mardi 21 août 2018

Travail le dimanche : les attaques continuent


La voix de leurs maîtres… de la grande distribution

 
 
M comme Macron, comme Mulliez, par exemple
Une vingtaine de députés macronistes demandent « d'aller plus loin » pour étendre le travail le dimanche, dont Macron avait déjà assoupli les règles en 2015, à l’époque de Valls et avec le soutien appuyé de l’ex-député d’Argenteuil-Bezons. Ils affirment que de nombreux salariés sont demandeurs et que les gens veulent « être libres d'acheter, de se divertir, de travailler ou non le dimanche ».
Le grand mot est lâché : le travail du dimanche, ce serait le summum de la liberté. Mais pour Macron, le summum, c'est d'abord et avant tout de permettre à la grande distribution de gagner de l'argent et des parts de marché. Quant aux salariés du secteur, c'est bien le dernier de ses soucis.

Hôpitaux psychiatriques en danger


Une situation catastrophique de la psychiatrie

 
Lors de la grève à Saint-Etienne du Rouvray

À l'hôpital psychiatrique d'Amiens, une partie du personnel fait grève depuis 66 jours pour protester contre la dégradation des conditions de travail. Ils demandent 60 embauches alors qu'on leur en propose 10 et aussi l'effacement de la dette de l'hôpital. Cette grève fait suite à celle de Sotteville-lès-Rouen où les soignants avaient obtenu des améliorations au bout de 3 mois de grève.
Ces deux luttes sont révélatrices de la situation catastrophique de la psychiatrie que de nombreux médecins dénoncent. À cela, il y a des causes, et d'abord le fait de gérer les hôpitaux avec pour objectif la rentabilité financière, alors qu'ils devraient être gérés comme un service utile et nécessaire à la population.

Argenteuil : les médiathèques le lieu central de l’activité culturelle


Des changements rapides toujours révélateurs

 


A la principale médiathèque d’Argenteuil, Elsa Triolet et Louis Aragon, trois membres du personnel sont sur le départ dont le directeur des médiathèques de la Ville.
         Ces personnels peuvent postuler ailleurs dans d’autres structures à travers le pays, et c’est bien pour eux de pouvoir connaître une nouvelle expérience professionnelle, là où ils le souhaitent.
         Nous espérons simplement qu’ils seront rapidement remplacés. Quant au fait qu’après qu’un directeur des médiathèques municipales soit parti en retraite il y a quelques années, ses deux successeurs ne soient restés en poste à Argenteuil qu’un bref moment ne peut qu’interpeller.
         Les médiathèques demeurent le lieu central de la transmission culturelle, d’autant plus dans une ville populaire comme Argenteuil.
         Elles doivent être un lieu de continuité et de projets. Bien évidemment, d’autres employés valeureux restent heureusement en place. On leur souhaite bien du courage pour le bien de tous, et de la jeunesse en particulier.

Argenteuil, Gérard Noiriel pour son « Histoire populaire de la France » à Argenteuil le 9 octobre prochain


On nous informe, et c’est bien volontiers que nous diffusons l’information suivante


Une belle rencontre en perspective

 


Le grand historien Gérard Noiriel sera présent à Argenteuil le 9 octobre prochain, à partir de 18 heures 30, à la librairie Le Presse-papier dans une rencontre organisée par cette dernière et l’association « Sous les couvertures ».
         Howard Zinn avait écrit une magistrale « Histoire populaire des Etats-Unis », chez l’éditeur Agone. Ce dernier édite aujourd’hui le livre de Gérard Noiriel qui sortira le 19 septembre prochain.
         Voilà une belle soirée en perspective. Le Monde diplomatique dans son numéro d’août a fait paraître deux « bonnes feuilles » de cet ouvrage. Alléchant…

lundi 20 août 2018

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce lundi 20 août 2018 : « Catastrophe de Gênes : la logique du profit à l'œuvre »


Catastrophe de Gênes : la logique du profit à l'œuvre 
                                                                                          Photo de Salvatore1991

