lundi 11 février 2019

Gilets jaunes : les manifestations se poursuivent, samedi après samedi, la répression policière également


Un habitant d’Argenteuil a perdu une main samedi



Alors que les manifestations de samedi 9 février ont connu un succès comparable à l’échelle du pays, à Paris, alors même que leur parcours avait été déclaré en préfecture, un cortège de manifestants s’est trouvé bloqué comme dans une nasse à hauteur de l’Assemblée nationale, sur la rive gauche.
         C’est à cette occasion, qu’un habitant d’Argenteuil âgé de 30 ans a eu la main arrachée sur à un jet de grenade.
         Notre hebdomadaire Lutte ouvrière est revenu à plusieurs reprises ces dernières semaines sur la stratégie du gouvernement pour impressionner voire terroriser les manifestants par l’utilisation par la police de moyens totalement disproportionnés. Nous reproduisons ci-dessous l’article consacré à ce sujet dans la livraison de cette semaine de notre hebdomadaire.

Un rassemblement de protestation est appelé ce mercredi 13 févier à 18 heures devant la mairie d’Argenteuil. Comme de bien entendu, je m’y rendrai. D MARIETTE

Le 2 février : contre la répression policière

Samedi 2 février, ce sont selon le ministre de l’Intérieur environ 59 000 personnes qui ont manifesté dans le pays, dont 13 800 à Paris. Les gilets jaunes voulaient en particulier ce jour-là protester contre les violences policières.



En tête de la manifestation parisienne défilaient une trentaine de blessés des précédentes manifestations. Tous exigeaient l’interdiction par la police des lanceurs de balles de défense (LBD), dont l’utilisation avait été validée la veille par le Conseil d’État.
Le gouvernement s’ingénie à minimiser depuis le début du mouvement le nombre de victimes des grenades de désencerclement ou des tirs de LBD. Les chiffres donnés par David Dufresne, journaliste qui s’est spécialisé dans la question, sont pourtant éloquents : une personne est décédée, 168 ont été blessées à la tête, quatre ont perdu une main, dix-sept sont éborgnées. Lors de la seule manifestation du 2 février, une personne au moins a été grièvement blessée. Mais la seule réponse de Castaner, ministre de l’Intérieur, a été d’équiper de caméras les policiers munis de LBD.
« Qu’est-ce qui justifie d’arracher des mains, d’éborgner des personnes, de fracturer leurs mâchoires ? Aujourd’hui, manifester n’est plus un droit respecté en France », a déclaré à la presse Antonio Barbetta, l’un des organisateurs de la manifestation. Les violences policières visent évidemment à dissuader la population de se rendre aux manifestations, d’autant que ces violences ont lieu pour l’instant en toute impunité. Les 116 plaintes qui ont été déposées auprès de l’IGPN (l’Inspection générale des polices) ont peu de chances d’aboutir. D’après Me Arié Alimi, avocat de plusieurs blessés, présent lors de la marche, « l’IGPN a du mal à retrouver les policiers qui ont tiré, faute de déclaration spontanée faite normalement par le policier lui-même ou ses collègues. C’est une obligation qui n’est pas respectée. »
À cela s’ajoute le fait que de nombreuses victimes estropiées peinent à se faire rembourser leurs frais par leurs assurances. Certains n’ont pas de mutuelle et la prise en charge par la Sécurité sociale est insuffisante. En plus d’être handicapés à vie, ils risquent de sombrer dans la pauvreté.
Pour autant, la répression, les discours répétés du gouvernement contre la violence qui est en grande partie celle de la police, sont loin de dissuader les manifestants, qui préparent déjà le prochain samedi des gilets jaunes.
                                          Aline URBAIN (Lutte ouvrière n°2636)

Afghanistan : vers un accord entre Etats-Unis et Talibans


Guerre, impuissance, accord… guerre, impuissance, accord… sans fin



Après des années de discussions, le gouvernement américain vient de signer un texte avec le représentant des Talibans, ces forces islamistes qu’ils prétendaient combattre depuis plus de quinze ans. Incapables malgré les forces déployées, malgré les bombardements et les assassinats, de ramener un semblant de stabilité dans ce pays dévasté, ils comptent sur ces anciens partisans de Ben Laden pour maintenir un semblant d’ordre. Et ils se disent les défenseurs de l’ordre. Un ordre qui génère le chaos, la misère et la mort.

Un livre exceptionnel sur l’Afghanistan et l’intervention états-unienne :
De Joydeep Roy-Bhattacharya, Une Antigone à Kandahar, Folio. En vente au Salon du Livre et des Lecteurs organisé par l’association Sous les couvertures, Dimanche 17 février, de 10 heures à 19 heures, complexe Jean Vilar

Procès contre Monsanto : la toxicité des trusts capitalistes


Le courage et la ténacité des victimes



Après 15 années de procédure et des pressions répétées, Paul François un agriculteur des Charentes, victime d’une intoxication après avoir inhalé des vapeurs de Lasso, un herbicide commercialisé par Monsanto,a engagé un quatrième procès devant la cour dappel de Lyon. Comme dans toutes les affaires dans lesquelles Monsanto est au rang des accusés, le courage et la ténacité des victimes font face à un géant de l’agro-business, qui utilise toutes les combines que lui offrent les arcanes juridiques pour échapper à ses responsabilités. Et elles sont nombreuses, ces astuces juridiques !  Jusque-là, Monsanto n’a été que rarement condamné par une Justice qui tranche la plupart du temps en faveur des puissances d’argent. C’est cela qu’ils appellent justice dans cette société !

