jeudi 3 octobre 2019

Argenteuil, Cap Héloïse, les stratagèmes cousus de fil blanc de la municipalité et de ses conseils


Bidonnage et enfumage sont les deux mamelles de la municipalité

Opinion ouais !

Lundi soir, le maire d’Argenteuil annonçait qu’il décidait de « surseoir à statuer » au sujet de la délivrance d’un permis de construire pour « Cap Héloïse ». Et il ajoutait avoir décidé de « lancer une consultation d'un échantillon représentatif de la population, avec le cabinet Opinion Way, sondage sur les attentes des Argenteuillais quant à la transformation de la ville et spécialement au projet Héloïse ». Et il ajoutait, avec beaucoup d’humour noir : « Ce n'est qu'en écoutant les habitants, comme cette majorité l'a toujours fait, que nous pourrons avancer. »
         Bref, pas de concertation, pas de consultation directe, pas de réunion de présentation et de discussion, mais un sondage… où la population d’Argenteuil ne contrôlera ni les formulations, ni le panel, ni les résultats.
         Et cela n’a pas traîné, voilà que le conseil municipal n’était presque pas terminé que les appels des sondeurs ont commencé…
         Si l’on prend le cas des sondages électoraux, ils interviennent au moins dans un contexte connu de tous, préparé par la propagande et les initiatives des forces en présence.
         Là rien de tout cela, la municipalité va prendre au dépourvu les habitants sans ce débat préparatoire général. Elle fonce à la hussarde, croyant les prendre de cours pour arriver à ses fins. (À suivre sur ce plan)
         Mais il faut qu’elle sache que tout cela ne se joue pas ces premiers jours d’octobre, mais les 15 et 22 mars prochain. DM

Argenteuil, une ville à transformer, mais les édiles ont-ils réfléchi sérieusement à la question ? Chronique des élections municipales de mars 2020 à Argenteuil (14)


Inverser la situation du monde du travail local


Quand ces messieurs évoquent la nécessité de « transformer la ville », ils donnent l’impression que cette transformation se situe uniquement sur un seul plan, alors que ces transformations se posent à des niveaux très différents. Quelques exemples :
         -Faut-il la transformer en supprimant les contraintes qui handicapent son fonctionnement : l’enclavement des quartiers dû aux voies ferrées ; la rupture de continuité entre la Ville et son fleuve… ?
         -Faut-il la transformer en évacuant les plus pauvres vers les périphéries excentriques de l’Ile de France ?
         -Faut-il la transformer en privilégiant l’éducation, la culture, la santé ?...
         -Faut-il la transformer en rendant à leurs chères études des édiles qui se sont ingéniés depuis 2014 à compliquer la vie de la population et  des acteurs de la Ville comme notre blog « lo argenteuil » en fait foi ?
         Toutes questions, et bien d’autres tout aussi légitimes…
         Et nous en ajouterons une toute particulière, puisqu’elle est au cœur de notre action :
         -Faut-il la transformer en aidant à ce que le monde du travail qui représente l’énorme majorité de la population d’Argenteuil améliore à nouveau sa condition ouvrière et donc sa conscience et son organisation, grâce, à nouveau, à la hausse des salaires et des pensions, à l’accès à l’emploi, et à l’amélioration de toutes ses conditions de travail ? DM




Oui, reviendra le temps des cerises

                                  Merci pour ces photos du blog « DÉZONÉ »

(Je vous parlerai demain de mon Val d’Argent des années 68-80)

mercredi 2 octobre 2019

Chirac : au service des intérêts de la classe capitaliste


La bourgeoisie pleure l’un des siens




L’annonce de la mort de Chirac a déclenché le torrent désormais rituel des hommages médiatico-politiques, y compris de Mélenchon et Le Pen. Après son départ de l’Élysée, les commentaires venant de son camp étaient moins amènes : il n’avait pas assez réformé, cédant aux travailleurs du secteur public en 1995 et aux jeunes en 2006.
         Mais, qu’il ait eu un bon coup de fourchette, de l’intérêt pour le sumo ou les arts premiers ne change rien à l’affaire. Sa carrière politique a été au service des intérêts de la classe capitaliste, ce qui lui a valu l’indulgence du jury dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, d’être logé à l’oeil par des milliardaires après sa présidence et tous les bavardages lénifiants de ces jours-ci. Mais pour les travailleurs, c’était surtout un adversaire.

Sites Seveso et des inspections qui diminuent, les salariés et les riverains ont bien raison de s’inquiéter.