L’effondrement d’un pont à Gênes, en Italie, a tué des dizaines de personnes et a privé de leur logement les centaines de riverains qui ont dû être évacués du jour au lendemain. Et pourtant, cette catastrophe avait été plus qu’annoncée. Plusieurs rapports avaient fait état de la fragilité de ce pont, l’un d’entre eux avait même évoqué la nécessité de le remplacer complètement. Mais la société privée exploitante de l’autoroute passant sur ce pont et qui, à ce titre, avait la charge de son entretien, avait d’autres priorités.
Privatisée il y a vingt ans, elle est contrôlée par un groupe financier appartenant à la famille Benetton qui a consacré ces dernières années des centaines de millions d’euros au rachat de sociétés autoroutières dans toute l’Europe et dans le monde, d’aéroports comme celui de Nice… Pour les dirigeants de cette multinationale, assurer la sécurité des millions de personnes empruntant quotidiennement le pont de Gênes était moins important que de garantir à une poignée actionnaires les profits qu’ils attendaient !
De leur côté, les pouvoirs publics n’ont rien fait pour obliger cette société privée à faire face à ses obligations. Pire, depuis des années, tous les gouvernements italiens n’ont cessé eux-mêmes de réduire les budgets consacrés à l’entretien des routes et des ponts du pays.
La catastrophe survenue à Gênes illustre à quelles conséquences dramatiques conduit le parasitisme des groupes capitalistes. L’État réduit la part du budget consacré à ce qui est utile à la population, des services publics aux infrastructures, pour consacrer l’argent public à payer des intérêts faramineux à la finance. Loin d’être spécifique à l’Italie, cette situation est la même dans tous les pays les plus développés, en Europe comme aux Etats-Unis.
Ici même, en France, d’après un rapport rendu public le mois dernier, un tiers des 12 000 ponts du réseau géré par l’État nécessite des réparations et plus de 800 d’entre eux sont menacés à terme d’effondrement. Comme en Italie, après avoir financé la construction des autoroutes, l’État les a privatisées pour le plus grand profit de groupes comme Vinci ou Bouygues qui peuvent se contenter d’empocher des péages en continuelle augmentation.
Au-delà des routes, ce sont l’ensemble des services publics, qui, en France comme dans tous les autres pays riches, ont subi le même sort. L’État a diminué ses dépenses dans la santé, l’éducation, les transports ou le logement, privatisé les activités les plus rentables. Il permet aux requins de la finance de prélever, par le biais de l’endettement, une part de plus en plus importante des financements qui devraient être consacrés à soigner ou à loger des gens.
Si, aujourd’hui, des patients doivent attendre sur des brancards dans les couloirs des Urgences faute de lits, si, dans les hôpitaux et les écoles, on manque de personnel, de locaux et de matériel, si des millions de personnes ne peuvent se loger correctement, c’est la conséquence de cette politique menée par tous les gouvernements, hier avec Sarkozy et Hollande, aujourd’hui avec Macron, pour satisfaire les exigences de profit de la bourgeoisie.
L’économie est dominée par une minorité de capitalistes préoccupés exclusivement d’augmenter leurs gains le plus rapidement possible, et, avec la crise de leur système, cela se fait en spéculant sur les actions, les monnaies ou le blé, à coups de rachats d’entreprises suivis le plus souvent par des licenciements et toujours par l’aggravation de l’exploitation. Cela permet à une minorité de riches privilégiés, les Benetton en Italie, les Arnault, Mulliez ou Bouygues en France, de prospérer comme jamais, mais leur enrichissement se fait aux dépens de toute la société.
Le capitalisme en crise engendre un chaos de plus en plus destructeur : explosion du chômage et de la pauvreté, délabrement des services publics rongés par la logique du profit individuel ; dans bien des pays pauvres, au sous-développement s’ajoutent les ravages des guerres alimentées par la concurrence que se mènent les groupes industriels et financiers.
Un autre avenir est possible. À la condition que les millions de femmes et d’hommes qui constituent la classe des travailleurs se donnent les moyens par leurs luttes et leur organisation de renverser la domination des capitalistes afin de pouvoir mettre l’économie au service de l’intérêt général. Il en va de l’avenir des travailleurs et de l’ensemble de la société.

