de la salle des fêtes communale Jean Vilar d’Argenteuil, dans l’intervention d’une des grandes fédérations de parents d’élèves (la FCPE) :
« …A l’inverse, d’autres municipalités ne font pas les efforts qu’il faut, voire contrecarrent les besoins éducatifs dans leur ville. Je prendrai l’exemple d’Argenteuil, qui outre les retards dans les constructions de groupes scolaires pour la ville, s’obstine à maintenir la perspective de détruire la salle des fêtes communale Jean Vilar, propriété de la Ville. Ce complexe est crucial pour l’école à bien des égards. Tout d’abord, c’est là que se tiennent de nombreuses initiatives de fin d’année en particulier des spectacles des écoles. C’est aussi le lieu du désormais célèbre Salon du livre d’Argenteuil, avec ses milliers de visiteurs, et les classes, 105 cette année, qui s’y retrouvent à la suite de la visite d’écrivains et d’illustrateurs, payés en partie par l’association organisatrice. Citons également des projets autour de la musique. Enfin, pour les services de l’éducation nationale, c’est aussi la seule salle publique qui peut accueillir les centaines et les centaines d’enseignants des écoles primaires d’Argenteuil quand ils se réunissent tous ensemble en conférence pédagogique. Alors, remplacer ce complexe public par des bâtiments gérés par des investisseurs privés, c’est à coup sûr porter un coup fatal à de nombreuses activités culturelles, scolaires, et empêcher l’Education Nationale de faire correctement son travail… »
Il est vraiment regrettable que le préfet du Val d’Oise n’ait pas entendu ces paroles, lui qui, dernièrement, a donné un coup de pouce au maire d’Argenteuil en indiquant qu’il ne voyait pas de problème environnemental à la réalisation du projet Cap Héloïse, un projet pourtant dévastateur, en particulier pour l’École. DM

ATSEM, ASEL épuisées, cinq semaines après la rentrée. A Argenteuil comme dans bien d’autres communes


L’implosion n’est pas loin !



Un mois après la rentrée, le personnel des écoles maternelles d’Argenteuil n’en peut plus. C’est dramatique pour tous, mais cela l’est particulièrement pour les ATSEM et les ASEL.
         Nous l’avons déjà évoqué, la réforme Blanquer de scolarisation des enfants à partir de trois ans a ajouté de nouveaux problèmes et de nouvelles tâches à une situation ancienne peu reluisante.
         Non seulement il y a davantage d’élèves à la cantine et l’après-midi, mais il y a également le problème de dortoirs trop exigus pour pouvoir faire dormir tous ceux qui en ont besoin l’après-midi. En outre, il faut « gérer », et c’est nouveau, et c’est en plus, la question de changer les couches pour un certain nombre d’enfants parmi les plus jeunes.
         Et quand une absence de l’une de ces ATSEM ou ASEL se prolonge pour maladie, sans qu’elle soit remplacée, et cela au bout de semaines et de semaines, c’est la catastrophe dans des écoles où le nombre total d’ATSEM a été réduit considérablement depuis plusieurs années.
         Cela ne va pas pouvoir durer bien longtemps encore. L’implosion de l’École à Argenteuil comme ailleurs n’est pas loin.

jeudi 10 octobre 2019

Drame de la préfecture de police, discours martiaux, amalgames, complaisance avec les régimes qui financent le terrorisme, recul des services publics, retraites, ce dont les jeunes ont besoin… Nathalie ARTHAUD au débat d’hier midi sur LCI

Drame de la préfecture de police : le piège de l'union nationale et celui du communautarisme


Ne laissons pas ces politiciens diviser les classes populaires



Après le drame de la préfecture de police de Paris, qui a coûté la vie à quatre personnes en plus de celle de l'assaillant, Macron a choisi d'entonner la rengaine sur l'union nationale à réaliser derrière lui, en appelant à « faire bloc contre l'hydre islamiste ».
Il est bien difficile de faire la part entre le trouble psychiatrique ou l'adhésion à un projet terroriste pour expliquer le geste du meurtrier. Mais en choisissant de désigner l'islamisme, Macron fait un sordide calcul politique. Tout en s'en défendant, il jette la suspicion sur l'ensemble des musulmans et marche ainsi dans les pas de Le Pen et de la droite extrême.
Refusons l'union nationale derrière Macron et ne laissons pas ces politiciens diviser les classes populaires.

