mardi 12 mars 2019

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 11 mars 2019 modifié après l’annonce du renoncement de Bouteflika


Le renoncement de Bouteflika, un encouragement pour le peuple algérien




Le renoncement de Bouteflika à un cinquième mandat est un premier succès de la contestation en Algérie. Vendredi 8 mars, dans tout le pays, les manifestations ont été massives. Jamais autant d’Algériens, de nombreuses femmes en particulier, n’avaient crié leur colère. Celle-ci est entièrement légitime. La population ne supportait plus la mascarade qui consistait à maintenir un impotent à la tête de l’État, tandis qu’en coulisses les affairistes qui gravitent autour de lui s’approprient les ressources du pays.

Les travailleurs, jeunes et moins jeunes, avec ou sans travail, forment, avec les étudiants, le gros des cortèges. Ils sont révoltés par ce qu’ils appellent la « mal vie », la dégradation de leurs conditions d’existence. Le salaire minimum est de 130 euros mensuels, et encore de nombreux travailleurs ne le touchent pas. La précarité est la règle. Les jeunes forment la majorité de la population, et un tiers d’entre eux sont au chômage. Dans l’espoir d’une vie meilleure, ils sont de plus en plus nombreux à tenter de traverser la Méditerranée, au péril de leur vie.
Alors que le pays est riche en hydrocarbures, les services publics se dégradent, les écoles sont surchargées, les hôpitaux sont à l’abandon. L’été dernier, une épidémie de choléra, cette maladie de la pauvreté, a frappé. En même temps, les affairistes siphonnent les recettes du pétrole, du gaz, du BTP ou de l’import-export. Les capitalistes étrangers, les Renault, Total, Sanofi ou Lafarge, ne sont pas en reste, attirés par les ressources du pays et la main-d’œuvre bon marché.

Quelles sont maintenant les perspectives pour le peuple algérien ? En renonçant au cinquième mandat de Bouteflika et en reportant l’élection présidentielle, le régime espère mettre fin à la contestation. Un homme plus jeune de la clique au pouvoir, sur le nom duquel les différents clans se seraient mis d’accord, peut lui succéder. Cela reviendrait à tout changer… pour que rien ne change. Les révoltes tunisienne et égyptienne de 2011 furent porteuses de grands espoirs. Bien des protestataires y ont donné leur vie. Pour autant, pour les classes populaires de ces deux pays, l’espoir a été trahi. Les riches ont gardé le pouvoir réel. En Égypte, un dictateur a pris la place du précédent.

En Algérie même, l’armée peut représenter un danger. Par le passé, elle a montré qu’elle était prête aux pires massacres. Ce fut notamment le cas en octobre 1988, quand les jeunes des quartiers populaires se mobilisèrent et que l’armée en tua plusieurs centaines.

Des intérêts contradictoires se dissimulent derrière l’unanimité des manifestants. La majorité d’entre eux veulent avoir un travail et pouvoir en vivre dignement. Des privilégiés, comme le milliardaire Issad Rebrab, patron de Cevital, veulent une plus grande part du butin. D’autres encore, tel l’entrepreneur franco-algérien Rachid Nekkaz, veulent la leur. Et la lutte fait rage pour les places au sommet de l’État.

Des grèves ont touché de nombreuses entreprises. Il est à espérer que les travailleurs y expriment leurs intérêts de classe. Sans cela, même les revendications démocratiques risquent de ne pas être satisfaites. Et pour les jeunes au chômage, pour les pauvres, quel changement y aurait-il à avoir un nouvel homme fort, qui serait aussi méprisant que la clique au pouvoir ?

Alors, il est à espérer que la contestation, forte de ce premier succès sur la question du cinquième mandat, se poursuive. Il est à espérer qu’elle cible aussi ceux qui accaparent les richesses produites par le monde du travail. « Ils ont des millions, nous sommes des millions », disent certains manifestants. Oui, il faut que les millions d’opprimés ciblent les millionnaires !