Les sites Seveso de moins en moins contrôlés

Un site Seveso 2 à Dunkerque (merci Wikipedia)

Il y a, dans le pays, plus de 1 300 sites classés Seveso, du nom d'une usine italienne ayant causé un grave accident, dont 705 à risque élevé. Beaucoup sont construits au centre ou à la lisière d'agglomérations. C'est dangereux, comme l’a montré l'explosion de l'usine AZF de Toulouse.
Mais le nombre d'inspecteurs diminue : il n'y a eu que 18 000 inspections en 2018, contre 30 000 en 2006. Et sur 2 100 arrêtés de mise en demeure pris par les préfets, seulement 20 % ont entraîné des sanctions administratives. Les patrons pollueurs voient leur avenir s'éclaircir. Mais les salariés et les riverains ont bien raison de s’inquiéter.

Éducation : le suicide de la directrice de Pantin


Le ras-le-bol d’une directrice d’école

 
Ils le disent, ils ont raison.

Début septembre, Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, avait claironné une « rentrée réussie ». Mais elle ne l’a pas été pour la directrice d’une école maternelle de Pantin, en Île-de-France, qui a choisi de se suicider dans son école, peu de temps après la rentrée. Pour expliquer son geste, elle a envoyé des courriers à ses collègues dénonçant la responsabilité de l’Éducation nationale.
Dévouée et appréciée, elle s’est dite épuisée par le travail que rajoute sans arrêt l’administration aux équipes enseignantes, sans leur donner les moyens matériels et humains pour en venir à bout. Enseignants, parents et habitants se sont retrouvés pour exprimer leur tristesse mais aussi leur colère contre l’abandon de l’école par les pouvoirs publics.

Mondiaux d’athlétisme au Qatar, chaud pour le fric, coup de froid pour le sport


Chaud devant !

 
                                                                 Photo Le Parisien

Les Mondiaux d’athlétisme se déroulent au Qatar dans une chaleur étouffante. Pour les 50 kilomètres marche, un tiers des concurrents, dont le tenant du titre, ont dû abandonner. Les tribunes sont climatisées, mais il fait jusqu’à 42° sur les pistes. Les organisateurs ont bien fait venir des cars de travailleurs philippins pour remplir les gradins, mais ceux-ci restent clairsemés. Tel est le bilan d'organisateurs aussi riches à milliards qu’ils sont de féroces exploiteurs.
Par ailleurs, un procès pour corruption vient de s’ouvrir contre les dirigeants de la Fédération internationale d’athlétisme. Mieux vaut Qatar que jamais…

Conseil municipal d’Argenteuil, projet « Cap Héloïse », l’ancien maire reste muet


Un silence éloquent

 
Et prévoir de le faire à cet emplacement-là, c'est même une provocation !

Hier, lors de son intervention préliminaire au conseil municipal, le maire d’Argenteuil a rappelé l’origine du projet « Cap Héloïse ». Celui-ci était bien le fait de son prédécesseur, lui ne l’avait seulement que repris à son compte. Dans la salle du conseil, des tribunes est partie l’affirmation que cela s’était effectivement fait dans le plus grand secret. Suite à ces propos liminaires, Philippe Doucet a bien demandé de pouvoir répondre, mais il l’a fait si timidement, contrairement à son habitude d’insister lorsqu’il désire vraiment quelque chose…
         Mais il aurait pu néanmoins le faire, à l’occasion du point 3 de l’ordre du jour qui concernait une « charte des espaces urbains » concoctée en cette fin de mandat par la municipalité. Mais il ne l’a pas fait alors que ce point était en relation directe avec cette affaire « Cap Héloïse-Jean Vilar ». Non seulement, il ne l’a pas fait, laissant le soin à un membre de son groupe pour intervenir sur le sujet, mais il a disparu, au point que le public s’est demandé s’il n’avait pas quitté définitivement le conseil…
         Certes pas très courageux tout cela, mais surtout, cette attitude en ajoute au compteur de silence de l’ancien maire. Celui-ci dure depuis mars 2016. Si nous calculons bien, cela fait près de 43 mois !