Le roi des Ghosn


Carlos 1er



Le désormais ex-patron de Renault, Carlos Ghosn, du fond de sa prison japonaise, prépare-t’il sa reconversion dans un spectacle d’humour ?  À propos de l’utilisation des salons mis à sa disposition pour son mariage dans le château de Versailles, estimés à 50 000 euros, il a, dit-il, « cru que c’était gratuit »… puisque cela « n’avait jamais été facturé ».
À force de se prendre pour le roi du monde… il s’imaginait dans sa naïveté que tout lui était dû, le château de Versailles en particulier, mais entre autres.

Argenteuil, Etats-Généraux de la vie associative, un titre quelque peu pompeux, mais une rencontre intéressante


A développer vraiment

Les seconds « Etats généraux de la vie associative » se sont tenus avant-hier après-midi à l’hôtel de ville, de 15 heures 30 à 19 heures 15. Je m’y suis rendu avec deux représentantes d’une association qui nous est chère, mais aussi avec le regard d’un militant politique attentif à la vie locale.
         A cette occasion, trois membres du « Comité consultative de la vie associative » mis en place cet été ont présenté leur travail sur la charte de cette dernière qui doit établir les droits et les devoirs réciproques entre la municipalité et les associations. Elle devrait être finalisée à la rentrée scolaire prochaine.
         Le responsable d’une action municipale sur la citoyenneté est venu la présenter. Elle s’intitule « Passerelles ». On ne peut que regretter qu’il n’ait pas été au courant et n’ait pas utilisé la rencontre de « conférence théâtralisée » que l’association Sous les couvertures a organisé dernièrement au Val-Nord finalement sur le sujet et intitulée « Nos ancêtres les migrants », animée en particulier par l’historien Gérard Noiriel.
         Une troupe de théâtre de très bonne facture a mis en scène des situations concernant l’activité des associations, que ce soit dans leur rapport avec les édiles, ou au niveau de leurs problèmes internes. Le public a été convié à jouer les rôles…



         Il n’y avait qu’une cinquantaine de participants, sans que l’on connaisse le nombre d’associations qu’ils représentaient, sur les plus de 500 annoncées comme actives que compterait la Ville.
         Grâce à l’intervention d’une participante, la question qui nous est chère de la difficulté de la circulation de l’information a été posée. Elle nous a permis de surenchérir avec celles de la nécessité des synergies entre les différentes associations, ce que Sous les couvertures en particulier tente d’initier.
         La faiblesse du nombre des participants ne peut que laisser chacun sur sa faim.
         Nous aurions par exemple bien aimé rencontré les associations, d’Argenteuil ou autre, impliquées dans le projet controversé du musée, tout comme celles liées au projet de café solidaire Smiles qui doit ouvrir prochainement dans le Centre-ville. Cette réunion d’hier avait peut-être un cadre limité, elle pouvait au moins permettre à des militants associatifs de se connaître et de se rencontrer.
         En tout cas, globalement, nous avons eu le sentiment de ne pas avoir perdu notre temps en cette partie de samedi en participant à ce moment inter-associatif organisé par le service idoine de la commune. DM

dimanche 10 février 2019

Italie, France, le cirque des politiciens


Commedia dell’arte



La France a rappelé son ambassadeur d’Italie pour protester contre la rencontre du ministre italien 5 étoiles Luigi di Maio avec les gilets jaunes de France. Et les commentateurs de s’emballer sur la crise diplomatique à l’intérieur de l’Europe et l’opposition entre pro-européens et nationalistes !
En réalité, d’un côté comme de l’autre des Alpes, les politiciens utilisent ceux d’en face pour faire de la surenchère cocardière afin de soigner leur image auprès de leur électorat respectif.
Avec un tel cirque, ils espèrent occuper l’espace politique et amuser la galerie… Mais cela ne trompe ni n’amuse pas grand monde !

Economie capitaliste : source de rivalités et de démagogie


Rivalités économiques et montée des démagogues



Les organisations patronales française et italienne ont lancé un appel au dialogue entre les deux gouvernements devant la montée des tensions entre ces deux pays. Pour elles, les gouvernements se trompent d’ennemi, le défi oppose l’Europe au monde et non les pays au sein de l’Europe. « L’économie veut unir ce que la politique est en train de diviser » disent-ils.
Entre Brexit, montée des tensions… déclenchés et alimentés par les rodomontades politiciennes des uns et des autres, les patrons dont les marchés s’étendent au-delà de leurs  frontières s’inquiètent.
L’économie capitaliste, basée sur la concurrence et le profit, est à la source de la crise qui porte des politiciens de plus en plus réactionnaires et nationalistes au pouvoir. Une véritable entente des populations ne pourra que reposer sur le renversement de ce système économique.

Total, Shell et ci, barils de pétrole et super profits


Pour les actionnaires, c’est plus que super



Les cinq plus grands groupes pétroliers mondiaux, dont le français Total, ont encaissé plus de 80 milliards de dollars  de profits en 2018. Ces résultats sont en hausse. Et spectaculairement dans le cas de BP, qui triple ses bénéfices.
Ils sont même supérieurs à ceux de 2014, alors que les cours du pétrole étaient beaucoup plus élevés.
Du même coup les dividendes versés aux actionnaires seront en hausse, de 25 milliards de dollars pour Chevron et Shell dans les années à venir.
Dans un monde en crise, les groupes pétroliers continuent à amasser  des profits record.