Ponts, viaducs, ouvrages d’art : travaux nécessaires de toute urgence. L’exemple de l’A31


Neuf ponts "dont la structure est gravement altérée"

 

Le viaduc de Frouard fait partie de ces ouvrages dangereux

La DIR Est, la Direction interrégionale qui gère les routes et les autoroutes nationales non concédées de Lorraine, Alsace, Champagne-Ardenne et Franche-Comté, recense dix ponts dangereux, parmi lesquels pas moins de neuf se trouvent en Lorraine ! Ces ouvrages sont classés 3U, ce qui veut dire que « dont la structure est gravement altérée et nécessite des travaux de réparation urgents liés à l’insuffisance de capacité portante de l’ouvrage ou à la rapidité d’évolution des désordres ».
Plusieurs d’entre eux sont des viaducs de l’A 31, une autoroute qui joint la frontière luxembourgeoise à l’A6 à Beaune et qu’empruntent 100 000 véhicules par jour, dont 18 000 poids lourds !
La DIR Est consacre 700 millions d’euros par an à l’entretien des ouvrages, cela ne suffit manifestement pas. Un récent rapport commandé par la ministre des Transports sur l’état du réseau routier en France relève qu’« accentuée depuis une dizaine d’années, la détérioration du réseau routier reflète le manque de moyens consacrés à l’entretien et à la gestion du réseau. » L’argent de l’Etat doit garantir d’urgence la sécurité des usagers de la route plutôt que les profits capitalistes !

Hulot, la voix du tigre, le courage du souriceau


Nicolas et Nicolas

 


À l’annonce de la condamnation de Monsanto, Nicolas Hulot a eu les mots les plus durs contre les lobbies, la lâcheté des politiciens qui les couvraient et la faiblesse des parlementaires qui acceptaient d’écrire sous leur dictée.
Tout juste si, emporté par son élan, il n’a pas excommunié le ministre de l’Écologie Hulot Nicolas qui, en plus d’un an de présence au gouvernement, n’a fait qu’avaler plus de couleuvres qu’un héron boulimique.

Gaza : une situation intenable



Gaza : sous les bombes israéliennes 


Les 8 et 9 août, l’armée israélienne a mené des bombardements sur la bande de Gaza, faisant quatre morts, dont une femme enceinte de 23 ans et sa fillette de 18 mois.
          Les dirigeants israéliens présentent ces actions militaires comme des réponses aux tirs de roquettes lancées depuis l’enclave palestinienne. Les porte-parole de l’armée israélienne ont déclaré n’avoir « frappé que des sites notoirement utilisés par le Hamas, pas des sites civils ».
          Mais le 9 août, c’est bien un centre culturel du centre de Gaza-ville accueillant un théâtre et une bibliothèque qui a été totalement détruit par les bombes israéliennes.
         Lundi 13 août, le ministre de la Défense israélien ne s’embarrassa pas de telles précautions de langage. Il affirma cyniquement que les « 169 Palestiniens morts sous les bombes israéliennes depuis début mars étaient tous des terroristes », ajoutant qu’« à Gaza il n’y a que des soutiens au terrorisme », une phrase lourde de menace.
          Le Premier ministre Netanyahou a affirmé qu’il se préparait à une nouvelle guerre, déclarant : « Je ne révélerai pas nos plans opérationnels, mais ils sont prêts. » Israël sait pouvoir bénéficier du soutien indéfectible des puissances impérialistes, certains se contentant, au mieux, d’appeler le pays à plus de retenue.
          Le blocus imposé par Israël ne cesse de se renforcer et asphyxie totalement la vie économique. Dans l’enclave palestinienne, le taux de chômage dépasse officiellement les 40 %. L’UNRWA, agence de l’ONU pour la Palestine, principal employeur à Gaza, a annoncé une vague massive de licenciements après que les États-Unis ont réduit drastiquement leurs contributions. Guerre permanente, asphyxie économique, la politique nationaliste des dirigeants israéliens ne peut que pousser au désespoir la jeunesse palestinienne de Gaza. Pourtant, celle-ci continue de relever la tête manifestant chaque vendredi contre le blocus et pour le droit au retour des Palestiniens, et c’est cette résistance qu’Israël voudrait faire taire.


                                 Christian CHAVAUX (Lutte ouvrière n°2611)