Il paraît que les événements inquièteraient Macron, solidaire du pouvoir algérien. À l’inverse, la solidarité des travailleurs d’ici va aux manifestants. Leur révolte pourrait ouvrir des perspectives pour les travailleurs du reste du Maghreb, et aussi pour ceux d’ici. Depuis les 132 ans de domination coloniale et de pillage imposés par l’État français au peuple algérien, l’histoire des deux pays est entremêlée. C’est en particulier avec l’immigration algérienne que la classe ouvrière d’ici s’est construite.

Les travailleurs d’Algérie et de France ont les mêmes intérêts. Alors, puissent-ils les faire valoir, de l’autre côté de la Méditerranée comme ici. Vive la lutte de nos sœurs et de nos frères d’Algérie !

Argenteuil, services de la mairie d’Argenteuil, la grève d’un service


Un projet qui signifie la détérioration du service pour tous

 
Quand il y a la grève, il n'y a personne...

Les services municipaux regroupés sous l’appellation « Relations citoyens » étaient déserts hier matin à l’hôtel de ville. La quasi-totalité des agents territoriaux de la Ville de cette direction hormis l’encadrement étaient en grève. Ils récusent l’éclatement de cette dernière, s’oppose à une décision prise sans que la municipalité leur demande leur avis, convaincus qu’ils en ont tout à craindre, en particulier au niveau de la charge supplémentaire de travail qui en découlera.
         A cette heure, la municipalité et la direction générale des services de la Ville restent sur leur position.
         Hier, les grévistes ont prolongé leur mouvement toute la journée, et ont décidé de se retrouver ce matin pour décider de la suite qu’ils veulent donner à leur mouvement.
         En tout cas, des travailleuses et des travailleurs qui ne se laissent pas faire, bravo à eux ! DM

Nathalie ARTHAUD hier midi sur LCI, et ça fait du bien !

Commerce à Argenteuil, un sujet maudit


A fonds perdus ?

 
Pourquoi l'ont-ils laissé partir ?

Depuis des années, de très nombreux points auront figuré sur les ordres du jour des conseils municipaux concernant la redynamisation du commerce sur la Ville et plus particulièrement celui du Centre-ville qui bat de l’aile depuis des années et des années.
         Une nouvelle fois, le conseil municipal abordera la question ce soir. Il s’agit de voter un partenariat entre la commune et la Chambre de Commerce et d’Industrie du Val d’Oise. D’autre part, de l’adhésion de la Ville d’Argenteuil au « réseau des Centre-Villes Durables et de l’Innovation de Centre-Ville en mouvement ». Si cette dernière ne coûte que 2000 euros annuels, celui du partenariat avec le CCI du Val d’Oise est de plus de 43 000 euros pour deux ans.
         Chacun connaît les données du problème du commerce sur Argenteuil.
         Les décisions susmentionnées, de nouveaux coups d’épée dans l’eau, quelque peu onéreuses toutefois ?

« Tiers lieux », présent, futur, et arrière-pensées


Pas tiers, mais total manque de confiance



         Le « tiers lieu » qui se met en place, rue Pierre Guienne sans que l’on sache aujourd’hui où l’on en est, dans les locaux de feu le musée d’Argenteuil, fait l’objet d’une occupation provisoire, et pas sa nature donc, est destiné à laisser la place à autre chose.
         En l’occurrence, cette mode des « tiers lieu » permet de banaliser la disparition de la fonction ancienne des lieux et les vocations très différentes des transformations futures. Comme une aide à l’oubli.
         En l’occurrence, pour laisser la place à un projet immobilier ?


        Pour ne pas laisser la parole aux mauvaises langues, la municipalité doit répondre dès maintenant à la question : qu’envisage-t-elle dès aujourd’hui comme transformation future de l’ex-hôpital d’Argenteuil qui a fonctionné jusque dans les années 1930 ?

lundi 11 mars 2019

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce lundi 11 mars 2019


Algérie : pour que la colère ouvre des perspectives aux travailleurs
 



En annonçant que Bouteflika ne ferait pas intégralement son cinquième mandat, le pouvoir algérien espérait mettre fin à la contestation. Il n’en est rien : vendredi 8 mars, dans tout le pays, les manifestations ont été encore plus massives. Jamais autant d’Algériens, de nombreuses femmes en particulier, n’avaient crié leur colère. Celle-ci est entièrement légitime. La population ne supporte plus la mascarade qui consiste à maintenir un impotent à la tête de l’État, tandis qu’en coulisses les affairistes qui gravitent autour de lui s’approprient les ressources du pays.