Qatar, FIFA : mourir sur les chantiers du Qatar


Entre 2012 et 2018, plus de 2700 ouvriers sont morts



Au Qatar, des centaines de milliers de travailleurs venus du Népal, d'Inde ou du Pakistan, construisent les stades, routes et hôtels en vue de la Coupe du monde de football 2022. Ils y travaillent sous des températures qui frôlent les 45° Celsius. Les autorités dites de santé du Qatar ont bien interdit le travail entre 11h30 et 15h, mais elles ne font rien pour que cela soit respecté.
Entre 2012 et 2018, plus de 2700 ouvriers sont morts. Ils ont été tués non pas tant par la chaleur que par l'exploitation, avec la complicité des dirigeants de la FIFA et des grandes puissances, qui défendent les intérêts des grands groupes du BTP, comme le français Vinci.

Argenteuil immobilier. Le journal Le Monde diffuse un article aux antipodes de sa réputation


Le « nouveau visage d’Argenteuil ». Nous l’avons cherché, mais nous ne l’avons pas trouvé


On se demande vraiment quel est l’objet de l’article paru il y a trois jours dans le quotidien Le Monde, sous le titre : « Immobilier : le nouveau visage d’Argenteuil ». Ce qui dérange c’est surtout dans le sous-titre, la première phrase : « La commune du Val-d’Oise poursuit à marche forcée son renouvellement urbain ».
         Tout d’abord, on s’en excuse auprès du journaliste, mais son travail paraît extrêmement bâclé. On se demande même s’il est venu à Argenteuil, ce qui lui aurait donné l’occasion de vérifier (!) l’assertion du maire de la Ville comme quoi on y parvient en moins de 10 minutes depuis la gare Saint-Lazare ! Mais nous sommes mauvaise langue, il a peut-être pris finalement le train et son expérience d’Argenteuil s’est seulement limitée à l’avenue Maurice Berteaux et au boulevard Léon Feix pour parvenir dans le bureau de Georges Mothron, au troisième étage de l’hôtel de ville.
         Nous ne prendrons qu’un exemple de sa légèreté : « Un peu plus loin, ce sont les anciennes friches SNCF de la ville qui subiront, toujours d’ici 2022, une transformation de grande ampleur dans le cadre de l’opération Argenteuil littoral » écrit-il. Les anciennes friches SNCF de la ville ? Ce monsieur certes ne sait pas que le projet Argenteuil Littoral ne concerne qu’une partie minime des friches de la SNCF qui, sur Argenteuil, sont très importantes ! Si au moins il avait parlé « des » friches de la SNCF de feu la « zone industrielle de la gare » …
         Quant au projet Cap Héloïse, plus cap héloïsien que Georges Mothron lui-même, le journaliste en question nous assure qu’il sera « livré à l’horizon 2022 ». Il n’est pas au courant des atermoiements en cours de la municipalité sur le sujet, et que loin d’être stoppé par l’arrêté cité du préfet du Val d’Oise, plus que jamais, le combat continue contre la réalisation de ce projet.
         Mais quoi qu’en dise la première phrase du sous-titre de cet article, ce n’est pas le « renouvellement urbain », que le journaliste affirme être mené « à marche forcée » à Argenteuil, qui est l’objet véritable de cette prose.
         Si c’était le cas, il saurait que les multiples opérations immobilières qui touchent Argenteuil depuis des années, et qui entraînent une hausse importante de la population, ne font pas un « renouvellement urbain ». En tout cas, ils en font un bien incomplet, lequel risque de décevoir grandement la minorité des nouveaux arrivants fuyant la hausse drastique des loyers à Paris et dans les communes de la Petite couronne. Éducation, culture, santé, commerce, l’ensemble de ces services publics, loin de s’améliorer, continuent à se dégrader sur la ville, et amèneront ces nouveaux habitants à rapidement rechercher des cieux plus cléments.

         Le véritable objectif de cet article est de s’adresser aux investisseurs. C’est dans le titre même de la rubrique dans lequel il s'intègre : « Argent et placements   Immobilier ».
         Le but visé n’est ni d’analyser l’évolution urbaine d’Argenteuil et sa qualité ni de creuser l’importance des projets municipaux. Il s’adresse aux investisseurs. « Argenteuil est un bon placement pour les investisseurs qui veulent louer… » « Les rendements bruts oscillent entre 6% et 8% pour des studios achetés à 100 000 euros et loués 600 euros en centre-ville. » Etc.
         Certes, 6% de rendement, même 4%, ce n’est pas rien pour ces gens-là par les temps qui courent. Mais pour dire cela, pas la peine de tout ce délayage, très superficiel par ailleurs.
Alors, cet article, une publicité payante, ou un véritable article raté ?

                                               Dominique MARIETTE

Petit aspect annexe. Le Monde nous permettra de reproduire la photo qui illustre l’article. L’auteur connaît si peu Argenteuil qu’il a trouvé une photo concernant essentiellement le port de Gennevilliers et Épinay-sur-Seine avec ses tours ! DM