(Dès demain, une chronique sur le thème « La transformation d’Argenteuil »)

mardi 1 octobre 2019

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 30 septembre 2019


Lubrizol : quand les capitalistes jouent avec nos vies



Depuis jeudi, les médias enchainent les éditions spéciales pour rendre hommage à Chirac. Leur fascination pour les hommes de pouvoir a fait passer le reste de l’actualité au second plan, y compris l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen.
Il est encore trop tôt pour connaître toutes les conséquences de cet accident chimique sur la santé publique et l’environnement. Rappelons-nous qu’il a fallu trois mois pour réaliser que l’incendie de Notre Dame de Paris avait engendré une pollution au plomb dangereuse pour les riverains, les enfants en particulier.
Mais comme toujours, les autorités minimisent les risques. Pendant l’incendie, le préfet, le maire de Rouen et pas moins de quatre ministres se sont relayés pour rassurer la population.
Tout en expliquant que les fumées n’étaient pas toxiques, ils ont fait fermer les écoles d’une douzaine de communes pendant trois jours. Ils ont demandé aux agriculteurs de suspendre leurs récoltes et à la population de rester confinée. Il y a eu des problèmes respiratoires et des maux de tête. La Seine a été polluée. La suie a recouvert jardins, maisons, champs et animaux. Alors, on comprend l’angoisse des habitants. Et cet énième accident a de quoi tous nous inquiéter.
L’usine Lubrizol, bien que située à 3 km du centre-ville et entourée d’habitations, était répertoriée Seveso « seuil haut ». Elle était donc censée faire l’objet d’une surveillance renforcée et elle s’est avérée être une véritable poudrière.
Il y a en France 705 sites industriels et chimiques classés à ce niveau de dangerosité, eh bien ce sont 705 AZF en puissance ! Car sur le fond, rien n’a changé depuis 2001 et l’explosion de l’usine AZF à Toulouse qui avait fait 31 morts et 2500 blessés.
On sait désormais qu’AZF, la filiale de Total, a explosé suite à une série de négligences. L’explosion a été provoquée par le dépôt accidentel du contenu d'une benne de déchets à un endroit qu’il ne fallait pas. Elle s’explique par le manque de contrôle, de formation et de personnel qui est censé tout faire de plus en plus vite. Toutes choses que l’on peut constater dans nombre d’entreprises aujourd'hui.
Ces usines font courir des risques insensés aux travailleurs et à la population parce que la recherche de profits finit toujours par prendre le pas sur la sécurité.
Les pouvoirs publics forcent-ils les entreprises à être plus transparentes ? Donnent-ils les possibilités légales aux travailleurs de signaler les manquements ? Lèvent-ils le secret industriel ? Pas du tout ! Lorsqu’un incident survient, les responsables politiques, voire la justice, sont toujours très compréhensifs.
L’usine Lubrizol n’en était pas à son premier accident. En 2013, cette usine, qui appartient à un groupe financier propriété du multimilliardaire Warren Buffet, a été à l’origine d’une émission d’un nuage de gaz malodorant senti jusqu’en région parisienne et au sud de l’Angleterre. Elle fut alors condamnée à 4000 euros d’amende pour négligence… Un voleur de scooter pourrait être plus lourdement condamné !
Deux ans plus tard, elle a déversé plusieurs milliers de litres d’huiles dans le réseau d’évacuation des eaux pluviales. Eh bien, cela ne l’a pas empêché de décrocher en 2019 une autorisation d’extension de ses activités !
Du scandale de l’amiante au Dieselgate, en passant par le Mediator des laboratoires Servier et la Dépakine de Sanofi, nous savons que le grand patronat n’a aucun scrupule à prendre le risque de nous empoisonner, du moment que les profits sont là. Et comme l’affaire du Mediator en témoigne, cela se fait souvent avec la complicité des autorités et de ceux censés contrôler industriels et laboratoires.
Alors oui, il y a de quoi se méfier des pouvoirs publics comme du grand patronat. Ils sont tous liés les uns aux autres. Ils sont tous ô combien respectueux des intérêts des grands trusts et de leur image, la planète dût-elle en crever !
Aujourd'hui à Rouen, des habitants et des associations s’organisent pour demander des comptes et ils ont raison. Mais là encore, c’est l’action organisée et collective des travailleurs qui sera décisive.
Notre société utilise la chimie, le gaz, le pétrole, l’énergie nucléaire. Mais ces activités dangereuses ne doivent pas être soumises au profit privé. Les salariés de ces entreprises sont capables de les contrôler et de les dénoncer en association avec la population qui s’en préoccupe et se mobilise.
Oui, en plus de lutter contre le grand patronat pour leurs salaires et leurs conditions de travail, les travailleurs ont à combattre l’irresponsabilité de tout un système qui nous menace en permanence.