Les travailleurs, jeunes et moins jeunes, avec ou sans travail, forment, avec les étudiants, le gros des cortèges. Ils sont révoltés par la « mal vie », la dégradation de leurs conditions d’existence. Le salaire minimum est de 130 euros mensuels, et encore de nombreux travailleurs ne le touchent pas. La précarité est la règle. Les jeunes forment la majorité de la population, et un tiers d’entre eux sont au chômage. Dans l’espoir d’une vie meilleure, ils sont de plus en plus nombreux à tenter de traverser la Méditerranée, au péril de leur vie.

Alors que le pays est riche en hydrocarbures, les services publics se dégradent, les écoles sont surchargées, les hôpitaux sont à l’abandon. L’été dernier, une épidémie de choléra, cette maladie de la pauvreté, a frappé. En même temps, les affairistes siphonnent les recettes du pétrole, du gaz, du BTP ou de l’import-export. Les capitalistes étrangers, les Renault, Total, Sanofi ou Lafarge, ne sont pas en reste, attirés par les ressources du pays et la main-d’œuvre bon marché.

Comment le pouvoir va-t-il réagir face à cette marée humaine qui le défie ? Par le passé, l’armée algérienne a montré qu’elle était prête aux pires massacres. Ce fut notamment le cas en octobre 1988, quand les jeunes des quartiers populaires se mobilisèrent et que l’armée en tua plusieurs centaines. La semaine dernière, le pouvoir a envoyé un avertissement : l’armée peut intervenir, comme elle l’a fait à plusieurs reprises. Les manifestants veulent éviter que le sang soit versé, mais le pouvoir en décidera peut-être autrement.

Le régime peut aussi finir par renoncer à Bouteflika au profit d’un homme plus jeune, sur le nom duquel les différents clans se seraient mis d’accord. Cela reviendrait à tout changer… pour que rien ne change. Les révoltes tunisienne et égyptienne de 2011 furent porteuses de grands espoirs. Bien des protestataires y ont donné leur vie. Pour autant, pour les classes populaires de ces deux pays, l’espoir a été trahi. Les riches ont gardé le pouvoir réel. En Égypte, un dictateur a pris la place du précédent.

Derrière l’unanimité contre la cinquième candidature, se dissimulent des intérêts contradictoires. La majorité des manifestants veulent avoir un travail et pouvoir en vivre dignement. Des privilégiés, comme le milliardaire Issad Rebrab, patron de Cevital, veulent une plus grande part du butin. D’autres encore, tel l’entrepreneur franco-algérien Rachid Nekkaz, veulent la leur. Et la lutte fait rage pour les places au sommet de l’État.

Des grèves touchent maintenant de nombreuses entreprises. Il est à espérer que les travailleurs y expriment leurs intérêts de classe. Sans cela, même les revendications démocratiques risquent de ne pas être satisfaites. Et pour les jeunes au chômage, pour les pauvres, quel changement y aurait-il à avoir un nouvel homme fort, qui serait aussi méprisant que la clique au pouvoir ?

Alors, il est à espérer que la contestation n’en reste pas à la question du cinquième mandat, mais cible aussi ceux qui accaparent les richesses produites par le monde du travail. « Ils ont des millions, nous sommes des millions », disent certains manifestants. Oui, il faut que les millions d’opprimés ciblent les millionnaires !

Il paraît que les événements inquièteraient Macron, solidaire du pouvoir algérien. À l’inverse, la solidarité des travailleurs d’ici va aux manifestants. Leur révolte pourrait ouvrir des perspectives pour les travailleurs du reste du Maghreb, et aussi pour ceux d’ici. Depuis les 132 ans de domination coloniale et de pillage imposés par l’État français au peuple algérien, l’histoire des deux pays est entremêlée. C’est en particulier avec l’immigration algérienne que la classe ouvrière d’ici s’est construite.

Les travailleurs d’Algérie et de France ont les mêmes intérêts. Alors, puissent-ils les faire valoir, de l’autre côté de la Méditerranée comme ici. Vive la lutte de nos sœurs et de nos frères d’Algérie !